Tissu élastique résistant à la tendance au glissement et procédé pour sa fabrication Cette invention se rapporte à un tissu élastique résistant à la tendance au glissement, c'est-à-dire un tissu élastique capable de s'étendre, puis de revenir à son état originel lorsque la force d'extension cesse de s'exercer.
Le tissu selon l'invention peut être établi en n'importe quelles longueurs et largeurs dans les limites imposées par les métiers à tisser de type clas sique, et peut trouver son emploi dans la fabrication de tout ou partie d'une vaste gamme d'articles vesti mentaires ou analogues comme par exemple les vête ments de dessous, les sous-vêtements, les gaines, les costumes et maillots de bain, etc., sans aucune limi tation d'ailleurs. L'invention comprend également un procédé de fabrication dudit tissu.
L'emploi de fils de gomme nus pour la constitu- tion des fils de chaîne dans la fabrication des tissus élastiques résistant à la tendance au glissement a déjà été proposé. Mais cette fabrication donne lieu dans la pratique à des 'difficultés en partie à cause de l'impossibilité où l'on se trouve de maintenir ces fils sous la tension convenable au cours du tissage, de sorte que les tissus même tissés régulièrement ont une forme sinueuse ou ondulée en section droite et donnent lieu à des rides,
fronces ou boursouflures et en partie aussi parce qu'il s'avère très difficile de produire de semblables tissus qui n'aient pas tendance à s'enrouler ou à se recroqueviller sous l'effet des efforts qui leur sont appliqués par les fils de gomme formant les chaines. Il s'ensuit qu'il est très difficile de donner à ces tissus la finition désirable, puis de les couper selon les dessins ou patrons requis en vue de la production de vêtements, sous-vêtements ou objets analogues.
II est nécessaire, au surplus, d'équi per les métiers à tisser servant à la production de ces tissus de dispositifs compliqués et coûteux, afin d'appliquer les tensions désirées aux divers fils de chaîne en gomme au cours du processus de tissage. Aussi la fabrication de ces tissus a-t-elle été res treinte en majeure partie sinon entièrement à la fa brication de bandes ou rubans relativement étroits.
Un but important de l'invention est de permettre la production d'un tissu élastique résistant à la ten dance au glissement, formé de fils de trame élasti- tiques, c'est-à-dire allongeables (de préférence de fils de gomme nus). Ceci permet la production, par des moyens simples et efficaces, de tissus relativement uniformes possédant les propriétés désirées et qui, une fois relâchés, c'est-à-dire abandonnés à eux-mê mes, restent bien plats. On supprime ainsi les diffi cultés susmentionnées à propos des tissus non glis sants qui ont été proposés antérieurement.
De plus, ces tissus résistant à la tendance au glissement peu vent être fabriqués sur des métiers usuels sans l'ad jonction des dispositifs compliqués dont il a été parlé.
Lorsqu'on emploie les tissus susindiqués pour la confection de sous-vêtements dont la surface frottante est appelée à venir en contact avec la peau ou à se placer très près de la peau de l'usager, on constate que la surface de friction irrite la peau ou même y crée des zébrures ou marbrures.
Ce phénomène est apparemment dû, au moins en partie, au fait que la surface frottante présente des zones de friction forte ment espacées munies de parties saillantes qui ont tendance à gratter la peau et qui sont séparées par des dépressions en travers desquelles la peau ne forme pas de ponts mais, au contraire, des cavités qui sont génératrices de pressions qui donnent naissance aux zébrures dont il a été parlé.
Quand on fait intervenir du caoutchouc dans la confection des sous-vêtements ou des articles vesti mentaires collant au corps et d'après la technique antérieurement suivie, l'usager éprouve généralement une gêne considérable en raison de l'absence d'une circulation d'air suffisante, c'est-à-dire d'une aéra tion de sa peau apte à empêcher sa sueur de s'ac cumuler. Or les vêtements à base de caoutchouc en question doivent en principe enserrer, autrement dit mouler le corps de l'usager sur de vastes surfaces ininterrompues, ce qui s'oppose à l'évaporation de la sueur.
