SUBSTRAT COMPRENANT UNE COUCHE DE SILICIUM ET/OU DE GERMANIUM ET UN OU PLUSIEURS OBJETS DE FORME VARIEE
La présente invention concerne un substrat comprenant une couche continue ou discontinue de silicium et/ou de germanium constituée d'un ou plusieurs grains monocristallins, et sur cette couche, un ou plusieurs objets de forme variée tels que des nanofils. L'invention concerne également un procédé de fabrication d'un tel substrat.
Les nanofils orientés perpendiculairement à la surface d'un substrat présentent des propriétés remarquables vis-à-vis des phénomènes de transport et de confinement électronique ou optique. L'orthogonalité de la croissance de nanofils par rapport à la surface d'un substrat présente un fort intérêt car cette caractéristique facilite non seulement leur insertion dans des dispositifs électroniques, mais également optiques ou optoélectroniques.
L'obtention d'une croissance verticale de nanofils nécessite l'utilisation de substrats présentant une orientation cristalline adéquate. La croissance des nanofils est donc en général réalisée sur des substrats cristallins massifs présentant une telle orientation.
L'utilisation de ces substrats massifs présente toutefois des nombreux inconvénients notamment en termes de coût et de manque de souplesse pour intégrer des dispositifs plus complexes. Par exemple, le transfert vers des formats dépassant la dimension typique d'un monocristal commercial est difficilement réalisable. De plus, il n'est pas possible de moduler l'indice de réfraction ou la transmission lumineuse de ces substrats.
La croissance épitaxiale verticale de nanofils sur tout autre substrat présente plusieurs difficultés, notamment lorsque le substrat est cristallin mais sans présenter l'orientation cristalline adéquate pour la croissance de nanofils verticaux ou lorsque le substrat est amorphe.
Des essais de croissance de nanofils sur des substrats amorphes ont été réalisés. Cependant, lorsque le substrat est amorphe, les nanofils ne poussent dans aucune direction privilégiée.
Il a récemment été proposé dans la demande WO 2011/105397 d'utiliser un substrat en verre comprenant une couche de silicium cristallisé sur laquelle est déposée une couche isolante présentant des ouvertures servant de zones de croissance des nanofils. La couche de silicium cristallisé comprend des grains monocristallins délimités
par des joints de grains. Selon ce document, la croissance verticale des nanofils est rendue possible grâce au choix d'une taille de surface pour délimiter les zones de croissance inférieure à la surface de chaque grain monocristallin de silicium. Ce document divulgue que sur 28 ouvertures, 10 sont au regard d'un bord de grain. Au travers ces 10 ouvertures, 8 nanofils poussent verticalement mais avec un diamètre plus faible que les nanofils poussant dans des ouvertures ne comprenant pas de bord de grain et 2 ouvertures ne conduisent pas à la croissance de nanofil.
Selon ce document, la couche de silicium cristallisé a une épaisseur comprise entre 10 et 100 nm, de préférence 50 nm. Les grains monocristallins ont une dimension latérale moyenne de 200 nm à environ 1 μηη. Le seul procédé de cristallisation de la couche de silicium décrit dans ce document est le recuit laser. Aucune indication n'est donnée sur la rugosité de surface d'une telle couche de silicium cristallisé.
De plus, parmi les nanofils verticaux, un écart à la normale au substrat (ou surface) plus au moins important peut être observé et attribué à des causes variées telles que la rugosité propre du substrat ou une inclinaison des grains monocristallins sur le substrat se répercutant sur la croissance des nanofils.
Enfin, d'autres problèmes peuvent survenir lors de la croissance des nanofils tels que des phénomènes de coalescence ou l'apparition de macles.
