Dispositif de transmission d'ordres L'invention a pour objet un dispositif de trans mission d'ordres destiné à assurer pendant un temps très court et rigoureusement limité, si longue que soit la durée d'émission d'un ordre à exécuter, la fermeture d'un circuit d'alimentation d'un appareil électromagnétique destiné à assurer l'exécution de cet ordre, caractérisé par un rupteur interposé dans le circuit d'alimentation, et par un relais inhibiteur propre, lorsqu'il est excité, à ouvrir ce rupteur en un temps peu supérieur à la durée d'alimentation nécessaire pour assurer l'exécution de l'ordre par l'appareil, l'émission de l'ordre étant assurée par un contacteur propre à appliquer simultanément la ten sion de la source au circuit d'alimentation et au re lais.
Ce dispositif a pour but d'empêcher toute répé tition de l'exécution d'un ordre si la durée d'émis sion dudit ordre se prolonge et tant qu'un nouvel ordre n'est pas émis après annulation du précédent.
Dans un grand nombre de domaines, il arrive souvent qu'on désire éviter le renouvellement d'une opération dans le cas où, soit en raison même de la nature de cette opération, soit par suite de causes fortuites, les conditions initiales se trouvent rétablies alors que le dispositif continue à être actionné. Par exemple, on sait que dans les mitrailleuses, on utilise deux sortes de tirs : le tir par rafales et le tir coup- par-coup. Le tir par rafales s'effectue précisément par maintien de la transmission d'un même ordre, la répétition se poursuit tant que le tireur appuie sur la gâchette, de sorte que le tir coup-par-coup exige la présence d'une seconde gâchette, ou d'un mécanisme de commutation compliqué.
Une autre application, où le dispositif faisant l'objet de l'invention offre un intérêt vital, est le domaine des disjoncteurs à haute tension. En effet, on sait que ces disjoncteurs ont un fonctionnement extrêmement rapide, imposé par les fonctions qu'ils ont à assurer. Par ailleurs, un de leurs rôles essentiels est de se déclencher automatiquement en cas de court-circuit sur la ligne qu'ils protègent. Or, cer tains de ces courts-circuits ne sont pas fugitifs, ce qui interdit le réenclenchement automatique du dis joncteur, immédiatement après le déclenchement.
Si donc, l'on envoie à un disjoncteur un ordre d'en clenchement alors qu'il existe un court-circuit non fu gitif sur la ligne, et si cet ordre d'enclenchement se prolonge pendant une durée supérieure à celle de son exécution, il est bien évident qu'il se produira im-_ médiatement un déclenchement automatique dû au court-circuit, puis un second enclenchement dû nu maintien de l'ordre, etc. Ce phénomène est connu . sous le nom, d'ailleurs impropre, de pompage, d'où l'expression antipompage qui désigne habituelles. ment les mécanismes plus ou moins complexes qui ont été proposés antérieurement pour remédier à cet inconvénient.
Le dispositif faisant l'objet de l'invention cons titue précisément un dispositif antipompage extrê mement simple et offre une sécurité absolue puisque le relais inhibiteur, en interrompant le ,circuit d'ali mentation de l'appareil électromagnétique, empêche toute répétition de l'exécution d'un ordre si longue que soit la durée d'émission de celui-ci.
Le dessin annexé représente, à titre d'exemple, quelques formes d'exécution du dispositif de trans mission faisant l'objet de l'invention.
La fig. 1 est un schéma d'une première forme. La fig. 2 est un schéma d'une seconde forme. La fig. 3 est un schéma montrant l'utilisation du dispositif pour la commande d'une mitrailleuse.
La fig. 4 est un schéma d'une variante d'un dé tail de la fig. 3.