Il est vrai que les tissus auxquels sont incor porés des fils de gomme peuvent être confectionnés de manière à permettre ce qu'on appelle la respi ration de la peau à travers le tissu à la manière de ce qui se produit dans les autres tissus. Toutefois s'il y a dans le tissu un grand nombre de fils de gomme tissés de telle sorte que la sueur ne puisse se dissiper comme il faut, les vêtements en question ne sont pas du tout confortables à porter directement sur la peau.
Un but de l'invention est de créer un tissu ne pré sentant pas ces inconvénients. Le tissu élastique que comprend l'invention résistant à la tendance au glis sement, utilisable en particulier pour la confection de sous-vêtements ou de vêtements s'appliquant con tre le corps humain et extensible dans un seul sens, est caractérisé par le fait qu'il contient des fils de trame élastiques à surface de friction dont certaines parties exposées sont en surépaisseur sur une seule face du tissu et au-dessus de la surface de son corps selon des zones espacées.
Quand on utilise des fils de chaîne en gomme nue pour la fabrication de tissus dont une face exerce une certaine friction, comme d'après la technique anté rieure, l'autre face du tissu ne semble pas être et parfois n'est pas en fait lisse ou dotée d'un faible coefficient de friction.
En raison de la difficulté où l'on se trouve pour tisser une étoffe renfermant des fils de gomme formant les chaînes sous une certaine tension, la fabrication des tissus de ce genre est lente et coûteuse et donne lieu à divers mécomptes.
Le procédé que comprend l'invention, pour la fabrication dudit tissu, sur un métier à tisser muni de plusieurs navettes garnies de fils de trame élastiques qui sont sous tension quand ce tissu est relâché, l'un de ces fils de trame compor tant une surface externe ayant un coefficient de fric tion relativement élevé par rapport à une surface conjuguée,
un second desdits fils de trame compor tant une surface externe ayant un coefficient de frot tement relativement faible par rapport à ladite sur face conjuguée, est caractérisé en ce qu'on engage dans la foule l'un desdits fils de trame de -manière telle qu'un nombre sensiblement plus grand de fils de chaîne se trouvent placés d'un côté du fil que de l'autre côté, puis on engage dans la foule le second desdits fils de trame de façon qu'un nombre sensiblement égal de fils de chaire se trouvent pla- cés de chaque côté,
et on règle la résistance de frot tement au débit de ces fils de trame par les navettes à mesure qu'elles engagent dans la foule les fils de trame, afin de réaliser une longueur de duitage sen siblement égale pour le premier et le second fils de trame.
Le tissu que comprend l'invention peut être em ployé dans la fabrication d'articles tels que des sou tiens-gorge, des corsets, des maillots de bain, des épaulettes, des jarretières, des jarretelles, des cein tures de support de pantalons, des jupes, des vête ments de divers genres, des supports chirurgicaux et divers objets. Il peut être établi en toute largeur nécessaire en vue de la fabrication d'un grand assor timent d'objets pour lesquels pareil tissu peut trouver son utilité. C'est ainsi que la totalité d'une ceinture ou d'un costume de bain peut être établie si on le désire à l'aide de ce tissu.
Suivant l'usage assigné à ce tissu, il peut varier considérablement au point de vue de son mode de fabrication et de ses caractéristiques. Mais quelle que soit sa réalisation, il importe que sa confection soit telle que les fils de gomme ou analogues nus qui constituent la surface de friction non glissante n'aient pas tendance à faire se recroqueviller, se rider ou boursoufler le tissu. Si, à l'état fini, ce tissu doit n'avoir initialement qu'une faible force de maintien tendant à résister à l'allongement, il suffit d'appliquer une faible tension aux fils de trame élastiques au cours du tissage. Les fils élastiques n'auront qu'une faible tension ou pas de tension du tout quand le tissu sera à l'état relâché.
Les tensions relatives s'exerçant sur les fils de trame élastiques respectivement incor porés au corps d'un pareil tissu et qui flottent dans l'ensemble au-dessus de sa face de friction n'ont pas besoin d'être exactement entretenues puisque la rai deur du tissu sera suffisante pour résister aux ten dances aux boursouflures ou enroulements des fils élastiques faiblement tendus seulement. Par ailleurs, des tissus élastiques destinés à posséder une notable résistance initiale à l'allongement exigent la présence de fils de gomme ou plus généralement de fils élas tiques pour se trouver sous une tension initiale quel que peu plus grande quand le tissu est à l'état relaxé.
