Procédé de mesure de la distance parcourue par un véhicule pendant une variation déterminée de vitesse à Paide d'un tachygraphe
et tachygraphe pour la mise en oeuvre de ce procédé
Les tachygraphes usuels ne permettent en général de mesurer ni les accélérations positives ou négatives auxquelles les véhicules sont soumis, ni les distances sur lesquelles les variations correspondantes de vitesse se produisent, notamment parce que le support recevant le tracé de la vitesse mesurée se déplace très lentement au-devant du stylet traceur et qu'en conséquence il est difficile d'évaluer la pente de la courbe dessinée au cours de ces accélérations.
D'autres tachygraphes, plus modernes, comprennent un dispositif permettant d'accélérer, lorsqu'on le désire le déplacement de ce support de manière que la courbe tracée sur celui-ci su'étale sur une longueur suffisante pour permettre une mesure facile de sa pente. Ces tachygraphes présentent cependant l'inconvénient de nécessiter une intervention extérieure pour la mise en service de ce dispositif et ne peuvent tre utilisés pour la mesure de décélérations d'émergence, par exemple lors d'un accident de la circulation. En outre le mécanisme de commande de l'accélération du mouvement du support est relativement coûteux et partant d'un prix élevé.
La présente invention a pour objet un procédé de mesure de la distance parcourue par un véhicule pendant une variation déterminée de vitesse à l'aide d'un tachygraphe ainsi qu'un tachygraphe pour la mise en oeuvre de ce procédé obviant aux inconvénients cités.
Ce procédé de mesure se caractérise par le fait que l'on fait varier la position de l'organe traceur par rapport à la surface du support recevant le tracé de la vitesse mesurée par le tachygraphe selon un programme déterminé de manière à dessiner sur ce support un tracé formé par une suite de segments dessinés et d'espaces vierges séparant lesdits segments, chaque segment et chaque espace correspondant à une distance élémentaire déterminée, que l'on observe le tracé ainsi dessiné sur ce support et compte les segments tracés et les espaces vierges.
Le dessin annexé représente à titre d'exemple une forme d'exécution du tachygraphe objet de l'inventison:
la fig. 1 en est une vue en plan et en position ouverte;
la fig. 2 une coupe selon II-II de la fig. 1;
la fig. 3 une coupe selon III-III de la fig. 1 à plus grande échelle.
la fig. 4 une coupe selon IV-IV de la fig. 3.
Le tachygraphe représenté comprend un boîtier 1 fermé à mi-hauteur par une platine 2 et sur lequel est articulé en 3 un couvercle 4 partiellement représenté.
Sur le fond du boîtier 1 fait saillie un manchon 5 sur lequel est disposé un coussinet 6 pour un axe tournant 7 destiné à tre accouplé à sa a partie infé- rieure à un arbre flexible, non représenté, entraîné en rotation à son autre extrémité, par exemple par les roues du véhicule.
L'axe 7 est fixé sur le manchon au moyen d'une portion d'anneau 8 formant clavette, embrassant une gorge annulaire 9, et rendu solidaire de ce manchon par des vis 10. La partie de l'axe 7 s'étendant audessus de la clavette 8 est de diamètre inférieur à celle tournant dans le coussinet 6 et présente une rainure 11 de section droite rectangulaire. Sur cette partie resserrée de l'arbre sont engagées une vis sans fin 12 en métal tendre, par exemple du laiton, et une roue dentée, 13, rendues solidaires de l'axe 7 par une clavette 14.
Sur celui-ci est en outre montée une douille 16, par exemple en laiton, présentant sur sa face inférieure une fente 1 6a dans laquelle est engagée la partie supérieure de la clavette 14, et qui est chassée dans une jante 17 en duralumin par exemple, engagée par sa tranche externe dans un anneau 18 en acier coulé constituant un aimant permanent.
L'ensemble douille 16 - jante 17 - anneau 18 est enveloppé par une cloche de cuivre 19, solidaire d'un axe 201 pivoté dans la platine 2 du boîtier, de manière à accoupler magnétiquement les axes 7 et 20.
Le flux de l'aimant 18 est concentré dans la partie annulaire de la cloche 19 par un anneau de champ 21 en matériau magnétisable, disposé autour de cette cloche et rendu solidaire du boîtier 1 par des moyens non représentés. Cette concentration du flux a pour effet d'augmenter les courants de Foucault circulant dans la cloche de cuivre et partant la valeur du couple transmis par cet accouplement.