La présente invention concerne la fabrication d'objets de forme variée tel que des nanofils verticaux, des couches et des plots, constitués de matériaux qui nécessitent des substrats présentant une orientation cristalline adéquate (111 ) pour leur croissance par épitaxie, sur des substrats variés pouvant être amorphes ou présenter une orientation cristalline autre que l'orientation adéquate à la croissance, ou même sur des substrats incompatibles avec la croissance desdits objets, obtenus selon un procédé simple à mettre en œuvre. A cette fin, les demandeurs ont mis au point un substrat :
- permettant une croissance maîtrisée des objets, par exemple une croissance verticale des nanofils,
- prévenant les problèmes liés à leur coalescence et à l'obtention d'une grande dispersion de leur géométrie,
- favorisant la prise de contact électrique sur un ensemble d'objet tel qu'un ensemble de nanofils.
Selon un premier mode de réalisation, l'invention concerne donc un substrat comprenant sur au moins une partie de l'une de ses surfaces une couche de silicium et/ou de germanium d'épaisseur E constituée d'un ou plusieurs grains monocristallins, tous
orientés de sorte qu'ils aient des plans (111 ) parallèles à la surface du substrat, et sur cette couche, un ou plusieurs objet de forme variée caractérisé en ce que :
- le ou les grains monocristallins de la couche de silicium et/ou de germanium présentent une dimension latérale D, définie comme une corde du bord de grain, sur tous les grains strictement supérieure à 1 μητι, de préférence supérieure à 2 μηη et au mieux supérieure à 5 μηη,
- le rapport D/E entre la dimension latérale D et l'épaisseur de la couche de silicium et/ou de germanium est supérieur à 25, de préférence 100.
On appelle « corde » D, un segment de droite joignant deux points du contour d'un grain.
La dimension latérale des grains peut être mesurée par traitement d'images obtenues par tous modes d'observation microscopique, directs ou indirects, tels que la microscopie électronique à balayage, la microscopie électronique en transmission, la diffraction des électrons rétrodiffusés (« Electron backscatter diffraction »), la microscopie à force atomique et la microscopie optique.
Selon l'invention, on considère cette caractéristique comme satisfaite lorsqu'au moins 80%, de préférence au moins 90%, mieux au moins 95% et encore mieux 100% des grains présentent au moins une dimension latérale D supérieure à 1 μηη.
Selon un deuxième mode de réalisation, l'invention concerne un substrat comprenant sur au moins une partie de l'une de ses surfaces un ou plusieurs grains monocristallins de silicium et/ou de germanium non jointifs et tous orientés de sorte qu'ils présentent des plans (111 ) parallèles à la surface du substrat, et sur chaque grain un ou plusieurs objets de forme variée.
Les objets peuvent être choisis parmi :
- les nanofils dont l'axe longitudinal est orienté perpendiculairement à la surface du substrat,
- des couches et des plots.
Les objets sont constitués de matériaux qui nécessitent des substrats présentant une orientation cristalline adéquate (111 ) pour leur croissance par épitaxie.
Selon l'invention, des grains monocristallins non jointifs sont des grains isolés les uns des autres par une distance, de préférence d'au moins 10 nm, l'ensemble formant ainsi une couche discontinue.
L'invention concerne également un procédé de fabrication d'un substrat comprenant les étapes suivantes :
- former par cristallisation induite par un métal sur au moins une partie de l'une des surfaces d'un substrat une couche de silicium et/ou de germanium d'épaisseur E constituée d'un ou plusieurs grains monocristallins tous orientés de sorte qu'ils aient des plans (111 ) parallèles à la surface du substrat,
- faire croître, de préférence par épitaxie, sur les grains monocristallins un ou plusieurs objets de forme variée.
L'invention concerne également tout dispositif basé sur un tel substrat et pouvant notamment être choisis parmi des éléments récepteurs ou émetteurs de lumière tels que les cellules solaires photovoltaïques, les diodes lasers, les diodes électroluminescentes, les photocathodes ou parmi des composants électroniques tels que les transistors bipolaires et les transistors MIS (« Metal-insulator-semiconductor »).
