Procédé de délignification superficielle de fibres lignocellulosiques textiles
La présente invention se rapporte à la délignification superficielle de fibres lignocellulosiques textiles, notamment du jute, qui confère à cette matière une amélioration suffisante de sa solidité à la lumière et procure également une surface plus nette, perdant beaucoup moins de fibres afin de développer son emploi, particulièrement après blanchiment, par un procédé classique, pour fournir des tissus tels que des tentures, pour le recouvrement de murs et le garnissage.
Le jute est une fibre très utile possédant une grande ténacité et une bonne stabilité des dimensions et est par ticulièrement utilisé dans la fabrication de tissus grostiers et lâches et de sacs pour l'emballage et l'ensachage lorsque la couleur n'a pas d'importance. Au cours de ces dernières années, cependant, on a envisagé d'utiliser le jute pour fabriquer des tissus décoratifs et d'ameublement qui semblent offrir un marché interessant. L'inconvénient principal de la fibre, responsable de son usage limité dans ce domaine, est le passage à une couleur jaune à brune, lentement en lumière diffuse et rapidement en lumière directe.
Le phénomène de changement de couleur, qui est limité exclusivement à la couche superficielle, est couramment appelé jaunissement et est présenté par le jute blanchi ou non blanchi par l'un ou l'autre des procédés connus.
L'unité de structure principale du jute, membre typique du groupe des fibres du liber, est la cellulose qui se présente en association intime avec l'hémicellulose et la lignine. Les filaments de la fibre sont composés d'un certain nombre de cellules biologiques individuelles formant un faisceau (de 10 à 30 cellules) et la lignine, semble-t-il, se trouve principalement dans les lamelles intermédiaires et également dans la paroi primaire ainsi que dans la region extérieure des parois de cellules secondaires. Des travaux importants effectués sur cette fibre par différents chercheurs révèlent que le jaunissement subi par le jute par exposition à la lumière est dû principalement à la présence de lignine.
Une elimination soigneuse de ce constituant, jusqu'à 90-92 % environ, par l'action d'un agent de délignification, sans affecter la fraction hémicellulosique, ne réduit pas le jaunissement dans une mesure appréciable. Une élimination plus poussée provoque une réduction marquée du jaunissement mais, dans ces conditions, bien que la ténacité Åa l'état sec reste plus ou moins inchangée, la ténacité du jute à l'état mouillé est réduite à une valeur si faible que la fibre a tendance à se désagréger, perdant ainsi pratiquement tout son intérêt comme fibre textile.
Si, d'autre part, l'élimi- nation de la lignine est accompagnée d'une elimination partielle de l'hémicellulose, une réduction simultaner de la ténacité à l'état sec et à l'état mouillé se présente, I'importance de la perte pendant du degré d'élimina- tion de ces deux constituants. Le blanchiment du jute par des procédés connus tend à fournir un produit bien blanc avec un effet minimum sur les constituants de la fibre, de fa,con à conserver au maximum la ténacité et, par suite de la présence de lignine, ce produit subit toujours un jaunissement marqué par exposition à la lumière.
La matière blanchie ou non blanchie, lorsqu'elle est teinte, présente également un changement de couleur marqué par exposition à la lumière, dû au fait du changement de la couleur de fond, bien que le colorant luimême puisse ne pas être affecté dans les mêmes conditions d'exposition. Cet inconvénient de la grande sensibilité à la lumière a, jusqu'à présent, limité les applicalions du jute comme tissu décoratif et d'ameublement, où la stabilité de la couleur a une grande importance.
Les fibres de jute étantlrelativement grossières et rigides ne peuvent se tordre facilement et, par consé- quent, certains des filaments des fibres ont tendance à dépasser à la surface du fil, provoquant un aspect velu ou pelucheux qui persiste même à l'état de tissu. Ce caractère pelucheux présente un inconvénient particulier dans les tissus destinés à des usages décoratifs parce que la présence de ces fibres faisant saillie semble être principalement responsable de la perte des fibres au cours de l'usage du tissu. L'élimination de ces fibres en saillie par des moyens mécaniques, y compris la tonte ou le carbonisage, est d'une exécution difficile et incomplète.
