PASTILLE DE MODIFICATION D'UNE PUISSANCE D'UN COMPOSANT
OPTIQUE
La présente invention concerne une pastille destinée à être fixée sur une face d'un composant optique pour modifier une puissance optique de celui- ci. Elle concerne aussi un élément optique et une paire de lunettes qui incorporent une telle pastille, ainsi qu'un procédé de fabrication de la pastille. II peut être utile d'adapter la puissance d'un composant optique en fonction d'une utilisation particulière de celui-ci. Ce peut être le cas, par exemple, pour adapter un verre de lunettes de protection solaire à l'amétropie d'un porteur de ce verre. Dans le cadre de l'invention, la puissance d'un composant optique désigne la vergence de cet élément, et est couramment exprimée en dioptries.
Il est connu de réaliser une pastille en matériau transparent qui est destinée à être appliquée sur une face d'un composant optique, pour modifier la puissance de ce dernier. La pastille comprend une lentille de Fresnel qui est formée d'une série de zones de Fresnel disposées les unes à l'intérieur des autres parallèlement à une face lisse de la pastille. Ces zones présentent des sauts de hauteur entre deux zones successives qui sont plus grands que cinq fois une longueur d'onde moyenne de lumière visible, les sauts de hauteur étant mesurés selon une direction perpendiculaire à la tangente de la face lisse. Dans ces conditions, la pastille possède elle-même une puissance optique qui résulte de la réfraction des rayons lumineux sur les deux faces de la pastille dans chaque zone de Fresnel. Cette puissance optique de la pastille s'ajoute à celle du composant optique sur lequel elle est appliquée. L'utilisation d'une forme de lentille de Fresnel réduit l'épaisseur de la pastille pour obtenir une modification de puissance fixée, par rapport à une lentille additionnelle qui serait accolée au composant optique.
Ces pastilles possèdent une forme initiale plane, et doivent être courbées lorsqu'elles sont appliquées sur la surface courbe d'une lentille ou d'un verre ophtalmique. Cette déformation de la pastille au moment de son
application sur la lentille ou sur le verre ophtalmique crée des distorsions d'une image formée à travers la lentille ou le verre, une fois que celle-ci ou celui-ci est muni(e) de la pastille, ainsi que des aberrations optiques. De tels défauts sont particulièrement gênants pour une application ophtalmique, puisque qu'un objet apparaît alors avec une déformation variable lorsqu'il est observé à travers des endroits différents du verre. En particulier, les distorsions de l'image varient dynamiquement lorsque l'objet observé se déplace dans le champ de vision ou lorsque le porteur du verre tourne la tête en suivant l'objet du regard. Ces distorsions d'image sont alors très gênantes. Enfin, ces défauts sont d'autant plus importants que la modification de puissance optique apportée par la pastille est élevée.
En outre, les pastilles existantes sont conçues pour être appliquées sur un verre en tournant à l'opposé du verre la face des pastilles qui comporte les sauts de hauteur. En effet, la face lisse de chaque pastille, qui est située du côté opposé aux sauts de hauteur, permet une adhésion de la pastille sur le verre par capillarité ou par effet électrostatique. La face de la pastille qui est exposée aux salissures est alors celle qui comporte les sauts de hauteur. Or celle-ci ne peut pas être nettoyée simplement à cause de son relief, et les dépôts de salissure qui se forment dans les sauts de hauteur provoquent une diffusion lumineuse importante. Ils dégradent aussi fortement la qualité d'une image formée à travers le verre muni de la pastille, en déformant localement le front d'onde lumineux.