Les termes « vertical », « perpendiculaire » et « orthogonal » peuvent être indifféremment utilisés. Selon l'invention, un nanofil dont l'axe longitudinal est orienté perpendiculairement à la surface du substrat correspond à un nanofil poussant à partir de la couche de silicium et/ou de germanium dans une direction perpendiculaire au substrat. Les nanofils d'orientation perpendiculaire selon l'invention forment en fait un angle a très proche de 90° par rapport à la surface du substrat. L'angle a peut s'écarter de la valeur de 90° par exemple à cause de désordre, de défauts ou de contrainte lors de la croissance des nanofils et des grains monocristallins. Avantageusement, au moins 90%, de préférence au moins 95%, mieux 100% des nanofils d'orientation perpendiculaire ont un angle a par rapport à la surface du substrat de 90°± 10°, de préférence 90°± 5° ou mieux 90°± 2,5°.
L'épitaxie des nanofils sur la couche mince de silicium et/ou de germanium intermédiaire permet une croissance verticale des nanofils, sans contact ni coalescence entre eux.
La couche de silicium et/ou de germanium est constituée d'un ou plusieurs grains monocristallins présentant une extension latérale élevée et une rugosité faible. Les grains monocristallins sont tous orientés de sorte qu'ils présentent des plans (111 ) parallèles à la surface du substrat bien que présentant des épaisseurs extrêmement faibles (de l'ordre d'une dizaine de nanomètre). L'ensemble de ces caractéristiques concourent à l'obtention d'une excellente croissance des objets notamment une croissance verticale des nanofils. Contrairement au document WO 2011/1105397, le substrat de l'invention ne nécessite pas de couche isolante comprenant des ouvertures servant de zone de croissance pour obtenir la croissance verticale des nanofils.
Ces caractéristiques permettent de limiter, voire supprimer, les inconvénients liés à la présence de joints de grain pouvant générer toutes sortes de défauts ainsi que les inconvénients liés à l'inclinaison des grains monocristallins sur le substrat pouvant générer des écarts par rapport à la vertical des nanofils verticaux.
Un autre aspect bénéfique de l'invention repose sur le fait que les propriétés avantageuses de la couche de silicium et/ou de germanium sont obtenues pour des fines épaisseurs. Or, les objets tels que les nanofils, pour être intégrés dans des dispositifs complexes, doivent être connectés à une électrode conductrice. Cette électrode peut donc par exemple être une couche conductrice déposée entre le substrat et la couche de silicium et/ou de germanium. Plus l'épaisseur de la couche de silicium et/ou de germanium est faible, moins la conductivité au travers de cette couche sera gênée et plus il sera facile de connecter les objets tels que les nanofils à l'électrode.
Une autre caractéristique particulièrement avantageuse provient du procédé de fabrication qui comprend la formation par cristallisation induite par un métal (« Métal Induced latéral Crystallization ») de la couche de silicium et/ou de germanium constituée d'un ou plusieurs grains monocristallins. La cristallisation induite par un métal est obtenue par dépôt d'une couche métallique au-dessus ou en-dessous d'une couche du matériau que l'on souhaite cristalliser, c'est-à-dire d'une couche de silicium et/ou de germanium amorphe. La couche métallique peut être une couche d'un métal choisi parmi l'aluminium (Al), l'argent (Ag), l'or (Au), l'antimoine (Sb), le cuivre (Cu), le nickel (Ni) ou le plomb (Pb).
Au contact de la couche métallique, la couche du matériau amorphe (a-Si ou a-Ge) cristallise à une température choisie, suffisante et inférieure à la température de l'eutectique entre le métal et le matériau à cristalliser. On parle alors d'interdiffusion lors du recuit sous l'eutectique (recuit sous atmosphère inerte entre 250 et 550°C donnant les facettes (111 ) du p-Si). D'un point de vue phénoménologique, il apparaît des germes cristallins dans la couche métallique (nucléation) qui croissent spontanément et forment ainsi des grains (croissance).
La croissance cristalline est réalisée à l'interface entre la couche métallique et la couche amorphe. Les cristaux formés s'insèrent et croissent alors dans la couche métallique. Selon le positionnement de la couche métallique par rapport à la couche amorphe, on obtient en fin de cristallisation des empilements différents.