L'invention a pour buts de procurer un procédé pour traiter les fibres lignocellulosiques textiles afin de leur communiquer une grande résistance à la lumière, qui subsiste même après un blanchiment subséquent de ces fibres par des procédés habituels, et de faire disparaître le caractère pelucheux de la surface du tissu de façon à obtenir une surface plus nette avec moins de risques de perte de fibres.
Ces buts peuvent être atteints si les réactions chimiques sont limitées à la couche superficielle de la fibre exclusivement et que la lignine présente dans les couches intérieures reste inchangée autant que possible pour assurer une ténacité adéquate à l'état sec et mouillé. Les conditions des traitements sont réglées de façon que la partie de lignine présente dans la couche superficielle, qui ne représente qu'une faible fraction du total de la lignine et est également responsable du jaunissement, soit éliminée, tandis que la plus grande partie de la lignine présente dans la couche intérieure reste pratiquement non affectée par le traitement.
La délignification des fibres libériennes à l'acide de chlore actif, suivie d'une extraction des produits de chloruration, est connue. L'article de Ridge et al., Jute cellulose and the reaction of jute incrustants to fibre and yarn strength , publié dans The Journal of the Textile Institute , Transactions, Vol. 35 (1944), pages T93 T116, comporte une étude sur le traitement du jute.
Ridge démontre que c'est la lignine qui est responsable pour le jaunissement du jute après l'exposition à la lumière (page T112); ce jaunissement ne peut être supprimé que par élimination totale de la lignine. Si on réduit la teneur en lignine de 13,1%, valeur originale, à 2% environ, par des méthodes connues, par exemple chloruration suivie d'une extraction, le jaunissement n'est pas affecté (page T111, tableau XI) mais, en réduisant cette teneur à 0,1% (échantillon N 8, tableau XI, même page), le jaunissement ne se produit pratiquement plus. Par contre, l'élimination pratiquement complète de la lignine, surtout en phase aqueuse, conduit à un affaiblissement notable de la ténacité des fibres.
Sous les conditions d'élimination de la lignine, connue par exemple de l'article cité, des brevets français Nos 707002, 812493 et 1292450, du brevet britannique No 412470 et du brevet allemand No 671617, la ténacité à l'état mouillé des fibres de jute devient si faible que celles-ci ne peuvent plus être utilisées comme matière textile, voir l'article de Ridge cité, page T101 (tableau V). Le matériel que l'on obtient après extraction totale de la lignine et des hémicelluloses n'est en effet plus sensible à la lumière et présente des petits agrégats de cellulose pratiquement pure. Ces agrégats n'ont pas de structure fibreuse et ne peuvent être utilisés comme matière textile (échantillon 10, page T111).
En plus, la délignification connue exige un traitement d'au moins une heure, souvent de 4 à 6 heures (voir les brevets cités).
L'invention est basee sur Ja constatation que l'on peut obtenir une parfaite solidité des fibres lignocellulosiques à la lumière sans que les fibres subissent une perte notable de leur ténacité à l'état mouillé et à l'état sec, lorsqu'on élimine la lignine, aussi complètement que possible, des parties superficielles tout en laissant inaffectée la lignine qui se trouve à l'intérieur des fibres. Ces avantages sont déjà frappants; en plus, quelques minutes de traitement sont suffisantes pour atteindre ce but. On obtient une fibre de couleur claire, solide à la lumière, exempte de duvet de surface et ayant conservé la plus grande partie de sa ténacité.