Il est également connu du document US 2006/0109554, une lentille optique diffractive comprenant une surface inférieure ayant une courbe asphérique et une surface supérieure ayant une courbe quasi-parabolique, ladite surface supérieure incluant en plus une pluralité de rayures diffractives. Ces rayures diffractives sont façonnées en accord avec une formule de diffraction de Fresnel. Les lentilles optiques telles que décrites sont destinées à être utilisées en tant que lentilles instrumentales, du type des lentilles que l'on peut trouver dans des appareils électroniques tels que les caméras, les projecteurs, ou bien les scanners. Ces lentilles optiques constituent des éléments optiques diffractifs. De telles lentilles ne peuvent trouver un usage en optique ophtalmique, du fait de leur conception. En effet une lentille diffractive
apporte du chromatisme, celui-ci étant de plus en plus important avec la puissance corrective que l'on crée au niveau de la lentille. De ce fait l'utilisation de lentille diffractive telle que décrite dans cette demande de brevet n'est pas apte à fournir une solution au problème technique de la présente invention. Un but de la présente invention est de proposer une pastille de modification de puissance optique qui ne présente pas les inconvénients cités ci-dessus.
Pour cela, l'invention propose une pastille du type décrit ci-dessus, et qui est destinée à être fixée sur une surface courbe d'un composant optique pour modifier la puissance de celui-ci. Par modifier on entend soit l'apport d'une puissance optique à un composant optique ne comprenant pas de puissance, soit une variation de la puissance optique à un composant optique comprenant déjà sa propre puissance optique. Selon l'invention, la pastille possède une forme généralement bombée en plus des sauts de hauteur qui sont présents entre les zones de Fresnel. Autrement dit, la face lisse de la pastille possède une courbure initiale qui correspond sensiblement à la forme de la surface courbe du composant optique destiné à recevoir ladite pastille. La face de la pastille qui comporte les sauts de hauteur possède également une courbure moyenne qui correspond aussi à ladite surface courbe du composant optique. C'est cette face de la pastille qui comprend les sauts de hauteur qui est destinée à être mise en contact avec la surface courbe du composant optique.
Une pastille de modification de puissance optique selon l'invention n'est donc pas plane, mais présente une forme générale bombée, par exemple sensiblement sphérique, en plus des sauts de hauteur. Grâce à cette forme initiale bombée, la pastille n'est que peu déformée, ou pas déformée, lorsqu'elle est appliquée sur la surface d'un composant optique qui est lui- même sensiblement bombé. La pastille crée alors peu ou aucune distorsion d'image, ni aberration optique, lorsqu'un objet est observé à travers le composant optique muni de la pastille. Le confort d'utilisation du composant optique n'est alors pas dégradé par la pastille, même pour une pastille qui réalise une modification de puissance optique importante pouvant être supérieure à 30 dioptries en valeur absolue au niveau de la pastille en elle-
même.
Au sens de l'invention on entend par composant optique les visières telles que les visières de casque et les lentilles ophtalmiques. Par lentilles ophtalmiques, on entend les lentilles s'adaptant notamment à une monture de lunette ou à un masque tel qu'un masque de ski ou un masque de plongée, ainsi que les masques ayant pour fonction de protéger l'œil et/ou de corriger la vue, ces lentilles étant choisies parmi les lentilles afocales, unifocales, bifocale ou à addition progressive. Par masque, tel que les masques solaires, on entend une lentille constituée d'une seule pièce et destinée à être positionnée devant les deux yeux. De telles lentilles ophtalmiques ou visières peuvent être éventuellement teintées. Ces composants optiques au sens de l'invention peuvent optionnellement présenter une ou plusieurs fonctions apporter pas l'application d'un ou plusieurs revêtements et pouvant notamment être choisi parmi les revêtements photochromiques, anti-reflets, antisalissures, anti-chocs, anti-rayures, polarisants et antistatiques. L'invention est particulièrement adaptée aux lentilles ophtalmiques correctrices ou non correctrices.
