Machine à usiner électriquement On connaît déjà des machines à usiner électri quement, du genre dans lequel la pièce à usiner est approchée d'une électrode rotative recouverte d'un liquide et usinée par l'action d'un courant continu passant de la pièce à usiner à l'électrode, le liquide étant amené sous pression jusqu'à proximité de l'électrode.
En pratique, il se produit parfois que le liquide, qui est généralement un électrolyte, ne soit plus envoyé sur l'électrode, ce qui peut entraîner de gra ves dommages à la pièce à usiner, et surtout à l'électrode, par suite de formation d'arcs et de sou dures entre la pièce et ladite électrode. Cette der nière est, en général, constituée par un disque rotatif qui ne doit présenter aucun, voile et doit tourner dans un plan rigoureusement constant pour permettre un usinage de bonne précision. Lorsque le disque est endommagé, il est nécessaire de le remplacer ou de le rectifier.
L'interruption de liquide peut se pro duire relativement facilement lorsque la machine comprend un réservoir dans lequel le liquide est ramené après avoir été envoyé sur l'électrode. En effet, ce liquide contient des impuretés et des déchets métalliques provenant de l'usinage, et il se produit parfois une obstruction d'une conduite de retour du liquide au réservoir. Après un certain temps, de fonc tionnement, le réservoir est vidé, de sorte que la pompe ne peut plus envoyer de liquide frais sous pression sur l'électrode.
Il peut, bien entendu, y avoir d'autres causes d'interruption de l'amenée du liquide, par exemple négligence de l'ouvrier qui n'a pas rempli le réser voir avant d'utiliser la machine, ou qui a oublié de faire fonctionner la pompe ou d'ouvrir une vanne de réglage qui est souvent prévue sur la conduite d7ame- née du liquide à l'électrode.
La présente invention a pour but de remédier à ces inconvénients. Elle a pour objet une machine du type précité, cette machine comprenant un élément contrôlant l'amenée du liquide et agissant sur un interrupteur destiné à assurer une interruption du courant d'usinage en l'absence d'amenée du liquide.
Les fig. 1 et 2 du dessin annexé représentent, schématiquement et à titre d'exemple, deux formes d'exécution de la machine objet de l'invention.
La machine représentée à la fig. 1 comprend un bâti 1 supportant une table 2 sur laquelle est fixée une pièce à usiner 3 au moyen d'une barre 4 repo sant sur une cale 5 et serrée par un écrou 6 vissé sur une vis filetée 7 solidaire de la table 2. Cette dernière peut être déplacée au moyen d'une mani velle 8 de façon à approcher la pièce à usiner 3 d'un disque rotatif 9 constituant une électrode et fixé sur l'arbre d'un moteur électrique 10. Ce dernier est fixé au bâti 1 avec interposition d'une plaque isolante 11, de façon à être isolé électriquement dudit bâti.
Par son extrémité opposée à celle portant le dis que 9, le moteur 10 entraîne une pompe 12 aspi rant, par une conduite 13, un électrolyte contenu dans un réservoir 14. Cet électrolyte est envoyé sous pression dans une conduite 15 dont l'extrémité porte une buse 16 fixée à un support 17 monté sur le bâti 1. Cette buse 16 est orientée de façon à en voyer un jet de liquide sur le disque 9 à proximité de l'endroit où doit s'opérer l'usinage de la pièce 3.
La conduite 15 porte encore un mano-contact 18, c'est-à-dire un dispositif manométrique commandé par la pression du liquide et agissant sur un contac teur dont les bornes 19 et 20 sont représentées au dessin.
Le courant d'usinage est fourni par une source reliée aux deux bornes 21 et 22 qui sont respective ment reliées au disque 9 par l'intermédiaire du mano- contacteur 18 et d'un balai 23, d'une part, et à la table 2, d'autre part.
Le liquide amené sous forme de jet par la buse 16 sur le disque 9 est recueilli ensuite dans un canal 24 ménagé dans le bâti 1, puis est renvoyé au réser voir 14 par une conduite 25.