Lorsque l'aimant 18 est en mouvement, par rotation de l'axe 7, la cloche 19 se déplace angulairement sous l'effet des courants de Foucault d'une quantité proportionnelle à la vitesse du mouvement de l'aimant 18. Ce couple est maintenu constant quelle que soit la température ambiante par un shunt annulaire 1 8a formé par un alliage magnétisable dont la réluctance varie de manière inversement proportionnelle à la température alors que la réluctance de l'acier coulé lui est proportionnelle.
L'extrémité supérieure de l'axe 20 est pivotée sur un pont 22 monté au-dessus de la platine 2, parallèlement à cette platine, sur trois piliers 23.
Cet axe est soumis à l'action d'un ressort spiral 24, dont la tension est réglable par un dispositif à secteur denté 25, au-dessus duquel est fixé un pignon 26 engrenant avec une crémaillère amovible 27 décrite par la suite.
Cet axe présente en outre à sa partie supérieure un plateau 28 muni d'un doigt 29 monté coulissant sur cet axe à l'encontre d'un ressort 30 mais qui est maintenu en une position angulaire déterminée par une broche non représentée. Lorsque le couvercle 4 est fermé sur le boîtier 1, ce doigt est en prise avec une aiguille indicatrice non représentée, se déplaçant au-devant d'un cadran de lecture de la vitesse de roulement du véhicule, également non représenté, disposé sur le couvercle du tachygraphe.
Sur la platine 2 est fixé en outre un bâti formé d'une plaque de base 31 et de trois oreilles 32, 33 et 33' perpendiculaires à cette base et dont deux de celles-ci, 33 et 33' sont disposées dans le prolongement l'une de l'autre et parallèlement à l'oreille 32.
Sur ce bâti est fixée une tige 34 dont une extrémité est solidaire du pont 22 et qui s'étend parallèlement à la surface de la platine. Une seconde tige 35 est montée entre les oreilles 32 et 33' parallèlement à la tige 34. Ces deux tiges constituent des guides pour un coulisseau amovible 36 solidaire de la crémaillère 27 qui est montée coulissante en 37 sur la tige 34.
Entre les oreilles 32 et 33' est montée une troisième tige 38, parallèle aux tiges 34 et 35, et sur laquelle est coulissée et articulée une pièce 39 de forme générale cylindrique portant une lame élastique 40 dont l'extrémité libre est munie d'une pointe 41 constituant un stylet scripteur.
La pièce 39 est accouplée au coulisseau 36 par une lamelle élastique 39'. Cette pièce 39 est en outre en prise par une fourche 42 avec une bascule 43 formée de deux plaquettes 44 et 45 fixées d'une part à un axe 46 articulé sur les oreilles 32 et 33, et d'autre part à un second axe 47, parallèle au premier, embrassé é par les dents de la fourche 42. Cet axe 47 traverse l'oreille 33 du bâti par une fente non représentée et est soumis à l'action d'un ressort 48 tendant à maintenir la bascule 43 en une position telle que la lame 40 et le stylet 41 soient disposés comme représenté en fig. 3.
La plaquette 45 de la bascule est munie d'un téton 49 traversant l'oreille 33 par une fente 50 et dont l'extrémité est solidaire d'une barre de transi lation 51. Cette barre est fixée et coulissée sur les oreilles 33 et 33' du bâti par deux tenons 52 solidaires de ces oreilles et qui sont engagés dans des fentes 53 que présente la barre. Sur sa partie médiane, celle-ci présente en outre un brasl 54 à l'extrémité duquel est pivoté un galet 55 en contact avec une came 56. Cette came est solidaire d'un axe 57 articulé sur le boîtier et sur la platine et présentant une roue dentée 58 engrenant avec le pignon 13 solidaire de l'axe 7.
L'axe 7 est entraîné en rotation avec une vitesse connue proportionnelle à la vitesse de roulement du véhicule; le pignon 13 et la roue 58 sont dimensionnés par exemple de manière que la came 56 effectue une révolution complète pendant que le véhicule sur lequel ce tachygraphe est monté se déplace d'une quantité prédéterminée.