Lorsque l'on dépose successivement sur le substrat, la couche métallique puis la couche amorphe, on obtient, après cristallisation, un substrat comprenant une couche cristalline recouverte d'une couche métallique. Pour permettre la croissance des objets
tels que des nanofils, il est nécessaire d'éliminer cette couche métallique. Selon un mode de réalisation du procédé de l'invention, lorsque la couche de silicium et/ou de germanium constituée d'un ou plusieurs grains monocristallins est formée en-dessous de la couche métallique, cette dernière est retirée par gravure sélective. Par exemple, dans le cas d'une cristallisation induite par de l'aluminium, la couche d'aluminium peut être gravée totalement et sélectivement par utilisation d'un mélange d'acide chlorhydrique concentré et d'acide nitrique. Enfin, les oxydes superficiels d'aluminium et/ou de silicium peuvent également être gravés par exemple à l'acide fluoridrique (5%).
Lorsque l'on dépose successivement sur le substrat, la couche amorphe puis la couche métallique, on obtient, après cristallisation, une couche de silicium et/ou de germanium constituée d'un ou plusieurs grains monocristallins formée au-dessus de la couche métallique. La présence de cette couche métallique intercalée entre le substrat et la couche de silicium et/ou de germanium constituée d'un ou plusieurs grains monocristallins est intéressante car elle peut assurer partiellement ou totalement une fonction d'électrode. Le substrat peut donc comprendre une couche métallique, de préférence d'aluminium, intercalée entre ledit substrat et la couche de silicium et/ou de germanium constituée d'un ou plusieurs grains monocristallins. Enfin, le choix du métal utilisé pour catalyser la cristallisation peut conférer à la couche de silicium et/ou de germanium des propriétés particulières. Par exemple, dans le cas d'une cristallisation induite par de l'aluminium, il est possible d'obtenir des grains monocristallins de silicium et/ou de germanium dopés de type p, par exemple par de l'aluminium. Pour les mêmes raisons que celles exposées ci-dessus, l'amélioration de la conductivité de la couche de silicium et/ou de germanium peut présenter un avantage déterminant.
Le procédé d'obtention de la couche de silicium et/ou de germanium constituée d'un ou plusieurs grains monocristallins, permettant à la fois le dopage du silicium et/ou du germanium ainsi que la formation d'une couche métallique conductrice pouvant servir d'électrode facilite effectivement l'intégration de dispositifs complexes sur ce substrat.
La couche métallique et la couche de silicium et/ou de germanium amorphe peuvent être déposées par tous procédés classiques de dépôt tels que les dépôts chimiques et physiques en phase vapeur. De manière avantageuse, ces couches sont déposées par pulvérisation cathodique assistée par champ magnétique (« dépôt magnétron »).
En choisissant des paramètres de dépôt et des conditions de recuit appropriés, les grains peuvent croître jusqu'à leur coalescence. L'épaisseur relative des couches
déposées est un paramètre clé permettant ou non la coalescence des grains :
- lorsque l'épaisseur de la couche métallique est supérieure à l'épaisseur de la couche de matériau amorphe, la couche de matériaux cristallisés forme une couche discontinue,
- lorsque l'épaisseur de la couche métallique est égale à l'épaisseur de la couche de matériau amorphe, la couche de matériaux cristallisés forme une couche continue,
- lorsque l'épaisseur de la couche métallique est inférieure à l'épaisseur de la couche de matériau amorphe, la couche de matériau cristallisé forme une couche continue comprenant en outre des ilôts proéminents.
La couche de silicium et/ou de germanium constituée d'un ou plusieurs grains monocristallins peut être continue ou discontinue. Lorsque la couche de silicium et/ou de germanium est discontinue, on entend par épaisseur E, l'épaisseur moyenne des grains monocristallins la constituant.
L'épaisseur de la couche de silicium et/ou de germanium E est, par ordre de préférence croissant, inférieure à 50 nm, inférieure à 40 nm, inférieure à 30 nm, inférieure à 20 nm, comprise entre 5 et 15 nm.