Dans la forme d'exécution représentée sur la fig. 1, le dispositif comporte une source de cou rant continu S constituée, par exemple, par une batterie de piles lou d'accumulateurs reliée aux deux bornes d'entrée 1 et 2 et alimentant des conducteurs 3 et 4 connectés au circuit d'alimentation d'un appa reil électromagnétique. Celui-ci comprend un enrou lement 5 bobiné sur une armature cylindrique 26 gui dée par ses deux extrémités 27 et 28 sur un arbre médian 29 d'une armature fixe comportant deux ai mants permanents 30 et 31.
Deux lames de ressorts 32, 33 permettent un libre déplacement de l'enroule ment 5 dans l'entrefer annulaire 34. Les lames de ressort 32 et 33 peuvent, en même temps, être uti lisées pour relier l'enroulement 5 aux conducteurs 3 et 4. Un ressort 40 sollicite l'armature cylindrique 26 vers la position de repos.
Cet appareil électromagnétique constitue une sorte de moteur à courant continu dont l'induction est assurée par les aimants permanents 30 et 31 tandis que l'enroulement 5 constitue son induit. Un tel appareil, qu'on pourrait désigner sous le nom de vérin magnétoélectrique du fait de sa course limitée et de l'utilisation des forces induites dans les spires de l'enroulement 5 sous l'action du champ magnétique permanent des aimants 30 et 31 en ré ponse au passage du courant dans lesdites spires, offre sur les électro-aimants plus couramment utili sés, l'avantage essentiel que son délai de mise en ac tion est extrêmement court du fait de la préexistence du champ magnétique permanent qui permet cette mise en action dès que le courant commence à pas ser dans l'enroulement.
De plus, il est facile d'obte nir une action rigoureusement constante sur toute la course d'un tel appareil, à condition de prévoir un bobinage régulièrement réparti et de longueur suffi sante.
En dérivation sur les conducteurs 3 et 4 sont branchés les conducteurs 6 et 7 qui alimentent, tou jours à partir des bornes d'entrée 1 et 2, un relais inhibiteur 9 dont le noyau plongeur porte le con tact mobile 10 d'un rupteur dont les contacts fixes 11 et 12 sont interposés sur le conducteur 4. La ten sion de la source S est appliquée aux bornes 1 et 2 par des conducteurs 13 et 14 sous le contrôle d'un contacteur tel que le bouton-poussoir 15. Le délai de réponse du relais 9 est choisi égal au temps auquel on désire limiter l'alimentation du circuit de l'appareil électromagnétique (en l'occurrence l'enrou lement 5).
Le fonctionnement du dispositif est extrêmement simple. Lorsque le contacteur 15 est fermé, la source débite simultanément dans les enroulements 5 et 9. Après un temps égal à son délai de réponse, le relais 9 attire son armature et actionne le contact mobile 10, de manière à séparer les contacts fixes 11 et 12, ce qui provoque l'interruption de l'alimentation de l'enroulement 5.
L'interrupteur 15 et le contact 10 du rupteur n'ont à supporter le passage du courant d'alimenta tion du vérin magnétoélectrique que pendant la du rée du délai de réponse du relais 9. Si cette durée est suffisamment faible, on pourra, même si l'inten sité du courant d'alimentation est très grande, utili ser des interrupteurs à contacts de faible dimension, tels que ceux des microswitch , sans risquer la dé térioration, - en raison de la faible durée de leur fonction permanente de transmission du courant.
Quant à la fonction du contact 10 du rupteur, par laquelle il assure la coupure du courant du circuit d'alimentation du vérin magnétoélectrique, elle pourra également être assurée par des contacts de faibles dimensions, mais la levée du contact mobile 10 devra être suffisante pour assurer une rupture franche dudit courant.
Par ailleurs, en appelant t1 la durée d'alimentation de l'enroulement 5 nécessaire pour assurer l'exécu tion de l'ordre, t,# la durée d'excitation du relais inhi biteur 9 nécessaire pour provoquer la coupure du conducteur 4 par le rupteur, et t3 la durée d'une opé ration déclenchée par la commande électromagné tique, on doit avoir t1 < t#- G t3 (1) Si l'on actionne le bouton-poussoir 15 pendant un temps supérieur à t1 ,
quelle que soit la durée pen dant laquelle on prolonge cette action, le circuit d'ali mentation de l'appareil électromagnétique est coupé par le rupteur au bout d'un temps t, et aucune ré pétition de l'exécution de l'ordre ne peut se pro duire tant qu'on n'appuie pas une seconde fois sur le bouton 15 après l'avoir relâché.
