Procédé de teinture de fils textiles La teinture et les traitements connexes de divers fils et fibres naturels, artificiels et synthétiques, par exemple ceux destinés à la bonneterie, la mercerie et similaires, sont actuellement particulièrement délicats et onéreux, car, pour obtenir les qualités d'unisson et de gonflant requises, les fibres ne peuvent être traitées qu'en éche veau de 400 g environ, ce qui implique e.a. la néces sité de recourir à une main-d'oeuvre nombreuse et parti culièrement consciencieuse. En effet, les écheveaux étant traditionnellement livrés en botte par le filateur, ceux-ci doivent être d'abord dépaquetés, mis sur bâton et ou verts.
Ces bâtons chargés sont ensuite amenés sur un porte-matière, après quoi l'étalement des écheveaux doit être à nouveau contrôlé. Après séjour du porte-matière dans les cuves ou armoires de travail, les écheveaux doi vent être débâtonnés et réunis en poignées d'environ 1 kg chacune pour passer à l'essorage. Après cette der nière opération, lesdites poignées doivent être démêlées et les écheveaux sont remis individuellement sur bâton pour passer au séchage. Enfin, les écheveaux doivent être individuellement manipulés aux fins de démêlage et de vérification, avant d'être bottelés et emballés pour expédition.
Outre les multiples interventions manuelles qu'il re quiert, ce processus comporte encore le désavantage de limiter sérieusement la vitesse de circulation des bains à cause des risques de feutrage des fibres en écheveau. Enfin, la surface au sol occupée par une installation appliquant le susdit procédé classique est extrêmement importante, chaque cuve de traitement, par exemple, né cessitant une zone d'abattage occupant à elle seule trois ou quatre fois la surface de ladite cuve si l'on veut ob tenir la rentabilité maximum du matériel.
Il faut signaler que l'on connaît des processus moins onéreux et plus rapides de teinture de fils, par exemple sur cônes ou sur ensouples. Ces techniques ne sont pas applicables aux filets destinés à la bonneterie, la merce- rie et autres, car les fils embobinés sur cônes ou ensou- ples ne possèdent pratiquement aucune liberté permet tant aux fibres de gonfler.
On a déjà proposé par ailleurs de teindre des éche veaux en vrac, maintenus dans des enveloppes perméa bles et disposés dans des paniers, lesquels sont alors plon gés dans les cuves. Cette technique n'est toutefois appli cable que lorsque les exigences qualitatives sont relative ment modestes, telles que, par exemple, pour les fils de tapis. En effet, les écheveaux ainsi conditionnés et ame nés dans les cuves sont comprimés, ce qui diminue la liberté d'expansion des fibres et, de plus, peut occasion ner des cassures de fils.
On a également déjà proposé d'enrouler les fils en forme de manchons d'environ 3 kg, sous enveloppes per méables et élastiques. Une telle présentation est avanta geuse en ce qu'elle facilite les manutentions et le dévidage. Par contre, de tels manchons placés de façon tradition nelle dans les cuves de traitement se tassent et perdent leur homogénéité en manière telle que l'unisson et le gonflant souhaités ne peuvent être obtenus de manière systématique.
Il faut ici préciser que, dans la présente description, le terme manchon désigne un bobinage ou enroulage sous forme cylindrique avec un vide cylindri que axial et sans support tel que cône, bobine ou simi laire.
On a aussi proposé d'introduire des jets du liquide de teinture en directions opposées entre les couches d'un paquet de fil enroulé, de façon à maintenir celui-ci flot tant en mouvement dans le courant de liquide (voir, par exemple, le brevet belge No 415888). Pratiquement, ce procédé revient à une pratique peu modifiée du simple trempage et requiert également beaucoup de main- d'aeuvre.
On connaît aussi un procédé pour la teinture de fils textiles, naturels et synthétiques, sur écheveaux ou man chons (voir par exemple brevet britannique No 598860). Dans ce procédé, on utilise une cuve ouverte, ce qui ne convient pas pour obtenir l'unisson, notamment s'il s'agit de fils en fibres dites dures. Le mandrin ajouré sur lequel on monte les écheveaux ou manchons présente extérieurement des cannelures, de sorte que le contact des fils avec le mandrin se fait par des génératrices équi distantes.