Selon une caractéristique supplémentaire de l'invention, les sauts de hauteur entre zones de Fresnel successives sont situés sur une face généralement convexe de la pastille. Lorsqu'une telle pastille est appliquée contre la face postérieure, ou concave, d'une lentille ophtalmique, la face de la pastille qui est exposée aux salissures est celle qui est lisse. Elle peut donc être facilement nettoyée. La face de la pastille qui comporte les sauts de hauteur est alors protégée des salissures par la lentille contre lequel elle est appliquée. La modification de la puissance optique qui est apportée par la pastille est alors permanente, et n'est pas altérée par des dépôts de salissure. L'utilisateur de lunettes ou de masque comprenant de telles lentilles ophtalmiques munies de cette pastille en appréciera immédiatement l'avantage pratique dans sa vie quotidienne.
Selon encore une autre caractéristique de l'invention, le rayon de courbure moyen de la pastille est compris entre 135 mm (millimètres) et 53 mm. Un tel rayon de courbure correspond à la forme de la face postérieure, ou face concave, de nombreuses lentilles de lunettes.
Selon une amélioration de l'invention, les sauts de hauteur entre zones de Fresnel successives ont des amplitudes sensiblement constantes à l'intérieur d'un cercle de 10 mm de rayon entourant le centre optique de la pastille. La face de la pastille qui comporte les sauts de hauteur présente alors une hauteur de reliefs constante dans une partie centrale de cette face. Ceci contribue encore à assurer qu'aucune distorsion d'image ni aberration optique ne soit provoquée par la pastille lorsque celle-ci est appliquée contre un composant optique du côté des sauts de hauteur. L'invention comprend également une pastille dans laquelle les sauts de hauteur entre zones de Fresnel successives ont des amplitudes sensiblement constantes sur toute la surface de ladite pastille. L'invention comprend ainsi les différentes combinaisons possibles entre saut de hauteur variable entre zone de Fresnel et saut de hauteur constant entre constant zone de Fresnel sur tout ou partie de la surface de la pastille. L'invention concerne aussi un élément optique qui comprend un composant optique de base et une pastille telle que décrite précédemment, fixée sur le composant. De préférence, la face de la pastille qui comporte les sauts de hauteur est tournée vers le composant de base au sein de l'élément optique, afin de protéger cette face contre des salissures. En particulier, la pastille peut être fixée sur le composant par une couche de matériau présentant des propriétés adhésives aptes à apporter une cohésion permanente entre ladite pastille et ledit composant optique. Cette couche de matériau est alors disposée entre les deux entités constituant l'élément optique. Comme décrit précédemment le composant optique de base peut être une lentille ophtalmique. De préférence, une telle lentille ophtalmique est teintée ou partiellement réfléchissante et présente éventuellement des propriétés optiques aptes à corriger une amétropie. La pastille est alors peu visible et ne réduit pas l'esthétisme d'une paire de lunettes qui comprend la lentille, lorsqu'elle est appliquée sur la face concave, ou face postérieure, de la lentille.
L'invention concerne aussi une paire de lunettes qui comprend au
moins une lentille et une pastille telle que décrite précédemment, qui est fixée sur la lentille. De préférence, la pastille est fixée sur la face postérieure de la lentille. Une telle paire de lunettes peut être du type lunettes correctrices d'amétropie teintées ou non, ou lunettes ou masque de protection solaire non correctrice, en particulier.
L'invention concerne enfin un procédé de fabrication d'une pastille de modification de puissance optique telle décrite plus haut, à partir d'un matériau thermoplastique.
D'autres particularités et avantages de la présente invention apparaîtront dans la description ci-après d'exemples de réalisation non limitatifs, en référence aux dessins annexés, dans lesquels :
- la figure 1 a est une vue en perspective d'une pastille selon l'invention ;
- les figures 1 b et 1 c sont des vues en coupe respectives de deux pastilles selon l'invention ; - les figures 2a et 2b sont des vues en coupe de deux lentilles ophtalmiques, aptes à être adaptées à une paire de lunettes, munies de pastilles conformes aux figures 1 b et 1c ;
- la figure 3 est un diagramme illustrant des variations de sauts de hauteur pour une pastille selon l'invention ; - la figure 4 illustre une convention de mesure d'un angle de mouillage ; et
- la figure 5 illustre schématiquement le principe de fabrication d'une pastille selon l'invention.