Pour des tissus de ce genre, les expériences effec tuées ont permis de constater qu'il est désirable d'em ployer à la fois des fils de trame élastiques les uns recouverts, les autres nus et de maintenir entre les tensions de ces fils une relation qui soit une assu rance contre le risque d'enroulement ou de fronce ment du tissu relaxé.
Etant donné que, dans le tissu décrit, les fils de gomme nus assurant la friction c'est- à-dire s'opposant au glissement sont prévus surtout sur une face du tissu et font saillie dans une certaine mesure en formant des nervures dépassant par rap port à la partie principale du tissu, ces fils ont ten dance à provoquer un enroulement du tissu du côté de cette face. Pour y parer, il est désirable d'incor porer à la partie principale du tissu un nombre ap proprié de duites formées de fils élastiques guipés ou recouverts.
Il est désirable, en outre, d'incorporer ces fils de façon telle qu'ils se trouvent sous une tension légèrement plus grande dans le tissu fini, quand ce dernier est à l'état relaxé, que les fils élastiques nus. Ceci est vrai en particulier quand le nombre des duites formées de fils élastiques recou verts est égal ou inférieur au nombre des fils élas tiques nus. C'est ainsi que, dans un tissu comportant des duites alternées ou des groupes alternés de duites formées de fils de gomme recouverts et de fils de gomme nus, il est désirable de maintenir les fils élastiques recouverts dans le tissu relaxé sous une tension qui soit en moyenne double de la tension moyenne agissant sur les fils élastiques nus.
Il est également très désirable d'obtenir ce résultat moyen nant l'emploi de fils élastiques les uns recouverts, les autres nus ayant sensiblement la même longueur de duitage dans le tissu terminé. C'est ainsi que si l'on tisse une étoffe sur un métier ayant une largeur de peigne de 1,875 m, la longueur de duitage dans le tissu fini des fils élastiques recouverts et des fils élastiques nus, quand ils ne sont pas sous tension, peut être d'environ 1 mètre et que la contruction du métier peut être telle que, quand le tissu en est dé gagé pour être soumis aux traitements de finissage usuels, le tissu prenne une largeur égale à 1,062.
On conçoit que les fils de trame élastiques ont tendance à contracter le tissu dans le sens de la largeur jusqu'à ce que les chaînes se soient bourrées dans une me sure telle qu'elles s'opposent à une contraction plus poussée de la matière. A ce moment, les fils de trame élastiques recouverts vont demeurer sous une tension représentant par exemple 2 grammes par duite, tandis que les fils de trame nus peuvent rester sous une tension comprise entre 0,75 g et 1 g envi ron par duite.
Suivant la nature et l'usage assigné à un tel tissu, les tensions prévues pour les fils élastiques recouverts et nus peuvent varier considérablement. Dans certains cas, les fils élastiques recouverts peu vent d'ailleurs être entièrement supprimés à condi tion d'utiliser du fil de gomme nu dans le corps du tissu, comme décrit ci-avant à propos des fils de gomme recouverts, tandis que certaines des duites en gomme nue flottent pour former les bandes ou côtes ayant le caractère indiqué. Si l'on procède ainsi, les fils de trame en gomme nue incorporés au tissu sont complètement dissimulés par le grand nombre des fils de chaîne qui passent au-dessus et au-dessous d'eux.
La relation de tension particulière dont il a été question ci-avant est désirable s'il s'agit d'un tissu du type batiste formé de fils de trame recouverts et de fils de trame nus alternés ou de groupes de ces fils et comprenant environ 275 fils de chaîne tous les 25 mm et à peu près 70 duites sur cette même distance dans le tissu fini, le fil de gomme employé ayant un noyau de calibre NI 95 s'il est recouvert et de calibre No 75 environ s'il est nu.
Pour la fabrication de tissus plus lourds ou plus raides, la relation de tension dans le tissu fini relaxé, entre les fils élastiques recouverts et les fils élastiques nus peut varier plus fortement que s'il s'agit de tissus plus minces et plus souples sans qu'il se produise de froncement ou de recroquevillement. Mais il importe que les tensions des deux fils dans le tissu fini à l'état relaxé se trouvent entre elles dans une relation telle qu'elles soient suffisamment équi librées pour que ni l'une ni l'autre face du tissu ne se fronce ou se recroqueville.