Le procédé selon l'invention est caractérisé en ce qu'on traite les fibres textiles lignocellulosiques par une solution aqueuse de chlore, par du chlore gazeux humide ou par une solution aqueuse d'acide hypochloreux, en limitant le traitement à leur couche superficielle, en ce qu'on extrait les produits de chloruration de cette couche superficielle par traitement avec un bain contenant un alcali, un sel alcalin ou un agent réducteur, et en ce qu'on lave les fibres ainsi traitées à l'eau, de façon à éliminer pratiquement la totalité de la lignine présente dans ladite couche de surface, et à laisser pratiquement inaffectée la lignine présente à l'intérieur des fibres.
Bien que dans le traitement d'un tissu, la réaction se déroule principalement dans la couche superficielle, par suite de la diffusion des produits chimiques, la réaction se développe également jusqu'aux surfaces superficielles des filaments de fibres individuels constituant les fils du tissu. Le tissu contenant des chlorodérivés insolubles de lignine prend une couleur jaune brunâtre. Quand on soumet ensuite la matière textile à une extraction par une solution d'un alcali, d'un sel alcalin ou d'un produit chimique réducteur alcalin en vue de solubiliser les chlorodérivés de lignine, suivie par un lavage à l'eau, le tissu passe à une nuance brun clair qui ne présente pratiquement plus de Fade-Ometer à arc de carbone (Atlas Electric Devices C ) pendant l'équivalent de 40 heures.
La matière textile dont la couche superficielle est à présent exempte de lignine et possède une stabilité remarquable à la lumière peut être blanchie par un procédé connu sans perte indésirable de ténacité et également sans affecter notablement sa résistance au jaunissement par exposition à la lumière. Comme la matière non blanchie solide à la lumière ne convient pas particulièrement pour être teinte en nuances pastel, il est désirable de blanchir cette matière stabilisée avant la teinture.
En conséquence des traitements de stabilisation à la lumière, une partie relativement faible de la lignine totale (environ 25%), présente principalement dans la couche superficielle des fibres constituant les fils individuels, est éliminée, tandis que la plus grande partie reste intacte dans la matière.
Le jute superficiellement délignifié, a une grande résistance au changement de couleur par exposition à la lumière. Le jute ainsi traité, même après un blanchiment subséquent éventuel, présente un degré élevé de solidité à la lumière. On peut traiter des tissus de jute par une solution d'hypochlorite acide ou de chlore gazeux ou par sa solution aqueuse et extraire le produit ainsi traité par une solution d'un alcali ou d'un ou plusieurs sels alcalins, tels que la soude caustique, le phosphate trisodique ou le pyrophosphate tétrasodique ou une solution d'un ou plusieurs agents réducteurs tels que le sulfite de sodium ou le bisulfite de sodium pour communiquer la résistance à la lumière.
Des recherches effectuées pour mettre au point les conditions préférées décrites dans l'invention révèlent qu'une amélioration marquée de la solidité à la lumière du jute s'obtient en traitant cette matière par une solu tion d'hypochlorite acide contenant 0,25 à 1 % de chlore disponible, en utilisant un rapport entre le bain et les fibres de 10:1 (c'est-à-dire 2,5 à 10% de chlore par rapport au poids du tissu) ou du chlore gazeux humide, suivie d'une extraction par un composé chimique approprie. Par réaction du jute avec l'hypochlorite, le pH de la solution tend à diminuer rapidement par suite de la formation de produits acides, principalement d'acide chlorhydrique engendré par l'action du chlore sur la lignine.
Le pH de la solution d'hypochlorite préalablement réglé, par exemple, à 6 par de J'acide chlorhydrique dilué e0t réduit à 3 environ au cours de la réaction avec le jute. Le traitement par l'hypochlorite acide à ce pH est préféré parce que le traitement dans ces conditions fournit un produit qui, après blanchiment par un procédé classique, présente une très grande solidité à la lumière. Un contrôle rigoureux du pH de la solution d'hypochlorite acide par un tampon acide acétique-acétate à une valeur de pH de 6 à 5 fournit un produit d'une solidité à la lumière moins bonne que celui qu'on obtient avec une solution non tamponnée d'hypochlorite au pH 6.
