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Procédé pour lubrifier des organes d'un mécanisme d'horlogerie, dispositif pour la mise en #uvre du procédé et application du procédé La présente invention a pour objet un procédé pour lubrifier des organes d'un mécanisme d'horlogerie, un dispositif pour la mise en #uvre du procédé et une application du procédé à la lubrification des dents de la roue d'ancre d'un mouvement d'horlogerie.
Pour lubrifier les organes de pièces d'horlogerie, on utilise généralement un pique-huile, outil pourvu d'une tige que l'on plonge dans un récipient contenant le liquide de lubrification, de façon qu'une goutte de ce liquide s'accroche à l'extrémité du pique-huile, après quoi on va déposer la goutte ainsi récoltée sur l'emplacement à lubrifier.
Lorsque l'on veut lubrifier de cette façon les surfaces de contact entre les levées de l'ancre et les dents de la roue d'ancre, on dépose généralement une goutte d'huile sur chacune des levées de l'ancre sur la surface d'impulsion, puis l'on fait tourner la roue d'ancre, ce qui entraîne l'ancre dans un mouvement d'oscillation. L'huile se répartit alors sur les dents de la roue d'ancre. Ce procédé ne donne toutefois pas satisfaction car, ou bien la quantité d'huile que l'on dépose sur chaque levée n'est pas suffisante pour lubrifier correctement toutes les dents de la roue d'ancre, ou bien alors, si cette goutte d'huile est volumineuse, elle risque de s'étaler jusqu'au pivot de l'ancre, ce qui doit être évité car le pivot subit alors un encrassement considérable.
Si, d'autre part, on essaie de lubrifier directement avec un pique-huile, les dents de la roue d'ancre, on constate qu'il n'est pas possible de doser la masse d'huile que l'on prend dans le récipient à une valeur suffisamment petite pour qu'elle assure une lubrification sans excès de la dent. En outre, l'opération est fastidieuse et délicate.
On a déjà tenté de réaliser des appareils permettant de rationaliser la lubrification de certains mécanismes. Certains de ces appareils comportaient, par exemple, un réservoir allongé se prolongeant par un canal capillaire et étaient pourvus de moyens permettant de faire sortir le lubrifiant goutte à goutte par le canal capillaire dont l'extrémité jouait le rôle de pique-huile. Cependant, ils ne permettaient pas de doser avec une précision suffisante la quantité d'huile transférée à chaque opération.
Le but de l'invention est de réaliser un procédé et un dispositif de mise en #uvre de ce procédé qui soient suffisamment précis pour pouvoir être appliqués à la lubrification des dents de la roue d'ancre d'une montre.
L'invention a pour objet un procédé pour lubrifier des organes d'un mécanisme d'horlogerie selon lequel on charge un organe de transfert placé dans une première position d'une goutte de lubrifiant, puis on amène ledit organe dans une seconde position dans laquelle i1 se trouve à proximité ou au contact de l'organe à lubrifier, caractérisé en ce que, pour charger ledit organe de transfert, on le place à proximité ou au contact d'une extrémité d'un canal capillaire dont l'autre extrémité débouche dans un réservoir de lubrifiant.
Le dispositif est caractérisé par un réservoir de lubrifiant muni d'un canal capillaire débouchant dans ce réservoir, par un support pour un mouvement ou une partie de mouvement d'horlogerie, capable de maintenir ce mouvement ou cette partie de mouvement dans une position déterminée, par un organe de transfert et par des moyens pour déplacer l'organe de transfert le long d'un chemin déterminé entre une première position où cet organe se trouve à proximité ou au contact de l'extrémité du canal capillaire et une seconde position où il se trouve à proximité ou au contact d'un organe destiné à être lubrifié.
L'invention a également pour objet une application du procédé, caractérisée en ce qu'on fait tourner la roue d'ancre autour de son axe pendant que l'organe de transfert se trouve dans la seconde position.
Le dessin annexé illustre, à titre d'exemple, un mode de mise en #uvre du procédé selon l'invention. Il repré-
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sente une forme d'exécution du dispositif pour la mise en aeuvre du procédé.