Par conséquent, le liquide ne traverse pas d'une manière homogène toute la masse de la matière textile portée par le mandrin, les différences locales dues aux cannelures étant fort nuisibles à l'unisson. Enfin, les collets utilisés dans ce procédé connu n'étant pas per méables au liquide, les écheveaux ou manchons placés aux extrémités de l'alignement ne sont pas traversés par le liquide dans la même mesure que les autres. Pour ces raisons, ce procédé, tout en exigeant relativement peu de main-d'aeuvre, n'a pas eu beaucoup de succès.
L'invention conserve cet avantage (main-d'Qeuvre ré duite) et élimine les inconvénients ci-dessus mentionnés. Le procédé selon l'invention, dans lequel on aligne les écheveaux ou manchons sur un mandrin creux à paroi ajourée, maintient l'ensemble de cet alignement à ses extrémités par deux collets, et sur sa surface externe par une enveloppe ajourée, place le mandrin dans une cuve et fait circuler un bain de teinture à travers le mandrin creux, sa paroi ajourée et les fils à teindre, est caracté risé en ce qu'on aligne les écheveaux ou manchons sur un mandrin creux à profil extérieur lisse, maintient l'en semble des manchons par deux collets également ajou rés,
l'enroulement des spires dans le manchon et l'action de maintien des collets et de l'enveloppe externe étant tels qu'ils permettent le gonflement des fibres mais em pêchent un déplacement notable des spires l'une par raport à l'autre et le flottement des manchons, et en ce qu'on effectue la teinture à une pression supérieure à la pression atmosphérique dans une cuve entièrement fermée.
Le dessin représente une installation pour la mise en aeuvre d'une forme d'exécution du procédé selon l'in vention, qui sera décrite ci-après à titre d'exemple. Dans le dessin la fig. 1 représente une vue latérale en élévation d'une installation conditionnée pour la mise en oeuvre du pro cédé selon la présente invention; la fig. 2 est une vue d'about en élévation de l'installa tion représentée à la fig. 1 ;
la fig. 3 représente en élévation et à échelle agrandie le porte-matière équipant la cuve de l'installation selon les fig. 1 et 2 ; la fig. 4 est une vue d'about de la fig. 3 ; la fig. 5 est une coupe transversale d'une variante d'exécution de la cuve de travail, et les fig. 6 et 7 sont des schémas d'installation équipée d'une pluralité de cuves de travail.
L'installation représentée aux fig. 1 à 4 est substan tiellement constituée par un bâti 1, supportant e.a. une cuve de travail horizontale 2. La hauteur de ce bâti 1, respectivement la distance séparant la porte de charge ment 3 du sol, est établie en fonction de la hauteur des chariots de manutention usuels de manière telle que le contenu de ladite cuve puisse être déversé directement dans lesdits chariots. Dans la cuve 2 est disposé un porte- matière axial 4 monté en l'une de ses extrémités sur le fond de ladite cuve 2, ce porte-matière étant creux et connecté à une conduite 5 du circuit de circulation des bains.
L'autre extrémité de ce circuit de circulation est constituée par une conduite 6 débouchant vers le fond de ladite cuve, par exemple dans une couronne de dis- persion (non représentée). Le circuit dont font partie lesdites branches 5 et 6 comporte en outre une pompe 7 entraînée par un moteur 8, un échangeur calorifique 9, et une capacité 10 servant de chambre de compression munie d'un barboteur de chauffage et d'un serpentin. Un jeu de robinets 15 permet d'isoler la capacité 10 en cours d'opération et de l'ouvrir après refroidissement, l'écou lement 12 de cette capacité est branché sur l'aspiration de la pompe 7 de circulation.
La cuve de travail 2 est en outre pourvue d'une sou pape de sécurité 13 ainsi que d'une tuyauterie 14 avec robinet à débit réglable 11 permettant de créer une fuite continue assurant l'élimination de l'air en cours de trai tement.
