Procédé pour effectuer une opération de chassage
à l'aide d'une presse ou d'un appareil à chasser, et installation pour la mise en oeuvre de ce procédé
La présente invention a pour objet un procédé pour effectuer une opération de chassage à l'aide d'une presse ou d'un appareil à chasser, s'appliquant notamment aux pierres d'horlogerie, et une installation pour la mise en oeuvre de ce procédé.
On connaît des procédés et installations de chassage dans lesquels les pièces à chasser sont successivement amenées en regard du pigeonneau de la presse, saisies par ce dernier, ce qui assure l'exactitude de leur position en vue du chassage en même temps que cela les extrait de l'organe de charge les amenant en regard du pigeonneau, éclipse cet organe de façon à laisser le champ libre au pigeonneau, et procède enfin au chassage.
Ce procédé est relativement lent en ce sens que l'ensemble des opérations se succèdent sans guère s'effectuer simultanément.
Le but de la présente invention est de fournir un moyen plus rapide d'effectuer une opération de chassage, et cela en permettant un travail plus continu.
Ce but est atteint en effectuant une opération de tâtage, destinée à contrôler si la pièce à chasser occupe bien la position adéquate, par le mouvement même au cours duquel s'amorce l'opération de chassage.
Il est également à remarquer que le palpage ou le tâtage d'une pièce est connu en soi, dans des applications différentes cependant, pour déterminer si une pièce a été placée à l'endroit où elle doit l'être ou encore si une opération a bien eu lieu, mais sans que ce tâtage s'effectue par l'opération suivante elle-même.
Le procédé est caractérisé par le fait qu'on amène successivement chaque pièce à chasser dans un organe de guidage en regard d'un passage que présente celui-ci, coaxialement au pigeonneau de la presse, cet organe de guidage comportant des moyens empêchant la pièce à chasser de traverser d'elle-même ledit passage, produit un mouvement relatif de palpage entre ledit organe de guidage et ledit pigeonneau, au cours duquel ladite pièce est engagée dans ledit passage ce qui assure qu'elle se trouve exactement en place en vue du chassage, et enfin effectue cette dernière opération à travers ledit organe de guidage en faisant traverser ledit passage à la pièce.
L'installation est caractérisée par le fait qu'elle comprend un distributeur amenant successivement chaque pièce à chasser dans un organe de guidage, en regard d'un passage que présente celui-ci, coaxialement au pigeonneau de la presse, ledit organe de guidage étant muni de moyens empêchant la pièce à chasser de traverser d'elle-même ledit passage, l'organe de guidage et le pigeonneau de la presse étant susceptibles d'effectuer un mouvement relatif de palpage autre que le mouvement se produisant lors du fonctionnement de la presse, servant à engager dans ledit passage la pièce située en regard de celui-ci et assurer ainsi qu'elle se trouve exactement en place en vue du chassage.
Le dessin illustre, à titre d'exemple, une forme d'exécution de l'objet de l'invention.
Les fig. 1 à 3 sont trois coupes schématiques d'une partie d'une installation pour la mise en oeuvre du procédé, représentées en trois positions de travail différentes, et
Les fig. 4 à 8 sont cinq vues schématiques en élévation, avec coupes partielles, d'une installation suivant l'invention.
L'installation partiellement et schématiquement représentée dans les fig. 1 à 3, comprend une presse hydraulique ou une potence à chasser à main, dont le pigeonneau est désigné par 1. Les pièces à chasser, en l'occurrence des pierres d'horlogerie 2, sont acheminées dans un canal de distribution constitué par une rainure 3 ménagée dans une plaque 4 située sous le pigeonneau 1.
Cette plaque 4 est percée d'une ouverture 5, coaxiale au pigeonneau 1, servant au guidage des pierres 2 lors de l'opération de chassage. Le canal de distribution 3 débouche en regard de l'ouverture 5.
La plaque 4 est montée de manière à pouvoir se déplacer suivant la flèche 6 (fig. 2), dans une direction parallèle à l'axe du pigeonneau 1.
