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Pièce d'horlogerie à grande moyenne décentrée La présente invention a pour objet une pièce d'horlogerie à grande moyenne décentrée, dans laquelle la chaussée portant l'aiguille des minutes ne fait pas partie du train d'engrenages reliant le barillet à l'échappement et est entraînée en rotation par l'intermédiaire d'une roue de minuterie.
On rencontre ce type d'entraînement indirect de l'aiguille des minutes dans certaines montres soignées, dans lesquelles la roue de minuterie est entraînée par un mobile du rouage reliant le barillet à l'échappement, et aussi dans les montres Roskopf, où la roue de minuterie est montée à frottement gras sur le barillet. Ce mode d'entraînement implique que la position angulaire de l'aiguille des minutes n'est pas déterminée de façon rigoureuse, en raison de l'ébat des dents de la chaussée dans la denture de la roue de minuterie.
On a déjà proposé différentes solutions pour supprimer ce flottement de l'aiguille des minutes: a) On a tenté de supprimer cet ébat en utilisant un ressort de friction, mais l'aiguille des minutes a toujours du chemin perdu, dû aux ébats d'engrenages et ce chemin perdu se remarque lors de la mise à l'heure.
b) Selon une autre proposition, on a fait usage d'une roue de minuterie mobile dans son plan et engagée à fond par un ressort dans la denture de la chaussée. Cette solution présente divers inconvénients, notamment que le ressort est délicat à mettre en place et que la roue de minuterie risque de basculer sous l'action dudit ressort. De plus, lorsque la roue de minuterie est solidaire d'un pignon, ce qui est généralement le cas pour l'entraînement de la roue des heures, l'engrenage entre ce pignon et la roue des heures n'est pas satisfaisant en raison de la variation de la profondeur d'engagement des dents.
c) On a également proposé une construction dans laquelle le jeu d'engrenage entre la roue de minuterie et la chaussée est pratiquement réduit à zéro grâce à l'usage de profils spéciaux, la largeur de chaque dent sur le cercle primitif étant égale à la moitié du pas. Une telle construction est très difficile à réaliser, car elle nécessite des tolérances si serrées qu'il n'est pas possible d'usiner ces pièces en série. De plus, après un certain temps de service, l'usure produite compromet un bon fonctionnement.
d) Enfin, on a aussi proposé de supprimer cet ébat de l'aiguille des minutes en prévoyant que la chaussée comporte deux pièces dentées qui sont libres l'une par rapport à l'autre et qui ont leurs dents plus étroites que les creux de la denture de la roue de minuterie; un ressort relie lesdites pièces dentées l'une à l'autre et exerce sur elles un effort, dans le but que deux dents, appartenant respectivement à l'une et à l'autre desdites pièces dentées et pénétrant dans un même creux de la denture de la roue de minuterie, fonctionnent ensemble comme une dent unique n'ayant aucun ébat dans ledit creux. Un tel dispositif peut certes donner satisfaction, mais il est encombrant et relativement coûteux.
La présente invention vise à remédier aux inconvénients des solutions énumérées ci-dessus, tout en fournissant un dispositif de fonctionnement sûr, peu encombrant, pouvant être usiné en série et d'un faible prix de revient. A cet effet, conformément à l'invention, la roue de minuterie présente entre son moyeu et sa serge dentée au. moins un bras élastique permettant un déplacement radial de -la serge par rapport au moyeu et la distance entre les axes de la
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roue de minuterie et de la chaussée est réduite de manière à donner un certain préarmage au bras élastique de la roue de minuterie et à créer ainsi un engrenage pratiquement sans jeu entre la roue de minuterie et la chaussée, en vue de supprimer tout ébat de l'aiguille des minutes.
On connaît déjà, il est vrai, une roue de montre ayant des bras en forme de S, adaptée comme amortisseur de chocs. Dans une autre construction connue, un mobile denté à bras élastiques est monté dans le train de finissage pour diminuer le décollement qui se produit généralement entre les dents de la roue d'échappement et le plan d'impulsion des palettes de l'ancre au début de chaque course d'impulsion. Enfin, on a déjà proposé des roues dentées présentant entre leurs moyeux et leurs serges dentées des bras ou des moyens élastiques permettant un déplacement radial de la serge par rapport au moyeu. Cependant, on n'a jamais proposé d'utiliser l'une ou l'autre de ces constructions connues pour déterminer de façon rigoureuse la position angulaire de l'aiguille des minutes dans une pièce d'horlogerie du. type mentionné au début de ce mémoire.
Le problème posé restait donc non résolu, malgré l'existence de roues dentées à bras élastiques telles que celles auxquelles a recours la pièce d'horlogerie faisant l'objet de la présente invention.
Le dessin annexé représente, à titre d'exemple, deux formes d'exécution de la pièce d'horlogerie faisant l'objet de l'invention. On n'a représenté sur le dessin que ce qui est nécessaire à la compréhension de l'invention.