En effet, des tissus qui ont tendance à se froncer, à se rouler ou à se recro queviller quand ils sont relaxés sont de manipula tion ardue au cours des opérations de coupe et de piquage et peuvent même déformer les objets aux quels ils sont incorporés.
Pour la production du tissu en question, il suffit d'influer convenablement sur la résistance due à la friction dans la navette qui s'oppose à la sortie du fil au cours du tissage. Comme indiqué ci-avant, il est inutile de prévoir des dispositifs supplémentaires dans le métier à tisser. S'il s'agit de fabriquer le tissu de type batiste dont il a été parlé ci-avant, on constate qu'une résistance de friction égale à 7 grammes envi ron s'exerçant sur la gomme nue et égale à 45 gram mes environ s'exerçant sur la gomme recouverte, telles qu'on peut les mesurer à l'aide d'un instrument connu de détermination de la tension du fil dans une navette, permet d'obtenir un tissu demeurant bien plat quand il est posé sur une surface d'appui.
On conçoit que ces tensions ne présentent pas de rela tion particulière par rapport à la force nécessaire pour allonger les fils depuis leur longueur de duitage jusqu'à la longueur du peigne du métier au cours du tissage. La vitesse et l'accélération de la navette sont capables d'assurer la relation désirée entre les ten sions finales des fils de gomme les uns recouverts, les autres nus dans le tissu relaxé fini.
Apparemment le fil de gomme nu, qui n'est soumis à aucune tension avant le mouvement de la navette, va fléchir dans la mesure désirée pour assurer la longueur de dui- tage nécessaire avec une résistance de frottement relativement faible dans la navette,
tandis que le fil de gomme recouvert dont la gomme est étirée à 100 % environ de son état de relaxation normal dans le fil non soumis à la tension, exige une résistance de frottement nettement plus grande pour assurer la relation désirée entre la longueur des duites et la longueur du peigne du métier.
Le dessin annexé représente, à titre d'exemple, une forme d'exécution du tissu que comprend l'in vention.
La fig. 1 est un diagramme de tissage montrant schématiquement une disposition de fils de chane et de fils de trame permettant l'obtention de cette forme d'exécution.
La fig. 2 est une vue schématique de la face de friction non glissante de cette forme d'exécution et montre les positions de liage des fils de chaîne par rapport aux deux types de fil de trame élastique. La fig. 3 est une vue grossie d'un fragment de cette forme d'exécution en supposant qu'on regarde la face de friction non glissante du tissu.
Le tissu représenté comprend des fils de chaîne 5 sensiblement inextensibles et pouvant être en acétate de celulose, en rayonne, en nylon, en coton, en lin, en laine ou en toute combinaison de ces matières.
Le tissu comprend également des fils de trame formant remplissage. Des fils de trame extensibles 7 sont disposés de manière à ménager des surfaces de friction ; ils sont constitués, de préférence, par une matière élastique nue ayant un coefficient de frotte ment relativement élevé par rapport à la peau du corps humain ou plus généralement à la surface contre laquelle ils portent. Cette matière élastique peut être un élastomère quelconque tel que du caoutchouc naturel ou synthétique.
Des élastomères dotés de propriétés physiques convenables et préparés en partant de dioléfines conjuguées polymérisables, de dioléfines halogénées et de combinaisons de ces dioléfinés ou d'autres monomères polymérisables comme le styrène ou l'acrilonitrile, peuvent trouver leur emploi ici.
Des exemples typiques d'élastomères convenables qu'on trouve dans le commerce sont ceux connus sous les appellations de caoutchoucs CRS, Néoprène , Buna-N et Buna-S . Des fils de trame élastiques 6 peuvent être recouverts et constitués soit par une matière élastique de même nature, soit par une matière élastique différente de celle qui constitue les fils de trame élastiques 7.
Les fils élastiques recouverts peuvent être engainés ou guipés à l'aide de filaments constitués par n'im porte quelle matière convenable, telle que la rayonne ou le coton ; leur diamètre peut être supérieur ou inférieur à celui des fils de trame élastiques nus.
