CH333826A - Procédé de réalisation d'un revêtement allongé en béton précontraint et revêtement obtenu par ce procédé - Google Patents

Procédé de réalisation d'un revêtement allongé en béton précontraint et revêtement obtenu par ce procédé

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CH333826A
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Freyssinet Eugene
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Freyssinet Eugene
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    • E01CONSTRUCTION OF ROADS, RAILWAYS, OR BRIDGES
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    • E01C7/00Coherent pavings made in situ
    • E01C7/08Coherent pavings made in situ made of road-metal and binders
    • E01C7/10Coherent pavings made in situ made of road-metal and binders of road-metal and cement or like binders
    • E01C7/14Concrete paving
    • E01C7/16Prestressed concrete paving

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Description


  <B>Procédé de réalisation d'un revêtement allongé en béton précontraint</B>  et revêtement obtenu     par    ce procédé    On sait que les plus grands inconvénients  des revêtements de sol en béton actuels pro  viennent de la nécessité de les fractionner en  dalles séparées par des joints de dilatation.  L'établissement des joints complique la réali  sation et l'entretien du revêtement. De plus,  les joints constituent, dans le revêtement, des  zones de moindre résistance.  



  Dans les revêtements en béton ordinaire,  ces joints sont très rapprochés et les dalles  sont de faible surface.  



  Dans le brevet suisse N  268469, on a  montré qu'il était possible, en soumettant le  béton de revêtement à une double précontrainte  parallèle à sa     surface,    d'accroître considé  rablement la dimension des dalles, c'est-à-dire       d'espacer    les joints et, de plus, de les orga  niser de manière qu'ils assurent la continuité  mécanique du revêtement. Cependant, de tels  joints grèvent considérablement le prix de  revient de ces revêtements     précontraints    et,  surtout, ils sont un obstacle à la mise en     oeuvre     des moyens de bétonnage rapides modernes.  



  Toutefois, l'expérience a montré qu'une  dalle précontrainte suivant deux directions pa  rallèles à sa surface et dont le béton a durci  sous cette double précontrainte, acquiert une  résistance au poinçonnage qui, à égalité d'épais  seur, est six fois supérieure à celle d'une dalle    de béton ordinaire, ce qui justifie pleinement  les réductions d'épaisseur admises dans ce bre  vet.  



  La présente invention a pour objet un pro  cédé de réalisation d'un revêtement en béton  précontraint de très grande étendue dans au  moins une de ses deux dimensions, revêtement  entièrement dépourvu de toute espèce de joint  de dilatation.  



  Selon l'invention, ce procédé de réalisation  d'un revêtement allongé en béton précontraint  sur un sol nivelé aménagé pour l'uniformisation  du frottement de ce revêtement sur ce sol,  procédé dans lequel la précontrainte est essen  tiellement obtenue, dans le sens de la plus  grande longueur de ce revêtement, par appui  des     extrémités    de ce revêtement sur des butées  ancrées dans le sol et par l'action de moyens  d'écartement disposés dans au moins une cou  pure transversale de ce revêtement, la compres  sion du revêtement obtenue par cette action  d'écartement étant ensuite conservée par des  calages, est caractérisé en ce que, les butées  ayant été préalablement exécutées de manière  à présenter une résistance élastique dans le  sens de l'appui, le revêtement est coulé,

   sous  forme d'une couche de béton d'épaisseur uni  forme, avec ses extrémités au contact desdites  butées en y ménageant au moins une coupure      transversale dans laquelle, après l'action des  moyens d'écartement, sont insérés des calages  rigides, la distance de la coupure la plus proche  d'une des butées élastiques à cette butée étant  choisie telle que le frottement sur le sol de la  longueur correspondante du revêtement réduise,  lors de la     mise    en action des moyens d'écar  tement dans cette coupure, la poussée reçue       élastiquement    par cette butée à une valeur  qui, pour la partie de revêtement touchant  cette butée, correspond à un état intermédiaire  de compression compris entre la compression  due à la dilatation maximum et la compression  subsistant encore,

   lors de la rétraction maxi  mum, dans la partie du revêtement située     au-          delà    de cette coupure par rapport à ladite  butée.  



  Ainsi, les variations de température et  d'état hygrométrique provoquent seulement,  dans la partie du revêtement éloignée des bu  tées, -des variations d'état de compression,  tandis que les parties de revêtement proches  des butées peuvent varier de dimension, les  dites butées maintenant néanmoins, grâce à  leur élasticité, un état de compression perma  nent     dans    les parties de revêtement qui les  touchent ou en sont proches.  



  Dans une telle réalisation, la position de  la coupure ou la distance entre deux coupures  successives parallèles doivent être choisies pour  que, malgré le frottement du revêtement sur  le sol, un état de précontrainte minimum soit  réalisé dans les parties de revêtement les plus  éloignées d'une coupure, c'est-à-dire en général  le milieu de l'intervalle compris entre deux  coupures successives.  



  Un tel revêtement ne comportant pratique  ment que des coupures, c'est-à-dire des inter  ruptions dans le bétonnage, il devient alors  possible d'utiliser pour l'édifier les moyens  mécaniques de bétonnage modernes avec leur  plein rendement.  



  De préférence, une seconde précontrainte  est imposée au revêtement dans le sens de la  largeur de celui-ci et cette précontrainte est  avantageusement     réalisée    au moyen de câbles  transversaux.    Toutefois, dans le cas de revêtements de  très grande largeur, réalisés par une succession  de bandes parallèles, la seconde précontrainte,  transversale à celle qui est réalisée dans le  sens de la longueur de ces bandes, pourra aussi  être réalisée, comme celle-ci, par l'action de  moyens d'écartement disposés dans la coupure  ménagée entre deux bandes consécutives et par  appui du bord des bandes extrêmes sur des  butées latérales.  



  La description qui va suivre en regard du  dessin annexé fera bien comprendre     comment,     à titre d'exemple, l'invention peut être réalisée.  



  La     fig.    1 montre très schématiquement, en  plan, une aire de béton allongée précontrainte  en deux directions.  



  Les     fig.    2 et 3 sont des diagrammes mon  trant le comportement de cette aire respecti  vement dans le cas d'une butée fixe et d'une  butée élastique.  



  La fi-. 4 montre, en coupe verticale per  pendiculaire à sa direction générale, une butée  ou culée comportant un ressort infiniment sou  ple.  



  La     fig.    5 montre, en coupe verticale ana  logue, une culée équipée de ressorts formés  de fils d'acier parallèles.  



  La     fig.    6 montre, en coupe verticale, l'en  semble d'une culée élastique à fils d'acier paral  lèles.  



  Les     fig.   <I>7a</I> et<I>7b</I> sont deux coupes possibles  suivant     VII-VII    de la     fig.   <B>6.</B>  



  Les     fig.    8, 9 et 10 montrent encore en  coupes verticales trois variantes de culées élas  tiques.  



  La     fig.    11 est une vue schématique en  plan d'un revêtement de béton allongé mon  trant la possibilité de mise en     oeuvre    de res  sorts auxiliaires.  



  La     fig.    12 est un diagramme montrant,  en fonction du temps, les contraintes de ten  sion dues au retrait.  



  La fi-. 13, analogue à la     fig.    1 est une vue  en plan schématique d'un revêtement bétonné      comportant des coupures pour la mise en       oeuvre    de précontraintes provisoires.  



  La     fig.    14 montre en coupe verticale un  dispositif de mise en précontrainte provisoire  ou définitive d'un revêtement.  



  La     fig.    15 montre en coupe analogue à la       fig.    14 un dispositif dé mise en précontrainte  provisoire.  



  La     fig.    16 est une vue en perspective d'une  variante de vérin utilisable dans le dispositif  montré par la     fig.    15.  



  La     fig.    17 est la coupe verticale transver  sale d'un vérin pouvant, en même temps, for  mer calage.  



  La     fig.    18 est une coupe suivant     XVIII-          XVlll    de la     fig.    17.  



  Les     fig.    19 et 20 montrent en deux vues,  sous forme de coupes schématiques, des inci  dents susceptibles de survenir à la mise en  compression de la piste.    La     fig.    21 est la vue en coupe analogue à  la     fig.    17, d'un vérin formant calage.    Les     fig.    22 et 24 montrent en coupe ver  ticale des dispositifs de mise en précontrainte  définitive.    Les     fig.    23 et 25 sont respectivement des  coupes suivant     XXlll-XXIll    et     XXV-XXV     des     fig.    22 et 24.

      La     fig.    26 est une coupe verticale d'un  autre dispositif de mise en précontrainte défi  nitive, comportant des tirants d'ancrage dans  le sol.    La     fig.    27 est une variante de la     fig.    26.    La     fig.    28 est une vue en plan d'un revê  tement ordinaire en béton, par exemple une  piste d'aérodrome, formé de dalles rectangu  laires juxtaposées, revêtement renforcé par  précontrainte.  



  La     fig.    29 est une coupe par     XXIX-XXIX     de la     fig.    28.    La     fig.    30 montre en plan un revêtement  bétonné destiné à faire comprendre son procédé  d'exécution.    La     fig.    31 est une coupe selon     XXXI-          XXXI    de la     fig.    30, pendant l'exécution du  bétonnage.  



  La     fig.    32 est une vue schématique d'un  tronçon de revêtement courbe en plan.  