Pour raison de clarté, les dimensions des éléments représentés ne sont pas en proportion avec des dimensions ou des rapports de dimensions réels. En outre des références identiques sur des figures différentes désignent des éléments identiques.
Conformément aux figures 1 a et 1 b, une pastille 1 selon l'invention possède une forme générale bombée, ou en coupelle. De préférence, la pastille a une forme de calotte sphérique, avec un rayon de courbure moyen qui peut être de l'ordre de 66 mm (millimètres) par exemple. Ce rayon de
courbure moyen est avantageusement compris entre 88 mm et 53 mm
La pastille 1 constitue une lentille de Fresnel : elle est formée d'une succession de zones de Fresnel qui sont disposées concentriquement de façon contiguë, par exemple 100 à 200 zones. Ces zones, référencées 2 sur les figures sont des couronnes coaxiales qui sont orientées et centrées selon un axe optique noté z. L'axe z passe alors par un centre optique de la pastille, qui est situé sur celle-ci et est noté O. De façon connue, chaque zone de Fresnel correspond à une portion de lentille, et l'épaisseur de la pastille 1 varie continûment à l'intérieur de cette zone selon une direction radiale, notée r, dans un plan perpendiculaire à l'axe z. Entre deux zones 2 successives, l'une des surfaces de la pastille 1 présente un saut de hauteur parallèle à l'axe z, référencé 3. Son amplitude est notée Δz. Il est précisé que les sauts de hauteur 3 qui sont présents entre des zones 2 successives sont superposés à la forme générale de la pastille 1 , cette forme générale étant bombée, éventuellement à peu près sphérique, selon l'invention.
De préférence, les sauts de hauteur 3 correspondent à des discontinuités de hauteur de la face convexe de la pastille 1 , référencée Sl Entre deux sauts de hauteur 3 successifs, une zone de Fresnel 2 possède une dimension radiale qui est notée Δr, mesurée perpendiculairement à l'axe z. La face concave de la pastille 1 , référencée S2, est alors lisse, e désigne l'épaisseur moyenne de la pastille 1 , entre les faces S1 et S2. Elle est mesurée perpendiculairement à la face S2. De préférence, l'épaisseur e est inférieure à 2 mm et peut être comprise entre 0,5 et 0,7 mm. L'augmentation de poids d'un élément optique comprenant la pastille 1 , qui est due à cette dernière, est alors limitée.
Afin de ne provoquer aucune diffusion lumineuse, aucune diffraction ni aucune irisation, ou bien que ces phénomènes ne soient pas perceptibles, les zones de Fresnel 2 sont dimensionnées de sorte que les amplitudes Δz des sauts de hauteur 3 sont au moins égales à cinq fois une longueur d'onde moyenne de la lumière visible. Par exemple, les amplitudes des sauts de hauteur 3 peuvent être comprises entre 5 μm (micromètres) et 250 μm,. De cette façon, à cause de la courte longueur de cohérence de la lumière
naturelle, aucune interférence n'est perceptible qui se produirait entre des parties d'un faisceau lumineux qui traversent des zones 2 différentes. Autrement dit, la pastille 1 a un effet optique purement réfractif, qui est lié à la forme des surfaces S1 et S2 dans chaque zone 2, et n'engendre aucun effet diffractif visible. Comme décrit précédemment les amplitudes des sauts de hauteur 3 entre zones de Fresnel successives peuvent être variables sur au moins une partie de la surface de la pastille tout en conservant un profil sensiblement sphérique à la surface (S1 ). Dans ce cas de figure, l'amplitude Δz est plus importante à la périphérie de la pastille que dans sa zone centrale. Ainsi selon l'invention, dans le cas où les sauts de hauteur entre zones de Fresnel successives sont variables sur l'ensemble de la surface (S1 ) alors l'amplitude de ces sauts peut être compris entre 5 μm et 250 μm; dans le cas où les sauts de hauteur entre zones de Fresnel successives sont constant sur l'ensemble de la surface (S1 ) alors ils peuvent être compris entre 5 μm et 100 μm; et dans le cas où les sauts de hauteur entre zones de Fresnel successives ont des amplitudes sensiblement constantes à l'intérieur d'un cercle (C) de 10 mm de rayon entourant le centre optique de la pastille (O) , l'amplitude dans de cercle (C) peut être comprise entre 5 μm et 50 μm, et l'amplitude variable des sauts de hauteur à l'extérieur de ce cercle (C) jusqu'à une partie périphérique de la lentille peut être comprise entre 5 μm et 250 μm.
