Dispositif de visée et de commande de tir arrière pour avion de combat
L'invention a pour objet un dispositif de visée et de commande de tir arrière pour avion de combat.
Ce dispositif permet au pilote de viser et de tirer alternativement et à son choix, avec le même type de viseur et, soit avec les mêmes armes qu'en tir avant, soit avec des armes supplémentaires fixes, sur des adversaires se trouvant tant devant que derrière lui; le passage de la visée et du tir avant à ceux arrière se produisant en un temps très court, de l'ordre d'une seconde, et les réflexes du pilote restant les mêmes qu'en tir avant.
Dans les avions multiplaces équipés de tourelles de tir mobiles, télécommandées ou non par le pilote, l'invention facilite la visée sur les avions poursuivants et permet au pilotetcommandant de bord de régler et de conjuguer les manoeuvres de l'avion et des tourelles pour concentrer le tir et le rendre plus efficace.
Jusqu'à maintenant tous les avions monoplaces de combat ont toujours été équipés uniquement d'armes fixes tirant vers l'avant, dans la direction du vol.
Lorsque le pilote d'un tel avion aperçoit un adversaire se trouvant derrière lui, ou bien s'il est attaqué par lui, il est obligé de fuir ou de manoeuvrer de manière à se placer à son tour derrière son attaquant. La fuite n'est pas toujours possible, la manoeuvre exige un certain temps qui profite à l'ennemi.
Le dispositif selon l'invention remédie à ces inconvénients; il laisse au pilote attaqué le choix entre les manoeuvres classiques de dégagement, I'utilisation du tir arrière, ou les deux combinés.
En outre, et cela constitue un des avantages majeurs de l'invention, avec les vitesses actuelles des avions de une supériorité balistique très nette qui permet de rester en dehors de la portée pratique du tir du poursuivant, tout en le maintenant sous son propre feu.
En effet, un projectile ou un missile tiré vers l'arrière sur un adversaire qui suit le tireur sensiblement à la même vitesse, a un parcours réel par rapport au sol bien plus court et subit une résistance de l'air bien moindre que ce ne serait le cas en tir avant à la même distance avec les mêmes armes et toutes choses égales d'ailleurs.
En outre, au moment de l'impact la vitesse restante du projectile s'ajoute à la vitesse propre du but, alors qu'elle s'en retranche dans le tir avant, d'où une pénétration considérablement accrue.
Enfin, l'effet psychologique sur les occupants d'un tir de plein fouet est bien plus prononcé que celui d'un tir en poursuite.
L'ensemble de ces facteurs confère au tir arrière une efficacité, une précision, une portée pratique et des effets sur le but très supérieurs à ceux du tir avant.
La différence entre les propriétés balistiques des tirs avant et arrière exige pour son évaluation précise des calculs assez complexes dans chaque cas concret. Elle peut cependant être illustrée sur un ou deux exemples.
Imaginons deux avions se poursuivant en ligne droite à une distance de 200 mètres, les deux ayant la même vitesse, correspondant à un nombre de Mach de 1,5.
Supposons qu'ils tirent l'un sur l'autre des obus explosifs de 30 m/m, ayant une finesse d'ogive (= rapport longueur au diamètre) de 2, un poids de 200 grammes et une vitesse initale correspondant à Mach 3.
combat, le tir arrière présente par rapport au tir avant
a) A une altitude de combat de 5000 mètres, les durées de trajet et les vitesses effectives d'impact calculées sont les suivantes:
Durée de trajet Rapport Vitesses d'impact Rapport
Tir avant : 0,34 seconde 321m/seconde 1
1,5
Tir arrière: 0,22 seconde 860 seconde 2,68
La précision et l'efficacité du tir (= pourcentage de coupe au but dans une rafale) varient toutes les deux sensiblement comme l'inverse du carré de la durée de trajet; elles seront donc 2,4 fois supérieures en tir arrière.