  La     fig.    33 montre un revêtement courbe.  L'aire allongée, montrée sur la     fig.    1, s'ap  puie sur une butée ou culée 1 ancrée dans le  sol ; elle est constituée par un revêtement de  béton d'épaisseur uniforme, coulé sur le sol  dont le     coefficient    de frottement a été unifor  misé par étalement d'une couche de sable  par exemple, qui permet le     glissement    du béton  avec un     coefficient    de frottement     @    assez élevé,  deux tiers par exemple.

   .Les portions 21, 2,,  23, etc., du revêtement sont séparées par des  coupures 31, 32, 33, etc., dans lesquelles on  peut disposer des vérins destinés à écarter les  lèvres de ces coupures et des cales destinées  à conserver l'écartement ainsi obtenu. Des réa  lisations pratiques de tels moyens     d'écartement     et de calage seront décrites dans la suite.  



  Cette aire se prolonge, vers la droite, sur  une longueur quelconque aussi grande qu'on  le désire, et on peut la supposer terminée par  une butée analogue à la butée 1. Par des  moyens non représentés, mais dont des exem  ples seront décrits dans la suite, cette aire est  soumise à une précontrainte transversale indi  quée par les     flèches    F.  



  On supposera d'abord que le béton ayant       effectué    son retrait total est dans un état sta  bilisé.  



  Les moyens d'écartement ayant agi dans les  fentes 31, 32 , etc., ont conféré au béton des  portions 21, 22 une certaine compression longi  tudinale ; toutefois, en -raison du frottement,  cette compression n'est pas uniforme dans  chacune desdites portions, elle est maximum  de part et d'autre d'une fente et minimum au  milieu de l'intervalle compris entre deux fentes,  en supposant que les moyens d'écartement ont  tous exercé une égale action.  



  Il est facile d'évaluer la variation linéaire  de compression due au frottement. Dans la  suite du mémoire, pour fixer les idées, on  supposera, à titre d'exemple, que le revêtement      considéré a 20 cm d'épaisseur et que le coeffi  cient de frottement sur le sol est égal à     2/s.    Ces  valeurs que l'on peut considérer comme des  moyennes donneront une idée des ordres de  grandeur des efforts (tant passifs qu'actifs) mis  en jeu. Un tel revêtement pèse 480 kg au mètre  carré et chaque mètre carré exerce donc une       résistance    passive de frottement de 320 kg.

    Comme la section droite d'un mètre carré du  revêtement est de 20 X 100 = 2000     cni',    la  précontrainte unitaire absorbée par le frotte  ment est de 0,160 kg par ce et par mètre  de longueur, autrement dit 100 m de lon  gueur de revêtement affaiblissent la précon  trainte de 16 kg par ce et, inversement,  par l'action du seul frottement une longueur  de 100 m de revêtement peut supporter, à  une de ses extrémités, sans se déplacer, une  précontrainte de 16 kg par     cm2.     



  Supposons que la culée 1 soit rigide et  rigidement liée au sol ; si, lorsque le revête  ment est dans son état hygrométrique moyen,  on impose au niveau des fentes 31, 32 par       écartement    de celles-ci, une certaine précon  trainte N, la répartition de la précontrainte P  suivant la longueur L du revêtement suivra  donc le tracé a sur la     fig.    2. Le revêtement  étant complètement immobilisé par rapport au  sol, grâce à la culée rigide, cette répartition  de précontrainte évoluera sous les variations.       thermo-hygrométriques    (en les supposant uni  formes sur toute la longueur du revêtement)  entre les lignes â (rétraction maximum nor  male) et a" (dilatation maximum normale).  



  Sous un climat moyen, les variations de  contrainte dues aux variations     thermo-hygro-          métriques    normales maximum (c'est-à-dire la  distance comprise entre la courbe a et l'une  des courbes     d    ou<I>a")</I> sont de l'ordre de    20 kg par     em2.    Or, on a trouvé qu'une piste  soumise à une précontrainte de 20 kg par     cm2     se comporte parfaitement bien et, même, que  cette précontrainte peut s'abaisser pendant des  mois à 10 kg par     cm-'    sans inconvénient.

    D'autre part, un bon béton peut supporter  sans s'écraser plastiquement une compression  de plusieurs centaines de kilos par     em .    La  valeur de N peut donc être choisie dans de    très larges limites et on se rend compte éga  lement que deux fentes 31, 3. consécutives  peuvent être espacées de plusieurs centaines  de mètres.  



  Supposons qu'ainsi on ait réalisé une pré  contrainte moyenne de valeur     n1,    par exemple  40 kg au niveau de la culée. La précontrainte,  en cet endroit, variera normalement dans le  temps de 20 à 60 kg, ce qui reste admissible.  Cependant, dans des circonstances défavora  bles, il est prudent de prévoir que la dilatation  maximum est susceptible de majorer beaucoup  plus la contrainte de compression. De plus,  si cette circonstance se produit avant l'achè  vement total du retrait ou dans un état de  gonflement maximum du béton, elle pourra  atteindre des chiffres très élevés, qu'il est pru  dent de fixer par sécurité à 80 kg. La pression  sur la culée s'élèvera alors à 120 kg par cm'  et la     répartition    des contraintes dans le revê  tement suivra alors la ligne a;.  



  Or, une contrainte de 120 kg correspond,  dans l'exemple choisi, à une poussée de  240 tonnes par mètre linéaire transversal de  la     culée,    c'est-à-dire une poussée comparable  à celle des plus grands ponts en arc. La culée  devra donc être en mesure de résister sans  tassements à de telles poussées. On sait le  prix et les difficultés d'établissement de telles  culées, avec cette circonstance aggravante que,  dans le cas des revêtements bétonnés, une  piste d'atterrissage par exemple établie sur  une plaine alluviale, le terrain sera, en général,  beaucoup plus médiocre que celui des rives  choisies pour l'établissement d'un grand pont.  



  Une telle culée serait cependant nécessaire  car, si cette culée cède brusquement, et on  verra dans la suite que ceci correspond à un  déplacement de quelques centimètres seulement  de la culée, la répartition des contraintes ne  suivra plus, au voisinage de la culée, la  courbe a3 mais la droite b raccordée en U à  la courbe a; à une distance qui correspond à  la longueur de revêtement nécessaire pour  supporter, par son seul frottement sur le sol,  la contrainte existant alors dans les parties  de revêtement éloignées de la culée.

        Lorsque se produira la rétraction maximum  normale ultérieure, cette ligne de répartition  de contrainte s'abaissera de la valeur<I>NI</I>     n'1,     c'est-à-dire que, sur la distance     OA    à partir  de la culée, la précontrainte aura totalement  disparu et dans l'exemple considéré restera  inférieure au minimum admissible de 10 kg sur  plus de 60 m au-delà de A.  



  Une telle situation sera, en général, sans  remède car on sait les difficultés de stabiliser  une culée ayant subi un tassement ; de plus,  on ne disposera généralement pas de l'espace  suffisant au-delà de l'extrémité du revêtement  pour l'édification de renforts suffisants dont  la résistance devrait évidemment être supé  rieure à celle de la culée défaillante.  



  Pour remédier à cet inconvénient, il. con  vient d'interposer entre l'extrémité du revête  ment et la culée un ressort quelconque mais  suffisamment souple pour céder sans accrois  sement excessif d'effort à la poussée du revê  tement. Pour simplifier dans le diagramme de  la     fig.    3, on a supposé ce ressort infiniment  souple, c'est-à-dire fournissant toujours un  effort correspondant à la contrainte     n1    quelle  que soit sa déformation.

   L'état initial de con  trainte du revêtement étant encore représenté  par la ligne     n    dans les parties éloignées de  la culée, cet état varie encore normalement  entre les lignes<I>a'</I> et<I>a',</I> mais l'extrémité du  revêtement pouvant maintenant se déplacer  (d'une quantité négligeable à l'échelle de la  figure), la répartition des contraintes près de  la culée 1 suit, soit la droite ascendante d,  soit la droite descendante c symétrique suivant  que le déplacement ou la tendance au déplace  ment de l'extrémité du revêtement est dirigé  vers cette culée ou s'éloigne de -celle-ci, autre  ment dit, si le revêtement est en expansion ou  en rétraction.

   Ces droites se raccordent res  pectivement aux points<I>C et D</I> avec les lignes  <I>ci</I> et<I>a',</I> autrement dit la ligne<I>CD</I> correspond  à l'abscisse de la transversale du revêtement  à partir de laquelle ce revêtement reste norma  lement immobile par rapport au sol.  



  S'il vient à se produire la dilatation ex  ceptionnelle envisagée dans le cas précédent  et encore représentée par la ligne     a.3,    l'extré-         mité    du revêtement se déplacera plus encore  et la répartition des contraintes suivra encore  en s'éloignant de la culée la ligne d pour se  raccorder- en D' avec la ligne, a3.

   Dans ce cas,  la partie de revêtement comprise entre la culée  et la transversale correspondant à D' se sera  déplacée par     rapport    au sol (le déplacement  d'un point quelconque d'abscisse x compris  entre O et l'abscisse de D' est d'ailleurs pro  portionnel aux côtés du triangle     x1        y1   <I>D')</I> et  la partie de revêtement située au-delà de D'  restera immobile par rapport au sol.  



