Conducteur fractionné pour enroulements d'induits ou d'inducteurs dentés de machines dynamoél-ectriques. On sait que dans les machines dynamo- elcetriques dont le stator ou le rotor ou l'un et l'autre sont dentés, c'est-à-dire comportent (les rainures ou encoches longitudinales pour le logement des enroulements, en emploie de preférerce aux barres remplissant toute la section de la rainure, un paquet formé d'une multiplicité de conducteurs de faible section, légèrement isolés les uns des autres, en vue d'éviter, du fait de l'inégale répartition de la tension dans la section de la rainure, la for mation de courants de Foucault à l'intérieur des conducteurs.
Pour la cónstitution du paquet de conduc teurs de faible section, on a proposé d'abord d'employer des fils métalliques que l'on tor dait entre eux à la manière des éléments d'un câble; le câble ainsi formé étant ensuite aplati ou plus exactement conformé suivant le pro fil de la rainure, de manière à remplir celle-ci dans toute la mesure possible. Par le câblage entre cux des conducteurs élémentaires de faible section, on réalisait bien d'une façon parfaite le passage de chaque conducteur élé mentaire à tous les niveaux de la rainure pour la répartition uniforme de la tension à travers toute la section transversale du con ducteur complexe; en revanche on réussissait difficilement à remplir la totalité de la rai nure, celle-ci se trouvant en conséquence in complètement utilisée.
On a, d'autre part, proposé dès 1886, de constituer le conducteur complexe au moyen d'une pluralité de lames ou rubans, c'est-à- dire au moyen d'un paquet de conducteurs élémentaires de section transversale rectangu laire, convenablement coudés ou pliés de ma nière à se trouver tressés entre eux; autrement dit, on réunissait ces conducteurs élémen taires, par un tressage, un croisement ou en chevêtrement qui permettait à chacun d'occu per, par des parties différentes de sa lon gueur, d'un côté la partie de plus faible et de l'autre la partie de plus grande intensité du champ magnétique.
Plus récemment, ce principe connu a été appliqué sous les formes les plus-variées. Dans tous les cas, le problème à résoudre consistait à remplir la rainure aussi complètement que possible par une multiplicité de conducteurs élémentaires ou de rubans, et à faire parcou rir à chaque ruban toute la hauteur de la rai nure, depuis son entrée dans celle-ci à l'une des extrémités, jusqu'à sa sortie par l'extré mité opposée, de manière que la masse de chaque ruban soit répartie par quantités égales de part et d'autre du plan horizontal moyen de la rainure. Il faut enfin isoler au mieux les rubans les uns des autres, en rédui sant au minimum la section occupée par l'isolant.
Avec tous les dispositifs actuellement con nus, on a employé des rubans complètement coudés ou pliés à l'avance sous la forme qu'ils occupaient dans la rainure, et on les a empilés en une pile ou en plusieurs piles juxtaposées dans la rainure. Pour la forma tion d'une pile, les rubans ayant ainsi reçu d'avance leur forme définitive, par coudage ou pliage préalable, devaient être mis en place par enchevêtrement des rubans successifs en tre eux.
Autrement dit, avec les dispositifs connus, on ne saurait constituer une pile par simple superposition des rubans qui la com posent, il faut mettre en place les rubans successifs en les tressant, les croisant ou les enchevêtrant, c'est-à-dire en faisant passer sous un premier ruban une partie arrière de la longueur d'un second ruban, alors que la partie avant de ce second ruban était placée par-dessus la partie avant dudit premier ru ban, et ainsi de suite.
D'autre part, pour faire parcourir à cha que ruban toute la hauteur de la section de la rainure, et sans être obligé d'employer deux piles de ruban juxtaposées, ce qui a l'in convénient de nécessiter l'interposition d'un isolant entre les deux piles, on a été conduit à plier les rubans de façon que, sur leur lon gueur, ils comportent un ou plusieurs tron çons placés de champ. Or, l'existence de ces tronçons placés de champ et qui ont, suivant leur inclinaison, une longueur égale ou supé rieure à la profondeur de la rainure, est un inconvénient, parce qu'elle diminue la résis tance mécanique du ruban. La présente invention permet de réduire, autant que possible, tous les inconvénients qui viennent d'être rappelés.