Des differents produits chimiques utilises pour extraire le jute chloré, le sulfite de sodium fournit le meilleur effet du point de vue solidité à la lumière et conservation de la ténacité. L'extraction peut être effectuée par une solution à 0,25 à 1 % de sulfite de sodium en utilisant un rapport de bain de 10:1 pendant 5 à 20 minutes. La matière lavée à l'eau, si on le désire. peut être blanchie par un procédé connu en utilisant une solution alcaline d'eau oxygénée ou hypochlorite de sodium pour obtenir le degré requis de blancheur. Le blanchiment peut être effectué soit immédiatement après le traitement précité, soit apres un temps approprie.
L'invention est encore décrite par les exemples qui suivent où les propriétés des échantillons ont été étudiées après blanchiment par un procédé classique ayant recours à une solution alcaline d'eau oxygénée ou d'hypochlorite de sodium, parce que le degré d'amélioration de la solidité à la lumière peut être mieux évalué à l'état blanchi.
Exemple 1:
On traite séparément par une solution d'hypochlorite acide avec un rapport de bain de 10:1, cinq bandes d'un tissu de jute de bonne qualité, chacune de 25 cm de largeur et de 6 metres de longueur (environ 550g) dans une barque de teinture ouverte de laboratoire, la durée de passage du tissu d'une extrémité à l'autre étant de 30 secondes. La solution d'hypochlorite acide est préparée en acidifiant la solution d'hypochlorite de soude alcaline par de l'acide chlorhydrique dilué jusqu'à ce que le pH de la solution soit ramené à 6 et la concentration de chlore disponible est réglée à 0,7% par dilution. Le traitement par une solution d'hypochlorite est exécuté à la température ordinaire (25 à 30 C) en faisant circuler le tissu pendant 7 minutes, tandis que le pH de la solution tombe à 3 environ et que 95% du chlore disponible sont absorbés par le tissu.
Après écoulement du bain, on lave le tissu à deux reprises à l'eau froide et à chaque operation de lavage le tissu circule deux fois dans chaque sens. les échantillons individuels sont à nouveau extraits séparément par une solution à 1% de différents produits chimiques avec un rapport de bain de 10:1 à 80-850 C pendant 15 minute. On fait ensuite tomber le niveau du bain, on lave le tissu à deux reprises à l'eau froide comme précédemment, et on le blanchit par une solution d'eau oxygénée à 1 volume contenant 1% de silicate de sodium et 0,25% de phosphate trisodique en utilisant un rapport de bain de 10:1 à 70-75 C pendant 1 heure. Le tissu blanchi est lavé deux fois à l'eau de la distribution, une fois à l'eau neutralisée à l'acide acétique et séché à l'air.
Le degre d'amélioration de la couleur des échantil- lons est déterminé en mesurant l'indice d'éclat dans un réflectomètre Photovolt en utilisant un filtre partiel vert.
La solidité à la lumière est déterminée en exposant les échantillons dans le Fade-Ometer et en comparant l'importance du jaunissement avec celui des échantillons teints normalisés suivant le procédé AATCC. Les résultats obtenus sont donnes au tableau I.
Tableau I Effet de l'extraction des matieres chlorees par differents produits chimiques (1 %) sur le tissu blanchi
Solidité à la lumière
Produit chimique utilise pour l'extraction Indice d'éclat (cote)
Sulfite de sodium 56 4-5
Bisulfite de sodium 42 4-5
Soude caustique 53 5
Phosphate trisodique 56 4-5
Pyrophosphate tétrasodique 50 4-5
Les resultats du tableau I indiquent que l'extraction du tissu chloré par du bisulfite de sodium (1%) fournit au blanchiment une nuance très inférieure à celle obtenue par extraction avec d'autres produits chimiques.