La fig. 1 est une vue en élévation latérale du dispositif ; la fig. 2, une vue en plan de dessus ; la fig. 3, une vue en coupe d'un détail de l'appareil visible à la fig. 1 ; la fig. 4, une vue schématique agrandie montrant le transfert de l'huile et l'organe de transfert sur une dent d'une roue d'ancre, et la fig. 5, une vue de détail également fortement agran: die montrant la récolte d'une goutte d'huile à l'extrémité du canal capillaire.
Le dispositif représenté à la fig. 1 comprend une embase 1 sur laquelle sont fixés des organes de pivotement 2 qui assurent le guidage et permettent le pivotement d'un bras horizontal 3 dont l'extrémité est libre. Le bras 3 porte un support de pique-huile 10. I1 peut osciller entre une première position extrême où l'aiguille 22 du pique-huile se trouve au-dessus d'un porte-pièce 34 et une seconde position extrême où l'aiguille 22 est en contact avec l'extrémité d'un canal capillaire 29 qui prolonge un réservoir tubulaire 30 de lubrifiant fixé à l'embase 1. Le bras 3 est muni, à son extrémité rattachée au support de pivotement 2, d'une bague 4 qui est ajustée sur un tourillon fixe 5, ladite bague 4 étant retenue en place par une plaque circulaire 6 assujettie au tourillon 5 par une vis 7.
La plaque 6 présente un prolongement latéral 8 qui est fixe et dans le bord duquel est pratiquée une encoche 9 dont le rôle sera expliqué plus loin. Le support de pique-huile désigné de façon générale par 10 et représenté plus en détail à la fig. 3, est fixé au voisinage de l'extrémité libre du bras 3. Ce support comprend un manchon 11, fixé dans une ouverture du bras 3, par exemple par soudage, manchon qui est fileté à sa partie supérieure et présente entre sa partie filetée et la surface supérieure du bras 3 deux fentes longitudinales 12 diamétralement opposées. A l'intérieur du manchon 11 coulisse un organe de guidage 13 de forme générale cylindrique qui présente également des fentes 14 et 15 situées approximativement à la même hauteur que les fentes 12 du manchon 11.
L'extrémité inférieure du tube de guidage 13 est filetée. Elle fait saillie au- dessous du bras 3 et porte un écrou 16 alors qu'un ressort 17 intercalé entre l'extrémité supérieure du manchon 11 et un épaulement 18 du tube 13 maintient ce dernier dans une position aussi élevée que possible en appuyant l'écrou 16 contre la face inférieure du bras 3. Le pique-huile proprement dit 19 coulisse à l'intérieur du tube 13. Il porte deux goupilles 20 diamétralement opposées qui servent, d'une part, à fixer l'aiguille 22 dans un logement axial 21 du corps du pique-huile 19 et, d'autre part, à limiter les déplacements du pique-huile dans le sens axial. En effet, ces goupilles traversent les fentes 12, 14, 15 et peuvent buter contre leurs extrémités supérieures et inférieures.
Normalement, le pique-huile 19 est maintenu dans une position élevée par un ressort 23 qui agit entre l'extrémité supérieure du tube 13 et le fond d'une gorge annulaire 24 pratiquée dans la tête 25 du pique-huile 19. Le réglage des mouvements du pique- huile est encore complété par un écrou tubulaire 26 vissé sur le taraudage de l'extrémité supérieure du manchon 11. Selon le degré de vissage de cet écrou, la position supérieure du pique-huile se trouvé plus ou moins élevée. Quant à la position inférieure du pique-huile, elle est déterminée par le fait que la tête 25 vient buter contre la face supérieure du tube 13 et la hauteur de ce tube est déterminée par le degré de vissage de l'écrou 16.
On voit à la fig. 3 que l'aiguille 22 présente à son extrémité inférieure une encoche 27 représentée à plus grande échelle aux fig. 4 et 5. Cette encoche est destinée à capter une goutte d'huile 28 de dimensions régulières lorsque l'aiguille 22 est amenée en contact avec l'extrémité libre du canal capillaire 29.
Comme on le voit aux fig. 1 et 2, le canal capillaire 29 est solidaire du réservoir 30 fixé par l'intermédiaire d'un socle à l'embase 1. La position, la hauteur et l'orientation du canal 29 peuvent être réglées à volonté par des moyens qui ne sont pas représentés en détail au dessin. On remarque simplement à la fig. 5 que l'extrémité libre du canal 29 est coupée par un biseau 32 et se prolonge par une languette 33 dépassant la sortie du canal.