On conçoit que le dessin ne représente que l'une des nombreuses réalisations possibles utilisant les fils de chaîne 5 représentés conventionnellement sous la forme de fils x dans la fig. 2 et les fils de trame 6 et 7, afin de ménager une surface de friction non glissante sur un côté du tissu, tandis que son côté opposé n'offre que peu de friction. Dans cet exem ple, l'armure est à deux fils de trame se répétant dans toute la longueur du tissu avec deux duites formées de fils de trame extensibles nus 7 alternant avec deux duites de fils de trame extensibles recou verts 6.
Comme représenté, les fils de trame nus ne sont maintenus que par certains des fils de chaîne (tous les huit fils) et flottent en travers de sept fils de chaîne intermédiaires, les fils de chaîne qui pas sent par-dessus ces fils de trame variant d'une duite à l'autre. Les fils de trame recouverts passent alter nativement au-dessus et au-dessous des fils de chaîne successifs afin de former la majeure partie du corps du tissu.
La disposition est telle qu'elle assure la produc tion d'étroites côtes allongées rapprochées et sensi blement parallèles 10 formées de fils de trame élas tiques nus 7 exposées et en surépaisseur au-dessus du fond ou corps principal du tissu sur une de ses faces, ces côtes étant séparées par d'étroites dépres sions intermédiaires parallèles à elles et s'étendant sur toute la largeur du tissu. Ces dépressions repré sentent les zones 11 relativement petites formées de fils de trame extensibles recouverts et les toutes petites zones exposées 12 des fils de chaîne aux endroits où ils passent par-dessus les fils de trame recouverts.
De petites dépressions allongées 13 peu vent également être ménagées entre les côtes voisines formées par les duites individuelles constituées par les paires de fils de trame nus adjacents mais qui sont à peine visible. On conçoit que dans le tissu réel, les fils de chaîne 5 sont très voisins les uns des autres, surtout quand le tissu est à l'état relaxé et sont rap prochés par tension et tassés par la tension des fils de trame 6 et 7. Un tissu typique peut comprendre 275 fils de chaîne tous les 25 mm et environ 70 fils de trame tous les 25 mm.
Sur la face du tissu opposée à celle que montre la fig. 3, les fils de chaîne 5 et les fils de trame élastiques recouverts 6 occupent la majeure partie de la surface de ce qu'on peut appeler le beau côté du tissu, tandis que les fils de trame élastiques nus 7 sont invisibles sur ce beau côté , de sorte que l'aspect tissé normal d'une étoffe non élastique est donné à ce côté et que son coefficient de frotte ment est faible.
Quand des vêtements destinés à porter directe ment contre le corps sont confectionnés à l'aide de ce tissu, ils étreignent le corps et ne remontent pas en se fronçant ou en faisant des plis pas plus qu'ils ne glissent en raison de la présence des diverses zones exposées qui sont formées de fils de trame s'étendant vers l'extérieur dans une certaine mesure à partir du corps principal ou envers du tissu sur sa face qui est en contact avec la peau de l'usager.
Les diverses côtes formées de fils de trame nus exposés qui se trouvent sur la face de friction ou de non glissement du tissu sont réparties sur sa surface qui vient en contact avec la peau et constituent un pour centage important de l'étendue de cette surface. Dans le tissu particulier qui est représenté, elles repré- sentent environ 50% de l'étendue de cette surface.
D'autres dessins de tissage que celui qui est re présenté peuvent trouver leur place ici. C'est ainsi que le nombre des fils élastiques recouverts et des fils élastiques nus qui composent la trame peut varier et que le nombre relatif des duites formées des divers types de fil de trame et leurs relations mutuelles dans le dessin peuvent varier.
On conçoit que le terme nu employé dans ce texte signifie que les fils de trame 7 ne sont pas guipés ou enveloppés d'une gaine de fils de coton, de rayonne ou matière analogue et que la matière élastique même qui peut être de la gomme est ex posée.
Pour réduire au minimum l'effet nuisible de la coupe, par les aiguilles, des fils élastiques nus au cours du piquage, ce qui par traction vers l'exté- rieur crée des bouts flottants de ces fils, il est dési rable ainsi qu'on l'a vérifié d'employer une armure dans laquelle les fils de trame élastiques nus flot tants soient liés au fond du tissu par plus d'un seul fil de chaîne entre deux parties flottantes successives.