La rugosité de la surface du ou des grains constituant la couche de silicium et/ou de germanium mesurée par la technique de microscopie à force atomique est inférieure à 5 nm, de préférence inférieure à 2 nm, et au mieux inférieure à 1 nm. On appelle selon l'invention « rugosité », l'écart-type du relief de la surface supérieure d'un grain monocristallin, prise à l'échelle de la surface du grain.
Les grains monocristallins ont une forme de plaquette dont les bords sont irréguliers. Les grains monocristallins peuvent avoir des formes variées plus ou moins allongées.
Le ou les grains monocristallins de la couche continue ou discontinue de silicium et/ou de germanium peuvent présenter une dimension latérale D, strictement supérieure à 1 μηη, de préférence supérieure à 2 μηη.
La couche de silicium et/ou de germanium peut être dopée n ou p.
En particulier, la couche de silicium et/ou de germanium constituée d'un ou plusieurs grains monocristallins peut être obtenue par cristallisation induite par de l'antimoine. Dans ce cas, la couche de silicium et/ou de germanium comprend en outre des atomes d'antimoine est peut donc être dopée par de l'antimoine. Selon une variante de l'invention, une couche d'antimoine peut également être intercalée entre le substrat et la couche de silicium et/ou de germanium.
Dans une variante particulièrement avantageuse, la couche de silicium et/ou de germanium peut être dopée p. En particulier, la couche de silicium et/ou de germanium constituée d'un ou plusieurs grains monocristallins est obtenue de préférence par cristallisation induite par de l'aluminium. Dans ce cas, la couche de silicium et/ou de germanium comprend en outre des atomes d'aluminium est peut donc être dopée par l'aluminium. Selon un mode de réalisation particulier, une couche d'aluminium peut également être intercalée entre le substrat et la couche de silicium et/ou de germanium.
Selon le premier mode de réalisation, une couche continue peut être obtenue lorsque les grains croissent jusqu'à leur coalescence. Une couche discontinue peut également être obtenue. Il suffit d'ajouter, lors du procédé de fabrication, une étape de masquage consistant à déposer une couche au-dessus du substrat et de réaliser la structuration d'ouvertures dans cette couche avant l'étape de dépôt d'une couche métallique au-dessus ou en-dessous d'une couche de silicium et/ou de germanium amorphe. Cette étape permet de déposer sélectivement la couche métallique et la couche de silicium et/ou germanium amorphe selon un motif ordonné sur le substrat.
Selon ce premier mode de réalisation, le ou les grains monocristallins présentent avantageusement au moins l'une des caractéristiques suivantes :
- les grains monocristallins présentent une dimension latérale D supérieure à 2 μητι, de préférence supérieure à 4 μηη et mieux supérieure à 5 μητι,
- le rapport D/E entre la dimension latérale D et l'épaisseur de la couche de silicium et/ou de germanium est par ordre de préférence croissant supérieur à 50, supérieur à 100, supérieur à 200, supérieur à 400, supérieur à 500,
- le ou les grains monocristallins présentent au moins deux dimensions latérale D1 et D2 perpendiculaires strictement supérieure à 1 μητι, de préférence supérieure à 2 μητι, et mieux supérieure à 5 μητι,
- le rapport entre les dimensions latérales D, D1 et/ou D2 et la hauteur H des objets tels que des nanofils est supérieur à 1 , de préférence 2.
Dans une variante du deuxième mode de réalisation, les grains monocristallins non jointifs peuvent également satisfaire les caractéristiques définies ci-dessus.
Selon le deuxième mode de réalisation, le substrat comprend un ou plusieurs grains monocristallins de silicium et/ou de germanium non jointifs, l'ensemble formant ainsi une couche discontinue. Cette couche discontinue constituée de grains monocristallins non jointifs peut être obtenue en jouant sur les paramètres de dépôt tels que sur le rapport d'épaisseur entre la couche métallique et la couche de matériau amorphe ou en diminuant
la durée de la phase de croissance afin d'empêcher la coalescence des grains monocristallins.