Le porte-matière creux 4 est pourvu d'une pluralité de perforations 16 dont les diamètres vont en aufnen- tant du fond de la cuve vers l'extrémité libre dudit porte- matière, ceci afin d'uniformiser le débit de solution le long dudit porte-matière lorsque le bain est envoyé via la conduite 5. Autour dudit porte-matière 4 peut coulis ser un séparateur extracteur 17 comportant un disque 18 perforé. Sur ce disque sont fixées les extrémités de deux tringles de manaeuvre 19 dont l'autre extrémité se ter mine par une poignée 20.
Ces tringles 19 sont destinées à coopérer avec deux encoches 21 d'un second disque séparateur 22, également perforé et coulissant le long du porte-matière 4 et dont la position sur ce dernier peut être réglée au moyen d'une goupille 23.
Pour faciliter le chargement des manchons, schémati sés en 24, un cône amovible 25 peut être emboîté sur l'extrémité libre dudit porte-matière 4.
Le fonctionnement de cette installation est substan tiellement le suivant<B>:</B> les manchons, livrés par le filateur, sont d'abord dépaquetés puis enfilés l'un après l'autre sur le porte-matière 4 préalablement démuni du disque 22. Ce dernier est replacé en fin de chargement. maintenu par la goupille 23, les tringles 19 étant ensuite engagées dans lesdites découpes 21. La porte 3 de la cuve est en suite refermée et le traitement des fibres peut commen cer. Cette porte 3 étant équipée d'un dispositif d'étan chéité (non représenté), l'installation permet les traite ments sous pression et haute température.
Le bain de traitement peut circuler dans les deux sens intérieurs- extérieurs matière ou extérieurs-intérieurs matière, le bain étant introduit dans la cuve 2 soit via la conduite 5 par l'intérieur du support matière 4, soit par la conduite 6.
Comme les manchons 24 sont intérieurement suppor tés par le porte-matière 4 et extérieurement par le réseau de mailles élastiques de façon connue en soi, l'homo généité de départ desdits manchons est respectée, c'est- à-dire qu'il ne se produit pratiquement aucun déplace ment des spires de l'enroulement constituant chacun des- dits manchons, la vitesse de circulation des bains de trai tement peut être très élevée sans aucun risque de feu trage, ce qui permet d'utiliser des colorants difficiles.
Une vanne 26 montée en by-pass sur l'aspiration et le refoulement du groupe de circulation permet de faire varier le débit de bain circulant en travers de la matière.
Une fois le traitement terminé et la cuve 2 vidée, la porte 3 de cette dernière est ouverte, les tringles 19 sont dégagées des encoches 21 et le disque 22 est enlevé. Un chariot (non représenté) ayant été amené sous l'orifice de la cuve dégagée par la porte 3, l'opérateur peut saisir les deux poignées 20 et, par une traction sur ces derniè res, déplacer le disque 18 vers l'issue de la cuve, ce qui entraîne la chute successive de chacun des manchons 24 dans ledit chariot. Ces manchons peuvent ensuite être envoyés tels quels à l'essorage et au séchage, pour arri ver enfin à l'expédition ou le contrôle, qui nécessitait préalablement une opération de roulage longue et fasti dieuse, se résume à une simple inspection superficielle de chaque manchon.
Il est évident que la cuve 2 pourrait présenter un diamètre interne suffisant que pour contenir une plura lité de porte-matière 4, par exemple sept porte-matière disposés comme indiqué à la fig. 5.
Par ailleurs, l'installation susdécrite pourrait être équipée d'une pluralité de cuves, par exemple deux dans le cas de la fig. 6 et quatre dans celui de la fig. 7. Dans ces deux exemples, les cuves de traitement peuvent soit travailler ensemble, soit séparément. Ainsi, dans le cas de la fig. 6, des vannes d'isolement indiquées en 27 per mettent d'isoler l'une des cuves du circuit de circulation des bains, tandis que, dans l'exemple de la fig. 7, les vannes 28 et 29 permettent d'isoler une ou deux des qua tre cuves de l'installation.