Cette installation est utilisée de la façon suivante:
Les pierres 2 se trouvant dans le canal 3 sont amenées l'une après l'autre en regard de l'ouverture de guidage 5, sous le pigeonneau. Chaque fois qu'une pierre 2 est dans cette position, la plaque de guidage 4 est déplacée dans la direction de la flèche 6, ce qui a pour effet d'engager la pierre 2 située sous le pigeonneau 1 dans l'ouverture 5.
La pierre 2 se trouve alors exactement positionnée pour permettre le chassage. Elle est maintenue sous le pigeonneau 1 par une dépression réalisée dans une chambre annulaire 7, ménagée dans une plaque 8, et entourant le pigeonneau 1, et dans un espace annulaire 9, dont la largeur a été exagérée au dessin, subsistant entre le pigeonneau 1 et la paroi de l'ouverture 5 lorsque le pigeonneau est engagé dans celle-ci.
Le chassage de la pierre 2 dans une pièce non représentée, telle qu'une platine ou un pont de bâti de mouvement d'horlogerie, s'effectue par un déplacement du pigeonneau 1 suivant la flèche 10 de la fig. 2.
Si, pour une raison quelconque, la pierre 2 située à l'extrémité antérieure de la rangée de pierres occupant le canal 3, ne vient pas se placer correctement en regard de l'ouverture 5 de la plaque 4, comme cela a été représenté dans la fig. 3, le déplacement de la plaque 4 en direction de la flèche 6 ne peut pas s'effectuer, de sorte que la plaque 4 reste dans la position inférieure représentée aux fig. 1 et 3. La machine, ou l'appareil, est muni d'un dispositif de sécurité, non représenté, qui empêche d'actionner la presse tant que la plaque 4 n'a pas effectué son mouvement ascendant suivant la flèche 6. Dans ces conditions, il est impossible de faire fonctionner intempestivement la presse tant que son chargement ne s'est pas effectué correctement.
L'installation représentée dans les fig. 4 à 8 comprend une presse hydraulique 1 1 ddnt le pigeonneau est désigné par 1, montée sur un bâti 12. Ce dernier présente une embase 12a portant une table 13 dans laquelle coulisse un pointeau 14 coaxial à la presse 11, soumis à l'action d'un ressort de rappel 15, et qui est destiné à centrer la pièce, désignée par 16, dans laquelle doit s'effectuer le chassage. n s'agit ici d'un pont de bâti de mouvement d'horlogerie. Ce centrage est assuré par l'engagement de l'extrémité du pointeau 14 dans le trou même de la pièce 16 dans lequel doit être chassée la pierre.
Le bâti 12 porte, monté sur lui de façon à pouvoir
coulisser suivant une direction parallèle à l'axe de la presse 10, un berceau 17 portant lui-même, à son extrémité inférieure, une plaque de guidage 4 identique à celle des fig. 1 à 3. Ce berceau 17 supporte également un magasin tubulaire 18 pour les pierres d'horlogerie, que l'on place en regard de l'extrémité postérieure du canal 3 ménagé dans la plaque de guidage 4. Le berceau 17 est susceptible d'une part de se déplacer en même temps que l'ensemble de la presse 10, lorsque celle-ci effectue un mouvement d'avance en direction de la table 13, avant le fonctionnement de la presse proprement dite, et d'autre part d'effectuer un déplacement relatif par rapport à la presse, coaxialement à l'axe de celle-ci, correspondant au déplacement suivant la flèche 6 décrit ci-dessus.
D'autres organes de l'installation seront mentionnés au cours de la description de son fonctionnement.
Ce fonctionnement est le suivant:
L'installation se trouvant dans la position représentée à la fig. 4, correspondant à celle de la fig. 2, le berceau 17 et la presse 1 1 se déplacent dans le sens de la flèche 19 (fig. 5) jusqu'au moment où un cliquet 20, articulé en 21 sur le berceau 17, vient buter contre l'extrémité d'une pièce d'appui fixe 22, ce qui le soulève légèrement, libérant ainsi un levier 23 articulé à l'extrémité d'un bras 17a du berceau 17. Le rôle de ce levier sera indiqué plus loin.