Le fonctionnement de cette machine est très simple, et dès,que le moteur 10 est mis en marche, le disque 9 est entrainé en rotation, tandis que du liquide est envoyé sous pression au moyen de la pompe 12 dans la conduite 15. Dès que la pression dans cette conduite atteint une valeur suffisante, le mano-contact 18 agit sur le contacteur qui y est in corporé et qui réunit électriquement les bornes 19 et 20.
Le disque 9 et la pièce à usiner 3 sont alors reliés électriquement aux bornes 21 et 22 respecti vement, de sorte que le courant d'usinage peut être envoyé dans le circuit. Au fur et à mesure de l'éro sion de la pièce 3 par l'action combinée d'une élec trolyse et d'arcs électriques, l'ouvrier doit provoquer l'avance de la pièce 3 en direction du disque 9 au moyen de la manivelle 8 pour maintenir la distance nécessaire à l'usinage.
Si, pour une raison ou une autre, la pression du liquide dans la conduite 15 tombe en dessous d'une valeur déterminée, le mano- contact 18 coupe la liaison électrique entre les bor nes 19 et 20, de sorte que l'alimentation en courant d'usinage est interrompue, ce qui évite tout risque de détérioration du disque 9 ou de la pièce 3 par suite de la formation d'arcs et de soudures.
La forme d'exécution décrite ci-dessus ne con viendrait pas bien dans le cas où la conduite 15 serait munie, en aval du mano-contact 18, d'un robi net de réglage du débit du liquide. En effet, si, par mégarde, ce robinet restait fermé pendant l'usinage, il régnerait dans la conduite 15 une pression suffi sante pour actionner le mano-contact, et pourtant le disque 9 ne serait pas arrosé par le liquide.
La fig. 2 se rapporte à un détail d'une autre forme d'exécution qui permet d'éviter cet inconvé nient. A la fig. 2, on a représenté une partie de la conduite 15, cette partie traversant un corps 26 dans lequel se trouve un élément constitué par un volet 27 placé dans le courant du liquide. Ce volet 27 est articulé autour d'un axe 28 qui traverse la paroi du corps 26 et porte à une de ses extrémités un bras 29 agissant sur un interrupteur 30.
Lorsque le liquide circule dans la conduite 15 dans le sens de la flèche F, il déplace le volet 27 contre l'action d'un ressort qui peut être constitué par une lame élastique de l'interrupteur 30. Ce dernier peut fer mer le circuit d'alimentation d'un relais 31, ce cir- cuit comprenant une source de courant 32. Le relais 31 commande un contact 33 destiné à assurer ou à interrompre l'alimentation en courant alternatif de l'enroulement primaire 34 d'un transformateur 35 dont l'enroulement secondaire 36 fournit un courant qui est redressé par des éléments redresseurs 37.
Ce courant passe de la pièce à usiner 3 au disque 9 pour effectuer l'usinage. Cette forme d'exécution est avantageuse, car le courant primaire du transfor mateur est relativement faible, tandis que, en géné ral, l'intensité d'usinage qui est fournie par le secon daire du transformateur est beaucoup plus élevée et peut atteindre facilement une centaine d'ampères. La tension délivrée par le secondaire du transforma teur est, en général, de l'ordre d'une dizaine de volts.
On voit qu'un interrupteur placé directement sur le circuit d'usinage, comme c'est le cas dans la première forme d'exécution représentée, doit être capable de couper des courants d'intensité beaucoup plus élevée que lorsque l'interrupteur est placé dans le circuit primaire, comme à la fig. 2.
En variante, on pourrait aussi contrôler l'alimen tation en courant d'usinage au moyen d'un disposi tif manométrique à action différentielle. A cet effet, la conduite 15 serait munie d'un étranglement et l'on ferait agir sur le dispositif manométrique les pres sions régnant en aval et en amont de cet étrangle ment. Le circuit d'usinage ne pourrait être fermé que lorsque la pression en aval de l'étranglement serait plus faible que la pression en amont, ce qui contrôle efficacement le débit du liquide dans la con duite 15.
En effet, lorsqu'il n'y a pas de débit, les pressions en amont et en aval de l'étranglement sont égales, qu'il y ait ou non du liquide sous pression dans la conduite 15, et cette égalité de pressions suf fit pour assurer l'interruption du courant d'usinage.