Ainsi, par exemple, deux des fils de chaîne non élas tiques peuvent passer au-dessus de chacun des fils élastiques nus entre les deux longues parties flot tantes successives des gommes nues afin de les main tenir fermement. C'est ainsi que dans une armure comportant deux duites en gomme nue et deux duites en gomme recouverte se répétant alternativement, les duites en gomme nue peuvent passer sous chaque huitième et dixième chaîne et peuvent flotter au- dessus des chaînes restantes d'un groupe de dix.
Pour les deux duites adjacentes de gomme nue, les points où les chaînes prient au-desus de ces duites occupent, de préférence, des positions différentes en travers de la largeur du tissu. Si l'on considère dix fils de chaîne, le huitième et le dixième peuvent par exemple passer au-dessus de la première duite de gomme nue, tandis que le troisième et le cinquième peuvent passer au-deosus de la seconde duite de gomme.
On conçoit qu'une chaîne seulement passe au-dessous de la gomme nue de chaque duite entre les deux chaînes qui passent au-dessus et qu'il y a sept chaînes voisines qui passent sous cha cune des gommes nues afin de ménager la par tie flottante relativement longue de ces dernières jusqu'à la chaîne suivante qui passe au-dessus. En outre, chaque chaîne considérée de deux en deux passe au-dessus de chaque duite en gomme recouverte tandis que les chaînes intermédiaires passent au-des sous de chacune de ces duites, et sur les deux duites voisines chaque chaîne passera au-dessus de l'une et au-dossous de l'autre.
Ce mode de tissage s'avère très satisfaisant surtout si l'on emploie du fil élas tique nu de calibre No 75 représentant 5400 brins pour 453 grammes et du fil élastique recouvert de calibre No 95 représentant 5900 brins pour ce même poids.
II peut être désirable dans certains cas de prévoir dans un tissu un plus grand nombre de duites élas tiques recouvertes que de duites élastiques nues. C'est ainsi, par exemple, qu'il peut y avoir alternativement des groupes de quatre duites élastiques recouvertes, puis deux duites élastiques nues dans toute la lon gueur du tissu ou bien six duites élastiques recou vertes, puis deux duites élastiques nues par groupes alternés dans toute la longueur du tissu ou même n'importe quel groupage approprié de duites recou vertes et de duites nues.
Les tensions relatives s'exer çant sur les duites élastiques nues et recouvertes doi vent être convenablement choisies en fonction des principes ici indiqués, compte tenu du type de tissu représenté, afin d'assurer la production d'un tissu qui, une fois relaxé, s'applique bien à plat contre la sur face sous-jacente.
Une forme d'exécution particulière du tissu qui a l'avantage de s'appliquer bien à plat sam froncer ou se rider quand elle est à l'état relaxé tout en possédant d'autres caractéristiques désirables est la batiste. Ce tissu est établi à l'aide de l'armure sus- indiquée dans laquelle chaque huitième et dixième chaîne passe au-dessus des duites élastiques nues qui sont disposées par paires alternées entre les paires de duites élastiques recouvertes. Dans ce tissu, la lisière est formée de 72 fils de chaîne à denier 150 en fibre d'acétate de cellulose disposés en deux nappes.
La partie principale formant le corps de ce tissu con tient 11 840 fils de chaîne formés de fibre d'acétate de cellulose à 150 deniers. Les fils de trame em ployés dans la constitution de ce tissu sont des fils élastiques recouverts (gommes recouvertes de type IS-7 à noyau de gomme de calibre No 95 et gui- page de coton) représentant 5900 brins pour 453 grammes. Les fils élastiques nus sont constitués par des filaments de gomme de calibre No 75 représen tant 5400 brins pour ce même poids.
Les fils de trame sont engagés dans la foule, de manière à pro duire 32 duites, chacune formée de gomme recou verte et de gomme nue sur 25 mm avec deux duites de répétition. La largeur du peigne employé dans l'opération de tissage est égale à 1,90 mètre environ. La navette portant le fil élastique recouvert est réglée de manière à assurer une résistance de friction égale à 45 grammes ; celle qui porte le fil élastique nu est réglée, au contraire, de manière à assurer une résistance de friction égale à 7 grammes. Les déter minations sont faites à l'aide d'un instrument à me surer la résistance de friction.