  Si l'on suppose, comme précédemment, que  la rétraction maximum suit cette dilatation ex  ceptionnelle, la répartition des     contraintes    sui  vra alors la ligne     nICEFa',        c'est-à-dire    que,  dans une petite région au voisinage de E, la  précontrainte se sera affaiblie ou aura même  disparu (éventuellement des tensions auront  pu     apparaitre).    Il sera alors possible, par l'ac  tion des vérins agissant dans la fente la plus  voisine de la transversale correspondant à E,  la fente 3. , en .l'espèce, de rétablir sensible  ment l'état initial dans cette région du revête  ment sans modifier pour cela l'état de compres  sion du revêtement dans les autres régions.  



  On voit ainsi que, dans le cas d'un ressort  infiniment souple     (ressort    parfait), la culée ne  supporte jamais que des efforts correspondant  à la contrainte     n1    et qu'elle procure toute sécu  rité contre les dilatations exceptionnelles et que,  de plus, un tassement de la culée est absolu  ment sans inconvénient. On décrira dans la  suite des moyens pratiques de réalisation de  dispositifs équivalents à des ressorts     parfaits          (fig.    4).  



  Cependant, on peut montrer que l'utilisa  tion de ressorts imparfaits, par exemple consti  tués par une certaine longueur de fils tendus  comme montré sur les     fig.    5 et 6, permet  encore la réalisation de culées très avanta  geuses.  



  Soit un ressort imparfait dont la déforma  tion majore la contrainte élastique de 20 %  dans l'hypothèse précédemment formulée où  le revêtement subit sa dilatation maximum,  c'est-à-dire passe de l'état montré par la ligne a  à celui montré par la ligne     a3.    Autrement dit,      un ressort tel que la contrainte dans le béton  près de la culée devienne
EMI0006.0001  
   au lieu de  rester égale<I>à</I>     nI,    soit 48 kg au lieu de 40  pour rester dans l'hypothèse chiffrée envisagée.

    La poussée maximum     maximorum    subie par  la culée sera de 96 tonnes par mètre de largeur  de revêtement au lieu de 80 et, si l'on suppose  que l'ordonnée de D' correspond à une con  trainte de 120 kg par     cm2    (soit 240 tonnes  par mètre de largeur), la distance à l'ori  gine de la transversale D', c'est-à-dire la dis  tance sur laquelle le frottement agit, sera de  
EMI0006.0005     
    soit 450 mètres (dans le cas du ressort parfait,  cette distance serait de 500 mètres).  



  Dans la partie de revêtement comprise  entre l'origine et la transversale D', la con  trainte de pression dans le béton passe donc  de 48 kg par     cm2    en O à 120 kg en D', soit  une variation de 72 kg et ceci sur 450 m.       EB    étant le module élastique du béton  (2000     kg/mm-),    on peut donc évaluer le dé  placement de l'extrémité de la culée, c'est-à-dire  la déformation du ressort. Ce déplacement est  égal à  
EMI0006.0009     
    soit 81 mm.  



  Dans le cas du ressort parfait, ce déplace  ment serait de  
EMI0006.0010     
    soit     lUU    mm.  



  Ces chiffres montrent clairement les faibles  amplitudes de mouvement de l'extrémité du  revêtement qui sont à prévoir dans les cas  de dilatation extrême et, par conséquent, les  très faibles amplitudes normales de déplace  ment de l'extrémité du revêtement. Ils justifient  aussi l'affirmation énoncée en regard de la       fig.    2, à savoir qu'un tassement de quelques  centimètres aurait les plus graves conséquences  dans le cas d'une culée rigide.    Le problème se ramène donc à trouver un  ressort tel que, lorsque sa charge varie de  20 0/0, sa déformation soit de l'ordre de  80 mm.

   Si ce ressort est constitué par un fil  d'acier tendu initialement à 80 kg par     mm-          par    exemple, il faut que son allongement soit  de<I>Al =</I> 80 mm lorsque sa tension passe de  RI = 80 à     R-#    = 96 kg par     mm .    La lon  gueur l d'un tel fil doit donc être  
EMI0006.0017     
    en appelant     Erz    le module d'élasticité de l'acier  (20 000 kg/me)    d'où  
EMI0006.0019     
    soit 100 mètres.  



  Si la culée sur laquelle prend appui un  tel ressort se tasse de 4 cm, il n'en résulte  qu'une variation de contrainte moyenne de       10        %        dans        le        revêtement        près        de        la        culée,     soit 4     kg/cm\2    et cette très faible variation  n'affecte, en décroissant d'ailleurs jusqu'à s'an  nuler, que 25 m de longueur de revêtement à  partir de la culée
EMI0006.0030  
      On voit donc tous les avantages de prix  de revient (dû à la réduction de poussée) et  de sécurité que présentent les culées élastiques  par rapport aux culées fixes.

    



  Sur le dessin, les     fig.    4 à 9 montrent, parmi  les nombreuses réalisations possibles, quelques  formes pratiques d'exécution de culées élas  tiques, la     fig.    4 correspondant au cas d'une  culée à ressort     parfait.     



  Sur cette figure, la portion d'extrémité 21  du revêtement bétonné s'appuie sur la culée 1  par l'intermédiaire d'un sac aplati 4. Afin que  ce sac, sans nécessiter une pression interne  excessive, puisse néanmoins fournir la poussée  nécessaire sur le revêtement, l'extrémité de ce  revêtement est épaissie par un arrondi progres  sif 6 de sa face inférieure, de telle sorte que  l'épaisseur de ce revêtement au niveau de la  culée est n fois plus grande que l'épaisseur  normale du revêtement. La pression régnant      dans le sac pourra donc être n fois plus petite  que celle qui serait nécessaire si la poussée  s'exerçait sur l'épaisseur normale du revête  ment.

   Dans le massif de     eulée,    est prévue une  galerie de visite 7 qui permet la réparation  ou le changement des     sacs    en cas de crevaison  de ceux-ci, dans ce cas, des cales, disposées  dans l'intervalle 8, permettent de conserver  l'état de compression du revêtement.  



  Le sac, qui peut être en matière élastique  quelconque, pourvu qu'elle résiste à la pres  sion imposée, est en relation avec une source  de fluide sous pression 9 assurant, dans ce cas,  une pression constante. Une telle pression  constante peut être obtenue par un accumu  lateur hydraulique ou bien par une pompe à  liquide ou à gaz commandée par     pressostat.     



  Comme dans le cas de toutes les autres  figures qui seront décrites dans la suite, le  revêtement repose sur le sol par une couche de  sable 10 et une couche de matière antifric  tion 11, par exemple du brai, sert d'intermé  diaire pour l'appui du revêtement sur le mas  sif de culée, afin de permettre le libre jeu du  ressort constitué par le sac.  



  Dans la réalisation montrée par les     fig.    5  et 6, la liaison élastique entre la culée et le  revêtement est réalisée par des fils tendus 12  qui sont ancrés, par exemple à la manière des  câbles de précontrainte usuels, au moyen de  cônes 13, à une de leurs extrémités dans le  revêtement et à l'autre extrémité dans la culée.  Le revêtement glisse, par l'intermédiaire de  couches 14, de brai par exemple, sur une  plate-forme 15 d'appui de son extrémité. Les  câbles 12 dont la     longueur    est de .l'ordre de  100 m dans l'exemple choisi sont libres de se  déplacer dans le canal qui les contient, canal  qui peut être ménagé dans du béton ou être  constitué par de la tôle ; ils sont protégés  contre l'oxydation par     *    une couche de brai.

    Entre la plate-forme 15 et le revêtement, ces  câbles traversent un espace libre permettant  le mouvement par rapport à la culée et, dans  cet espace, ils sont protégés par des manchons  élastiques 16. L'extrémité de droite des câbles  sur la     fig.    5 peut être ancrée dans une culée  quelconque disposée sous le revêtement.         Il    est commode, comme le montre la     fig.    6,       d'utiliser    les gaines de béton 17 qui     contiennent     les câbles 12 pour     former    le massif     résistant     de la culée.

   Ces câbles viennent s'épanouir dans  un massif transversal de béton 18 de l'extré  mité des gaines, et les gaines et le     massif    sont  chargés par un remblai 19 dont le poids donne  à la culée la résistance désirée.  



  Comme le montre la     fig.    7a, les gaines 17  peuvent être distinctes les unes des autres et  logées chacune dans une tranchée 20 qui est  ensuite remplie de remblai 21, voire même de  béton, ou bien,     comme    le montre la     fig.    7b,  toutes les gaines 17 peuvent être assemblées  par un voile de béton 22 sur lequel s'appuie  le remblai 19 par l'intermédiaire d'une couche  de sable 23 destinée à     uniformiser    la pression  du remblai.  



  Les culées élastiques qui viennent d'être dé  crites sont loin d'être les seules susceptibles  d'être     utilisées.    Les     fig.    8 et 9 sont des exem  ples de culées élastiques de principe     très    diffé  rent.  



  Dans l'extrémité épaissie du revêtement 21,  sur la . fig. 8, s'encastrent les extrémités de  pieux 24 d'acier ou de béton, enfoncés     oblique-          ment    dans le sol. Par la poussée de revêtement,  les pieux en trait plein sont comprimés, tan  dis que les pieux en pointillés, situés en avant  ou en arrière des premiers, sont tendus.  