La dimension radiale Δr de chaque zone 2 dépend alors de la puissance optique de la pastille 1 et de l'amplitude Δz des sauts de hauteur 3. Dans les conditions précédentes, et pour une puissance optique de la pastille 1 inférieure à 12 dioptries, Δr peut être comprise entre 10 μm et 2 mm. La pastille 1 peut avoir une vergence positive ou négative, en fonction du sens de variation de son épaisseur selon la direction r, à l'intérieur de chaque zone de Fresnel 2. Les figures 1 b et 1c correspondent respectivement à une pastille convergente ou divergente. La variation de l'épaisseur de la pastille à l'intérieur de chaque zone 2 peut être, en particulier, une fonction quadratique de r.
Les figures 2a et 2b montrent deux lentilles ophtalmiques adaptables à une paire de lunettes qui sont munies, sur leurs faces postérieures SO, ou
faces concaves, de pastilles conformes aux figures 1b et 1c, respectivement. II est entendu que chacune de ces pastilles peut être utilisée de la même façon avec la lentille de l'autre figure, et que les combinaisons illustrées ne sont prises qu'à titre d'exemples. La lentille de la figure 2a, référencé 10, peut être une lentille de protection solaire avec une puissance optique nulle, étant donné qu'elle possède deux faces parallèles. La pastille 1 lui confère alors une puissance non nulle, qui permet de corriger un défaut d'amétropie d'un porteur de la lentille. De cette façon, la pastille 1 permet d'adapter n'importe quelle lentille de protection solaire à un porteur ayant une amétropie. La paire de lunettes comprenant une telle lentille 10 peut alors être choisie par le porteur en fonction de son esthétisme, de sa teinte, ou de la forme de la monture associée. La lentille de la figure 2b, référencé 11 , correspond à une correction de myopie, étant donné qu'il est moins épais en son centre qu'à sa périphérie. La pastille 1 permet alors d'adapter la force de la correction en fonction du degré de myopie du porteur. Dans ce cas, la pastille 1 est placée sur le verre 11 de façon à superposer les axes optiques respectifs du verre et de la pastille. Une fonction identique est obtenue avec un verre correcteur d'hypermétropie.
La pastille 1 est appliquée sur la face postérieure SO de la lentille 10 ou 11 , qui est lisse. Cette opération peut se faire directement par le praticien sur la paire de lunettes dans laquelle la lentille est montée sur la monture choisie par le porteur. Les sauts de hauteur 3 possèdent de préférence des amplitudes sensiblement constantes à l'intérieur d'un cercle C de rayon Rc entourant le centre O. De cette façon, la pastille 1 peut être appliquée plus facilement contre la surface SO de la lentille, au moins dans une zone centrale de la pastille, à l'intérieur du cercle C. La figure 3 représente un exemple de variation des amplitudes Δz des sauts de hauteur 3 selon la direction radiale r. Lorsque r est inférieur au rayon Rc du cercle C, les amplitudes Δz des sauts 3 sont constantes et la dimension radiale Δr des zones 2 diminue pour des zones 2 de plus en plus grandes. Au delà de la valeur Rc, c'est-à-dire dans une partie périphérique de la pastille 1 à l'extérieur du cercle C, les sauts de hauteur 3 peuvent avoir des amplitudes Δz qui augmentent, notamment pour éviter de réaliser des zones 2 qui auraient des dimensions radiales Δr très courtes. Rc peut être égal à 10 mm, par exemple, et les amplitudes Δz des sauts de
hauteur 3 peuvent être égales à 40 μm à l'intérieur du cercle C.