Le dispositif représenté au dessin comprend encore un porte-pièce représenté schématiquement en 34 et agencé de façon à permettre la fixation d'un mouvement ou d'une partie de mouvement destiné à être lubrifié. La pièce à lubrifier peut être fixée, par exemple au moyen d'un bras pivotant 35 soumis à l'action d'un ressort 36, quoique d'autres modes de fixation puissent également être envisagés.
Pour permettre d'effectuer la mise en place de l'huile d'une façon précise, le support du bras 3 est pourvu de moyens de réglage et de moyens de commande dont les détails ne sont pas représentés au dessin, mais qui sont agencés de façon à donner au bras 3 la possibilité de se déplacer angulairement entre deux positions extrêmes nettement délimitées. On peut utiliser pour cela des butées combinées avec des éléments élastiques qui tendent en fin de course à amener le bras 3 spontanément dans sa position extrême. D'autre part, ces moyens de commande et de réglage sont agencés de façon que chacune des positions extrêmes du bras 3 puisse être ajustée à volonté indépendamment, dans certaines limites.
Ainsi, l'encoche 9 coopérant avec la goupille 20 peut servir, comme on le voit à la fig. 2, à repérer la position du bras 3 lorsque ce dernier occupe sa position extrême écartée du canal capillaire 29. Cette position sera ajustée, par exemple, de façon que, en pressant sur la tête 25, on amène l'extrémité inférieure de la tige 22 dans une position tangente au cercle extérieur qui délimite la roue d'ancre 37 (fig. 4) du mouvement.
Dans ce but, le porte- pièce 34 sera naturellement muni des moyens d'orientation nécessaires et de moyens d'ajustage correspondant à un calibre donné de façon que lorsqu'un mouvement de ce calibre est en place sur le porte-pièce 34, chaque dent de la roue d'ancre soit accessible de haut en bas pour au moins une position de cette roue autour de son axe.
L'autre position extrême du bras 3 est ajustée de la façon représentée à la fig. 5. L'aiguille 22 touche, dans cette position, l'extrémité du canal 29 de façon à prendre par capillarité une goutte d'huile à l'extrémité de ce canal. Or, les lois de la capillarité permettent d'obtenir un dosage, non seulement très régulier, mais également ajustable à volonté jusqu'à des quantités très petites de la quantité d'huile qui passe du canal 29 dans l'encoche 27 lorsque les pièces sont dans la position de la fig. 5. Ce dosage dépend entre autres du diamètre interne du canal 29.
La goutte d'huile prise par l'aiguille 22 passe progressivement dans le logement 27 une fois que l'aiguille a été amenée dans la position extrême opposée. Elle se transmet aux dents de la roue d'ancre 37 lorsque l'on
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fait tourner cette dernière autour de son axe. Le mouvement mis en place sur le porte-pièce 34 étant dépourvu du balancier et du ressort spiral, il est clair que si l'on fait tourner la tige de remontoir au moyen de la couronne, on actionne le rouage et, par conséquent, on fait tourner la roue d'ancre. On obtient ainsi une lubrification régulière et très précise des dents de la roue d'ancre.
La réalisation pratique du dispositif décrit pourrait, dans d'autres formes d'exécution, être modifiée de différentes façons. Le dispositif peut en effet comprendre n'importe quel moyen qui permette d'amener l'aiguille 22 du pique-huile alternativement en contact avec l'extrémité libre du canal 29 et en contact avec les dents de la roue d'ancre 37 et de guider mécaniquement son déplacement lorsqu'elle s'écarte du canal 29.
L'application du procédé décrit à la lubrification des dents d'une roue d'ancre permet de porter sur ces dents une quantité d'huile suffisante sans courir le risque d'encrassement des pivots de l'ancre.
Pour lubrifier simultanément plusieurs emplacements d'un mécanisme, on pourrait prévoir sur le bras oscillant des supports pour plusieurs organes de transfert et des moyens pour régler la position relative de ces différent organes. Les moyens de commande des organes de transfert pourraient naturellement être agencés de façon que l'on obtienne un déplacement d'ensemble de ces organes aussi bien lorsqu'on les amène dans la première position où ils se chargent de lubrifiant que lorsqu'on les amène dans la seconde position où ils transmettent le lubrifiant aux organes à lubrifier.