  Une telle culée élastique est capable d'ab  sorber de grandes énergies de déformation.  Dans le cas de la fi-. 9, la culée et l'élé  ment élastique d'appui de l'extrémité du revê  tement 21 sont simultanément constitués par  une dalle de béton précontraint 25 qui pro  longe le revêtement et constitue, en fait, une  partie de celui-ci. Dans le sens de la     longueur     du revêtement, des câbles 26, ancrés à leurs  extrémités, maintiennent cette dalle en état de  précontrainte.  



  Par sa partie opposée au revêtement 21,  la dalle 25 repose sur le sol par l'intermédiaire  d'une couche rugueuse 27 ayant un coefficient  de frottement élevé. Au contraire, par sa partie  en contact avec le revêtement 21, la dalle 25  repose sur une fondation 28 par l'intermé  diaire d'une couche de matière     antifriction    29.      Dans ce cas, la partie de dalle 25 que le     frot-          temement    empêche de     glisser,    forme la culée  pratiquement fixe par rapport au sol, tandis  que la partie disposée sur la couche de glisse  ment forme le     ressort    qui maintient l'extrémité  du revêtement 21 en état de compression pra  tiquement constant.  



  La culée représentée par la fia. 10 est ana  logue dans ses grandes lignes à celle que montre  la     fia.    6 ; elle est toutefois susceptible de résis  ter à des poussées bien supérieures ; elle est  constituée par un voile courbe de béton 94,  continu ou en éléments séparés, dans la partie  supérieure duquel les câbles 12a, libres sur  leur longueur et peu inclinés sur l'horizontale,  peuvent jouer le rôle de ressorts.  



       L'extrémité    inférieure 95 de ces câbles 12a  est ancrée dans le massif intermédiaire 96 ;  celui-ci est lui-même ancré, par les câbles 12b  qui     recroisent    les câbles 12a, à la masse de  béton 18a. Contrairement aux câbles 12a, les  câbles 12b peuvent être rendus solidaires par  injection de la partie de voile qui les enferme.  Grâce à sa forme courbe dont le rayon de  courbure est, de préférence, décroissant depuis  la partie horizontale jusqu'à la partie verticale,  cette culée convertit les poussées horizontales  qu'elle reçoit en efforts verticaux plus réduits  en raison du frottement de la face concave du  voile sur le terrain.

   Ces     efforts    verticaux sont       supportés    par le poids des terres qui chargent  le massif d'ancrage 18a.  



  Enfin, on remarquera qu'il n'est pas néces  saire que les culées soient perpendiculaires à  la plus grande dimension du revêtement. Elles  peuvent avoir une disposition quelconque,  pourvu - que la résultante des efforts qu'elles  transmettent à l'extrémité du revêtement soit  orientée suivant la plus grande dimension de       celui-ci.     



  Dans ce qui précède, on a admis que la  culée élastique devait résister à la contrainte     n1     (fia. 2 et 3) appliquée au revêtement et éven  tuellement, dans le cas où le ressort est impar  fait, à la contrainte     n1    majorée d'une fraction  de la variation de contrainte, répercutée sur  la culée, que subit le revêtement lors des dila  tations.    Or, la stabilité du revêtement au voisinage  de la culée n'exige que la conservation de la  précontrainte minimum     (n'1    sur la fia. 2) indis  pensable à assurer la bonne tenue sous charge  de ce revêtement dans cette région. On peut  se rendre compte que l'excédent de poussée  élastique que fournit la culée ne sert qu'à vain  cre à distance les effets du frottement qui  s'opposent à la rétraction.

   II peut donc être  plus avantageux d'appliquer ces forces compen  satrices de rétraction au point même où nais  sent les frottements. Autrement dit, on peut  étaler une partie de l'effort élastique demandé  à la culée sur une certaine distance à partir  de celle-ci ; la puissance de la culée propre  ment dite se trouve réduite d'autant, ce qui  simplifie encore sa réalisation.  



  Un exemple de ce genre est montré par  la fia. 11. La partie de revêtement 21 s'appuie  sur la culée 1 par l'intermédiaire d'un ressort  quelconque 30 qui assure, dans la partie de revê  tement voisine de la culée, la précontrainte     n'1.     Des câbles tendus 31, fixés sur le bord du  revêtement en 32 et dans le sol en 33, appli  quent au revêtement un effort élastique qui  s'ajoute à celui de la culée. De tels câbles 31'  peuvent également être disposés sous le revê  tement. Comme dans l'exemple numérique  choisi, 100 m de revêtement correspondent à  une précontrainte de 16 kg, on pourra être  amené à répartir les câbles 31 sur plusieurs  centaines de mètres.  



  La disposition montrée par la fia. 11 pré  sente également de l'intérêt pour le renforce  ment d'une culée reconnue par la suite insuf  fisante. En effet, le renforcement peut s'effec  tuer sans interruption de service du revêtement.  



  Dans l'exposé en regard des fia. 2 et 3, il  a été supposé que le béton était stabilisé ;  cependant, dans la pratique, il convient de tenir  compte du retrait.  



  Un premier moyen d'éviter les conséquences  du retrait consiste à ménager, à la coulée du  revêtement, à quelques mètres l'une de l'autre,  des coupures de retrait destinées à empêcher  le béton de se fissurer spontanément. On laisse  alors le retrait s'accomplir, ce qui élargit les  dites coupures, puis on les bourre de mortier      maté. L'ensemble du revêtement se trouve alors  dans l'état supposé et on peut lui appliquer  la précontrainte définitive.  



  Cette façon de procéder présente plusieurs  inconvénients : elle nécessite d'attendre, pour  permettre la mise en service du revêtement,  l'accomplissement presque total du retrait ; en  outre, elle complique l'exécution. Enfin, cha  cune des coupures crée un défaut d'homogé  néité du revêtement qui peut nuire à son  comportement ultérieur sous précontrainte.  



  Pour remédier à ces inconvénients, il est  préférable de compenser le retrait en plaçant  le revêtement en état de précontrainte provi  soire à l'aide de moyens d'écartement disposés  dans les fentes 31,     .32.     



  On peut, en effet, figurer le retrait, non  comme il est usuel sous forme d'une variation  relative de dimension, mais (ce qui revient au  même) comme créant une variation de con  trainte de traction dans un béton supposé résis  tant à la traction. On obtient ainsi un dia  gramme tel que montré sur la     fig.    12 dans  lequel le temps t est porté en abscisse et les  tensions de retrait Pr en     ordonnées.    La courbe  de retrait r admet une asymptote horizontale  dont la valeur peut être estimée expérimen  talement et qui, pour fixer les idées, est de  l'ordre de 80 kg par cm-.  



  Pour annuler les effets de cette tension de  retrait, il convient d'abord d'exercer une com  pression compensatrice du retrait du béton dès  que celui-ci amorce son retrait et, en outre,  de majorer la compression finale de la valeur  de la tension de retrait restant à agir au mo  ment où s'effectue cette compression finale.  



  Or, on a montré que l'agencement d'un  revêtement tel que décrit permettait la mise en       oeuvre    de très fortes compressions. Il y a donc  intérêt à atteindre, avec aussi peu d'étapes  intermédiaires que possible, l'état de compres  sion     final.     



  Ainsi, on pourra imposer, dès la prise du  béton, une compression     P,.1    destinée à com  penser le retrait jusqu'au temps     t1    puis, à ce  moment, la compression     P,.1    ayant disparu,  imposer la compression définitive majorée de       Pr#   <I>-</I>     P,.1.    Le revêtement sera ainsi définitive-    ment     utilisable    au temps     t1    (de l'ordre de quel  ques semaines).

   Si l'on procédait par des  compressions plus progressives et plus étagées,  par exemple avec les étapes     intermédiaires          P',1    et     F,.2,    l'aire ne serait disponible défini  tivement qu'au temps     t2    qui peut correspondre  à plusieurs mois.  



  Cependant, en imposant à un instant     donné     une     précontrainte    provisoire de valeur déter  minée     PTI    à un revêtement en état de retrait,  on n'est pas certain que ce retrait joint à la  rétraction du béton sous les influences     thermo-          hygrométriques    ne provoquera pas la dispari  tion totale de cette précontrainte provisoire, ce  qui amènerait la fissuration du béton, avant  que ne soit appliquée la précontrainte défini  tive.  



  Il est donc préférable comme le montre la       fig.    13 de ménager dans le revêtement des  coupures suffisamment nombreuses (par inter  ruption locale du bétonnage) pour que les  portions de revêtement qu'elles déterminent  soient susceptibles de pouvoir être déplacées  sur le sol par un effort relativement faible.       Ainsi,    en appliquant en permanence cet effort  aux portions de revêtement on est certain de  compenser tout retrait.  



  Dans l'exemple choisi, il suffit évidemment  d'une poussée     égale    à 0,16 kg X L     kgs    par  centimètre carré pour déplacer un élément de  revêtement de longueur L. Les précontraintes  de compensation du retrait, à condition d'être  permanentes, peuvent donc avoir des valeurs  d'autant plus faibles que les portions de revê  tement intéressées sont plus courtes.  



  Comme les difficultés de création des pré  contraintes croissent plus vite que les valeurs  de ces précontraintes, il y a donc avantage à  multiplier les coupures destinées à la réalisa  tion de ces précontraintes provisoires. Par  exemple, avec des coupures distantes entre elles  de 50 mètres, les précontraintes provisoires  exercées en permanence pendant la durée du  retrait sont limitées à 8 kg par centimètre carré  dans l'exemple considéré.  