Aussitôt après, mais presque simultanément, le distributeur 4 bute contre une butée fixe 24, de sorte que la presse 1 1 continue seule son mouvement descendant, dans le sens de la flèche 19, jusqu'à ce qu'un doigt de pression 25 prenne appui sur la pièce 16 dans laquelle une pierre doit être chassée.
Le pigeonneau 1 de la presse fonctionne alors, effectuant le chassage (fig. 5).
La presse 11 remonte ensuite suivant le sens de la flèche 26 (fig. 6). Sa partie supérieure rencontre, au cours de cette course ascendante, une cheville 27 portée par le bras 17a du berceau, de sorte que ce dernier est alors soulevé en même temps que la presse 11. Au passage, un poussoir 28, situé à l'extrémité de la gorge 3 ménagée dans le distributeur 4, franchit un galet-poussoir 29, monté élastiquement sur le bâti de l'installation, de sorte que la pierre suivante 2 est amenée dans l'ouverture de guidage 5, en regard du pigeonneau 1 de la presse.
Le mouvement ascendant, dans le sens de la flèche 26, de la presse 1 1 et du berceau 17 se poursuivant (fig.
7), un galet 30, porté par le levier 23, rencontre un plan incliné 31, ce qui fait tourner le levier 23 dans le sens des aiguilles d'une montre, accrochant son extrémité supérieure 23a au oliquet 20. Au cours de ce mouvement, l'extrémité inférieure 23b du levier 23 vient prendre appui sur le sommet de la presse 1 1 et soulève ainsi le berceau 17 par rapport à la presse, produisant entre ces deux éléments le mouvement relatif de tâtage. Une fois la presse 1 1 et le berceau 17 arrivés à la fin de course, l'installation est prête pour une nouvelle opération pour autant qu'elle ait été chargée d'une nouvelle pièce 16. A ce propos, il est à remarquer que le poussoir 14 soulève la pièce 16, lorsqu'une pierre est chassée dans celle-ci, de sorte que l'évacuation de cette pièce peut s'effectuer aisément, à l'aide d'un jet d'air par exemple.
Si une pierre 2 venait à être mal engagée, comme représenté à la fig. 3, le mouvement de tâtage serait empêché, de sorte que le levier 23 ne pourrait pas basculer dans le sens des aiguilles d'une montre au moment où le galet 30 rencontre le plan incliné 31. Or, ce plan incliné est ménagé sur un levier articulé en 32 sur la butée 22, et qui est soumis à l'action d'un ressort de rappel 33. En conséquence, ce levier bascule dans le sens contraire à celui des aiguilles d'une montre, sous la pous
sée du galet 30 (fig. 8) et vient fermer un contact électrique 34, ce qui interrompt la marche de l'installation, évitant que celle-ci ne soit détériorée par la pierre qui se trouve en position incorrecte.
I1 est à remarquer que l'invention n'est pas limitée à l'exemple représenté, dans lequel le chas sage s'effectue
depuis dessus: elle s'étendra aux cas où le chassage
s'effectue depuis dessous ou encore latéralement.
On pourrait aussi prévoir le cas où l'engagement de la pièce à chasser dans l'organe de guidage ne s'effectuerait pas par un déplacement de ce dernier en direction du pigeonneau de la presse, mais par un déplacement de celui-ci en direction de l'organe de guidage. Ce déplacement du pigeonneau se ferait avec légèreté, à l'instar d'un tâtage, et serait de ce fait totalement distinct du mouvement qu'effectue le pigeonneau lors du chassage.
chassage.
Il convient également de relever que l'alimentation des pièces à chasser peut s'effectuer soit en agissant sur la dernière pièce de la lignée, comme cela a été décrit et représenté, soit en utilisant un distributeur les soutenant jusqu'à ce qu'elles soient aspirées et piaquées contre le pigeonneau, par le dispositif d'aspiration, puis s'éclipsant alors pour permettre au tâtage de s'effectuer.