La puissance de pénétration, et donc l'effet destructeur, sont proportionnels au carré de la vitesse à l'impact; ils seront donc accrus 7,2 fois en tir arrière.
b) Si l'on répète les mêmes calculs à l'altitude de 10000 mètres, au lieu de 5000, on trouve:
Durée de trajet Rapport Vitesses effectives Rapport
Tir avant : 0,27 seconde 441m/seconde 1
1,5
Tir arrière: 0,208 seconde 862 m/seconde 1,955
Dans cet exemple la précision et l'efficacité sont encore à l'avantage du tir arrière dans la proportion de 1,7 environ et la puissance de pénétration de 3,8 fois.
On peut montrer facilement que ce n'est que lorsque la résistance de l'air est nulle que les durées de trajet et les vitesses effectives d'impact deviennent égales pour les tirs avant et arrière. On va maintenant décrire, à titre d'exemple, des formes de réalisation de l'invention en se référant au dessin annexé.
Selon une forme de réalisation, de l'invention, la visée et le tir arrière sont réalisés, pour la visée avec armes arrière tirant dans l'axe de l'avion, au moyen d'un dispositif comprenant:
1. Un ou plusieurs miroirs concaves, convenablement placés a l'intérieur de l'habitacle pilote, soit dans le ou au voisinage de son plan de symétrie, ou bien latéralement de part et d'autre du pilote, et fournissant des images réelles et inversées du but.
2. Des lames à faces parallèles semi-réfléchissantes qui sont intercalées sur les trajets des faisceaux lumineux provenant du but et reçus dans l'oeil du pilote après réflexions dans les miroirs. Ces lames sont fixes par rapport à leurs miroirs respectifs, mais peuvent être rendues escamotables, ou être fixées sur la coupole mobile de l'habitacle pour faciliter l'entrée et la sortie du pilote.
3. La lame semi-réfléchissante à faces parallèles.
utilisée habituellement pour la visée avant et montée sur le viseur de tir avant; celle-ci est rendue mobile sur son support autour de l'axe vertical optique du viseur, en même temps que son inclinaison est rendue variable, à deux positions fixées à l'avance; en position de tir arrière, elle sera orientée de manière à renvoyer l'image du point de mire dans la lame associée au miroir unique, ou dans l'une ou l'autre des lames, au choix du tireur, s'il y a deux miroirs.
- Les orientations de la lame semi-réfléchissante du viseur et de celles associées aux miroirs seront déterminées en fonction de leurs positions respectives de manière que, lorsque les armes arrière sont correctement pointées, l'image du point de mire et celle du but données par le miroir coïncident, aux corrections de tir près.
- L'ensemble optique constitué par le viseur, sa lame semi-réfléchissante, celle associée au miroir utilisé et le miroir lui-même, forme alors une image inversée du point de mire dans le plan focal du miroir, sensiblement à la distance d'accommodation normale (20 à 30 cm) de l'oeil du pilote, voir fig. 1 et 2.
En même temps, lorsque l'adversaire se trouve dans le voisinage de la ligne de vol, donc le tir, de l'avion tireur, son image dans le miroir, également inversée, se formera au même point; le pilote pourra alors viser et tirer exactement dans les mêmes conditions qu'en tir avant, sauf pour l'inversion de l'image; celle-ci n'est pas gênante, la silhouette de la cible gardant la même forme générale.
La rotation de la lame réfléchissante du viseur de la position de tir avant à la position de tir arrière peut être soit accomplie directement à la main par le pilote, ou bien provoquée par un bouton de télécommande, placé sur la poignée de pilotage ou dans l'habitacle.
Dans tous les cas, lorsque les mêmes armes sont utilisées pour les tirs avant et arrière, cette rotation provoquera la rotation simultanée des armes de 1800 sur leurs supports de l'avant vers l'arrière par une télécommande.
Dans le cas d'armes arrière fixes, séparées, aucune manoeuvre de celles-ci ne sera nécessaire.
La fig. 1 représente un exemple de réalisation de l'invention avec visée dans un seul miroir dans le ou au voisinage du plan vertical de symétrie de l'avion.
Dans la fig. 1, le miroir 1 est monté devant le pilote, à la position du rétroviseur usuel, un peu en dessus du viseur de tir avant, 4.
