Appareil textile d'étirage La présente invention a pour objet un appareil textile d'étirage.
La présente invention concerne d'une manière générale l'étirage des fibres textiles quelconques, mais elle est particulièrement intéressante pour l'étirage des fibres teintes en laine peignée. L'étirage des fibres teintes en laine peignée est difficile, par suite des traitements chimiques répétés que ces fibres ont subi avant la filature. Dans les anciens appareils d'étirage de textiles, les cylindres supérieurs sont fréquem ment recouverts, au bout d'un certain temps, par des résidus des matières colorantes, et il en résulte que les fibres s'enroulent autour de ces cylindres en for mant des nappes sur ceux-ci.
Ce phénomène de for mation de nappes de fibres a été partiellement cor rigé jusqu'à présent par l'emploi d'un débourreur en contact avec le cylindre supérieur. Les débourreurs de ce genre sont équipés normalement de tampons en feutre, de peaux de moutons, etc. ; ils peuvent être du type tournant ou du type fixe et horizontal. Ces débourreurs fonctionnent correctement pendant un certain temps, mais ils ont tendance ensuite à laisser les fibres s'accumuler derrière eux et peuvent être alors entraînés dans les cylindres, s'ils n'ont pas été nettoyés par l'opérateur, en risquant de produire la rupture d'un ou plusieurs fils.
Le but de l'invention est de remédier à ces inconvénients, et l'appareil qui fait son objet est caractérisé en ce qu'il comprend une paire de cylin dres d'étirage, les cylindres de ladite paire coopérant mutuellement à leur périphérie de façon à former une zone de serrage, un dispositif amenant les fibres à étirer entre ces deux cylindres, et un conduit de succion destiné à être connecté à une source de vide, ledit conduit ayant un orifice de succion très voisin de l'un des deux cylindres pour le nettoyer.
Le dessin annexé représente, à titre d'exemple, une forme d'exécution de l'objet de l'invention. La fig. 1 représente cette forme d'exécution schématiquement en perspective.
La fig. 2 est une coupe suivant la ligne 2-2 de la fig. 1.
La fig. 3 est une vue en perspective d'un détail. L'appareil est désigné dans son ensemble par le chiffre de référence 10. Une masse linéaire de fibres, sous la forme d'une mèche 12, est dirigée à partir d'une source d'alimen tation (non représentée) vers l'appareil d'étirage 10.
L'appareil d'étirage 10 comprend trois séries de cylindres d'étirage, c'est-à-dire des cylindres arrière 14, 16, des cylindres médians 18 et 20 et des cylin dres avant 22, 24. Comme dans la pratique cou rante, l'un au moins des cylindres de chacune de ces séries est entraîné ;
comme d'habitude, chaque groupe de cylindres est entraîné à une vitesse plus grande que celle des cylindres précédents, de façon à don ner le degré désiré d'étirage aux fibres dans les zones comprises entre les différentes paires de cylindres. Comme il est bien connu dans la présente technique, des tabliers d'étirage 26, 28 sont utilisés respective ment avec les cylindres médians 18, 20, pour com mander l'écoulement des fibres vers les cylindres avant 22, 24.
La masse des fibres est tordue sous l'action d'un dispositif de recueil et de torsion, quand cette masse quitte la zone de serrage N comprise entre les deux cylindres avant 22 et 24 ; dans le mode de réalisation représenté, ce dispositif de tor sion et de recueil se présente sous la forme d'un tordoir ordinaire 30 à anneau et curseur, dans lequel la masse étirée et tordue des fibres est recueillie sous la forme d'un fil Y sur la bobine B.
La mèche 12 est constituée par des fibres teintes de laine peignée, qui sont tendres en raison des trai tements chimiques répétés et des nombreuses opéra tions d'étirage qu'elles ont subi avant la filature. Ces fibres ont donc tendance à déposer des résidus des matières colorantes sur le cylindre avant supérieur d'étirage 22. Ces résidus sont extrêmement difficiles à enlever et exigent normalement un nettoyage pério dique exécuté par l'opérateur.
Pour remédier à cette situation, en vue d'éviter la rupture de fils et la for mation de nappes de fibres autour du cylindre par suite de l'accumulation de fibres courtes et de matiè res étrangères dans la laine peignée, on utilise un débourreur à vide 32 pour le cylindre supérieur avant, en combinaison avec un collecteur ordinaire de succion 34. On pourrait aussi utiliser un collec teur rectangulaire et un débourreur de cylindre infé rieur d'un type désiré quelconque.
Le collecteur de succion 34, relié à une source de pression négative (non représentée), comporte plusieurs fentes 36 situées sous les différents cylin dres inférieurs avant 24 pour rassembler l'étoupe et le duvet près de ces cylindres. D'autre part, si les fibres se brisent entre d'une part les cylindres 22, 24 et d'autre part le dispositif 30 de recueil et de tor sion, les fibres de laine peignée, qui sont traitées ensuite, avant la réparation de la rupture des fibres, sont dirigées vers la zone de recueil (non représentée) à travers les fentes 36 du collecteur de succion 34.
