Domaine technique
[0001] La présente invention se rapporte au domaine de l’horlogerie mécanique. Elle concerne, plus particulièrement, un mécanisme d’affichage des phases de lune et une pièce d’horlogerie comportant un tel mécanisme.
Etat de la technique
[0002] Les mécanismes d’affichage des phases de lune sont bien connus de l’homme du métier. En général, les phases de la lune sont indiquées par un disque mobile sur lequel la lune est représentée deux fois de manière circulaire. Une ouverture de forme appropriée dans le cadran de la montre permet de voir une partie du disque, soit si la lune croît, est pleine, décroît ou est nouvelle. On pourra se référer à l’ouvrage «Théorie de l’horlogerie» de Reymondin et al., Fédération des Ecoles Techniques, 1998, ISBN 2-940025-10-X, pages 201–202.
[0003] La durée d’une lunaison est de 19 jours, 12 heures, 44 minutes et 2,8 secondes. Dans les mécanismes les plus simples, la roue portant la représentation des lunes comporte 59 dents et effectue un tour pour deux lunaisons, en étant entraînée d’un pas par jour. De fait, la durée d’une lunaison affichée n’est que de 29,5 jours (59/2).
[0004] L’homme du métier connaît une autre famille de mécanismes plus évolués, mettant en œuvre une étoile à sept dents, entraînée généralement à raison d’un pas par jour. Cette étoile peut porter un pignon à 16 dents, engrenant avec un renvoi, lui-même en prise avec la roue portant la représentation des lunes. La durée de la lunaison affichée est alors de 29 jours, 12 heures et 45 minutes.
[0005] On connaît également des dispositifs permettant d’afficher les phases de la lune en trois dimensions. Par exemple, la demande de brevet EP 0 566 529 propose de représenter la lune au moyen d’une sphère, dont une moitié est de couleur claire et l’autre d’une couleur foncée. La sphère est mise en rotation par le mouvement de la montre, sur elle-même, d’une part, et autour du cadran, d’autre part, de manière à présenter au regard du porteur de la montre, une sphère dont la séparation entre les parties claire et foncée illustre l’évolution des phases de la lune.
[0006] Le but de la présente invention est de proposer un nouveau dispositif pour afficher les phases de la lune, permettant d’obtenir un cycle d’affichage dont la durée est aussi proche que possible de celle d’une lunaison vraie. Divulgation de l’invention
[0007] De façon plus précise, l’invention concerne un mécanisme d’affichage des phases de lune, caractérisé en ce qu’il comprend:
un cadran percé par une ouverture de forme globalement circulaire,
un rouleau monté pivotant selon son axe longitudinal sous le cadran, le rouleau comprenant des moyens d’entraînement pour être entraîné en rotation par un mouvement horloger à raison d’un tour par N lunaisons, N étant un entier non nul.
[0008] Le rouleau comprend une bande d’axe disposée selon une circonférence du rouleau et dans un plan perpendiculaire à l’axe longitudinal du rouleau apparaissant dans l’ouverture, ladite bande comprenant au moins une première portion d’une première couleur et une deuxième portion d’une deuxième couleur, les portions occupant toute la largeur de la bande, la deuxième portion présentant, dans le sens de l’axe de la bande, une première et une deuxième extrémités concaves, de manière à afficher les phases de la lune à travers l’ouverture.
[0009] Le mécanisme peut comprendre encore l’une ou l’autre des caractéristiques suivantes:
le rouleau est traversé par un arbre qui lui est solidaire,
les moyens d’entraînement comportent une roue dentée solidaire de l’arbre,
le bâti comporte deux ponts, disposés à chacune des extrémités du rouleau, l’arbre étant monté pivotant sur chacun des ponts,
le pont situé du côté de la roue dentée présente une découpe de manière à permettre le passage d’organes venant entraîner la roue dentée,
le cadran comprend une pluralité d’ouvertures en forme d’étoiles disposées de part et d’autre de l’ouverture circulaire, le rouleau comprenant, entre ses extrémités et la bande, une succession régulière de rayures alternativement d’une première et d’une deuxième couleurs, parallèles à l’axe du rouleau et dont la largeur est sensiblement égale à la largeur des étoiles,
le cadran est un cylindre tubulaire de diamètre intérieur D, monté fixe sur le bâti, l’ouverture étant ménagée dans sa paroi latérale, le rouleau pivotant à l’intérieur du cylindre et parallèlement à l’axe longitudinal du cylindre et présentant un diamètre extérieur d, d étant légèrement inférieur à D.
[0010] La présente demande concerne également un mouvement d’horlogerie définissant un plan de référence, comportant un mécanisme tel que mentionné ci-dessus. Ce mouvement comprend une source d’énergie, l’énergie étant de préférence transmise aux moyens d’entraînement par une chaîne cinématique comportant au moins deux pignons à denture conique en prise perpendiculairement.
Brève description des dessins
[0011] D’autres détails de l’invention apparaîtront plus clairement à la lecture de la description qui suit, faite en référence au dessin annexé dans lequel les fig. 1, 2et 3 sont respectivement des vues de côté, en coupe et en éclaté du mécanisme selon l’invention.
Mode(s) de réalisation de l’invention
[0012] Les dessins montrent un bâti destiné à être monté sur une platine d’un mouvement de montre ou d’horloge, non représentée. Ce bâti est essentiellement constitué de deux ponts 10 et 12 agencés pour être fixés, par exemple par vissage, orthogonalement par rapport au plan défini par le mouvement, l’un en face de l’autre. Un arbre 14 est monté pivotant sur des paliers à chacune de ses extrémités, dans l’un et l’autre des ponts.