L'inclinaison du miroir 1 sur l'horizontale sera réglée de façon à permettre la surveillance de l'espace aérien arrière en majeure partie au-dessus et en faible partie en dessous du plan horizontal, et de manière à éviter au pilote d'y voir sa propre image.
Le rayon de courbure du miroir sera déterminé en fonction de sa distance à l'oeil pour produire un diamètre apparent de l'image voisin de celui de l'objet en vision directe.
Ainsi, à 40 cm de distance entre l'oeil du pilote et la surface du miroir, ce rayon aurait comme valeur idéale 40 cm.
Il n'y a pas d'inconvénient grave cependant dans une certaine réduction de la grandeur de l'image, au bénéfice de l'augmentation du champ de surveillance, puisque l'image des cercles de mire sera réduite simultanément dans les mêmes proportions que celle du but.
La lame semi-réfléchissante 2 est montée derrière le miroir 1.
Pour le tir arrière la lame semi-réfléchissante à faces parallèles 3 du viseur de tir 4 est relevée d'un certain angle comme indiqué sur la fig. 1. L'image du point de mire, au lieu d'être projetée vers l'oeil du pilote, est alors renvoyée vers la lame 2. Celle-ci la réfléchit vers le miroir 1, qui en forme l'image dans son plan focal au point où se forme aussi l'image du but 5.
Pendant le tir arrière, le pilote peut continuer à surveiller le ciel devant lui, mais ne voit plus l'image du point de mire dans la lame 3. L'absence de cette image l'empêche d'oublier la manoeuvre du viseur et des armes lorsqu'il revient au tir avant et inversement.
Du fait de l'augmentation d'inclinaison de la lame 3 du viseur en tir arrière, la brillance de l'image du point de mire sera augmentée, ce qui compensera la double réflexion supplémentaire sur la lame 2 et le miroir 1.
La présence d'obstacles à la vision arrière dans l'axe de l'avion, tels que dérive, dossier blindé, etc., pourra gêner dans certains cas le montage du miroir unique dans le plan de symétrie de l'avion, comme représenté à la fig. 1.
Celui-ci pourra alors être décalé latéralement de quelques centimètres. La lame 3 du viseur devra alors, pour le tir arrière, être aussi tournée d'un certain angle autour de l'axe vertical optique 6 du viseur, en même temps que changée d'inclinaison, de façon à renvoyer l'image du point de mire vers la lame 2 et le miroir 1.
Naturellement la partie arrière de la coupole 7 de l'habitacle devra avoir des formes et des structures telles qu'elle laisse passer l'image du but sans la déformer, ni la masquer. Elle sera exécutée par exemple en polyester travaillé optiquement et plan de préférence, tout au moins dans le voisinage de la direction de tir.
l'invention avec visée dans deux miroirs latéraux, de part
La fig. 2 représente un exemple de réalisation de et d'autre du pilote et armes tirant dans l'axe arrière de l'avion.
Dans cette variante les deux miroirs, le gauche lb et le droit la, sont montés latéralement dans l'habitacle, à gauche et à droite du plan vertical de symétrie. Ils sont réglés de manière que leurs champs de vision latéraux se recouvrent vers le centre de quelques degrés dans ce plan, ils ont chacun leur lame semi-réfléchissante 2b et 2a.
Suivant le côté par lequel se présente d'abord l'adversaire, le pilote commence et continue la visée, la poursuite arrière et le tir dans l'un ou dans l'autre des miroirs; il pourra passer au besoin de l'un à l'autre en manoeuvrant la lame 3 du viseur 4, qui peut renvoyer l'image du point de mire, soit vers le miroir 1 a ou vers le miroir lb.
Les lames 2a et 2b sont orientées au montage pour renvoyer vers les miroirs respectifs l'image du point de mire transmise par la lame 3, de manière que l'image finale de ce point dans le plan focal du miroir utilisé se trouve superposée à l'image du but dans le même plan en position de tir, c'est-à-dire lorsque les armes sont pointées sur le but.