Le conducteur qui en fait l'objet est cons titué au moyen d'une pluralité de rubans de vant avoir la largeur de la rainure, mais il se distingué par le fait que les divers rubans comportent chacun deux tronçons disposés de champ, de longueur égale sensiblement à la demi-hauteur du conducteur complet, et dis posés l'un au-dessus, l'autre au-dessous du plan horizontal longitudinal médian du con ducteur, ces tronçons de champ étant reliés entre eux par des tronçons intermédiaires dis posés à plat, de longueur constante pour tous les rubans et inclinés par rapport audit plan médian en sens inverse de tronçons à plat re liant lesdits tronçons de champ aux tronçons d'extrémité des rubans, les rubans du conduc teur étant assemblés suivant deux demi-piles de rubans semblables, dont l'une a,
ses tron çons intermédiaires à plat inclinés en sens inverse de ceux de l'autre demi-pile, par rap port audit plan horizontal médian.
Le dessin ci-joint, donné à titre d'exem ple, concerne plusieurs formes d'exécution de l'objet de l'invention.
La fig. 1 est une élévation longitudinale d'une forme d'exécution formée de deux demi- piles de rubans emboîtées l'une dans l'autre; La fig. 2 est une coupe transversale d'une rainure dans laquelle est logé ce conducteur: La fig. 3 est une vue en perspective du conducteur complet, l'une des demi-piles de rubans étant distinguée de la demi-pile com plémentaire, par des hachures; La fig. 4 montre séparément, en perspec tive, l'une des demi-piles de rubans;
La. fig. 5 montre isolément l'un des rubans de cette demi-pile; Les fig. G et 7 montrent, respectivement en perspective et en plan, un empilage par simple superposition de rubans, en vue (le la conformation, à, la machine, de la demi-pile représentée sur la, fig. 4; La fig. 8 montre en élévation une autre forme d'exécution du conducteur.
Le conducteur représenté aux fig. 1 à 4 est formé de deux demi-piles de rubans com portant chacun, comme le montre plus parti culièrement la fig. 5 qui représente un ruban séparé, deux parties ou tronçons<I>a, A</I> coudés de champ sur une hauteur sensiblement égale à la demi-hauteur du conducteur complet. Le ruban est plié de manière que ces deux tron çons placés de champ se trouveront, respec tivement, l'un, a, au-dessus du plan horizontal longitudinal médian X-X du conducteur complet, et l'autre, A, au-dessous de ce plan: Les extrémités inférieures des tronçons a et _A sont reliées par un tronçon B disposé à plat et incliné sur ledit plan médian X-X suivant un angle a.
Les extrémités supérieures desdits tronçons de champ sont raccordées aux bouts de ruban correspondants D, placés à plat horizontalement, par des tronçons C dis posés à plat, et inclinés sur le plan X-X en sens inverse, c'est-à-dire suivant l'angle com plémentaire 180 <B>-</B>a.
Les longueurs des tronçons D, C devront bien entendu varier progressivement de façon que les tronçons de champ, a d'une part et A de l'autre, des rubans successifs d'un demi-em pilage se trouvent convenablement écartés les uns des autres. Par contre, les tronçons B auront une longueur constante.
Dans l'exemple représenté où les rubans ont été figurés, pour plus de clarté, avec une épaisseur très exagérée, on a supposé que cha que demi-pile comporte cinq rubans 1, 2, 3, 4, 5, alors que, dans la pratique, ce nombre sera de beaucoup plus considérable, en sorte que l'angle a sera en réalité bien plus aigu que ne le représente la figure, attendu que la longueur des tronçons B sera bien plus grande, par rapport à l'épaisseur, que ne le montre le dessin.