Après la production du tissu et son dégagement du métier, le tissu pos sède à l'état fini une largeur égale à 1,06 mètre ; il comporte approximativement 70 duites de fils élas tiques recouverts et nus tous les 25 mm de la lon gueur du tissu et 280 brins de chaîne tous les 25 mm de sa largeur mesurée dans le corps du tissu.
Un échantillon du tissu décrit en dernier lieu a été analysé en vue de déterminer l'importance de la tension exercée en moyenne par les deux fils de trame quand le tissu est à l'état relaxé. Il a été nécessaire à cet effet de déterminer le trajet suivi par les deux fils de trame en travers du tissu fini. Cette déter- mination a été faite en noyant un morceau du tissu dans de la cire de paraffine. On a employé pour cela un morceau de tissu ayant une largeur égale à 25 mm et une longueur égale à 150 mm, la longueur étant mesurée dans la direction des fils de trame.
De minces découpes faites dans le sens de la lon gueur du tissu ont été examinées sous l'oculaire d'un microscope ayant un grossissement de 50 X. On a constaté que le fil de gomme nu dans le tissu présente par tissage un crêpelage, tandis que le fil de gomme recouvert est droit et exempt de crêpelage. On a mesuré le crêpelage en question en traçant la lon gueur de la partie courbe du fil par projection sur une surface convenable au moyen d'une chambre claire fixée au microscope,
puis en mesurant cette longueur à l'aide d'une roulette traceuse ou d'une roulette servant à la lecture des cartes. De sembla- bles mesures ont été faites sur vingt échantillons dé coupés à même le fil de gomme nu tel qu'il se trouve dans le tissu noyé dans la cire de paraffine. La déter mination ainsi effectuée a révélé que les fils de trame en gomme nue suivent un trajet qui est toujours supé rieur à la longueur du tissu dans le sens de la trame et que l'importance de l'augmentation de longueur d'un fil varie considérablement. Le tableau suivant met en évidence les résultats obtenus.
EMI0006.0004
Augmentation <SEP> de <SEP> longueur <SEP> fondée <SEP> sur <SEP> la <SEP> longueur <SEP> du <SEP> tissu
<tb> Moyenne <SEP> o% <SEP> Minimum <SEP> o/a <SEP> Maximum <SEP> % <SEP> Déviation <SEP> Coefficient <SEP> de
<tb> standard <SEP> o/o <SEP> variation <SEP> o/0
<tb> <U>5,31</U> <SEP> 1,33 <SEP> 12,68 <SEP> 3,35 <SEP> 63,1 Ayant ainsi déterminé la longueur supplémen taire moyenne des fils de gomme nus par rapport à la longueur du tissu à l'état relaxé dans le sens de la trame, on a procédé à des déterminations des Ion gueurs réelles des duites en gomme nue après leur dégagement du tissu.
Dix tronçons de fil de gomme nu ont été ainsi enlevés, puis leurs longueurs ont été mesurées par rapport à la .longueur du tissu auquel ils avaient été prélevés. On a obtenu ainsi les données suivantes
EMI0006.0007
Augmentation <SEP> de <SEP> longueur <SEP> fondée <SEP> sur <SEP> la <SEP> longueur <SEP> du <SEP> tissu
<tb> Moyenne <SEP> @/o <SEP> Minimum <SEP> e/o <SEP> Maximum <SEP> o/a <SEP> Déviation <SEP> Coefficient <SEP> de
<tb> standard <SEP> o% <SEP> variation <SEP> o/n
<tb> 2,75 <SEP> 1,88 <SEP> '^ <SEP> 8,13 <SEP> 3,45 <SEP> 125,4
<tb> ::
<SEP> Ce <SEP> fil <SEP> était <SEP> plus <SEP> court <SEP> de <SEP> 25 <SEP> cm <SEP> après <SEP> son <SEP> dégagement <SEP> du <SEP> tissu,
<tb> de <SEP> sorte <SEP> que <SEP> le <SEP> changement <SEP> de <SEP> longueur <SEP> était <SEP> une <SEP> diminution
<tb> <B>plutôt <SEP> qu'une <SEP> augmentation <SEP> de <SEP> longueur.</B> De façon analogue, on a prélevé au tissu dix morceaux de fil de gomme recouvert, puis on a déterminé leur longueur par rapport à celle du tissu. On a constaté que chacun d'eux est plus court que le morceau de tissu auquel il avait été prélevé.