La disposition à deux miroirs latéraux permet d'éviter certains angles morts de visée vers l'arrière, constitués par la ou les dérives, le blindage, etc. de voir dans certains cas en arrière et au-dessous du fuselage et d'augmenter sensiblement le champ total de surveillance arrière.
Elle présente les inconvénients d'une complexité plus grande du dispositif et du passage obligé de la visée d'un miroir à l'autre dans certains cas, par exemple lorsque le but a une composante de vitesse apparente transversale par rapport au tireur.
Avec un dispositif de visée avec armes tirant dans l'axe arrière, l'utilisation du viseur avant pour le tir arrière pourrait présenter dans certains cas des difficultés ou des inconvénients.
Les lames semi-réfléchissantes 2a, 2b qui matérialisent dans les miroirs la, lb, les directions des lignes de visée pourraient alors être remplacées par de petits viseurs réflex, semblables comme construction au viseur 4, et placés à demeure aux emplacements des lames, c'est-à-dire au voisinage des plans conjugués des yeux du pilote par rapport aux miroirs; la position transversale et celle dans le plan vertical de la ligne de visée étant déterminées de manière que la plus grande partie du champ de vision dans le miroir respectif se trouve latéralement à l'extérieur de l'image du point de mire et verticalement au-dessus de celui-ci, dans des proportions de 2 à 1 ou de3 à ] environ pour les deux champs ci-dessus.
Ces viseurs produiront chacun une image à l'infini du point et des cercles de mire, image renvoyée par une lame à faces parallèles, inclinées à 450 sur l'axe du viseur et montée sur ce dernier, vers le miroir respectif.
L'image finale des cercles de mire se formera alors dans le plan focal de chaque miroir devant les yeux du pilote exactement comme dans le premier exemple de réalisation ci-dessus, mais sans avoir à utiliser le viseur de tir avant.
La fig. 3 représente un troisième exemple de réalisation du dispositif de visée avec armes tirant dans l'axe arrière. La fig. 3 correspond à l'utilisation d'armes télécommandées, mais elle pourrait aussi bien s'appliquer à des avions équipés d'armes fixes tirant dans l'axe arrière.
I1 suffirait de supprimer la télécommande des armes, le calculateur de liaison aux miroirs et de laisser ces derniers fixes, calés à l'angle réalisant la coïncidence de l'image du but avec celle du point de mire lorsque le but se trouve dans le prolongement arrière de la ligne de vol.
Cette troisième variante permet la construction et le montage le plus compact et le plus précis du dispositif de visée et le rend relativement indépendant de l'espace disponible dans l'habitacle.
Quelle que soit la variante du dispositif de visée parmi les trois décrites ci-dessus on peut: soit avoir des armes séparées et fixes, orientées en
permanence dans l'axe arrière pour le tir arrière; - ou bien on peut utiliser les mêmes armes qu'en tir
avant, en les faisant tourner avec leurs munitions
de 1800 pour le tir arrière, comme décrit ci-après.
Cette deuxième solution permet d'économiser du poids sur l'armement et sur les munitions à emporter et de gagner en souplesse d'emploi selon les circonstances.
Si on utilise les mêmes armes pour le tir avant et arrière, celles-ci pourraient être montées avec leurs munitions, projectiles ou missiles sur une plate-forme circulaire horizontale, disposée à la partie inférieure du fuselage et à l'intérieur de celui-ci. La rotation de 1800 de cette plate-forme vers l'arrière ou vers l'avant étant réalisée au moyen de moteurs électriques ou hydrauliques attaquant par des pignons une couronne dentée circulaire solidaire de la plate-forme et concentrique de celle-ci; les moteurs hydrauliques pourraient être aussi réalisés sous forme de vérins entraînant par des biellettes la plate-forme de la position avant à la position arrière et vice versa.
La rotation de la plate-forme serait télécommandée par le pilote en même temps que la mise en action ou en position de visée arrière de l'un des dispositifs de visée décrits précédemment à titre d'exemples.
On va maintenant décrire un exemple de fonctionnement de la visée et du tir arrière dans le cas d'un miroir unique, fig. 1, et d'utilisation des mêmes armes pour le tir avant et arrière.