Les rubans séparés peuvent être entière ment conformés individuellement au préala ble, et il est clair qu'ainsi conformés ils peu vent être empilés sans torsion pour la forma tion d'un demi-conducteur tel que le repré sente la fig. 4. Il suffira de coucher, sur les tronçons de champ a, A, le ruban 1 pour que l'on puisse, en présentant dans la même po- sition le ruban 2, mettre celui-ci à sa place et ainsi de suite.
Le demi-conducteur complémentaire, formé d'une pile de rubans analogue, pourra ne dif férer du demi-conducteur représenté sur la fig. 4 que du fait que les tronçons de champ a et A se trouveront placés à l'arrière, au lieu d'être placés à l'avant, le groupe des tron çons a étant disposé au-dessous du plan mé dian au lieu d'être disposé au-dessus. En d'autre termes, on obtiendrait le demi-conduc teur complémentaire en faisant tourner de 180 le demi-conducteur de la fig. 4.
Les demi-conducteurs étant préparés, on obtient le conducteur complet par leur simple emboîtement. Les tronçons Bl de l'un des deux demi-conducteurs seront inclinés du même an gle a par rapport au plan médian du conduc teur complet, mais en sens inverse par rap port à ceux B du demi-conducteur complé mentaire.
Les tronçons de champ a de l'un des- demi-conducteurs se trouveront dans la moitié avant de celui-ci, alors que les tronçons al de l'autre se trouveront dans la moitié arrière. Inversement, les tronçons A se trouveront dans la moitié arrière et les tronçons A1 dans la moitié avant.
Les tronçons B de l'un des demi-conduc teurs se logeront entre les tronçons C1 de l'autre, dans l'une des moitiés du conducteur complet, alors qu'inversement les tronçons B1 de l'autre demi-conducteur, inclinés en sens inverse. prendront place entre les tronçons C (lu premier.
Au lieu de plier séparément les divers rubans d'un demi-conducteur, on peut partir de rubans simplement coudés dans leur plan ou découpés en forme d'U comme le montrent les fig. 6 et 7, chaque ruban présentant un tronçon de base de longueur correspondant à B, raccordé, par deux trcnçons a, A de lon gueur égale à la demi-hauteur du conducteur h. obtenir, à deux tronçons parallèles à la base, de longueur correspondant à l'ensemble D-C de gauche, d'une part, et à l'ensemble D-C de droite de l'autre.
Ces rubans plats, coudés en U pourront être empilés par simple superposition, comme le montre la fig. 7. Puis on pourra placer de champ à la fois tous les tronçons a et A par un seul coup de presse. Par un second coup de presse, on pourra ra mener à la fois tous les tronçons B en position à plat et parallèles aux tronçons C-D. Il restera à conformer le demi-conducteur, opé ration qui se fera à la presse, après un em boîtement, dans ce dernier, du demi-conduc teur complémentaire.
Si l'on voulait se contenter d'une partie des avantages que peut procurer l'invention et qui résulte du fait de la réduction, à la demi-hauteur du conducteur total, des tron çons de champ a et A, disposition qui impli que d'ailleurs l'inclinaison, en sens inverse des tronçons B et C, on pourrait réaliser le conducteur représenté par la fig. 8.
Dans cet exemple, les tronçons a. et A sont placés d'un même côté pour tous les rubans du conducteur complet. Il s'ensuit que l'on ne peut plus empiler ces rubans par simple superposition, et qu'ils ne peuvent plus être mis en place qu'au prix d'un enchevêtrement, inconvénient qui est supprimé dans l'exem ple de réalisation précédent. De même, on ne peut plus, avec cette seconde construction, réaliser simultanément la mise de champ de tous les éléments a et A. On est obligé de rabattre le tronçon supérieur de gauche a, puis le tronçon inférieur voisin A, et ainsi de suite.
Les rubans de chaque demi-conducteur pourront, de la façon connue, être, sur les bords longitudinaux des tronçons B et C, con venablement échancrés ou diminués de lar geur pour le logement de l'épaisseur des tron çons de champ<I>a, A.</I>