Dans sa rotation, par exemple dans le sens f, la came 56 déplace la barre 51 vers la droite sur le dessin et fait se déplacer la bascule 43 dans le sens f2 (fig. 3) alors que la pièce 39 est entraînée dans le sens opposé f3 ainsi que la lame 40 et le stylet 41 qui lui sont solidaires. Lorsque la came retourne dans la position occupée au dessin aux fig. 3 et 4, la bascule, ainsi que la lame 40 et son stylet 41, revient à sa position de départ sous l'action du ressort de rappel 48.
Lorsque l'axe du tachygraphe tourne, la cloche 19 est positionnée angulairement à l'encontre du ressort spiral 24 selon un angle proportionnel à la vitesse de l'aimant 18. La crémaillère 27, dont la position de repos est celle représentée en fig. 1 se déplace dans le sens f4, de mme que le stylet 41 qui lui est solidaire, en une position correspondante.
En disposant sur le couvercle 4 un disque-diagramme rotatif, commandé par un mouvement d'horlogerie non représenté de manière qu'en fermant ce couvercle sur le boîtier ce disque entre en contact avec le stylet, ce stylet inscrit sur ce disque une courbe réflétant les variations de la vitesse auquel le véhicule est soumis.
A cause de son montage particulier précédemment décrit le contact du stylet avec le disque n'est pas permanent. Ce stylet s'éloigne en effet de la surface de ce disque pour revenir ensuite en contact avec celui-ci selon que c'est la partie saillante de la came 56 qui agit sur le galet 55 ou au contraire sa partie ronde: le profil de cette came est tel que le stylet est en contact avec le disque pendant les deux tiers de la révolution de la came et s'éloigne de ce disque pendant le reste du temps.
De cette manière le stylet ne trace pas sur le disque un trait continu mais une série de segments séparés par des espaces vierges. La longueur des segments tracés est inversement proportionnelle à la vitesse de roulement du véhicule, puisque la came 56 tourne avec une vitesse proportionnelle à celle du véhicule.
Ce montage particulier du stylet permet de réduire l'effort de frottement intervenant entre ce stylet et le disque ainsi que l'effort nécessaire à inciser la couche de paraffine ou de cire que présentent en général de tels disques, et d'améliorer ainsi la fidélité et la précision des enregistrements réalisés.
Grâce au tracé obtenu sur le disque-diagramme il est également possible de mesurer la distance de démarrage ou de freinage d'un véhicule: on sait en effet qu'à une rotation de la came correspond un chemin unitaire déterminé et qu'en conséquence la distance séparant le début de deux segments successifs inscrits sur le diagramme correspond elle aussi à ce chemin unitaire; l'espace vierge compris entre deux segments successifs est égal au tiers de ce chemin. Bien entendu cette proportion est variable avec le profil donné à la came.
En observant la portion à examiner du diagramme inscrit, par exemple à l'aide d'un appareil optique d'agrandissement, lunette ou projecteur, il est possible de compter avec une grande exactitude le nombre de segments tracés et vierges et mme de mesurer les fractions de ceux-ci bien que les dimensions des tracés obtenus avec un tel tachygraphe soient en général relativement faibles. La distance cherchée s'obtient en multipliant le nombre de segments tracés et vierges par la distance qui leur correspond et en additionnant le total distance des segments tracés au total distance des segments vierges .
Ce tracé permet en outre de mesurer l'écart de vitesse obtenu sur une distance élémentaire déterminée correspondant par exemple à un seul segment dessiné de ce tracé et d'en déduire une valeur moyenne de l'accélération ou de la décélération du véhicule.
REVENDICATIONS
I. Procédé de mesure de la distance parcourue par un véhicule pendant une variation déterminée de vitesse, à l'aide d'un tachygraphe, caractérisé par le fait que l'on fait varier la position de l'organe traceur par rapport à la surface du support recevant le tracé de la vitesse mesurée par le tachygraphe selon un programme prédéterminé de manière à dessiner sur ce support un tracé formé par une suite de segments dessinés et d'espaces vierges séparant lesdits segments, chaque segment et chaque espace correspondant à une distance élémentaire déterminée, que l'on observe le tracé ainsi dessiné sur ce support et compte les segments tracés et les espaces vierges.
II. Tachygraphe pour la mise en ouvre du procédé selon la revendication I.