1. Le pilote aperçoit et identifie dans le miroir l'avion ennemi derrière lui.
2. Au moyen d'une télécommande, il provoque le relèvement de la lame 3 du viseur de tir avant et simultanément la rotation des armes de 1800 vers l'arrière.
3. L'image du point et des cercles de mire apparaît dans le miroir, en même temps que l'image du but, qui s'y trouvait déjà.
4. Le pilote manoeuvre l'avion en regardant dans le miroir comme si le but se trouvait devant lui, en essayant d'amener l'image de ce dernier sur celle du point de mire. I1 conserve les mêmes réflexes qu'en visée avant, en ce sens que si le but apparaît au-dessus du point de mire il fait cabrer l'avion et s'il le voit à droite dans le miroir il fait virer l'avion à droite; on vérifie facilement qu'il amène ainsi les armes arrière à pointer sur le but.
5. Lorsque l'image du but dans le miroir se superpose à celle du point de mire, il déclenche le tir des armes, en maintenant la superposition par la manoeuvre de l'avion.
6. Pendant toutes les phases ci-dessus, le pilote continue à voir le ciel devant lui et ses instruments de bord en vision indirecte .
7. Lorsque l'engagement est terminé, le pilote ramène les armes à la position de tir avant et la lame 3 du viseur à la position de visée avant, ou bien il les laisse à leurs positions arrière , suivant les circonstances.
Le fonctionnement dans le cas de deux miroirs, fig. 2, avec utilisation alternative des mêmes armes en tir avant et arrière est le suivant:
Dans ce cas le pilote apercevra le but dans Fan des miroirs d'abord. II fera alors relever la lame 3 du viseur avant et la fera tourner dans la direction de ce miroir, en même temps qu'il fait tourner les armes de 1800 vers l'arrière.
La suite des opérations reste après cela la même que dans le cas d'un miroir unique décrite ci-dessus.
Cependant si le but a un mouvement transversal apparent pendant la visée, le pilote pourra être amené dans certains cas à passer d'un miroir à l'autre; il fera alors tourner la lame 3 pour projeter l'image du point de mire sur le deuxième miroir et continuer la visée avec ce dernier.
Lorsque les mêmes armes sont utilisées pour le tir avant et arrière et qu'on ne se sert pas du viseur avant (deuxième et troisième exemples de réalisation de la visée décrite ci-dessus), l'allumage des images des points de mire dans les viseurs arrière sera de préférence accompagné de l'extinction de l'image du point de mire dans le viseur avant et vice versa. Le pilote sera ainsi toujours averti de la position de ses armes arrière ou avant .
Qu'il y ait un miroir ou deux, leurs dimensions, formes et positions dans l'habitacle seront déterminées de manière que le pilote conserve une bonne vue vers l'avant, qu'il ne voie pas dans les miroirs sa propre image, et que sa vision du ciel arrière soit d'angle d'ouverture maximum au voisinage du plan vertical de symétrie et au-dessus de l'axe de vol.
On va maintenant décrire des exemples de réalisation de l'invention dans des avions équipés avec des tourelles de tir télécommandées. Dans cette variante de réalisation, voir fig. 3 et fig. 4, le ou les miroirs concaves utilisés pour la surveillance du ciel arrière et pour la visée arrière sont placés et orientés sensiblement comme sur fig. 1 et 2.
Pour matérialiser la ligne de visée arrière, on place immédiatement contre chaque miroir et du côté opposé à celui vu par le pilote un petit viseur 6, fixe; ce viseur est agencé de manière à produire une image réelle du point et des cercles de mire en 5, dans le plan focal du miroir correspondant.
Pour permettre la fonnation de cette image, une portion circulaire de la surface réfléchissante du miroir est rendue semi-transparente, voir partie hachurée 8 sur l'image agrandie du miroir 1, à droite de la fig. 3. Le miroir (ou les miroirs, s'il y en a plusieurs) ne sont plus fixes, mais peuvent tourner chacun autour de trois axes rectangulaires ayant leurs origines pour chaque miroir au voisinage des points où le rayon lumineux central venant du viseur 6 vers l'image du point de mire en 5 traverse la surface réfléchissante de chaque miroir.