  Ainsi, le revêtement montré par la     fig.    13  comprend, outre les coupures telles que 31 déjà  mentionnées, d'autres coupures 3a, 3b, etc.,      destinées à une mise en précontrainte provi  soire pour la compensation du retrait.  



  Ces coupures 3a, etc., sont simplement  constituées par une interruption du bétonnage  qui peut être exécuté de façon continue en  partant de l'une des extrémités du revêtement  vers l'autre.  



  Les coupures telles que 31 d'organisation  plus compliquée peuvent être agencées comme  il sera montré sur les fi-. 22 à 27.  



  Dès la prise du béton et, au plus tard, le  lendemain de la coulée de celui-ci, une pré  contrainte provisoire est     appliquée    à chacun  des éléments 21, et     21b,    etc., délimités par les  coupures<I>3a, 3b,</I> etc. A cette     fin,    comme le  montre la     fig.    14, on peut     disposer    contre les  bords des lèvres de la coupure, des     profilés    60  de répartition de la pression entre lesquels sont  disposés, de distance en distance, des vérins  hydrauliques ordinaires 61.  



       Etant    donné, comme il a été indiqué plus  haut, la faible pression unitaire à mettre en       oeuvre,    les     vérins    61 peuvent être assez espacés.  Tous ces     vérins    sont reliés à un accumulateur       hydraulique    62 d'assez grand volume destiné  à fournir à ceux-ci une pression constante.       Ainsi,    ces     vérins_exercent    sur les éléments situés  de part et d'autre de la coupure     21b    et     21,    en  l'espèce, une poussée constante qui tend à les  écarter.

   On fait     croitre    progressivement la  pression dans les vérins jusqu'à ce que les       extrémités    opposées des éléments     21b    et     21,     (formant l'un des bords des fentes voisines  3a et 3c) amorcent leur déplacement. A ce  moment, la pression est     stabilisée    dans lesdits       vérins    :     ainsi    l'étendue totale des éléments     21b     et     21,,    est en état de compression et cette com  pression équilibre exactement la force passive  de     frottement.     



  La pression ainsi réglée est admise dans  des vérins disposés de façon analogue dans  les coupures 3a et 3c qui encadrent la cou  pure 3b. On a ainsi la certitude, malgré le  jeu des dilatations et contractions, d'une part  que les éléments     21b    et     21,    resteront comprimés  en permanence, ce qui évitera toute tension  due au retrait, et par conséquent toute fissu  ration, d'autre part, que, malgré les dilatations,    la précontrainte de ces éléments ne s'accroîtra  pas, puisque cette dilatation peut être absorbée  par le jeu des vérins alimentés sous pression  constante.  



  Comme le montre la     fig.    15, le même ré  sultat peut être obtenu en utilisant en guise  de vérins de simples tubes de matière élastique,  par exemple des tuyaux 63 de caoutchouc en  toilés. Des cales 64 de bois, par exemple,  suffisent, dans ce cas, à la répartition de la  pression sur les tranches des éléments bor  dant les coupures.

   Au     lieu    de tubes en caout  chouc, en     particulier    dans le cas où le revête  ment est de forte épaisseur, on peut     utiliser     des enveloppes métalliques élastiques telles que  représentées sur la     fig.    16 ; ces enveloppes  sont constituées par deux bandes d'acier mince  (de quelques dixièmes de     millimètres    d'épais  seur) 65a et 65b qui sont repliées dans le sens  de leur longueur et agrafées de manière étan  che en 66 le long de leurs bords en regard.  Aux extrémités, ces bandes sont progressive  ment aplaties et fermées par un     pliage    serti 67.

    Une telle enveloppe mise en pression constitue  un vérin capable de résister aux quelques     kilos     de pression qui sont nécessaires pour la com  pensation du retrait. Les     vérins    de mise en  précontrainte provisoire peuvent d'ailleurs avoir  une course assez réduite, car il est toujours  possible lorsqu'une partie du retrait s'est effec  tuée de vider ces vérins et de rattraper, par  un bourrage partiel des coupures provisoires,  la réduction de dimension du béton.  



  Les coupures 31 de mise en précontrainte       définitive    sont de préférence disposées de telle  sorte que les variations de dimensions dues  au retrait ne les affectent pas. A cette fin, on  peut, par exemple, comme le montre la     fig.    13,  encadrer une coupure 31 par deux coupures  de retrait et disposer provisoirement des cales  dans cette coupure 31 pour que l'écartement  et la position de ses bords ne soient pas modi  fiés lors de l'action des vérins de misé en  précontrainte provisoire dans les coupures     en-          cadrantes.     



  Après la compensation du retrait ainsi  obtenue, les vérins provisoires sont démontés  et les fentes de mise en précontrainte provi-      Boire remplies soigneusement avec du béton.  Le revêtement montré par la     fig.    13 est alors  identique à celui de la     fig.    1 avec cette diffé  rence qu'il se trouve en état stabilisé.  



  Les moyens d'écartement des fentes du  revêtement telles que 31, 32     (fig.    1 et 13) des  tinés à créer la précontrainte définitive peuvent  être constitués par des vérins quelconques. Les  calculs effectués à propos des culées montrent  que, pour des fentes espacées de plusieurs cen  taines de mètres, il suffit de prévoir des vérins  dont la course ne soit que de     quelques    centi  mètres. On peut ainsi disposer, de distance en  distance dans une même fente, des vérins,  mettre ceux-ci en action et, une fois l'écarte  ment obtenu, conserver celui-ci par des ca  lages, par exemple un bourrage de béton, dis  posés entre les vérins successifs.  



  II sera bon, à chacune des opérations de  mise en précontrainte définitive et, en parti  culier, à la première, de limiter l'action des  vérins de façon à ne pas provoquer de dépla  cements d'ensemble des portions de revêtement  sur le sol.  



  Lorsque, comme montré sur les     fig.    1 et 13,  le revêtement comprend une série de portions  séparées par des fentes parallèles, portions dont  la première et la dernière s'appuient contre les  culées, on pourra, dans la première fente à  partir d'une culée, appliquer d'abord un     effort     d'écartement     limité    q, puis, dans la seconde  fente, ce même     effort,    ce qui permettra d'ap  pliquer, par retour dans la première fente,  l'effort 2q. En agissant de la sorte de proche  en proche, on pourra exercer l'effort 3q dans  la première fente,<I>2q</I> dans la seconde,<I>q</I> dans  la troisième, jusqu'à obtenir l'effort d'écarte  ment définitif dans toutes les fentes.  



  Une telle opération nécessite la mobilisa  tion d'un nombre considérable de vérins. Il  est donc préférable de prévoir, à demeure, les  vérins nécessaires à l'écartement de chaque  fente et de réaliser ces vérins, par exemple,  de la manière montrée sur les     fig.    17 et 18.  



  Ces vérins d'un modèle bien connu sont  constitués par des enveloppes métalliques apla  ties 34 dont les deux parois sont raccordées  par un arrondi qui en permet l'expansion. En    injectant sous pression, dans de telles enve  loppes, par un orifice d'entrée 35, un liquide  capable de durcir, on assure à la fois l'écarte  ment des fentes et le calage ultérieur nécessaire.  



  En     utilisant    plusieurs vérins accolés, comme  montré sur la     fig.    17, on peut procéder, avec  chacun des vérins, à une opération d'écarte  ment, donc réaliser les mises en précontrainte  successives désirées. De préférence, les vérins  d'un même ensemble sont solidarisés entre  eux par des tôles intercalaires 36 et assemblés,  avec un     remplissage    =de béton 37 et des tôles  extrêmes 38, en un bloc 39 en forme de coin  qu'il est très     facile    de mettre en place dans  une fente à parois évasées. On évite     ainsi    la  difficulté     d'insérer    les vérins dans des fentes  à bords parallèles.  



  De tels vérins permettent facilement d'ob  tenir des poussées de plusieurs     dizaines    de kilos  par centimètre carré qui sont     nécessaires    pour  la mise en précontrainte définitive. Par exemple  pour obtenir 20 kg de précontrainte par cen  timètre carré au centre d'une dalle de 600 m  de long, il convient, dans l'exemple considéré,  que les vérins qui agissent à ses extrémités  fournissent une poussée de 68 kg par ce.  



  Sous des compressions de cet ordre de  grandeur, le flambage des aires, c'est-à-dire leur  soulèvement au-dessus du sol, est peu probable.  Un revêtement de béton     soumis    à son poids  propre ne peut, en effet se soulever au-dessus  du sol que si le lieu de ses centres de pression  prend un rayon de courbure inférieur à
EMI0011.0019  
    <I>Q</I> étant la poussée par mètre et<I>W</I> le poids  au mètre carré. Pour reprendre encore l'exem  ple choisi d'une piste de 20 cm d'épaisseur,  même si la pression atteignait 150 kg par ce,  le soulèvement ne se produirait que si le  rayon de courbure devenait localement infé  rieur à 625 m.  



  Il n'y a donc, pour un revêtement dont le  profil en long présente des courbures de rayon  supérieur, aucun risque de flambement tant  que sa ligne des centres de pression reste pa  rallèle à sa surface.  