Sur la fig. 2, la référence générale 39 désigne un dispositif dont l'appareil électromagnétique dési gné par la référence générale 37 est destiné à ac tionner l'électro-vanne de déclenchement 23 d'un dis joncteur, tandis que l'électro-vanne d'enclenchement 3 8 est commandée par un électro-aimant 16 muni d'un autre dispositif désigné par la référence géné rale 22.
Dans cette forme d'exécution on utilise un vérin magnétoélectrique pour le déclenchement en raison de son délai de réponse rapide. Toutefois, on pourrait utiliser également un vérin de ce type pour l'enclen chement ou encore deux électro-aimants pour l'en clenchement et le déclenchement. On pourrait éga lement ne prévoir un dispositif d'alimentation de du rée contrôlée que pour une de ces deux opérations.
Dans la forme d'exécution de la fig. 2, les deux dispositifs de commande sont alimentés à partir d'une source commune constituée par une batterie de piles ou d'accumulateurs 35 comportant un grand nombre d'éléments de façon à fournir une tension suffisamment élevée et par un condensateur de capacité 36 qui shunte la source d'alimentation coin- mune. Grâce à cette disposition, le condensateur 36 aux armatures duquel règne au repos la tension maxima que peut fournir la batterie 35, se charge lentement sous l'action de cette tension et, à chaque actionnement du contacteur d'enclenchement 15b et du contacteur de déclenchement 15a,
une faible partie de cette charge est envoyée simultanément soit dans le circuit d'alimentation du vérin magnétoélec trique de déclenchement et le relais d'inhibition associé, soit dans le circuit d'excitation de l'électro aimant d'enclenchement et le relais d'inhibition con- trô'_ant celui-ci. L'avantage de la présence du conden sateur 36 est de permettre le maintien de la tension maxima du courant de commande pendant la durée d'actionnement du vérin magnétoélectrique ou de l'électro-aimant, ce qui serait impossible avec la bat terie 35 seule, puisque lorsqu'une telle batterie débite un courant de forte intensité, sa tension tombe immé diatement.
L'utilisation d'un vérin magnétoélectrique du type décrit à alimentation contrôlée de la manière exposée, permet de transmettre au mécanisme de commande d'un disjoncteur un ordre de déclenche ment en un temps pouvant être inférieur à 1/1000 de seconde.
Dans la forme d'exécution représentée sur la fig. 3, le dispositif est utilisé pour la commande d'une mitrailleuse. L'agencement et le fonctionnement sont analogues à ceux des modes de réalisation précé dents à cela près que l'appareil électromagnétique 5 actionne la gâchette 18 de la mitrailleuse.
Par ailleurs, le dispositif comporte une troisième borne d'entrée l' qui permet de mettre en court-cir cuit le relais inhibiteur 9, sous le contrôle d'un se cond bouton-poussoir 15', pour assurer le tir par ra fales, tandis que le bouton-poussoir 15 assure le tir coup-par-coup si, comme précédemment ti < t2 < t3 Sur la fia. 4 le contacteur 15 est constitué par un bouton-poussoir comportant un corps isolant 19 portant un contact glissant 20.
Au repos, il n'établit aucun circuit tandis que, quand il est partiellement enfoncé, il ferme le circuit d'alimentation de l'appa reil électromagnétique et met sous tension le relais inhibiteur, et quand il est complètement enfoncé, il ferme le circuit d'alimentation de l'appareil électro magnétique et met en court-circuit le relais inhibi teur.
t1 <I>,</I><B>12</B><I>,</I> t3 , peuvent varier entre certaines limites de tolérance, à condition que la double inéqua tion (1) soit respectée.