Les rotations du ou des miroirs autour de ces axes sont commandées par un calculateur; celui-ci reçoit comme éléments d'entrée:
1. Les caracténstiques balistiques des projectiles ou des missiles utilisés.
2. Les propriétés, mesurées ou calculées, de l'espace extérieur, soit: altitude, température, pression, densité de l'air ambiant, vitesse de l'avion tireur.
3. Les amplitudes, vitesses et accélérations angulaires de l'avion tireur par rapport à trois axes rectangulaires fixes dans l'espace et ayant leur origine au centre de gravité de l'avion tireur; ces grandeurs sont mesurées au moyen d'une plate-forme inertielle dans le calculateur.
stabilisés par des gyroscopes par rapport à la terre.
4. La distance du but, mesurée au moyen d'un radar ou d'un télémètre à laser par exemple, et ses variations.
5. Les composantes des vitesses et des accélérations relatives de l'avion-but par rapport aux mêmes axes que ceux mesurant les mouvements angulaires de l'avion tireur par rapport à la plate-forme inertielle mentionnée ci-dessus.
6. Les amplitudes, vitesses et accélérations angulaires.
réelles par rapport à l'avion tireur de chaque groupe d'armes des tourelles; les angles des rotations S étant mesurés au moyen de transmetteurs-indicateurs électriques synchrones montés dans chaque tourelle, un pour chaque axe de rotation des armes.
7. Les amplitudes, vitesses et accélérations angulaires des mouvements de la poignée de télécommande 10 des armes, le pilote agissant sur celles-ci comme expliqué plus loin.
Le calculateur détermine à chaque instant et de manière continue comme éléments de sortie: - d'une part les valeurs théoriques des amplitudes, des
vitesses et des accélérations angulaires de chaque
groupe d'armes et de chaque tourelle par rapport à
l'avion-tireur, valeurs transmises aux régulateurs des
moteurs de commande des tourelles et des armes; - d'autre part les valeurs des amplitudes, des vitesses
et des accélérations angulaires de chaque miroir
autour de ses trois axes de rotation. Ces trois axes
peuvent coïncider avec les axes de roulis, de tangage
et de lacet de l'avion-tireur ou en être distincts.
Les relations entre les éléments d'entrée et les grandeurs calculées de sortie du calculateur seront telles que:
a) Lorsque le pilote poursuit de manière continue l'image du but dans l'un des miroirs, en essayant de l'amener en coïncidence avec l'image (fixe) du point de mire par les manoeuvres de la poignée de télécommande des armes 10, et qu'il y arrive, toutes les armes télécommandées soient correctement pointées sur ce même but, c'est-à-dire qu'en tenant compte des caractéristiques balistiques des projectiles, des vitesses, des distances et des mouvements relatifs de deux avions, des propriétés de l'espace extérieur, etc., ces projectiles arrivent au but.
b) L'ensemble à contre-réaction (ou feedback ) constitué par le dispositif de visée, le miroir, le pilote, la télécommande, les armes et l'avion tireur reste stable, c'est-à-dire que lorsque l'image du but s'écarte légèrement de l'image du point de mire dans le miroir (angle A S m dans la fig. 4), le mouvement de la poignée de commande, qui devra être - pour conserver les mêmes réflexes qu'en tir avant - dans le même sens que le déplacement angulaire apparent de l'image du but dans le miroir (voir liaisons schématiques poignée-arme, fig. 3 et 4) et d'une amplitude proportionnelle à l'amplitude de l'écart, tendra à ramener l'image du but sur celle du point de mire et la direction des armes sur l'orientation de pointage correct pour atteindre ce but (angle A S a dans la fig. 4).
c) Le temps de réponse de l'ensemble ci-dessus - à l'exclusion du pilote lui-même - à une manceuvre de la poignée 10 soit bien inférieur au temps de réponse résultant de la vitesse des réflexes du pilote.
