Procédé pour revêtir un matériau rigide d'une feuille de chlorure de polyvinyle rigide La présente invention a pour objet un procédé pour revêtir un matériau rigide d'une feuille de chlorure de polyvinyle rigide ; le matériau rigide envi sagé peut être un support en métal (acier), béton, bois ou tout autre matériau normalement indéfor mable.
Il est connu, en effet, qu'à revêtir de tels maté riaux de feuilles ou plaques de matière plastique rigide telle que le chlorure de polyvinyle il se révèle souvent de grandes difficultés. Et il est souvent plus difficile encore de les conserver en parfait état, du fait que la dilatation thermique du revêtement est dif férente de celle du matériau, le rapport des coefficients de dilatation étant souvent compris entre 1 et 5.
D'autre part, les efforts de pression que l'on peut être amené à appliquer sur le matériau et son revête ment au cours du travail de mise en place, et ensuite au cours de l'utilisation, peuvent être préjudiciables à la bonne adhérence du revêtement du matériau de support. Les contraintes naissant dans ces conditions peuvent aller jusqu'à déformer le revêtement et con duire celui-ci à se détacher du support, ceci se pro duisant surtout aux angles et dans les parties creuses, gorges, coudes, etc., notamment dans le cas de tuyaux.
Pour améliorer cette adhérence, on a cherché jus qu'ici à modifier l'état de surface du matériau, par exemple, par sablage s'il s'agit de métal, ou par talo- chage s'il s'agit de béton ou par d'autres modifications de la surface dans le cas d'autres matériaux tels que le bois, etc... Ces opérations longues et coûteuses n'éliminent pas les contraintes dues aux différences de valeur des coefficients de dilatation et les défor mations qui peuvent en résulter.
On a déjà proposé d'interposer entre le matériau et le revêtement une couche intermédiaire élastique et poreuse destinée à compenser les tensions. Le procédé faisant l'objet de la présente invention est caractérisé en ce qu'on établit entre la feuille de chlorure de polyvinyle et le matériau une couche intermédiaire de liège, collée à la feuille de chlorure de polyvinyle et au matériau.
Cette couche a pour but de compenser les con traintes qui peuvent se présenter dans le revêtement, et ceci sans avoir eu à modifier au préalable l'état de surface du matériau de support.
La perméabilité du liège facilite grandement l'éva cuation des solvants de la colle utilisés pour le collage du liège sur le revêtement de chlorure de polyvinyle. En outre, la faible conductibilité thermique du liège offre certains avantages et permet notamment d'appli quer un assemblage de chlorure de polyvinyle et de liège à un support rigide dans des conditions de tem pératures relativement élevées sans compromettre la teneur du revêtement en chlorure de polyvinyle.
Dans une mise en oeuvre préférentielle du pro cédé, la couche de liège intermédiaire est préalable ment collée sur la plaque de chlorure de polyvinyle au moyen d'une colle qui peut être notamment à base de chlorure de polyvinyle surchloré. Ensuite, le col lage sur le support du complexe chlorure de polyvi- nyle-liège ainsi fabriqué est réalisé en appliquant sur le revêtement et le support un filin d'une colle ne renfermant pas de solvant ou en renfermant peu. Une colle à base de caoutchouc convient parfaitement à cette opération.
Le calibre des grains de liège est avantageusement celui des grains utilisés pour la fabrication du liège aggloméré.
Selon une mise en oeuvre particulière du procédé, la couche intermédiaire peut être constituée par une feuille ou une plaque de liège aggloméré.
Le liège en plaque, à la condition de choisir une épaisseur convenable, peut être plié à part et collé sur la plaque de chlorure de polyvinyle déjà mise en forme, par exemple pliée à angle droit avec un léger arrondi. La plaque de liège peut aussi être collée sur la plaque brute de chlorure de polyvinyle, et le tra vail de mise en forme de l'ensemble peut s'effectuer ensuite par les procédés courants. Dans le cas où il s'agit d'objets de grandes dimensions, on peut souder bout à bout deux plaques de complexes de polyvinyle- liège préalablement préparées, en utilisant un cordon de soudure à base de chlorure de polyvinyle.
L'épaisseur de la couche intermédiaire de liège dépend de l'élasticité propre du liège, et des tensions susceptibles de se produire dans le revêtement. Ce procédé présente l'avantage d'une grande facilité d'exécution tout en assurant une adhérence totale du revêtement sur le support et en apportant une aug mentation des caractéristiques de résistance mécani que de l'ensemble.
<I>Exemple</I> Soit à revêtir un support métallique rigide, au moyen d'une plaque de chlorure de polyvinyle de 2 millimètres d'épaisseur. On commence par coller au moyen d'une colle à base de chlorure de polyvinyle surchloré, une couche de liège aggloméré de 3 milli mètres d'épaisseur sur la plaque de chlorure de poly vinyle. On laisse sécher 24 heures environ.