La solidité à la lumière des échantillons préparés par extraction avec différents produits chimiques est plus ou moins la meme, tandis que celle de l'échantillon blanchi uniquement par le procédé classique à l'eau oxygénée est de beaucoup inférieure (de l'ordre de 1 à 2). L'emploi de sulfite de sodium est cependant préféré comme produit chimique pour l'extraction parce qu'il permet de conserver une plus grande partie de la ténacité. Le tissu extrait par le sulfite présente une perte de ténacité à l'état sec d'environ 10% et à l'état mouillé d'environ 44%, tandis que, en utilisant d'autres substances alcalines, la perte de ténacité à l'état sec est de l'ordre de 13 à 20% et à l'état mouillé de 40 à 58%. La perte de ténacité à l'état mouillé du tissu greige non traité est d'environ 15%.
Exemple 2:
Le procédé de l'exemple 1 est repris avec trois bandes d'échantillons (de 25 cm X 6 m chacun) sauf qu'on utilise des solutions à 0,5% de produits chimiques alcalins pour extraire les matières chlorées. L'indice d'eclat, la solidité à la lumière et la perte de ténacité des échantillons blanchis sont indiqués au tableau II.
Tableau II Effet de l'extraction des matières chlorees par differents produits chimiques (0,50/0) sur le tissu blanchi
Produit chimique Solidité à la lumière Perte de ténacité % utilise pour l'extraction Indice d'éclat (cote) sec mouillé Sulfite de sodium 54 4-5 10 40 Soude caustique 52 4-5 13 58 Pyrophosphate tétrasodique 43 4-5 30 51
Le produit blanchi préparé par extraction par une solution à 0,5 % de sulfite de sodium (tableau II) a des proprietes pratiquement semblables à celles qu'on obtient par extraction par une solution de sulfite à 1 %, comme Exemple 3:
On traite séparément huit bandes de tissu de 25 cm X 6 m dans la barque par de l'hypochlorite acide (pH 6; rapport de bain 10:1) contenant différentes concentrations de chlore disponible pendant 7 minutes, ce qui absorbe 90 à 96 % du chlore disponible.
Les echandécrit dans l'exemple 1, mais supérieure à celle obtenue par une extraction par une solution à 0,5 % de soude caustique ou de pyrophosphate tétrasodique.
tillons, après avoir été laves deux fois à l'eau, sont extraits séparément par une solution à 1 % de sulfite de sodium, puis blanchis par de l'eau oxygénée comme décrit dans l'exemple 1. Les résultats d'essais sur les échantillons sont indiques au tableau III.
Tableau 111
Effet de la concentration de l'hypochlorite acide sur le tissu blanchi Concentration de chlore Solidité à la lumière disponible (%) Indice d'éclat (cote)
0,20 60,0 3
0,25 60,5
0,30 59,7 3-4
0,35 57,0 3-4
0,40 58,5 3-4
0,50 57,0 4-5
0,70 56,0 4-5
1,00 54,0 5-6
Les resultats obtenus (tableau III) montrent que les produits présentant une plus grande solidité à la lumière sont obtenus par traitement par une solution d'hypochlorite acide ayant une concentration de chlore disponible de 0,5 % ou plus. Bien que la perte de ténacité à l'état sec des matières préparées par action de solutions Exemple 4:
On traite séparément cinq bandes de tissu (25 cm X 6m) dans la barque par une solution d'hypochlorite acide (pH 6; rapport de bain 10:1) avec 0,7% de chlore disponible pendant 7 minutes.
Chacune des matières traitées est lavée à deux reprises à l'eau, puis extraite par des concentrations differentes de sulfite de sodium pendant 15 minutes, puis blanchie à l'eau oxyavec des concentrations de 0,5 % ou plus de chlore disponible soit raisonnablement faible (10 à 12%) la perte de ténacité à l'état mouillé augmente jusqu'à 58% environ lorsqu'on utilise une solution à 1% de chlore disponible.
génée suivant le procédé décrit dans l'exemple 1; le resume des essais est donne au tableau IV.
Les resultats du tableau IV montrent qu'il n'y a pas de différence appréciable de blancheur et de solidité à la lumiere pour les echantillons préparés en faisant varier les concentrations de la solution de sulfite entre 0,25 et 1%.