La pastille 1 est collée sur Ia face SO de la lentille 10 ou 11 , avec une couche de matériau adhésif 20 disposée entre la pastille 1 et la lentille. Afin de ne pas dégrader l'effet optique de la pastille 1 , le matériau adhésif 20 qui est utilisée présente avantageusement, à l'état liquide, un angle de mouillage sur la pastille 1 qui est inférieur à 90°. La figure 4 illustre la convention qui est adoptée ici pour mesurer l'angle de mouillage θ du matériau adhésif 20 sur le matériau de la pastille 1. Dans ces conditions, le matériau adhésif 20 pénètre jusqu'au fond des sauts de hauteur 3 sans retenir de bulle d'air. Plusieurs types de matériau adhésif peuvent être utilisés, en particulier une colle polymérisable par irradiation ou par voie thermique ou du type latex. Des mises en œuvre particulièrement réussies de l'invention ont été obtenues avec une colle à base d'acrylate et polymérisable par irradiation UV.
La différence entre les valeurs respectives d'indice de réfraction optique de la pastille 1 et du matériau adhésif 20 détermine la modification de la puissance optique du verre qui est apportée par la pastille. Des valeurs respectives sensiblement égales à 1 ,59 et 1 ,50 pour le matériau de la pastille 1 et pour le matériau adhésif 20 ont permis d'obtenir des modifications de puissance optique supérieures à 6 dioptries, en valeurs absolues, voire supérieures à 12 dioptries. La lentille 10 ou 11 peut être constituée de tout matériau couramment utilisé dans l'industrie opthalmique, pour corriger une amétropie ou pour réaliser une protection solaire. Le matériau de la lentille ophtalmique, peut ainsi être de type minéral ou organique. A titre indicatif mais non limitatif, on peut citer comme matériau organique pouvant être utilisé dans le cadre de l'invention les matériaux classiquement utilisés en optique et en ophtalmie. Par exemple, sont adaptés les substrats du type polycarbonate; polyamide ; polyimides ; polysulfones ; copolymères de poly(éthylènetérephtalate) et polycarbonate; polyoléfines, notamment polynorbomènes ; polymères et copolymères de diéthylèneglycol bis(allylcarbonate); polymères et copolymères (méth)acryliques notamment polymères et copolymères (méth)acryliques dérivés de bisphenol-A; polymères et copolymères thio(méth)acryliques ; polymères et copolymères uréthane et thiouréthane ; polymères et copolymères époxy et polymères et copolymères
épisulfide.
Une pastille selon l'invention peut être avantageusement produite par injection d'un matériau thermoplastique transparent, par exemple à base de polycarbonate, dans un moule d'injection. Le moule est alimenté, d'une façon connue en soi, par un dispositif de compression et d'injection du matériau, qui comprend une vis de compression et un dispositif de chauffage. La figure 5 illustre schématiquement un tel moule 100. Deux inserts, référencés 101 et 102 sont placés dans le moule. L'insert 101 définit la face S1 de la pastille 1 qui comporte les sauts de hauteur, et l'insert 102 définit la face lisse S2. Ils sont disposés en vis-à-vis et séparés par un espace 103 qui correspond à la pastille 1. Le matériau thermoplastique est alors injecté dans le moule 100 par un une buse d'injection 104, de façon à remplir l'espace 103. Lorsque le moule 100 est ensuite ouvert et après refroidissement, la pastille 1 peut être récupérée.
Il est entendu que de nombreuses adaptations peuvent être introduites dans les réalisations qui ont été décrites en détail ci-dessus, tout en conservant certains au moins des avantages de l'invention. En particulier, l'Homme du métier comprendra que les matériaux et les valeurs citées ne sont qu'à but d'illustration, et peuvent être modifiées.