Pièce d'horlogerie électrique
Il a déjà été proposé d'utiliser une source de courant électrique constituée par une couche de matière radio-active pholsphorescente et par des photo-éléments adjoints à cette couche pour l'entretien du mouvement d'une montre-bracelet. La durée de vie d'une telle source d'énergie pouvant être très longue, elle présente dès lors un grand intérêt.
On a également proposé d'éclairer le cadran au moyen d'une source lumineuse constituée par une enveloppe hermétique transparente contenant un gaz radioactif excitant une couche phosphorescente disposée sur la surface intérieure de l'enveloppe transparente.
On connaît également des batteries sèches fonctionnant au moyen d'un gaz radio-actif, le crypton 85, ainsi que des piles atomiques de très petite dimension comportant un couple strontium 90 phosphore dont l'émission lumineuse est reçue par une cellule photo-électri- que. Or, bien que ces sources d'énergie soient connues depuis plusieurs années et qu'elles aient été largement diffusées dans les milieux spécialisés, on n'a jamais eu l'idée de les utiliser simultanément comme source d'énergie motrice et comme source de lumière pour éclairage d'une montre.
La présente invention propose précisément des moyens devant permettre une telle ut,ilisation combinée.
Elle a pour objet une pièce d'horlogerie électrique comprenant une source d'énergie électrique constituée par une matière radio-active excitant une matière phosphorescente dont le rayonnement agit sur un élément photoélectrique, caractérisée par le fait que la source d'énergie électrique se présente sous la forme d'au moins une enceinte hermétiquement close en matière transparente contenant un gaz radio-actif excitant une couche de matière phosphorescente revêtant la paroi de l'enceinte dont le rayonnement agit sur l'élément photo-électrique disposé en couche sur la surface extérieure de l'enceinte, la couche pho,to-électWrique présentant au moins une discontinuité laissant passer la lumière émise par la couche phosphorescente,
de telle sorte que la source d'énergie constituée par le gaz radio-actif est utilisée à la fois comme source d'énergie motrice et comme source d'énergie pour l'éclairage de la montre.
Le dessin annexé représente, à titre d'exemple, une forme d'exécution de l'objet de l'invention.
La fig, 1 en est une vue schématique en plan, et
la fig. 2, une coupe partielle selon A-A.
A la fig. 1, on a représenté une montre-bracelet dont on a enlevé le verre et le cadran. On reconnaît la carrure 1, le mouvement 2 et la tige de remontoir 3. La source d'énergie électrique autonome est constituée par un anneau ouvert 5 disposé dans une gorge 4 pratiquée dans un support métallique, qui peut être constitué par la carrure elle-même.
Dans lia fig. 2, on peut voir que l'anneau 5 est constitué par un tube de section ovale plate, en matière transparente, verre ou Pyrex (marque déposée). Le tube hermétiquement clos enferme un gaz radio-actif tel que du tritium, du strontium ou du crypton. Le strontium sera utilisé de préférence, sa radio-activité étant très forte tout en ne présentant sous cette forme d'utilisation particulière pratiquement aucun danger pour l'usager.
La paroi intérieure du tube est revêtue d'une couche fluorescente 6 constituée par un sulfure de cadmium ou par un tellurure excité par le gaz radio-actif. Le rendement d'un tel tube luminescent est très élevé et la radioactivité extérieure, de faible intensité, inoffensive. La forme ovale plate a été choisie de préférence car elle présente un rapport volume/surface très favorable, tous les atomes de gaz participant d'une manière plus efficace à l'excitation de la couche fluorescente.
La surface extérieure du tube est revêtue d'une couche de germanium 8 photosensible transformant l'énergie lumineuse en énergie électrique. Ce ou ces éléments photo-électriques sont reliés. par un fil conducteur.
isolé par un manchon 12 du support métallique, un circuit électrique entretenant le mouvement de la montre selon un principe connu, par exemple par l'entretien de l'oscillation du système balancier-;spirale ou d'un résonateulr à flexion.
Afin de mettre le tube 5 à l'abri des chocs, celui-ci est en quelque sorte suspendu dans une matière plastique transparente 7, légèrement élastique. On utilise de préférence à cet effet un élastomère au silicone, en particulier le DC 184 (marque déposée), présentant l'avantage de polymériser à la température ambiante.
Une partie de l'énergie lumineuse peut naturellement être utilisée simultanément pour l'éclairage du cadran 10 ou des chiffres. A cet effet, la couche 8 présente en face du cadran 10 une discontinuité 9 laissant passer une quantité de lumière. Cependant, l'énergie du rayonnement lumineux ne sera pas recherchée en fonction de la lumière visible émise, mais on adaptera dans la mesure du possible la courbe de cette énergie lumineuse à la courbe de sensibilité de l'élément photo-électrique utilisé. Ceci peut être réalisé par un choix judicieux de sulfure ou du tellure, différentes substances pouvant être utilisées simultanément.
La durée de vie d'une telle source d'énergie sera fonction de la demi-période du gaz radio-actif utilisé et pourra être très longue.
La forme d'exécution ,représentée par le dessin n'est qu'un exemple de réalisation parmi beaucoup d'autres rentrant dans le cadre de l'invention. Au lieu d'un tube annulaire, il peut être avantageux d'utiliser plusieurs enveloppes individuelles portant chacune une couche photosensible. Ces enveloppes pourront avoir la forme d'une pastille creuse dont la fabrication sera aisée. Le support de la source d'énergie peut être en une matière rigide quelconque. Le tube ou les pastilles pourraient être, par exemple, noyées dans une matière plastique.
moulée ou usinée selon les besoins, puis collées dans le boîtier.