Tableau IV
Effet de l'extraction du produit chloré par des solutions de sulfite de sodium à différentes concentrations sur le tissu blanchi Concentration de sulfite Solidité à la lumière Perte de ténacité (%) de sodium (1%) Indice d'éclat (cote) sec mouillé
1,0 56 4-5 13 45
0,7 56 4-5 6 43
0,5 55 4 4 40
0,25 56 4 9 37 Exemple 5:
Deux bandes de tissu (de 25 cm de largeur et 12 mè- tres de longueur pesant environ 1100g) sont soumises à deux traitements successifs par une solution d'hypochlorite acide (pH 6) contenant 0,7% de chlore disponible en utilisant un rapport de bain de 5:1 pendant 14 minutes, ce qui absorbe 92 à 95 % du chlore disponible, le tissu etant lave deux fois à l'eau comme dans l'exemple 1.
Une des bandes est traitée par une solution de sulfite à 0,5% avec un rapport de bain de 10:1 et l'autre avec une solution de sulfite à 1% à un rapport de bain de 5: 1, les deux bandes etant finalement blanchies par de l'eau oxygénée à 1 volume, puis lavées à l'eau.
L'amélioration de la nuance et de la solidité à la lumière ainsi que la perte de ténacité sont pratiquement les mêmes dans les trois échantillons et les résultats de ces échantillons sont pratiquement les mêmes que ceux des produits obtenus dans l'exemple 4.
Exemple 6:
On soumet deux bandes de tissu (25 cm X 12m) à deux traitements successifs par une solution d'hypochlorite acide, comme décrit dans l'exemple 5, on lave deux fois à l'eau froide, puis on extrait par une solution de sulfite à 1 % avec un rapport de bain de 5:1, comme décrit plus haut. Un des echantillons est lave deux fois à l'eau chaude (60-70 C) et l'autre à l'eau froide, les deux echantillons étant finalement blanchis par de l'eau oxygénée comme d'habitude. Le premier échantillon est plus blanc (indice d'éclat 58) comparé au second (indice d'éclat 54) ainsi qu'aux produits des exemples précédents.
La solidité à la lumiere des deux echantillons cependant, reste pratiquement insensible au changement des conditions du lavage.
Exemple 7:
On traite à deux reprises une bande de tissu (25 cm X 12 m) par une solution d'hypochlorite acide, on extrait par une solution de sulfite de sodium et on lave à l'eau chaude suivant le procédé de l'exemple 5. Le tissu est ensuite blanchi par de l'hypochlorite de sodium con- tenant 1,5% de chlore libre, maintenu à une valeur de pH de 9,6 par addition de carbonate de soude en utilisant un rapport de bain de 5:1 pendant 40 minutes, lavé à trois reprises à l'eau froide, comme dans l'exemple 1.
L'échantillon obtient un indice d'eclat de 53, est légère- ment inférieur à l'échantillon correspondant blanchi par la solution d'eau oxygénée (exemple 5) au point de vue blancheur, mais la solidité à la lumière et la ténacité des deux échantillons sont comparables.
Exemple 8:
On traite par de l'eau trois bandes de tissu chacune de 15 cm X 30 cm (pesant 16 g), on les exprime de façon qu'elles retiennent 100% de leur poids d'eau, puis on les traite séparément par du chlore gazeux dans un récipient en verre (27,5 cm X 15 cm X 56 cm) préalablement saturée par du chlore gazeux à la température ordinaire (20 à 30 C). Pendant toute la période de traitement, on laisse passer le gaz en un courant lent à travers le récipient. Les traitements des échantillons par le chlore sont exécutés pendant 3, 5 et 10 minutes, après quoi chacun des échantillons de tissu est extrait séparément par une solution de sulfite de sodium à 1 % (rapport de bain 10:1) pendant 15 minutes à 80-85 C, lavé à deux reprises à l'eau chaude et blanchi par une solution d'eau oxygénée, comme dans l'exemple 1.
