Lit oscillant automatique
Le premier lit oscillant connu fut mis en service en 1936 à la Clinique Mayo pour le traitement des artériopathies des extrémités inférieures. I1 a été accepté par les organisations techniques de l'Association médi cale des USA sous le nom de Sanders Vasocillator y ou lit oscillant. Un lit semblable fut construit en son temps à l'Hôpital Sandoz à Lausanne pour des traitements expérimentaux des affections citées ci-dessus. Ce lit consistait en un simple lit d'hôpital, mobile, monté sur un axe transversal et muni d'un moteur électrique qui le faisait osciller sur cet axe dans des positions alternatives d'élévations et d'abaissements. Les mouvements se faisaient régulièrement selon un rythme fixe.
Grâce à un dispositif, il était possible de modifier les amplitudes de l'oscillation. Si l'on augmentait par exemple l'amplitude au-dessus d'une ligne horizontale, l'amplitude en dessous de l'horizontale était également augmentée, d'une façon obligatoire.
L'expérience faite à l'Hôpital Sandoz avec ce lit a démontré sa limite thérapeutique, à savoir qu'il est insuffisant en fonction de la gravité des affections à traiter. Ceci n'est pas autrement étonnant, car le déplacement de la masse sanguine, qui résulte du mouvement oscillatoire, du tronc vers les jambes et vice versa ne peut pas pallier l'insuffisance artérielle de la périphérie (jambes).
Les expériences thérapeutiques faites ont démontré que les effets de réaction par réflexes doivent s'ajouter aux effets locaux pour obtenir des résultats thérapeutiques valables. I1 en résulte une nouvelle conception pour la réalisation technique d'un tel lit oscillant. Non seulement que cette conception nouvelle augmente son efficacité, mais aussi son champ d'application.
Au cours des dernières années, on a pu établir des critères précis à respecter pour le traitement des troubles circulatoires du système cardio-vasculaire qui m'ont finalement guidé dans la conception du lit oscillant automatique faisant l'objet de l'invention.
a) Une insuffisance artérielle périphérique doit tre traitée surtout par une augmentation du débit circulant, mais il est indispensable d'éliminer conjointement les déchets métaboliques accumulés dans les tissus à la faveur d'un ralentissement de l'afflux artériel.
b) Une insuffisance veineuse doit tre traitée surtout par l'élimination des déchets métaboliques et des foyers de stase des extrémités, mais il est indispensable d'augmenter conjointement l'afflux de produits nutritifs, diminués par le ralentissement de l'afflux artériel vers la périphérie, dû à la résistance hydrostatique de la stase veineuse,
inhérent à l'insuffisance veineuse.
c) Les traumatismes (fractures, etc.) entraînent la plupart du temps des stases veineuses et lymphatiques, responsables du retard de consolidation, de plaies torpides. La conséquence est une diminution de l'apport nutritif telle que nous la trouvons dans l'insuffisance veineuse.
d) Tout ralentissement circulatoire se répercute sur l'entier système cardio-vasculaire et ainsi sur l'organisme. Une impotence fonctionnelle prolongée entraîne l'atrophie musculaire des membres, mais aussi, du myocarde, qui, du fait du repos forcé n'est plus sollicité suffisamment.
En tenant compte de ce qui précède, le lit oscillant doit tre conçu de sorte qu'il puisse répondre aux besoins que le traitement des états pathologiques précités exige.
Le lit oscillant automatique objet de l'invention, qui est mobile sur un axe transversal et entraîné par un moteur électrique, avec une forte réduction de vitesse, actionnant un bras de levier relié de façon excentrique, d'une part, à l'axe du moteur et, d'autre part, au sommier fixe du lit est caractérisé par le fait qu'il comprend trois parties principales articulées de longueur différente pour s'adapter aux formes anatomiques du corps humain, la partie destinée au tronc étant la plus longue et étant encore une fois articulée pour modifier la position de la tte, les deux autres parties, destinées aux jambes, étant munies de supports qui permettent de les soulever en ligne droite jusqu'à 600 au-dessus de l'horizontale ou de les plier de manière que les cuisses du patient forment un angle fermé avec l'horizontale,
les cuisses étant en position surélevée et, dans ce cas, les jambes se trouvant en ligne horizontale, des moyens pour déterminer la position horizontale et les positions du lit au-dessus et en dessous de l'horizontale, ces positions étant réglables de degré en degré de O à 30) au moins, et les positions dites horizontale , suréle levée et abaissée pouvant tre maintenues cons- tantes de 0 seconde jusqu'à au moins 60 minutes, ces temporisations étant variables et réglables avant la mise en marche du moteur électrique selon un programme adapté aux conditions physio-pathologiques du patient.
Le dessin annexé représente, à titre d'exemple, une forme d'exécution du lit oscillant automatique objet de l'invention.
La fig. 1 est une vue schématique du programmateur.
La fig. 2 est une vue de l'ensemble du lit automatique.
Les fig. 3, 4 et 5 montrent le lit dans ses différentes positions principales.
