Isolateur électrique. Une des principales causes de rupture des isolateurs électriques en porcelaine ou en verre est l'usage de ciment pour la- fixation des ferrures à leur intérieur. Aux variations de volume de ce ciment vient s'ajouter le fait que la ferrure a un coefficient de dilatation plus élevé que le verre ou la porcelaine, ce qui tend à faire éclater ces derniers lorsqu'une ferrure se trouve à l'intérieur de l'isolateur comme c'est le cas dans la plupart des isola teurs de type courant. De plus, la fatigue électrique de la porcelaine ou du verre com pris entre les deux scellements concentriques est importante, et amène un rapide vieillisse ment de l'isolateur.
La présente invention a pour but d'éli miner ces inconvénients. Son objet. est un isolateur électrique dont le corps isolant com porte des bossages se logeant dans des pièces métalliques de fixation, et sa particularité consiste en ce que ces bossages sont pourvus d'une ou plusieurs rainures transversales avec lesquelles sont en prise des nervures cor respondantes de bagues intercalaires en un alliage métallique, sur lesquelles les pièces de fixation sont fixées.
Au dessin annexé, donné à titre d'exemple: La fig. 1 est une coupe verticale par l'axe d'une forme d'exécution de l'isolateur suivant l'invention, l'isolateur étant du type à sus pension; Les fig. 2 et 3 montrent en plan deux variantes des bagues intercalaires autour des bossages du corps de l'isolateur; Les fig. 4 à 9 montrent d'autres formes d'exécution ; La fig. 10 montre encore une autre forme d'exécution; La fig. 11 est une vue en plan d'une pièce de fixation employée dans cette forme d'exécution;
La fig. 12 est une coupe horizontale par tielle, à plus grande échelle, suivant la ligne brisée a-b-c-d de la fig. 10.
Dans l'isolateur à suspension de la fig. 1, les deux pièces de fixation et de suspension 1 sont l'une et l'autre en forme de chape mé tallique et fixées sur des bossages 10a de la masse en porcelaine 10 constituant le corps de l'isolateur de la manière qu'on va décrire.
La section des bossages 10a du corps de l'isolateur compris à l'intérieur de ces chapes est calculée de façon à ce que l'isolateur possède la résistance à la traction qui lui est nécessaire. , Au point de vue électrique, le diélectrique gui se trouve à l'intérieur des chapes 1 et entre les deux chapes est moins fatigué que celui qui se trouve compris entre les deux scellements ordinaires constitués par une chape extérieure et un boulon intérieur, et que celui compris entre les deux armatures à branches et scellement multiples de certains isolateurs récents. Cela est dît au fait que, dans l'isolateur de la fig. 1, les bossages centraux du corps de l'isolateur se trouvent en quelque sorte à l'intérieur 'd'un conduc teur creux, et que le champ électrique y est nul.
Au point de vue mécanique, il y a lieu de remarquer d'abord qu'avec cette disposi tion des deux pièces métalliques 1 formant chape l'une et l'autre, on pourrait employer du ciment pour leur fixation, car les dif férences de dilatation entre métal, ciment et isolateur n'ont plus pour effet de provoquer une contrainte de la matière de ce dernier à l'extension, niais seulement une contrainte à la compression, contrainte beaucoup mieux supportée, et du reste atténuée par l'élasticité des chapes métalliques. On pourrait encore atténuer cette contrainte en donnant une forme et des dispositions convenables au scellement.
Mais la fig. 1 représente un autre moyen de fixation des chapes sur l'isolateur, moyen qui évite tout ciment. Les chapes 1 sont vissées sur des bagues métalliques 3, inter calaires, qui sont retenues elles-mêmes sur l'isolateur grâce à des rainures transversales 4 prévues aux bossages 10a et dans lesquelles s'engagent des nervures correspondantes des bagues 3. Ces bagues sont en un alliage métallique de résistance mécanique suffisante, mais suffisamment malléable pour épouser la forme des bossages du corps de l'isolateur sans l'écraser aux premiers points de contact.
Les bagues 3 peuvent être sectionnées suivant un plan axial soit en deux points (fig. 2), soit en un seul point (fig. 3), ce qui permet de les placer sur la partie correspon dante de l'isolateur (en les ouvrant, puis les refermant dans le second cas). Dans ces deux cas, la bague est maintenue en place par la chape qui vient se visser sur elle.
Le jeu existant dans le filetage vient compenser la contraction de la chape par les basses températures.
Les bagues 3 peuvent être également établies en une seule pièce et sans coupure. Elles sont alors mises en place soit en les coulant directement (en un alliage suffisam ment fusible), soit en les faisant plus grandes et en les comprimant à froid, de façon à les amener à leur position et à leur dimension définitives.
On peut encore, comme il est indiqué en fig. 4, adopter une chape 6 avec une ron delle de retenue 5. .Cette rondelle est d'abord mise en place sur le bossage du corps de l'isolateur, puis on coule ou on dispose la bague en alliage métallique 3 et enfin on visse la chape 6 sur la rondelle 5.