Les ré sultats suivants ont été obtenus
EMI0006.0010
Augmentation <SEP> de <SEP> longueur <SEP> fondée <SEP> sur <SEP> les <SEP> longueurs <SEP> de <SEP> fil
<tb> Moyenne <SEP> o/o <SEP> Minimum <SEP> n/o <SEP> Maximum <SEP> O/o <SEP> Déviation <SEP> Coefficient <SEP> de
<tb> standard <SEP> o/o <SEP> variation <SEP> o/o
<tb> <U>9,08 <SEP> 6,67</U> <SEP> 10,35 <SEP> 1,21 <SEP> 13,3 Si l'on tient compte du trajet tortueux des fils de gomme nus à travers le tissu et du trajet rectiligne du fil de gomme recouvert, les déterminations suivan tes ont été faites quant aux importances des exten sions que conservèrent les deux fils dans le tissu.
EMI0006.0014
Augmentations <SEP> de <SEP> longueur <SEP> de <SEP> fil <SEP> pour <SEP> cent
<tb> Fil <SEP> de <SEP> gomme <SEP> Fil <SEP> de <SEP> gomme
<tb> nu <SEP> recouvert
<tb> Moyenne <SEP> o/o <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> 2,49 <SEP> 9,08
<tb> Minimum <SEP> % <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> 0,00 <SEP> 6,67
<tb> Maximum <SEP> % <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> .
<SEP> 14,85 <SEP> 10,35 A l'aide de ces données, la charge nécessaire pour étirer les deux types de fils par rapport au pourcentage moyen indiqué a été déterminée à l'aide d'une machine Instrom. Toutefois les fils employés au cours de cet essai étaient des fils non usés et non traités du caractère rencontré dans le tissu plutôt que des fils puisés au tissu.
Dix fils de chaque type ayant chacun 25 cm de longueur furent essayés en utilisant .la pleine capacité de 10 grammes de la machine, une vitesse de traverse supérieure égale à 25 cm par minute, une vitesse de graphique de 50 cm par minute et une charge de tension préalable égale à 0,1 g afin de donner initialement aux fils la recti tude requise.
Les résultats. suivants furent obtenus
EMI0006.0022
Fil <SEP> de <SEP> gomme <SEP> Fil <SEP> de <SEP> gomme
<tb> nu <SEP> recouvert
<tb> Moyenne <SEP> (en <SEP> grammes) <SEP> 0,78 <SEP> 3,61
<tb> Minimum <SEP> <SEP> 0,00 <SEP> 3,04
<tb> Maximum <SEP> <SEP> 3,03 <SEP> 3,88 Si l'on se rappelle que le module de la gomme recouverte est réduit de 50 % environ par le traite- ment auquel est soumis le tissu au cours de son finissage,
il semble que pour le tissu particulier exa miné ci-dessus, les fils de gomme nus ayant une longueur de 25 cm (dans le sens de la trame) se trouvent sous une tension moyenne (le tissu étant à l'état relaxé) égale à 0,78g tandis que les fils de gomme recouverts dans la même longueur de tissu se trouvent sous une tension moyenne égale à 1,80 g environ. Cette relation assure un tissu s'appliquant à plat.
Comme indiqué ci-dessus, il a été estimé désirable en vue de l'obtention d'un tissu ayant un aspect uni forme dans toute son étendue et qui ne s'enroule ni ne se fronce, ni ne présente une autre déformation quelconque, de prévoir approximativement la même longueur de duite pour les fils de trame élastiques recouverts et nus à mesure que le tissu est produit sur le métier. Une tension de friction bien inférieure est nécessaire pour la gomme nue que pour la gomme recouverte pour atteindre ce résultat.
On entend ici par côtes rapprochées un cer tain nombre de côtes ayant 25 mm de longueur, par exemple au moins trois semblables côtes tous les 25 mm de la longueur du tissu.