On connaît le procédé de construction de parois moulées dans le sol selon lequel on excave un trou correspondant à une section d'un mur ou paroi à l'aide d'un grappin, la terre et les cailloux enlevés étant remplacés par une boue thixotropique par exemple de la Bentonite pour éviter que les parois ne s'effritent. Une fois le trou creusé on y place une armature en fer puis coule du béton par le fond du trou ce qui le remplit et provoque l'évacuation de la bentonite qui est récupérée. Une fois le béton pris, on creuse de la même façon un second trou adjacent à la partie de mur bétonné et coule un second tronçon de celuici de la manière décrite ci-dessus.
Ce procédé qui est actuellement de plus en plus utilisé du fait de ses avantages incontestés ne peut être employé pour réaliser des murs dans des endroits immergés que si un espace suffisant a été préalablement asséché à l'aide d'un mur de palplanches par exemple.
L'utilisation des palplanches est onéreuse et provoque un bruit considérable et la présente invention a pour but de remédier aux
inconvénients dus à l'utilisation de ces palplanches dans certains travaux immergés.
La présente invention a pour objet un procédé pour la réalisation d'une paroi moulée partiellement immergée, caractérisé par le
fait qu'on enfonce un canal étanche dont l'épaisseur correspond à celle de la paroi à réaliser, dans un sol immergé, la hauteur de ce canal étant suffisante pour émerger du plan d'eau; qu'on évacue l'eau contenue dans ce canal et la remplace par une boue thixotro
pique, qu'on creuse à l'aide d'un grappin traversant ledit canal un
trou dans le sol dans la prolongation du canal à une profondeur,
suffisante pour assurer l'ancrage de la paroi; puis qu'on remplit le
trou ainsi creusé et le canal de béton en alimentant le béton par la
partie inférieure du trou et qu'on récupère simultanément la boue
thixotropique chassée par l'introduction du béton; qu'on laisse
prendre le le béton puis qu'on enlève le canal.
L'invention a également pour objet un dispositif pour la mise
en oeuvre de ce procédé, caractérisé par le fait qu'il comporte une
plate-forme flottante munie de vérins permettant de la faire repo
ser sur un sol immergé, un support monté sur cette plate-forme
destiné à maintenir l'extrémité supérieure d'un canal dont l'extré
mité inférieure est enfoncée dans le sol immergé et dont l'extrémi
té supérieure émerge hors du plan d'eau; et par le fait que la plate
forme est équipée d'un engin de levage pour un grappin coulis
sant dans le canal, d'une installation de bétonnage et d'un réser
voir de boue thixotropique muni de moyens de pompage de celle
ci.
Le dessin annexé illustre schématiquement et à titre d'exemple
une forme d'exécution du dispositif selon l'invention.
La fig. 1 est une vue en élévation de côté et partiellement en
coupe du dispositif.
La fig. 2 est une vue en élévation frontale et partiellement en
coupe du dispositif illustré à la fig. 1.
La fig. 3 est une vue en plan du dispositif.
Les fig. 4 et 5 sont des vues de détail partielles de certains élé
ments du dispositif.
Le procédé de construction de parois moulées sous-marines consiste à former un canal étanche entre le sol sous-marin et l'air libre situé au-dessus du plan d'eau, à remplir ce canal partiellement au moins d'une boue thixotropique et à creuser le sol sousmarin à l'aide d'un grappin coulissant dans le canal. Puis une fois que le sol sous-marin a été creusé suffisamment profondément
pour assurer les fondations de la paroi, on coule du béton pour
remplir cette excavation ainsi que le canal lui-même. Le béton est
introduit à travers un conduit descendant dans le canal afin que le
remplissage de l'excavation et du canal se fasse de bas en haut. La
boue thixotropique évacuée est récupérée.
On laisse ensuite prendre le béton avant de démonter le canal
pour qu'il ait acquis une résistance suffisante pour ne pas être en
dommagé.
On procède ainsi de proche en proche à l'érection de parois en laissant un espace libre entre elles d'une longueur approximativement égale à celle d'une de ces parois.