[0013] Cet arbre 14 sert d’axe de rotation à un rouleau 16 qui lui est solidaire. L’arbre 14 est monté au centre du rouleau 16. Dans le mode de réalisation illustré, l’arbre est muni de deux supports 18, de diamètre supérieur à celui de l’arbre, guidés, chassés et rivés dans des logements 20 que comportent les extrémités du rouleau.
[0014] Une roue dentée 22 est montée solidaire de l’arbre 14 et sert de moyen d’entraînement du rouleau 16. Dans l’exemple, la roue dentée 22 est intercalée entre l’un des ponts 12 et l’extrémité du rouleau correspondante. En fonction de la place disponible dans le mouvement, la roue 22 pourrait également être montée à l’extérieur du pont 12, l’arbre 14 traversant le pont dans ce cas.
[0015] Un cylindre 24 creux est monté fixe sur les ponts. Il remplit une fonction de cache du rouleau 16. L’axe central du cylindre 24 est avantageusement confondu avec celui de l’arbre 14. Le cylindre 24 est muni, sur sa paroi latérale, d’une ouverture de forme globalement circulaire 26 située du côté du cadran de la montre. Le terme globalement circulaire englobe une ouverture dont la projection sur un plan parallèle au mouvement, est circulaire ou ovale. L’ouverture 26 peut être avantageusement située sensiblement au centre du cylindre.
[0016] Lorsque le rouleau 16 pivote, la projection de l’ouverture 26 sur sa surface définit une bande 28 disposée selon une circonférence du rouleau et dans un plan perpendiculaire à l’axe longitudinal du rouleau. La bande 28 comprend au moins une première portion 28a de couleur sombre, destinée à représenter le ciel au cours de la nuit, et une deuxième portion 28b de couleur claire, destinée à représenter la lune. Les portions 28a et 28b sont disposées côte à côte selon l’axe de la bande et occupent toute la largeur de la bande 28. La deuxième portion 28b présente, dans l’axe de la bande, une première et une deuxième extrémités concaves, de manière à afficher les phases de la lune à travers l’ouverture 26 lorsque le rouleau 16 pivote.
[0017] De préférence, pour que les portions de la bande du rouleau 16 soient visibles dans de bonnes conditions au travers de l’ouverture 26, le cylindre 24 présente un diamètre intérieur D, tandis que le rouleau 16 présente un diamètre extérieur d étant légèrement inférieur à D.
[0018] En outre, le cylindre 24 peut comporter des ouvertures 30 en forme d’étoiles, disposées de part et d’autre de l’ouverture circulaire 26, du côté du cadran de la pièce d’horlogerie. Dans ce cas, le rouleau 16 présente, entre ses extrémités et les bords de la bande 28, une succession régulière de rayures 16a et 16b alternativement de couleur sombre 16a, similaire à celle utilisée pour la portion 28a du rouleau 16, et de couleur claire 16b, similaire à celle utilisée pour la portion 28b du rouleau 16, destinée à représenter les étoiles. Au moins les bandes de couleur claire 16b présentent une largeur sensiblement égale à la largeur des ouvertures 30. La largeur est ici la dimension parallèle à l’axe de la bande. Ainsi, lorsque le rouleau 16 pivote, les bandes claires apparaissent au travers des ouvertures en forme d’étoiles 30, donnant l’impression d’un ciel étoile, aux côtés de la lune qui apparaît dans l’ouverture circulaire.
[0019] Pour entraîner le rouleau 16, la roue dentée 22 est reliée cinématiquement au mouvement. Avantageusement, la roue dentée est reliée à la roue vingt-quatre heures 32, effectuant, comme son nom l’indique, un tour en 24 heures. Celle-ci porte un doigt 34 entraînant une fois par jour une étoile 36, solidaire d’un premier pignon 38. Ce dernier engrène avec un deuxième pignon 40, disposé perpendiculairement au premier. A la manière d’un cardan, ce deuxième pignon 40 est monté à une première extrémité d’une tige 42 qui comporte un troisième pignon 44 à sa deuxième extrémité. C’est ce dernier pignon qui est en prise perpendiculairement avec la roue dentée 22. Les dentures des éléments 38, 40, 44 et 22 sont coniques pour permettre un engrènement orthogonal.
[0020] Les dentures des différents mobiles peuvent être définies avec précision afin d’obtenir, sans autre renvoi supplémentaire, un rapport d’engrenage tel que le rouleau 16 effectue un tour en environ 29.53 jours, plus précisément en 29.53125 jours soit le temps moyen d’une lunaison. A titre d’exemple, cette période de révolution est obtenue avec une étoile 36 comportant quinze dents, des premier 38, deuxième 40 et troisième 44 pignons comportant respectivement vingt-deux, vingt-deux et trente-deux dents et une roue dentée 22 munie de 63 dents.
[0021] Avantageusement, le pont 12 et l’extrémité du cylindre 24 situés du côté de la roue dentée 22 sont conformés de manière à faciliter le passage du troisième pignon 44. Ainsi, selon l’exemple représenté au dessin, le pont et cylindre présentent une découpe, respectivement 46 et 48.
[0022] Ainsi est proposé un mécanisme d’affichage des phases de lune particulièrement original et précis. Le mode de réalisation présenté ci-dessus n’est qu’un exemple non limitatif de l’invention. Ainsi, la fonction de cache du cylindre pourrait être réalisée par un cache plat sous lequel pivote le rouleau, ce cache plat pouvant être le cadran de la montre. Par ailleurs, les rapports d’engrenage donnés pourraient être des multiples directs, afin que le rouleau soit entraîné en rotation à raison de N lunaisons par tour, N étant un entier non nul. Le cas échéant, le rouleau comporte, régulièrement réparties, une pluralité de premières portions d’une première couleur et de deuxièmes portions d’une deuxième couleur.