On supprime ainsi dans la zone environnante la pro duction d'une quantité d'étoupe et de duvet, qui n'affecte pas seulement le fil produit par le groupe particulier de cylindres, mais qui peut aussi exercer -ûn éffët nuisible sur le fil produit dans les zones adjacentes par d'autres dispositifs d'étirage.
Si on considère maintenant en particulier le débourreur à vide 32 du cylindre supérieur avant, ce débourreur étant représenté en coupe transversale sur la fig. 2, on voit qu'il comprend en principe une semelle creuse de forme ovale 38, qui engage le cylindre supérieur avant 22, un manchon 40, qui communique avec une ouverture 42 d'un collecteur de succion 44 de grande longueur, et des organes tubulaires 46, 48, qui établissent une communication entre les collecteurs de succion 34 et 44.
La semelle 38 et le manchon 40 sont de préférence moulés dans une matière plastique, telle que le Delrin mais on peut aussi utiliser, pour les constituer, une autre matière appropriée quelconque à faible frottement, résistant à l'usure.
Pour simplifier la représentation, on a relié entre eux les collecteurs 34 et 44, sur le dessin, de façon à pouvoir utiliser une source de vide unique. Cepen dant, on peut évidemment fixer séparément chacun de ces collecteurs sur une source de vide. D'autre part, ces deux collecteurs de succion 34 et 44 sont représentés comme s'étendant en travers de plusieurs positions d'étirage. On peut également utiliser, si on le désire, des conduits individuels de succion pour chacune de ces positions. Ces conduits individuels peuvent être reliés entre eux ou être reliés séparément à une source de vide.
Si on se réfère à la fig. 3, on voit que la semelle creuse et ovale 38 comporte une collerette rectan gulaire 50, possédant une surface courbe 52, dont le rayon de courbure se conforme sensiblement à celui du cylindre avant supérieur 22. Une échancrure 54 est découpée dans l'un des grands côtés de la surface 52 pour une raison que l'on expliquera plus loin. La dimension extérieure de la semelle est choi sie de manière que celle-ci s'ajuste exactement dans le manchon 40, afin d'empêcher les fuites d'air, mais la semelle peut cependant coulisser facilement vers le haut et vers le bas pour se conformer aux varia tions du mouvement du cylindre avant supérieur 22.
Pendant l'utilisation, les cylindres d'étirage 14, 16, 18, 20, 22 et 24 tournent respectivement dans les sens indiqués par les flèches. Si un fil se casse, une fibre quelconque, ayant tendance à s'enrouler et à former une nappe autour du cylindre supérieur 22, est aspirée dans l'échancrure 54 et dirigée vers la zone de recueil, en passant à travers la semelle 38, le manchon 40, le collecteur de succion 44, les con duits tubulaires 46, 48, et le collecteur de succion 34, de telle sorte qu'on évite l'enroulement des fibres autour du cylindre supérieur avant.
Pendant le fonctionnement normal, une accumu lation quelconque de fibres courtes ou de matières étrangères, avançant à travers le système d'étirage avec les fibres à traiter et s'accrochant au cylindre supérieur avant, est balayée ou enlevée par grattage en dehors de la périphérie du cylindre 22 par le long bord 56 de l'intérieur de la semelle 38, et elle est dirigée vers la zone de recueil (non représentée).
La proximité de l'échancrure 54, par rapport aux fibres à étirer, tend à rassembler les fibres libres quelconques, l'étoupe et le duvet, qui sont ainsi sépa rés des fibres normales, au moment où celles-ci pénètrent dans l'intervalle de serrage N entre les cylindres d'étirage 22 et 24.
Dans la forme d'exécution que l'on vient de décrire, le débourreur à vide est placé sur le cylindre supérieur avant 22, mais on pourrait également l'utiliser sur le cylindre avant inférieur cannelé 24. Si on utilise un tel débourreur inférieur, il peut être seul ou combiné avec un débourreur de cylindre supérieur du type décrit précédemment.
Le débourreur à vide de cylindre supérieur, que l'on vient de décrire, présente de nombreux avan tages évidents. Ce débourreur 32 est d'une concep tion simple, d'une fabrication peu coûteuse, et il est facile de l'installer sur les métiers existants, soit comme un équipement prévu à la fabrication, soit comme un équipement additionnel.
Ce débourreur 32, non seulement empêche la formation d'une nappe de fibres autour du cylindre supérieur quand un fil se casse, mais supprime aussi ou diminue les ruptures de fil, en débarrassant le cylindre supérieur des fibres ou déchets, qui ont tendance à provoquer un nombre excessif de ruptures du fil. D'autre part, ce débourreur est sensiblement automatique ; il diminue ainsi considérablement le temps et l'attention consa crés par un opérateur au nettoyage et au rattachage des fils cassés sur les anciens dispositifs d'étirage.