La plaque de complexe chlorure de polyvinyle- liège est alors fixée par collage sur le support métal lique préalablement dégraissé mais sans autre prépa ration de la surface, au moyen d'une colle au caout chouc, telle que la colle commercialement dénommée Bostik (marque déposée) dont le collage est pres que instantané.
Le matériau ainsi obtenu peut être aussitôt mis en service.
L'exemple qui vient d'être décrit convient très bien lorsque le support est pratiquement plan.
Par contre lorsque les supports présentent, même partiellement, des surfaces non développables, comme par exemple la surface interne d'un casque, une selle de motocyclette, etc., la constitution de la couche intermédiaire avec une feuille ou plaque de liège n'est plus possible. Même en adoptant des coupes compli quées et en pratiquant des entailles sur ces plaques ou feuilles de liège, il reste après application sur les feuilles de chlorure de polyvinyle rigide, préalable ment conformées, des manques de matières, préjudi ciables à la tenue mécanique du revêtement.
Pour parer à cet inconvénient et selon une autre mise en aeuvre du procédé de l'invention, on dépose sur la feuille de chlorure de polyvinyle rigide, préala blement conformée selon les méthodes connues, une ou plusieurs couches de poudre de liège de granulo métrie déterminée, cette poudre de liège étant fixée au chlorure de polyvinyle au moyen d'une colle con- venable,-en particulier au moyen d'une colle à base de chlorure de polyvinyle surchloré.
On peut déposer la poudre de liège par un moyen quelconque sur la feuille de chlorure de polyvinyle, préalablement enduite de colle<B>:</B> dans ces conditions, on fixe une couche de liège dont l'épaisseur ne dépend, après séchage, que des dimensions des grains de liège, l'excès de la poudre étant éliminé mécani quement après séchage. On peut répéter cette opéra tion une seconde, une troisième fois, etc., jusqu'à ce qu'on obtienne l'épaisseur voulue, compte tenu de la grosseur des grains de la poudre de liège. L'expé rience montre qu'il y a intérêt, pour obtenir une épaisseur régulière de la couche de liège, à choisir des dimensions de grains de liège relativement petites et à multiplier le nombre de couches plutôt que d'adopter une couche unique de grains de grandes dimensions.
II peut même y avoir intérêt à utiliser des granulométries différentes d'une couche à l'autre, les grains les plus fins de la seconde application trouvant alors leur place entre les grains les plus gros, fixés lors de la première application.
Selon une variante, on peut projeter simultané ment sur la feuille de chlorure de polyvinyle, préala blement conformée, la poudre de liège et la colle, par exemple, à l'aide de deux pistolets adaptés à cet usage et convenablement orientés. Dans ce cas, les grains de liège sont simultanément rendus solidaires les uns des autres et fixés à la surface de la feuille plastique, lorsque la colle est sèche. Les admissions respectives dans les pistolets de poudre et de colle doivent être déterminées de telle façon que le rapport de la quantité de liège à la quantité de colle corres ponde aux meilleures conditions d'agglomération.
La vitesse de déplacement de l'ensemble des pistolets par rapport à la feuille plastique, détermine, d'autre part, l'épaisseur de liège déposé sur cette feuille plastique, compte tenu de la grosseur des grains de liège em ployés. Là encore, il peut être avantageux de procé der par couches successives dans le but de favoriser l'homogénéité et l'uniformité de la structure de la couche de liège.
Après séchage complet de cette couche de liège, il peut être opportun de dresser sa surface, par exem ple, par mélange, tout au moins dans les parties qui pourraient présenter quelque surépaisseur.
Les dimensions de grains de liège qui peuvent être utilisées sont de l'ordre de 0,5 à 3 mm, avec une répartition granulométrique relativement homogène.
Comme colle, on peut employer toute colle sus ceptible de bien adhérer au chlorure de polyvinyle et notamment les colles à base de polyvinyle surchloré, pouvant contenir, par exemple, de 8 à 10 % d'extrait sec. Ces colles peuvent comporter avantageusement une proportion de solvants lourds, plus élevée que celle des colles généralement utilisées pour coller le chlorure de polyvinyle. En particulier, elles peuvent renfermer des proportions relativement importantes d'un solvant lourd tel que de dichlorétane, par exem ple.
Les complexes chlorure de polyvinyle-liège ainsi obtenus, susceptibles de présenter les formes les plus compliquées, sont eux-mêmes collés sur les supports à revêtir, notamment à l'aide d'une colle ne renfer- mant pas de solvant ou en renfermant peu, telle qu'une colle à base de caoutchouc.
L'utilisation de liège en grain peut également s'appliquer à la préparation de complexes de chlo rure de polyvinyle et de liège, de forme très simple ou même plane, l'application du liège pouvant notam ment être alors effectuée en continu, par exemple, sur une bande continue de chlorure de polyvinyle déroulée progressivement et traitée de proche en proche.