Le lit oscillant représenté aux fig. 1 et 2 comprend un axe 1, fixé au sommier fixe 2 du lit, muni d'un pivot 3 qui porte, à son extrémité inférieure, un aimant permanent 4. Lorsque le lit est en position horizontale, l'aimant 4 se trouve au-dessus d'un contact 5 qu'il ferme si l'aimant 4 vient de la position abaissée , et qu'il ouvre, s'il vient de la position surélevée .
Le contact 5 est relié à une minuterie 5A. Des contacts 6 et 7 coulissent de façon mobile dans un segment 8 d'au moins 600. Ils sont reliés respectivement à des minuteries 6A et 7A.
En fermant un contact 10, un moteur électrique à réduction 9 se met en marche en entraînant un bras de levier 1 1 pour amener le pied du lit en position sur élevée) > (fig. 3). Dès que l'aimant 4 touche le contact 7, celui-ci se ferme et met en marche la minuterie 7A qui arrte le moteur 9. Le lit reste dans cette position pendant la durée, réglée auparavant sur la minuterie 7A. Après l'écoulement de ce temps, la minuterie 7A réenclenche le moteur 9, mais dans le sens contraire, de sorte que le bras de levier 1 1 tire le lit en dessous de l'horizontale jusqu'à ce que l'aimant 4 touche le contact 6 qui, de ce fait. se ferme en enclenchant la minuterie 6A (fig. 5). Celle-ci arrte le moteur 9 et le lit reste dans cette position jusqu'à l'écoulement du temps, réglé d'avance, sur la minuterie 6A.
Dès que ce temps est terminé, la minuterie 6A enclenche le moteur 9 dans le sens contraire au précédent et le bras de levier 1 1 tire le lit vers l'horizontale. L'aimant 4 bute au passage contre le contact 5 qu'il ferme. Si la minuterie 5A est restée à zéro, elle ne fait qu'arrter et réenclencher immédiatement le moteur 9 et le lit continue à se surélever. Par contre, si la minuterie a été temporisée, le lit reste alors pendant ce temps, réglé d'avance, dans la position horizontale (fig. 4) jusqu'à l'écoulement de ce temps et seulement après, la minuterie 5A réenclenche le moteur 9 pour mettre le lit en position surélevée (fig. 3).
Le cycle décrit ci-devant se répète sans discontinuer jusqu'à ce que l'on déclenche le contact 10, soit par une minuterie, soit à la main, pour arrter le moteur 9. Par des boutons-poussoirs 12 et 13 il est alors possible d'enclencher temporairement le moteur 9 et de mettre le lit soit dans la position horizontale, soit dans toute autre position au-dessus ou au-dessous de l'horizontale pour le laisser dans cette position aussi longtemps que désiré.
Les actions décrites ci-devant donnent de multiples possibilités thérapeutiques. Le lit monté sur le sommier 2 présente, comme visible à la fig. 2, quatre parties articulées 14, 15, 16, 17 permettant de placer le malade, lorsque le sommier fixe 2 est en position horizontale, pour que, lors de la surélévation maximum, les jambes se trouvent à la verticale, ce qui procure, d'une part, un effet d'élimination optimum de déchets métaboliques et d'éventuels foyers de stase et, d'autre part, une charge cardiaque variable suivant la position du dossier.
Cette mme position peut tre utilisée avec une temporisation adéquate pour produire une ischémie au niveau des jambes en vue d'obtenir ensuite, les jambes en position déclive, une hyperémie réactive. Les parties articulées 14 à 17 permettent également de mettre le malade dans une position telle qu'il se trouve assis avec le lit en position abaissée . Cette possibilité est importante pour rééduquer le système cardio-vasculaire après un infarctus du myocarde ou en cas de troubles circulatoires post-opératoires. Les parties 14, 16 et 17 sont munies de supports 14a, 16a et 17a qui permettent de les soulever en ligne droite jusqu'à 600 au-dessus de l'horizontale ou de les plier, comme visible aux fig. 3 à 5.
La possibilité de régler les amplitudes au-dessus et au-dessous de l'horizontale et de temporiser les différentes positions, permettent d'agir sciemment sur le système cardio-vasculaire pour le forcer à réagir par réflexe. La table synoptique donnée ci-après indique, à titre d'exemple, quelques possibilités de traitement en tenant compte des états pathologiques des différentes indications. Il est évident qu'il appartient au médecin d'adapter le réglage des amplitudes, de temporisation et de la durée du traitement aux exigences individuelles en tenant compte du diagnostic, de la réaction du malade et du but recherché.
Artériopathies: Avant le traitement amener la prothrombine à 2S300/o.
Phlébite aiguë : Si possible, mettre le sujet aux anticoagulants; en cas de contre-indication pour ceux-ci, ne pas traiter avec le lit oscillant pendant la phase aiguë.
Le réglage du sommier et du lit articulé détermine l'effet périphérique et la charge cardiaque. L'effet le plus fort d'élimination et de charge cardiaque s'obtient, si le tronc du malade se trouve sur le sommier en décubitus horizontal et les jambes en surélévation maximale
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pour la position de départ. Tous autres réglages intermédiaires diminuent cet effet; mais ceci donne la possibilité d'adaptation du traitement aux conditions individuelles. La position de départ suivante
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donne le plus grand effet d'irrigation périphérique à faible charge cardiaque.
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