  Mais ce flambement peut se     produire    si  cette ligne subit une courbure, ce qui est peu      probable dans une aire soigneusement cons  truite de     manière    homogène.     Ceci    peut toute  fois se produire dans le cas où des corps étran  gers se seraient introduits dans les fissures ou  coupures en     remplissant    inégalement ces fis  sures. C'est pourquoi, il est bon de protéger  les joints de reprise par une bande de matière  élastique collée à cheval sur le joint et sim  plement destinée à éviter l'entrée des poussière  résistantes. Un exemple d'une telle bande sera  montré en regard de la     fig.    31.  



  Ceci peut également se produire à la mise  en action des vérins montrés par la     fig.    17,  dont le centre des pressions passe exactement  à mi-hauteur, lorsque l'état du revêtement est  tel que les centres de pressions sont situés plus  haut ou plus bas dans le revêtement lui-même.  



  Les deux cas possibles sont montrés par  les     fig.    19 et 20.  



  Dans le cas de la     fig.    19, la face supé  rieure des portions 2. et     2,z+1    est, par exemple  en raison d'un temps très sec, en un état de  plus fort retrait que la face inférieure. La ligne  des pressions 40 dans le revêtement est alors  voisine de la face inférieure lorsqu'on fait agir  le bloc vérin 39 dont la ligne des pressions est  en 42. Les bords adjacents des portions 2,z  et     2,z+1    se soulèvent avec le vérin, car la ligne  de pressions forme alors, au droit du bloc  vérin, une concavité tournée vers le bas.  



  Inversement, dans le cas de la     fig.    15, la  face supérieure a un retrait moins grand que  la face inférieure ; la ligne de pressions 40  est vers la face supérieure et la ligne des pres  sions, abaissée au droit du bloc vérin 39, forme  deux concavités     tournées    vers le bas de part  et d'autre du vérin. Ce sont alors les deux  parties adjacentes au bloc vérin des portions  2. et     2,z+1    qui se soulèvent.  



       Il    est à remarquer que ce genre d'incident  ne peut se produire qu'à la mise en pression  lorsque les vérins contiennent du liquide car,  dès que ce liquide est solidifié, la     ligne    de  pressions traverse le bloc vérin sans que son  niveau soit sensiblement modifié; dans cet état,  le bloc vérin assure, en effet, l'homogénéité et  la continuité du revêtement.    Pour éviter cet inconvénient, on peut se  réserver de faire agir les vérins à une époque  et même à une heure de la     journée    où l'état  des deux faces du revêtement est sensiblement  le même.

   On peut aussi surcharger les parties  du revêtement ayant tendance à se soulever,  ou bien rétablir artificiellement, par exemple  au moyen d'une charge de sable mouillé, un  état semblable des deux faces du revêtement.  



  On peut aussi utiliser un bloc vérin tel  que montré sur la     fig.    21.  



  Dans ce bloc, par rapport à celui que  montre la     fig.    17, chacun des vérins 34 est  remplacé par une paire de vérins 43 de hau  teur moitié, qui comportent des orifices d'in  jection indépendants. En réglant indépendam  ment la pression dans le vérin supérieur et dans  le vérin inférieur d'une même paire de vérins  superposés, on peut régler le niveau du centre  des pressions dans le bloc et ajuster ce niveau  avec celui de la ligne des pressions dans l'aire.  Ce réglage peut être effectué en surveillant  avec un appareil de nivellement les amorces  de soulèvement du revêtement de part et d'autre  du bloc vérin.  



  Plus généralement, on peut considérer que  tout écart, symétrique ou non, de l'état     thermo-          hygrométrique    des régions du revêtement voi  sines des lèvres de la coupure, tout défaut de  forme de ces lèvres et tout défaut de centrage  en hauteur de la ligne de poussée de ces vérins  sont susceptibles de provoquer l'apparition de  composantes verticales dans les réactions de  poussée et, par conséquent, des décalages de  niveau de la surface du revêtement vers les  lèvres de la coupure en particulier avec des  vérins tels que montrés par les     fig.    17 et 18,  car ceux-ci, lorsqu'ils sont remplis de liquide,  jouent comme des articulations et ne peuvent  donc résister à ces composantes.

   En consé  quence, on doit considérer les risques de sou  lèvement local du revêtement comme la règle  générale et prendre les dispositions nécessaires  pour s'y opposer.  



  Les fia. 22 et 23 montrent un premier  exemple de réalisation d'une coupure, dont les  bords sont empêchés de se soulever; au-dessous  de l'emplacement de celle-ci. on a exécuté une      fondation 68, fortement ancrée au sol, de  laquelle émergent les ailes supérieures de pro  filés 69 orientés perpendiculairement à la cou  pure 31.  



  De part et d'autre de la coupure sont en  robés dans les extrémités des éléments 21 et 2.  des tronçons de profilés 70 dont les ailes vien  nent s'engager sous l'aile supérieure des pro  filés 69. A cette fin, ces profilés 70 étant en  place, le béton des éléments 21 et 2, est coulé  directement sur la fondation 68 avec inter  position d'une couche de brai 71, tandis qu'une  plaque de matière quelconque 72, disposée  entre les profilés 70 avant la coulée empêche  la pénétration de ce béton au contact de l'aile  supérieure du profilé 69.  



  Ainsi, lorsque l'on fait agir le bloc vérin 39,  tout soulèvement des lèvres des éléments 21  et     2.,    est empêché par l'accrochage des tron  çons' profilés 70 sur l'aile supérieure des  profilés 69.  



  On peut aussi empêcher ce soulèvement  des lèvres de la manière montrée par les     fig.    24  et 25. De distance en distance, de part et  d'autre de la coupure 31, sont ménagées, dans  les bords des éléments 21 et     2.,    des ouver  tures 73. Au fond de ces ouvertures, sont  ancrés dans le sol, par exemple au moyen de  câbles 75, des massifs de béton 74.

   Sur deux  massifs 74 en regard, grâce aux boulons 76,  il est possible de monter un portique amo  vible 77 ; la face inférieure de ces portiques  alignés     sert    d'appui à des sommiers de répar  tition 78, perpendiculairement auxquels sont  disposés des profilés 79 formant glissière de  guidage pour les éléments 21 et     2Y.    Lorsque  l'on met le vérin 39 en pression, ces profilés 79  graissés sur la face supérieure glissent au  contact des sommiers, lesquels empêchent ainsi  le soulèvement des lèvres de la coupure.  Lorsque les vérins 39 sont bloqués par durcis  sement du liquide qui y a été injecté, les por  tiques 77 peuvent être démontés et les ouver  tures 73 peuvent être obturées provisoirement  ou définitivement.  



  Les     fig.    26 et 27 montrent des agencements  destinés à empêcher plus économiquement le  soulèvement des lèvres. Dans les bords en re-         gard    des lèvres sont scellées les extrémités  supérieures de câbles verticaux 80     _qui,    à leur  partie     inférieure,    sont ancrés dans le sol. A  cette fin, ces câbles sont logés dans un puits 81  au fond duquel leurs extrémités inférieures ont  été noyées dans un béton assez fluide 82 ; en  même temps, on a descendu au fond de ce  puits, dont le profil initial suivait la ligne en  traits mixtes 83, une petite charge d'explo  sifs 84.

   En explosant, cette charge, pour la  quelle le béton plastique a formé bourrage, a  créé une chambre au fond du puits, chambre,  qui après condensation et résorption des rési  dus gazeux de l'explosion s'est trouvée     remplie     par ce béton fluide.  



  Après durcissement du béton 82, lorsque  l'on met en pression le vérin 39, les lèvres  s'écartent et les câbles 80 en s'inclinant pour  prendre la position 80a se mettent en tension,  ce qui empêche le soulèvement de ces lèvres.  



  Afin de réduire la dimension du puits 81,  les extrémités supérieures des câbles 80 peu  vent, comme le montre la fi-. 27, être ancrées  dans le bloc vérin 39 lui-même.  



  Dans 'ce cas, ces câbles n'empêchent pas  directement le soulèvement des lèvres, mais  ils neutralisent les composantes verticales de  poussées susceptibles de prendre naissance dans  le bloc vérin 39.  



  L'exécution d'ensemble d'une grande aire  bétonnée précontrainte, par exemple une piste  d'envol pour avions lourds, est montrée par  les     fig.    30 et 31.  



  Cette piste de grande largeur est appuyée,  par ses extrémités, sur des culées 1 du genre  décrit précédemment. Elle est construite par  bandes parallèles juxtaposées sur un terrain  préalablement compacté et revêtu d'une cou  che de sable. Chaque bande est réalisée de  façon continue, de manière connue, par  une succession de machine réalisant la cou  lée du béton frais, le nivellement de la  couche de béton coulée, sa vibration et son  lissage.

   La première bande     211,        21.,,    etc.,  formant l'un des bords de la piste, est coulée  au moyen de deux profilés tels que 44 dressés  et alignés qui forment rails pour     1e_    déplace  ment des machines de bétonnage telles que 45,      et coffrage latéral pour ladite     bande.    Pour  les autres bandes, comme montré sur la     fig.    31,  le bord de la dernière bande coulée 2n     sert     de coffrage latéral pour l'un des bords de la  bande 2     n+1    et un seul rail 44 est nécessaire.  