L'amélioration de blancheur des échantillons diminue légèrement avec l'augmentation de la durée de traitement par le chlore. La solidité à la lumière des produits, d'autre part, augmente progressivement de 4 à 5 à mesure que les traitements par le chlore deviennent plus longs.
Comme indique dans les exemples, le tissu traité par le procédé de l'invention, puis blanchi par un procédé classique faisant appel à l'eau oxygénée, présente un changement de couleur très faible après 10 à 15 heures d'exposition dans le Fade-Ometer, changement qui devient à peine perceptible après 20 à 30 heures d'exposition. Par opposition, le jute blanchi à l'eau oxygenee de la façon classique subit un jaunissement significatif après 2,5 à 5 heures d'exposition. Même après 30 heures d'exposition, le degre de changement de couleur que presente le tissu traité par le procédé de l'invention puis blanchi par un procédé classique à l'eau oxygénée, est beaucoup moins important que celui produit dans l'échantillon blanchi par le procédé classique à l'eau oxygénée par exposition à la lumière pendant 5 heures.
Pour obtenir une reduction du jaunissement équivalant à celle que présente l'échantillon traité par le procédé de l'invention, puis blanchi par l'un ou l'autre des procédés connus, on doit éliminer pratiquement complètement la lignine, ce qui entraîne invariablement une perte très importante de la ténacité, particulièrement à l'état mouillé et provoque la détérioration de la géométrie du tissu et de la structure des fibres. Le fait nouveau est ici que l'invention procure un procédé applicable en pratique pour éliminer la lignine de façon préférentielle de la couche superficielle de la matière lignocellulosique.
comme le jute, une grande résistance à la lumière avec une surface nette créée par l'élimination du duvet et en même temps conservant une partie importante de sa ténacité à l'état mouillé.
Les tissus de jute traités par le procédé de l'invention, puis blanchis à l'eau oxygénée, possèdent d'excellentes propriétés tinctoriales et peuvent être teints en nuances agréables de différentes intensités par différentes classes de colorants, généralement utilisés pour les fibres cellulosiques. Comme le support est devenu beaucoup plus stable, le changement de couleur du tissu teint dépend à présent principalement de la sensibilité à la lumière du colorant lui-même et non du jute servant de support. En d'autres mots, le changement de couleur d'un colorant appliqué sur du jute traité par le procédé de l'invention, puis blanchi par un procédé classique, est plus semblable à celui qu'on pourrait attendre du même colorant sur du coton blanchi.
Cette excellente solidité à la lumière associée à une surface plus nette avec moins de perte de fibres procurée par l'invention représente un progrès important écar- tant les limites d'emploi naturelles de la fibre et ouvrant des possibilités considérables pour développer les applications du jute en tant que fibre textile susceptible de nombreux usages en décoration et en ameublement.
Le procédé de l'invention a été mis au point sur des échantillons de tissu et la solidité des produits à la lumière après blanchiment par un procédé classique utilisant de l'eau oxygénée varie de 4 à 5 suivant la geometrie du tissu ainsi que la qualité des fibres utilisées pour la fabrication.
Le procédé de l'invention est applicable au jute sous n'importe quelle forme, c'est-à-dire fibre, fil ou tissu, et à des tissus mixtes contenant du jute et d'autres fibres cellulosiques. En outre, le procédé peut être égale- ment applicable à d'autres fibres lignocellulosiques, y compris les fibres de dah ou kenaff, chanvre, altes et sisal, où la présence de la lignine est responsable du jau nissement.
Dans le procédé de l'invention, le traitement par l'hypochlorite acide est généralement exécuté à 25-30 C mais une variation de la température de réaction de 20 à 40O C ne semble pas avoir d'effet significatif sur la qualité du produit blanchi. Pour obtenir les meilleurs résultats au point de vue solidité à la lumière avec une perte minimum de ténacité à l'état mouillé, 5% de chlore disponible sur la base du poids du jute semble être la valeur critique puisqu'une quantité plus faible ne procure pas le degré requis ou désiré de solidité à la lumière après blanchiment par les procédés classiques.