d) La sensibilité et la précision de la visée autour des positions de tir dans toute la zone où celui-ci est possible restent comparables à celles d'un avion de chasse équipé d'armes fixes identiques tirant vers l'avant.
e) La résistance de la poignée de télécommande aux manoeuvres du pilote reste faible tant que celles-ci sont lentes, mais qu'elle augmente avec la rapidité et l'accélération des déplacements de la poignée. Cette poignée sera montée à côté du siège du pilote, du côté de la main la moins sollicitée en vol. Si l'avion comporte deux pilotes côte à côte, elle sera placée entre les deux sièges, de façon à pouvoir être utilisée par l'un ou l'autre des pilotes; dans le cas de deux miroirs latéraux, chaque pilote l'utilisera lorsque le but se présentera dans le champ de vision du miroir se trouvant de son côté.
La poignée sera mobile en rotation d'une part vers l'avant ou vers l'arrière, d'autre part à droite ou à gauche, les deux mouvements étant utilisés respectivement lorsque l'image du but monte ou descend ou s'écarte latéralement dans le miroir de l'image du point de mire.
Les déplacements angulaires des miroirs autour des trois axes seront réalisés par exemple au moyen de triples suspensions à la cardan et de petits moteurs électriques synchrones attaquant des secteurs dentés centrés sur chacun des axes et situés dans des plans perpendiculaires à ceux-ci. Les rotations de chaque miroir autour de la position médiane correspondant à un but se présentant dans l'axe arrière de l'aviontireur, seront limitées à 25-300 autour de celui-ci.
Lorsque les mouvements apparents du but feront sortir l'image de ces limites, le pilote manoeuvrera l'avion en même temps que les armes, de façon à ramener le but dans les champs de visée et dans les champs de tir des armes télécommandées.
Il en sera de même si le but pénètre dans l'une des zones de vision arrière masquées par des parties du fuselage ou des gouvernes, ou dans des zones d'interdiction de tir de certaines armes qui risqueraient de toucher par leurs projectiles l'avion-tireur.
Il est à remarquer que par suite de la fixité de la ligne de visée produite par le viseur 6, le pilote n'aura pas besoin de bouger la tête, quels que soient les mouvements apparents du but, de même que dans la visée vers l'avant avec armes fixes et viseurs courants avant.
Lorsque l'un des groupes d'armes tendra à se rapprocher d'une zone de tir interdite, les images des cercles de mire pourront recevoir des changements de coloration avertissant le pilote.
Si par exemple l'avion-tireur est équipé de deux tourelles placées latéralement sur les côtés droit et gauche du fuselage et que les armes de la tourelle gauche s'approchent d'une zone de tir interdite, la moitié gauche de l'image des cercles de mire pourrait prendre une coloration rouge et inversement pour la tourelle droite et le côté droit des cercles de mire. Les tourelles télécommandées pourront être prévues avec ou sans tireurs individuels; dans le premier cas le rôle de ceux-ci pourra se borner à réapprovisionner et a désenrayer les armes, ou bien s'étendre à participer aux manoeuvres de la tourelle dans laquelle ils se trouvent ; le pilote décidant des objectifs ennemis prioritaires pour concentrer le tir de toutes les tourelles sur ceux-ci etlou pour passer d'un objectif à un autre.
Si certaines tourelles ont un champ de vision particulièrement vaste et dégagé, telles que des tourelles placées dans la queue du fuselage, celles-ci seront utilisées de préférence pour la mesure des distances du but au moyen de radars ou des télémètres, manoeuvres manuellement s'il s'y trouve un membre de l'équipage, ou automatiquement dans le cas contraire.
Lorsque l'invention sera appliquée à des avions avec tourelles télécommandées sans tireurs, elle permettra d'assurer la défense arrière avec une importante économie de moyens et de poids.
En effet, les tourelles pourront être beaucoup plus petites, plus simples et plus compactes et d'une manoeu- vre beaucoup plus rapide que si elles doivent recevoir un tireur.
D'autre part, toute la puissance de feu arrière se trouvera sous la commande du pilote et permettra des concentrations instantanées sur un seul objectif, selon les circonstances du combat.