  Pour assurer provisoirement l'indépendance  de deux bandes accolées, c'est-à-dire éviter  leur soudure, une     mince    couche de sépara  tion 46, par exemple une couche de papier  collée sur la tranche de la bande précédente  ou une tôle mince, est interposée entre deux  bandes. consécutives. Chacune d'elles peut ainsi,       indépendamment    des autres, être mise en  compression dans le sens longitudinal par des  vérins insérés dans les fentes transversales  ménagées par interruption du bétonnage.  



  La mise en précontrainte provisoire peut  suivre immédiatement la     progession    du béton  nage de chaque bande.  



  Pendant la coulée, le passage des câbles  de précontrainte transversale 47 est ménagé  dans les bandes au moyen de mandrins 48 qui  sont engagés, par une extrémité, dans l'orifice  du canal 49 déjà ménagé dans la bande précé  dente 2n et dans des forages des rails 44. Dès  que le béton a fait prise, ces mandrins sont  arrachés par traction longitudinale. Il est bon  d'ailleurs, pour faciliter l'alignement de la suc  cession de canaux ménagés dans les bandes,  de repérer, par une marque exécutée à la sur  face du béton, l'emplacement de quelques-uns  des mandrins. En outre, dans les bandes ex  trêmes, on ménage l'emplacement 50 des an  crages des câbles 47.  



  Dans le sens longitudinal, le retrait est  compensé par les     vérins.    Ce retrait s'effectue  toutefois librement dans le sens transversal des  bandes, ce qui est sans     inconvénient    étant donné  la faible largeur de chacune d'elles. Toutefois,  pour éviter, ainsi que déjà indiqué, l'accumu  lation de poussières dures dans l'intervalle qui  s'ouvre entre deux bandes consécutives, on  recouvre     cet    intervalle par une bande élas  tique 51.

   Lorsque toutes les bandes ont été  coulées et que le béton atteint sensiblement le  même état dans toutes les bandes (l'âge du  béton de chacune des bandes est, en     effet,    très  sensiblement le même, étant donné qu'en raison    de la rapidité des moyens de bétonnage mo  dernes, quelques jours séparent à peine la  coulée de la première bande et celle de la  dernière), on enfile dans les canaux alignés  les câbles de précontrainte 47 et on met ceux-ci  en tension en prenant appui sur les bords des  bandes extrêmes. Comme les bandes peuvent  aussi glisser transversalement sur le sol, on  referme ainsi les intervalles apparus entre les  bandes, et, pratiquement, il s'effectue une véri  table soudure par la précontrainte des bandes  juxtaposées.  



  Si le revêtement est très large, des culées  peuvent être prévues le long des bords et un  intervalle peut être ménagé pour l'introduction  de vérins de compression transversale ana  logues à ceux qui sont montrés par la     fig.    17,  soit entre les culées et les bandes extrêmes,  soit entre deux bandes intermédiaires.  



  On peut aussi couler le revêtement à la  manière usuelle en forme de dalles rectangu  laires juxtaposées que l'on laisse librement  accomplir leur retrait, ce cas correspond aussi  à celui des revêtements usuels existants aux  quels le procédé décrit peut être appliqué  puisque, pratiquement, ces dalles reposent sur  le sol avec un frottement uniforme.  



  Ce dernier cas est représenté sur les     fig.    28  et 29. Les dalles 85 de ce revêtement ont,  ainsi qu'il.est connu, des côtés de l'ordre du  décamètre ; elles sont séparées par des cou  pures usuellement remplies de bitume.  



  Pour mettre ce revêtement en précontrainte,  on commence par vider et décaper ces coupures  du remplissage qu'elles contiennent. En même  temps, les fissures existantes peuvent être cu  rées, par exemple par lavage au jet à forte  pression et grattage. Ces fissures sont     destinées     à se refermer lorsque le revêtement sera soumis  à la précontrainte.  



  Les coupures transversales alignées telles  que 86 sont élargies pour permettre le passage  de câbles transversaux.  



  Les coupures longitudinales 88 sont bour  rées avec du     mortier.    Au moyen de sommiers  de répartition 87, le béton est mis en précon  trainte transversalement par les câbles logés  dans les coupures 86, ces câbles étant ancrés      à leurs extrémités en 89. De distance en dis  tance, une des coupures 86 est élargie comme  montré en     86n    pour l'insertion de bloc vé  rins 39 de mise en précontrainte. Chacune des  dalles 85 qui borde la coupure élargie peut  être ancrée au sol par un câble 91 logé dans  un forage vertical 90, dont l'extrémité supé  rieure est ancrée dans la dalle et l'autre au  fond du forage.  



  Pour former les culées élastiques d'appui  des extrémités du revêtement, des forages obli  ques 92 sont pratiqués au travers des dalles  d'extrémité pour le passage des câbles 93 an  crés, d'une part, dans chacune des dalles 85  et, d'autre part, dans le sol au fond de ces  forages.  



  Les câbles 93, libres de se déplacer et de  s'allonger dans les forages correspondants, for  ment ainsi des ressorts     élastiquement        défor-          mables    ; l'extrémité du revêtement ainsi amé  nagé résiste à la poussée du revêtement par  son poids, par le frottement sur le sol dû au  poids et à la composante verticale de la trac  tion des câbles 93, et,     enfin,        élastiquement,     par la composante horizontale de cette même  traction.  



  Un cas particulier important de revêtement  bétonné est celui des chaussées de route dans  lequel la largeur est faible par rapport à la  longueur.  



  Dans ce cas, il sera, en général, inutile de  prévoir, dans les alignements droits, des culées  élastiques mais seulement, à intervalles régu  liers, des fentes de mise en compression longitu  dinale. Pour chaque tronçon de route rectiligne,  la butée constituée par la masse de la route  de part et d'autre de ce tronçon, jointe au  frottement, est suffisante pour la conservation  de la précontrainte longitudinale, la précon  trainte transversale étant économiquement ob  tenue au moyen de câbles. II n'en va pas de  même dans les virages où les butées élastiques  retrouvent tout leur intérêt, tant pour la conser  vation de la précontrainte des alignements  droits raccordés par ces virages, que pour la  conservation de la précontrainte dans le virage  lui-même.

      Considérons, en effet, un tronçon de route  en virage     (fig.    32) compris entre les trans  versales<I>MN</I> et     M'N'    et précontraint longitu  dinalement suivant sa courbure. Cette tranche  de route est     sollicitée    vers l'extérieur du virage  par la force
EMI0015.0010  
   étant la compression totale  dans le sens de la courbure et R le rayon du  virage. Cette force est, à l'instant considéré,  équilibrée par le frottement de la route sur sa  fondation.  



  Lorsque la route se dilate, elle tend à la  fois à se déplacer dans son ensemble et à s'élar  gir. Cette dilatation ne s'effectue toutefois pas  à partir de l'axe     XX    de la route, mais à partir  d'une certaine     ligne        GG,        fixe    par rapport au  sol, telle que les forces de frottement de direc  tion centripète qui agissent sur la largeur h,  diminuées des forces de frottement de direction  centrifuge qui agissent sur la largeur k, équi  librent la force de poussée de direction  centripète.

       GG    est donc en deçà
EMI0015.0016  
   de la     ligne        XX     et cette     ligne    se trouve portée, lors des dilata  tions, vers l'extérieur du virage.  



  Lorsque la route se contracte, elle tend à  se rétrécir, mais le sens des forces de frotte  ment ayant changé, la ligne     fixe    par rapport  au sol est venue en     G'G'    telle que les forces  de frottement, cette fois centripètes, qui agis  sent sur la largeur     k1    dont sont retranchées  les forces     centrifuges    qui agissent sur la lar  geur     h1,        équilibrent    encore la poussée centri  pète
EMI0015.0026  
   La     ligne        G'G'    est donc, cette fois,  au-delà de l'axe     XX    et cet axe tend encore  à se déplacer vers l'extérieur.  



  On voit donc que, dans un revêtement  courbe en plan, soumis à une précontrainte  suivant cette courbure, toute variation d'état       thermo-hygrométrique    tend à déplacer l'axe du  revêtement vers l'extérieur de la courbure,  donc à faire disparaître la précontrainte.  



  Il convient donc de soumettre, par l'inter  médiaire de butées élastiques, les portions de  revêtement courbes en plan à une sollicitation  centripète qui     équilibre    la composante radiale  de compression
EMI0015.0032  
   diminuée des forces de  frottement.      Le problème est donc le même que dans  le cas des butées d'extrémité à la différence  que les efforts fournis par les butées doivent  être orientés     radialement    au lieu d'être paral  lèles. Les solutions décrites dans ce qui pré  cède     s'appliquent    donc au prix de cette adap  tation.  



  La     fig.    33 montre une     réalisation    de ce  genre. Dans le bord extérieur du revêtement  courbe 54 sont ancrés, en 55, des câbles ten  dus 56 dont la longueur peut varier     librement.     



  L'autre extrémité de ces câbles est ancrée  dans un massif de culée 57 qui peut être unique  pour tous les câbles en raison de leur conver  gence.  



  Bien entendu, cette disposition est appli  cable quel que soit l'angle au centre de la  partie courbe qui peut éventuellement atteindre  3600 (pistes circulaires ou fermées sur     elles-          mêmes).     



