Proeédé et appareil pour la préparation des pierres à briquets. Les procédés employés actuellement pour la fabrication des baguettes pyrophoriques connues sous le nom de "pierres à briquet", notamment de celles à base de ferro-cérium, consistent à fondre l'alliage pyrophorique sous une couche saline qui empêche son inflam mation au contact de l'air, et à le couler une fois fondu dans des moules ayant le dia mètre des baguettes que l'on désire obtenir.
Le faible diamètre de ces baguettes rend l'opération très malaisée: il faut en effet assurer l'échappement de l'air contenu dans le moule par la partie inférieure de celui-ci, et empêcher en même temps la solidification prématurée de l'alliage dont le point de fusion est élevé, en chauffant préalablement au rouge le' moule lui-même. Ce mode de travail ex plique facilement les pertes élevées en ma tières premières occasionnées par cette façon de procéder.
La confection des moules, leur ouverture, le tronçonnage des baguettes exigent en outre une main-d'oeuvre considérable. Enfin le fait de couler l'alliage sous une couche de sel fondu provoque souvent l'occlu sion d'un peu. de ce sel dans la baguette de ferro-cérium, ce qui détermine par la suite l'effritement de cette dernière au contact de l'air.
Tous ces inconvénients sont évités dans le procédé suivant la présente invention.
Ce procédé est basé sur la découverte des propriétés suivantes, à savoir: 1 Que le ferro-cérium peut être chauffé même an contact de l'air jusqu'à une tem pérature un peu supérieure à celle du rouge sombre, sans s'enflammer; 2 Que le ferro-cérium amené à cette tem pérature, bien qu'étant encore très loin de son point de fusion perd presque toute cohé sion et acquiert une .,friabilité--' telle que le moindre effort suffit à le réduire en poussière; 3 Que si on exerce sur le ferro-cérium amené à cet état de "friabilité" une pression suffisante, on arrive à lui faire épouser par faitement la forme de l'enveloppe qui l'en toure;
4 Que le ferro-cérium amené à l'état de ..friabilité\ précité et ,,comprimé" comme in diqué plus haut, reprend par refroidissement sa dureté et sa cohésion primitives.
Dans le présent procédé selon l'invention, on amène donc une masse de ferro-cérium à la température voisine du rouge sombre, à laquelle il- devient friable et on le refoule par pression dans un moule de la forme vou lue, où il est. refroidi sous pression. Une fois l'opération terminée -on obtient, après démou lage. l'alliage pyrophorique sous la forme correspondant au moule, par exemple sous forme de baguette.
Pour mettre cri rouvre ce procédé, on peut employer un appareil comportant une cavité à parois résistantes qu'on peut chauffer, un piston rnobile dans cette cavité et un moule communiquant avec la cavité. Le piston en réduisant le volume de la cavité chasse dans le moule en<B>l'y</B> comprimant l'alliage pyro- phorique que l'on a placé dans la cavité après l'avoir amené à la température qui lui donne les propriétés de friabilité mentionnées plus haut.
Sur le dessin ci-joint, donné à titre d'exemple Fig. 1 est une coupe diamétrale d'un appareil conforme à la présente invention; Fig. 2 en est une variante.
L'appareil représenté à la fig. 1 comporte une chambre ra, qu'il @ est bon de pouvoir maintenir à la température convenable au moyen d'une source de chaleur extérieure (gaz ou courant électrique); un piston b sur lequel s'exerce l'action d'une presse, d'un marteau pilon ou tout autre appareil méca nique convenable; une plaque c ayant sen siblement une épaisseur égale à la longueur des ..pierres à briquets" que l'on désire ob tenir et percée de trous d ayant des dimen sions transversales égales à celles de ces mêmes pierres.. ces trous d sont très légère- aient coniques pour faciliter le démoulage;
ils sont obturés par une contre-plaque e placée sous c.
L'espace dans lequel se moule la pierre à briquet se trouve donc représenté par les logements d pratiqués dans la plaque c. L'air contenu dans ces logements s'échappe par les interstices existant entre les deux plaques c et e. On peut d'ailleurs favoriser l'existence de ces interstices en interposant entre c et e une toile métallique fine par exemple, ou par tout autre moyen.
Dans un appareil de ce genre, on intro duit dans la chambre a un lingot de ferro- cérium f ; celui-ci peut être amené à la tem pérature qu'on désire par un chauffage préa lable. Ce chauffage peut aussi se pratiquer dans la chambre elle-même.
Quant ce lingot a atteint par suite de l'élévation de température, la ,,friabilité' sur laquelle est basé le présent procédé, on exerce sur lui, par l'intermédiaire du piston b une pression convenable. Le ferro-cérium se ,,moulent alors parfaitement dans les logements d pra tiqués dans la plaque e et s'y solidifie. Au moyen d'une poussée transversale exercée sur la plaque c. on détache les pierres à briquet contenues dans cette plaque du lingot restant dans cc, auquel elles adhèrent encore.
La plaque c est alors remplacée par une autre semblable et l'opération recommence jusqu'à épuisement du lingot.
Les pierres à briquets qui se trouvent ainsi constituées par du ferro-cériunr com primé, sont ensuite démoulées par tout moyen approprié.
L'appareil suivant la fig. 2 permet d'obte nir des baguettes beaucoup plus longues que les pierres et de les tronçonner ensuite.
De cette manière, le moulage peut être rendu continu au moyen de cette appareil, lequel -comporte une chambre a, maintenue par une source de chaleur extérieure à une température suffisante pour amener le ferro- cérium à l'état de "friabilité" désiré. Un piston b reçoit et transmet comme dans fig. 1 l'effort de compression; une plaque g obture l'enceinte a-. Dans cette plaque y sont pra tiqués un ou plusieurs trous h du diamètre des pierres que l'on veut obtenir.
La longueur de ces trous doit être suffisante pour que le ferro-cérium qui s'y trouve comprimé, soit assez refroidi en arrivant à l'extrémité in férieure pour avoir, repris sa cohésion et sa dureté primitives. On assure ce refroidisse ment d'une façon quelconque, par exemple en entourant l'extrémité inférieure de la d'un 'manchon i, à l'intérieur duquel circule de l'eau.
Dans ce dispositif, c'est donc le frotte ment du ferro-cérium solidifié contre les parois des moules h. qui assure la compression du métal dans le moule.