Au lieu de la simple rondelle de la fig. 4, on peut employer, comme le montre la fig. 5, une chape en deux parties 7 et 8 réunies ensemble par un filetage, la partie 7 étant munie d'un rebord jouant le rôle de la ron delle 5 de la fig. 4. La chape peut même être alors en une seule partie, surtout si la bague en alliage métallique est obtenue par coulée; cette coulée peut s'opérer alors par des ouvertures 9, ménagées à la partie supé rieure de la chape.
Le corps 10 de l'isolateur peut aussi être muni de deux rebords ou collerettes annu laires 1011, autour des chapes, comme il est indiqué en fig. 6, ces rebords étant d'une pièce avec la masse en porcelaine formant le corps 10.
Pour éviter que l'eau de pluie s'accumule au sommet de l'isolateur dans la gorge exis tant entre le rebord 10b et la chape métal lique 1, on peut remplir cette gorge avec une matière plastique, ou bien avec le même alliage métallique qui sert à fixer la chape sur le bossage du corps de l'isolateur. Dans cet ordre d'idées, comme on le voit sur la fig. 7, on peut couler en une seule fois toute la masse de l'alliage; la partie 3b servant à la fixation de la chape sur le bos sage du corps de l'isolateur, et la partie 3 servant au remplissage de la gorge précitée; on aura évidemment soin de prévoir à une partie convenable de la chape, une ou plu sieurs ouvertures pour l'évacuation de l'air au moment de la coulée.
Dans cet exemple, la partie cylindrique 11, de la chape présente des saillies annulairés internes qui améliorent la fixation. Des saillies externes analogues pourraient être prévues, ou bien, comme c'est le cas dans la variante de la fig. 8, la chape 1 peut ne présenter qu'un rebord externe 12 à son extrémité inférieure.
On peut aussi utiliser les rebords lob du corps de l'isolateur au point de vue mécanique en les faisant participer à la fixation de la chape sur le bossage de l'isolateur en don nant, par exemple, à la chape 1 et au rebord en porcelaine lob une forme telle que celle représentée sur la fig. 8.
Dans ce cas, le rebord 10b est évidé intérieurement en<I>an</I> de façon à présenter un épaulement intérieur ri, le diamètre interne du rebord 10b à l'endroit de cet épaulement étant inférieur au diamètre externe maximum de la partie cylindrique encastrée de la chape, et cette partie cy lindrique de la chape est sectionnée suivant des génératrices o, comme il est indiqué aux fig. 8 et 9, de façon à donner à cette partie cylindrique une élasticité suffisante pour qu'elle puisse être forcée au passage de l'épaulement n du rebord lob et qu'elle reprenne ensuite son diamètre primitif, une fois parvenue à fond dans la cavité 11 du corps de l'isolateur;
l'épaisseur de la chape et sa matière consti tutive sont choisies de façon à assurer égale ment l'élasticité convenable.
Les fig. 10, 11 et 12 représentent un autre moyen de fixation de la chape sur le corps de l'isolateur; la chape 1 a sa partie cylindrique la sectionnée suivant plusieurs génératrices, et sur ces sections, le rebord inférieur est alternativement tourné vers l'ex- térieur sur l'une, comme en 12, vers l'in térieur sur l'autre, comme en 13.
Le diamètre intérieur des rebords 13 est plus petit que le diamètre extérieur du bos sage .10a du corps 10 de l'isolateur, et le diamètre extérieur des rebords 12 est plus grand que le diamètre' intérieur du bossage lob du corps 10 de l'isolateur. L'élasticité de la partie cylindrique de la chape, sectionnée comme il est dit plus haut, permet son intro duction dans la rainure circulaire ménagée entre les parties 10a et lob du corps 10 de l'isolateur et, les rebords 12 et 13 étant arrivés en place dans la cavité 11 destinée à les recevoir, ils se détendent, l'élasticité des sections de la chape les ramenant à leur position normale.
Dans cette position normale, les rebords extérieurs 12 de la chape se trouvent retenus par la partie lob du corps 10 de l'isolateur, et les rebords intérieurs 13 de la chape sont retenus par la partie 10a du corps de l'iso lateur. Autour de la chape, entre elle et les parties 101, et 10b de l'isolateur, est alors coulée la bague de remplissage qui peut être en un alliage métallique et dont une partie s'engage dans les rainures transversales du bossage 10a.
La partie 10a du corps 10 de l'isolateur, au lieu de présenter plusieurs rainures trans versales comme dans les exemples sus-décrits, pourrait n'avoir qu'une seule rainure trans versale, à sa partie inférieure pour y rece voir- les rebords 13 de la chape.
La bague de remplissage métallique peut, à l'encontre d'un ciment, n'avoir aucune adhérence avec<B>là</B> porcelaine; elle peut donc être choisie convenablement pour que les effets de la dilatation ne puissent amener aucune contrainte exagérée de la porcelaine.