  Dans le cas de routes, il peut cependant  arriver que, contrairement à ce qui a été indi  qué, le profil en long ait une courbure telle  que les soulèvements soient à craindre au som  met des dos d'âne de ce profil. Dans ce cas,       comme    le revêtement peut être considéré  comme     fixe    par rapport au sol, on peut main  tenir ce revêtement au contact du sol par des  câbles verticaux ancrés à leur base au fond  de puits et à leur extrémité supérieure dans  ledit revêtement. La force nécessaire exercée  par ces câbles est évidemment égale au quotient  de la poussée totale par le rayon de courbure  convexe du profil en long diminué du poids  propre du revêtement.

Claims (1)

  1. REVENDICATION I: Procédé de réalisation d'un revêtement al longé en béton précontraint sur un sol nivelé aménagé pour l'uniformisation du frottement de ce revêtement sur ce sol, procédé dans lequel la précontrainte est essentiellement obtenue, dans le sens de la plus grande longueur de ce revêtement, par appui des extrémités de ce revêtement sur des butées ancrées dans le sol et par l'action de moyens d'écartement disposés dans au moins une coupure transversale de ce revêtement, la compression du revêtement ob- tenue par cette action d'écartement étant ensuite conservée par des calages, caractérisé en ce que, les butées ayant été préalablement exécu tées de manière à présenter une résistance élas tique dans le sens de l'appui, le revêtement est coulé,
    sous forme d'une couche de béton d'épaisseur uniforme, avec ses extrémités au contact desdites butées en y ménageant au moins une coupure transversale dans laquelle, après l'action des moyens d'écartement, sont insérés des calages rigides, la distance de la coupure la plus proche d'une des butées élas tiques à cette butée étant choisie telle que le frottement sur le sol de la longueur corres pondante du revêtement réduise, lors de la mise en action des moyens d'écartement dans cette coupure, la poussée reçue élastiquement par cette butée à une valeur qui, pour la partie de revêtement touchant cette butée, correspond à un état intermédiaire de compression compris entre la compression due à la dilatation maxi mum et la compression subsistant encore, lors de la rétraction maximum,
    dans la partie de revêtement située au-delà de cette coupure par rapport à ladite butée. SOUS-REVENDICATIONS 1. Procédé selon la revendication I, carac térisé en ce que la butée élastique fournit un effort de poussée correspondant à la précon trainte minimum susceptible d'assurer la résis tance du revêtement voisin de cette butée, tan dis que des ressorts auxiliaires, échelonnés le long du revêtement à partir de cette butée, fournissent audit revêtement des poussées élas tiques complémentaires,
    de manière à amener progressivement ce revêtement dans un état de précontrainte correspondant à cette précon trainte minimum majorée de la moyenne des variations des précontraintes dues aux varia tions d'état thermo-hygrométrique du revête ment. 2. Procédé selon la revendication I, carac térisé en ce que les moyens d'écartement des bords des coupures sont des vérins à fluide dont la course est, par des guidages rectilignes, maintenue parallèle à la surface du revêtement et perpendiculaire à la direction générale de la coupure dans laquelle sont disposés ces vérins. 3. Procédé selon la revendication I, carac térisé en ce que les bords des coupures sont pourvus de moyens empêchant leur soulève ment au-dessus du sol. 4.
    Procédé selon la revendication I, carac térisé en ce que le revêtement est soumis, trans versalement à sa plus grande dimension, à une seconde précontrainte parallèle à sa surface, effectuée après achèvement de la mise en oeuvre de la précontrainte due aux moyens d'écarte ment dans la direction de cette plus grande dimension. 5. Procédé selon la revendication I et la sous-revendication 4, caractérisé en ce que le revêtement est exécuté par une succession de bandes parallèles juxtaposées, orientées dans le sens de la plus grande dimension, bandes dont chacune est précontrainte longitudinale ment et individuellement par l'action des moyens d'écartement, lesdites bandes étant ensuite assemblées transversalement, par l'ac tion de la seconde précontrainte transversale à ces bandes. 6.
    Procédé selon la revendication I et la sous-revendication 5, caractérisé en ce que chacune des bandes est coulée au contact de la bande précédente avec interposition d'une paroi mince empêchant l'adhérence entre les deux bandes. 7. Procédé selon la revendication I, carac térisé en ce que le revêtement est initialement formé de dalles rectangulaires juxtaposées en béton ordinaire âgé et il est mis en précon trainte, au moins dans son sens longitudinal, par l'action de moyens d'écartement disposés entre deux files de dalles perpendiculaires audit sens longitudinal après appui des extrémités de ce revêtement sur des butées élastiques.
    REVENDICATION II: Revêtement bétonné précontraint allongé, obtenu par le procédé selon la revendication<B>1</B> et disposé sur un sol nivelé aménagé pour l'uniformisation dudit revêtement sur le sol, caractérisé en ce qu'il est constitué par une couche de béton d'épaisseur uniforme dont les extrémités sont appuyées sur des butées pré sentant une résistance élastique dans le sens de l'appui, ladite couche présentant au moins une coupure transversale dans laquelle sont insérés des calages rigides, la distance de la coupure la plus proche d'une butée à cette butée réduisant, en raison du frottement de la partie correspondante de la couche de béton sur le sol, la poussée reçue élastiquement par cette butée à une valeur qui correspond, pour la partie de revêtement qui touche cette butée,
    à un état de compression intermédiaire compris entre les compressions dues à la dilatation maximum et à la rétraction maximum dans les parties du revêtement éloignées de ladite butée. SOUS-REVENDICATIONS 8. Revêtement bétonné selon la revendica tion II, caractérisé en ce qu'une butée élastique est constituée par un massif ancré dans le sol et au moins un vérin à fluide alimenté sous pression constante interposé entre ledit massif et l'extrémité du revêtement, ce vérin étant un sac aplati en matière élastique dont la hauteur est n fois plus grande que l'épaisseur normale du revêtement, tandis que ledit revêtement s'épaissit progressivement au voisinage de ladite butée jusqu'à atteindre n fois ladite épaisseur. 9.
    Revêtement bétonné selon la revendica tion II, caractérisé en ce qu'une butée élastique est constituée par un massif ancré dans le sol sous le revêtement, dans lequel sont ancrées les extrémités de fils métalliques librement ten dus, orientés sensiblement suivant la plus grande dimension du revêtement, fils dont l'au tre extrémité est ancrée dans le bord d'extré mité dudit revêtement. 10.
    Revêtement bétonné selon la revendica tion II et la sous-revendication 9, caractérisé en ce que l'extrémité du revêtement repose, par l'intermédiaire de moyens facilitant le glisse- ment, sur une plate-forme que traversent les fils tendus pour pénétrer dans le revêtement et s'ancrer à l'extrémité de celui-ci, ces fils étant protégés par des manchons élastiques dans l'espace compris entre la plate-forme et la face interne du revêtement. 11.
    Revêtement bétonné selon la revendica tion II et les sous-revendications 9 et 10, ca ractérisé en ce que la plate-forme est prolongée par des gaines dans lesquelles sont tendus li brement les fils, gaines qui, s'enfonçant dans le sol sous le revêtement et étant terminées par un massif d'ancrage de ces fils, sont chargées par un remblai. 12.
    Revêtement bétonné selon la revendi cation Il, caractérisé en ce que les butées élastiques sont constituées par un massif de béton disposé sous cette extrémité de revête ment et courbé depuis l'horizontale jusqu'à la verticale avec une concavité orientée vers le sol, massif comportant, dans sa partie supé rieure, des câbles librement tendus, dont une des extrémités est fixée au revêtement et l'autre audit massif et, dans sa partie inférieure, des câbles tendus recroisant partiellement les pre miers et reliant la région médiane du massif à sa partie inférieure. 13.
    Revêtement bétonné selon la revendi cation II, caractérisé en ce que les moyens de calage sont constitués par plusieurs vérins plats susceptibles d'être gonflés sous pression au moyen d'un liquide durcissable, ces vérins juxtaposés constituant un bloc en forme de coin, susceptible d'être introduit dans une cou pure de forme correspondante pratiquée dans le revêtement. 14.
    Revêtement bétonné selon la revendi cation II, caractérisé en ce que, vers les bords d'une coupure de ce revêtement, sont disposés des guidages rectilignes liés au sol, perpendi culaires à la direction générale de la coupure et auxquels les bords du revêtement sont liés par des organes capables de supporter les réactions verticales ascendantes. 15. Revêtement bétonné selon la revendi cation II, caractérisé en ce que les bords d'une coupure de ce revêtement sont fixés à des câbles essentiellement verticaux disposés dans des puits situés sous le revêtement, câbles qui sont ancrés par leurs extrémités inférieures au fond de ces puits. 16.
    Revêtement bétonné selon la revendi cation II, caractérisé en ce qu'au moins une des extrémités du revêtement est courbe en plan et appuyée perpendiculairement à la tan gente à son bord extérieur courbe sur au moins une butée élastique. 17. Revêtement bétonné selon la revendi cation II et la sous-revendication 16, caracté risé en ce que la butée élastique est constituée par une série de câbles tendus d'orientation radiale par rapport au bord extérieur dudit revêtement, câbles qui sont ancrés, d'une part, dans ce bord extérieur et, d'autre part, dans un massif ancré dans le sol situé vers le centre de courbure.
CH333826D 1953-10-21 1954-10-20 Procédé de réalisation d'un revêtement allongé en béton précontraint et revêtement obtenu par ce procédé CH333826A (fr)

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