La con centration réelle de chlore disponible dans le bain et le rapport de bain n'ont pas une importance essentielle parce que l'effet optimum est obtenu, à condition que la proportion de chlore disponible sur la base du poids du tissu soit maintenue à la valeur critique ou à une valeur supérieure.
Pour extraire le tissu chloré par une solution de sulfite de sodium, une variation de concentration du composé chimique de 2,5 à 10 % sur la base du poids du tissu ne produit pratiquement pas de différence au point de vue couleur et sensibilité à la lumière de la matière traitée, particulièrement après le blanchiment. Une ré- duction de la température d'extraction de 85 à 600 C ou de la durée du traitement de 15 à 5 minutes, n'affecte pas sensiblement la qualité du tissu blanchi. Une réduc- tion plus poussée de la température ou de la durée d'extraction tend à réduire la blancheur du produit blanchi, tandis que la solidité à la lumière reste pratiquement inchangée.
REVENDICATION I
Procédé de délignification superficielle de fibres lignocellulosiques textiles pour en améliorer la solidité à la lumière et en éliminer le duvet de surface, caractérisé en ce qu'on traite lesdites fibres par une solution aqueuse de chlore, par du chlore gazeux humide ou par une solution aqueuse d'acide hypochloreux, en limitant le traitement à leur couche superficielle, en ce qu'on extrait les produits de chloruration de cette couche superficielle par traitement avec un bain contenant un alcali, un sel alcalin ou un agent réducteur, et en ce qu'on lave à l'eau les fibres ainsi traitées, de façon à éliminer pratiquement la totalité de la lignine présente dans ladite couche de surface et à laisser pratiquement, inaffectée la lignine présente à l'intérieur des fibres.
SOUS-REVENDICATIONS
1. Procédé selon la revendication I, caractérisé en ce qu'on effectue la chloruration dans une barque ouverte de teinture, pendant 3 à 14 minutes.
2. Procédé selon la revendication I, caractérisé en ce qu'on utilise pour la chloruration une solution aqueuse d'un hypochlorite ayant un pH voisin de 6, à une température comprise entre 20 et 400 C contenant 5 à 10 % de chlore disponible par rapport au poids de la matière textile.
3. Procédé selon la revendication I, caractérisé en ce qu'on utilise un rapport de bain de 10: 1 et une solution contenant 0,25 à 1 % en poids de chlore disponible, par rapport au poids du bain.
4. Procédé selon la revendication I, caractérisé en ce qu'on effectue le traitement d'extraction dans ledit bain à une température comprise entre 60 et 850 C.
5. Procédé selen la revendication I, caractérisé en ce que ledit bain d'extraction contient du sulfite ou bisulfite de sodium, du phosphate trisodique, ou de la soude caustique.
6. Procédé selon la sous-revendication 5, caractérisé en ce qu'on utilise un bain contenant de 0,25 à 1 % de sulfite de sodium, à un rapport de bain de 10: 1, pendant 5 à 20 minutes.
REVENDICATION II
Matière textile en jute, partiellement délignifiée par le procédé selon la revendication I.
REVENDICATION III
Application du procédé selen la revendication I au blanchiment subsequent des fibres délignifiées en surface.
SOUS-REVENDICATIONS
7. Application selon la revendication III, caractéri- sée en ce qu'on effectue le blanchiment par traitement avec de l'eau oxygénée.
8. Application selon la revendication III, caractéri- sée en ce qu'on effectue le blanchiment par traitement avec une solution aqueuse alcaline de l'hypochlorite de soude.
Indian Jute Industries Research Association
Mandataires: E. Blum & Co., Zurich
Ecrits et images opposés en cours d'examen
Brevet allemand N 671617
Brevet britannique N 412470
Brevets français N s 707002, 812493, 1292450 The Journal of the Textile Institute , Transactions, vol. 35 (1944), pages T93 à T116
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