La fig. 1 est une vue en plan de la roue de minuterie, en prise avec deux pignons.
La fig. 2 est une coupe suivant la ligne II-II de la fig. 1.
La fig. 3 est une vue en plan partielle de la première forme d'exécution.
La fig. 4 est une coupe suivant la ligne IV-IV de la fig. 3.
La fig. 5 est une vue en plan partielle de la seconde forme d'exécution.
La fig. 6 est une coupe suivant la ligne VI-VI de la fig. 5.
On voit sur les fig. 1 et 2 une roue de minuterie 1 en prise avec deux pignons 2 et 3. Admettons par exemple que 2 soit le pignon menant et 3 le pignon mené. Le pignon 2 est monté fou sur un tenon 4 chassé dans un pont 5; de même, le pignon 3 est monté fou sur un tenon 6 chassé dans un pont 7. Quant à la roue de minuterie 1, elle est aussi montée libre sur un tenon 8 chassé dans un pont 9.
La roue de minuterie 1 présente un moyeu 10 dans lequel est chassé un pignon 11 ajusté librement sur le tenon 8. Le moyeu 10 est relié à la serge dentée 12 par un bras élastique 13 de forme générale circulaire terminé par de courtes parties radiales 34 et 35. Ce bras élastique 13 permet un déplacement radial de la serge 12 par rapport au moyeu 10, c'est-à-dire que la serge 12 peut être déplacée légèrement dans son plan si l'on suppose que le moyeu 10 est maintenu fixe.
Admettons d'abord que la roue de minuterie 1 soit à l'état de repos, comme montré par le trait mixte fin 14 sur la fig. 1, représentant la denture de la serge 12. Pour que cet état de repos soit réalisé, il faut supposer que la denture 14 n'est pas en prise avec les pignons 2 et 3, la roue 1 se trouvant par exemple légèrement au-dessus du plan de ces pignons 2 et 3. Le bras 13 n'est pas armé et par suite, la serge 12 est parfaitement concentrique au moyeu 10 et à l'axe du tenon 8. Amenons maintenant la roue 1 en prise avec les pignons 2 et 3.
La distance entre l'axe du tenon 8 et l'axe de chacun des tenons 4 et 6 est un peu inférieure à la distance normale, de sorte que pour amener la denture 14 en prise avec lesdits pignons 2 et 3, il est nécessaire de déformer un peu la serge 12, en la poussant vers le bas de la fig. 1. La position atteinte par la denture 14 est dessinée en traits plus forts 14'. Le bras élastique 13 est maintenant armé et tend à pousser la serge 12 vers le haut de la fig. 1 et par suite à faire pénétrer les dents de la denture 14 profondément dans les creux des dentures des pignons 2 et 3. Par suite, l'engrenage réalisé entre la roue 1 et les pignons 2 et 3 est pratiquement sans jeu.
Si maintenant l'on fait tourner le pignon 2, il entraîne la roue de minuterie 1 qui entraîne à son tour le pignon 3, et tout ébat d'engrenage est supprimé sur ce pignon 3.
Dans la montre décrite ci-après en regard des fig. 3 et 4, on fait usage d'un dispositif identique à celui décrit sur les fig. 1 et 2. Cette montre comprend un barillet 15 engrenant avec un pignon de grande moyenne 16 décentré, solidaire d'une roue de grande moyenne 17. Cette dernière entraîne un rouage usuel, non représenté, conduisant l'échappement de la montre. Le pignon de grande moyenne 16 est calé sur un arbre 18 sur lequel est fixé par lanter- nage un renvoi 19. Le renvoi 19 est en prise avec une roue de minuterie 20 identique à la roue 1 montrée sur les fig. 1 et 2.
La roue 20 engrène avec une chaussée 21 portant l'aiguille des minutes, tandis que le pignon 22 de la roue 20 est en prise avec une roue des heures 23 portant l'aiguille des heures. Les aiguilles des minutes et des heures ne sont pas représentées sur le dessin. L'arbre de grande moyenne 18 pivote dans un pont 24 et dans une plaquette 25 fixée sur la platine 26. La roue de minuterie 20 est montée librement sur un tenon 27 chassé dans la platine 26. Quant à la chaussée 21, elle pivote librement sur un tenon 28 chassé dans la platine 26.
La position du tenon 27 est choisie de telle façon par rapport à l'arbre 18 et au tenon 28, que le bras élastique de la roue de minuterie 20 soit préarmé et que les engrenages entre le renvoi 19 et la roue 20, d'une part, et entre la roue 20 et la chaussée 21, d'autre part, soient pratiquement sans jeu.