Puis on fixe entre deux parois voisines des panneaux pour former un canal délimité par ces panneaux d'une part et par les extrémités latérales des parois voisines d'autre part. Le canal ainsi formé permet de réaliser une paroi, de la façon décrite ci-dessus, dont les tranches latérales s'appuient et deviennent monolytiques avec les tranches adjacentes des deux parois voisines. Ainsi on peut utiliser un mur, une digue, ou tout autre ouvrage sous-marin sans être obligé d'assécher le sol où ce mur doit être construit.
Le procédé décrit fait donc usage du procédé bien connu de construction de parois moulées dans le sol mais permet son application à des travaux sous-marins.
Il est évident qu'il est possible de mettre à l'intérieur de l'excavation et du canal une armature en fer avant de couler le béton pour réaliser une paroi en béton armé.
Par l'introduction de noyaux perdus ou non dans l'armature placée dans le canal il est possible de ménager des perçages traversant l'épaisseur de la paroi. Ces perçages seront alors utilisés pour la fixation des panneaux constituant le canal entre deux parois déjà construites.
Le dispositif pour la mise en oeuvre du procédé décrit comporte un ponton automoteur 1 équipé de vérins 2 permettant de le faire reposer sur le sol immergé. Ce ponton porte un engin de levage 3 ainsi qu'un réservoir de boue thixotropique 4 et des moyens de pompage de cette boue.
Le ponton 1 est équipé à sa partie avant d'un dispositif de fixation 5 d'un canal 6. Ce dispositif de fixation comprend deux pièces de serrage actionnées à l'aide de vérins permettant soit de maintenir le canal 6 soit de le libérer.
En position de service le ponton repose sur le sol par ses vérins 2 et est maintenu ainsi à l'aide de câbles 7 et 8 fixés respectivement à la berge ou à deux ancres ou corps morts.
Le canal 6 est formé d'éléments de coffrage démontables qui une fois assemblés forment un canal étanche. Ce canal est enfoncé légèrement dans le sol 9 maintenu à son extrémité supérieure émergeant hors du plan d'eau par le dispositif de fixation.
Le canal est ensuite rempli de boue thixotropique en évacuant l'eau qu'il contient puis le sol est creusé, dans la prolongation du canal, à l'aide d'un grappin 10 coulissant dans ce canal 6.
Une fois la profondeur désirée atteinte, le grappin est retiré et une armature préalablement mise en forme est introduite dans le canal. Un tube de bétonnage (non illustré) est introduit dans le canal 6 de manière à pouvoir le remplir, ainsi que l'excavation qui le prolonge, de béton en commençant par le fond. Au fur et à mesure de l'introduction de béton la boue thixotropique est récupérée.
L'armature peut comporter des noyaux perdus par exemple en sagex soit pour profiler les tranches latérales des parois coulées afin d'assurer une meilleure cohésion entre les parois successives, soit pour ménager des perçages 1 1 traversant l'épaisseur de la paroi.
Une fois le béton pris on démonte le canal réalisant ainsi le décoffrage de la paroi.
Des parois 12 sont ainsi réalisées de proche en proche en laissant entre deux parois successives un espace libre d'une longueur approximativement égale à celle d'une de ces parois 12.
Des parois intermédiaires 13 sont alors coulées selon le même principe en remplaçant le canal 6 précédent par des panneaux de coffrage fixé entre deux parois 12 existantes à l'aide de boulons traversant les trous 11.
Il est bien évident qu'une fois le mur terminé les trous 1 1 sont bouchés à l'aide d'un mortier dont la prise peut s'effectuer sous l'eau.
La fig. 4 illustre un détail du canal 6 ainsi que la forme d'une extrémité d'une paroi 12.
Comme on le voit sur la fig. 5 le coffrage reliant deux parois 12 comporte des noyaux permettant de ménager un joint d'une forme appropriée entre deux parois voisines 12, 13. Cette gorge verticale peut ensuite être remplie d'un matériau adéquat assurant un joint parfaitement étanche entre ces parois.