Le renvoi lanterné 19 est en prise avec un premier renvoi de mise à l'heure 29 qui est lui-même en prise
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avec un second renvoi de mise à l'heure 30. Ce dernier est susceptible d'être actionné par la denture de champ 31 du pignon coulant 32 lorsque la tige de remontoir et de mise à l'heure 33 est tirée vers l'extérieur.
Par suite de la disposition décrite, lorsque la montre marche, l'aiguille des minutes, bien qu'entraînée indirectement, a une position angulaire parfaitement déterminée. De plus, tout chemin perdu de l'aiguille des minutes est également supprimé, de sorte que la mise à l'heure ne présente aucune difficulté.
La montre décrite se prête au montage d'un mobile de seconde au centre, sans qu'il soit nécessaire de modifier quoi que ce soit au dispositif d'entraînement de l'aiguille des minutes.
La seconde forme d'exécution, représentée sur les fig. 5 et 6, est une montre Roskopf. Elle comprend un barillet 36 engrenant avec un pignon de grande moyenne 37 décentré, solidaire d'une roue de grande moyenne 38. Cette dernière entraîne un rouage usuel, non représenté, conduisant l'échappement de la montre. Sur le barillet 36 est montée à frottement gras une roue de minuterie 39 identique à la roue 1 montrée sur les fig. 1 et 2. La roue 39 engrène avec une chaussée 40 portant l'aiguille des minutes, tandis que le pignon 41 de la roue 39 est en prise avec une roue des heures 42 portant l'aiguille des heures. Les aiguilles des minutes et des heures ne sont pas représentées sur le dessin. L'arbre de barillet 43 pivote dans la platine 44 et dans le pont de barillet 45.
Le rochet de barillet 46 est ajusté sur un carré de l'arbre de barillet 43 et est maintenu axialement en place au moyen d'une vis 47. La chaussée 40 est montée folle sur une douille 48 chassée dans la platine 44. La position de cette douille 48 est choisie de telle façon par rapport à l'arbre de barillet 43, que le bras élastique de la roue 39 soit préarmé et que l'engrenage entre la roue de minuterie 39 et la chaussée 40 soit pratiquement sans jeu.
La roue de minuterie 39 est en prise avec un renvoi de mise à l'heure 49 susceptible d'être actionné par la denture de champ 50 du pignon coulant 51 lorsque la tige de remontoir et de mise à l'heure 52 est tirée vers l'extérieur.
Le calibre représenté sur les fig. 5 et 6 comprend un mobile de seconde au centre 53 dont l'arbre 54 pivote dans le pont de rouage 55 et dans la douille 48 et porte une aiguille de seconde non représentée. Ce mobile de seconde au centre pourrait d'ailleurs être supprimé.
Par suite de la disposition décrite, lorsque la montre marche, l'aiguille des minutes a une position angulaire parfaitement déterminée et ne flotte pas. De plus, tout chemin perdu de l'aiguille des minutes est également supprimé, de sorte que la mise à l'heure ne présente aucune difficulté.
Selon une variante non représentée, le pignon 41 de la roue 39 pourrait être supprimé, et dans ce cas, la chaussée 40 entraînerait une roue de minuterie auxiliaire, dont le pignon engrènerait avec la roue des heures.
La forme choisie pour la roue de minuterie est telle qu'il pourrait se produire un déplacement angulaire de la serge par rapport au moyeu. Ce risque est pratiquement éliminé du fait que la force transmise est très faible. En effet, il s'agit seulement d'entraîner la chaussée et l'aiguille des minutes, d'une part, et la roue des heures et son aiguille, d'autre part. Dans les deux formes d'exécution décrites ci-dessus, le couple antagoniste agissant sur la serge de la roue de minuterie est tel qu'il n'occasionne pas un armage angulaire du bras élastique supérieur aux limites imposées par le bon fonctionnement du système.
Les dispositifs décrits présentent notamment les avantages suivants: a) Le mobile de minuterie (formé d'une roue seule ou d'une roue solidaire d'un pignon) est constitué par une seule pièce, qui se monte très facilement. Il n'est fait usage d'aucun ressort.
b) Le mobile de minuterie est monté librement sur un tenon fixe, au lieu de présenter un pivot rotatif, ce qui simplifie considérablement la fabrication.
e) Les distances entre les axes des différents mobiles sont fixes.
d) Le mobile de minuterie est bien guidé et ne risque pas de basculer.
e) Un engrenage satisfaisant, avec profondeur d'engagement constante, est assuré entre le mobile de minuterie, d'une part, et la chaussée et la roue des heures, d'autre part.
f) Non seulement l'ébat d'engrenage de l'aiguille des minutes est supprimé, mais aussi son chemin perdu, de sorte que 1a mise à l'heure ne présente pas de difficulté.
g) Le mobile de minuterie peut être usiné en série, avec un faible prix de revient.
h) Le mobile de minuterie n'est pas plus encombrant qu'un mobile de minuterie classique.