Selon une autre variante de ce deuxième mode de réalisation, la couche discontinue constituée de grains monocristallins non jointifs peut être obtenue par ajout, lors du procédé de fabrication, d'une étape de dépôt d'une couche au-dessus du substrat et d'une étape de structuration d'ouvertures de taille contrôlée dans cette couche avant l'étape de dépôt, dans l'ordre souhaité, d'une couche métallique et d'une couche de silicium et/ou de germanium amorphe. Cette étape additionnelle permet non seulement de déposer sélectivement la couche métallique et la couche de silicium et/ou germanium amorphe selon un motif prédéterminé sur le substrat, mais surtout, en choisissant des ouvertures nanométriques, on peut obtenir dans chaque ouverture, la croissance d'un et un seul grain monocristallin.
Pour obtenir un substrat comprenant spécifiquement un seul objet tel qu'un nanofil par grain monocristallin, les grains monocristallins présentent de préférence un motif prédéterminé présentant une dimension latérale maximale de 100 nm.
Si on ne souhaite pas se limiter à un seul objet tel qu'un nanofil par grain, les grains monocristallins peuvent avoir des dimensions latérales supérieures. Cette variante avantageuse permet donc d'obtenir un substrat comprenant un ou plusieurs grains monocristallins selon un motif prédéterminé. Les grains présentent de préférence une dimension latérale maximale inférieure à 5 μητι, de préférence inférieure à 2 μηη.
La couche de silicium et/ou de germanium peut comprendre en outre des atomes métalliques choisis parmi l'aluminium, l'argent, l'or, l'antimoine, le cuivre, le nickel, et le plomb. Ces atomes peuvent provenir du procédé de préparation de la couche de silicium et/ou de germanium comprenant des grains monocristallins.
L'invention permet avantageusement de faire pousser des objets tels que des nanofils sur tout type de substrat. Ces substrats présentent au moins une partie de leur surface plane, une rugosité de surface suffisamment faible et une compatibilité thermique avec les conditions du procédé fabrication notamment des points de fusion ou des températures de transition vitreuse suffisamment hauts.
Les substrats utilisés selon l'invention peuvent être plan sur toute l'étendue de la surface ou localement sur des tronçons de la surface. Par exemple, un substrat comprenant une texturation peut être utilisé selon l'invention dans la mesure où au moins une partie de l'une de ses surfaces correspondant à la zone où l'on souhaite faire croître les objets tels que les nanofils soit plane.
Le substrat peut donc être choisi parmi les substrats amorphes, minéraux ou organiques, les substrats cristallins massifs comprenant une orientation incompatible avec une croissance des objets tels que la croissance verticale de nanofils notamment une orientation autre que (111 ), ou bien simplement incompatibles avec la croissance des objets. A titre de substrat amorphe convenant tout particulièrement selon l'invention, on peut citer les substrats en verre. A titre de substrat cristallin massif convenant tout particulièrement selon l'invention, on peut citer les substrats de silicium massif présentant notamment une orientation cristalline autre que (111 ), telle que (001 ).
La possibilité de faire pousser par épitaxie des objets sur des substrats amorphes de type verre est particulièrement intéressante. On peut obtenir à grande échelle des substrats à faible coût présentant des propriétés de transparence avantageuses.
L'utilisation d'un substrat cristallin massif présentant une orientation autre que celle permettant la croissance verticale de nanofils est également intéressante. Par exemple, seuls des substrats de silicium présentant une orientation (001 ) sont utilisés en microélectronique pour des raisons de procédés de fabrication. Or, cette orientation ne permet pas une croissance verticale des nanofils. Le procédé de l'invention permet donc de convertir une surface non adaptée à la croissance verticale des nanofils en une surface adaptée, permettant l'intégration de nanofils verticaux en microélectronique.
Pour faire cristalliser une couche à base de silicium et/ou de germanium de sorte qu'elle présente des plans (111 ) parallèles à la surface du substrat cristallin massif présentant une orientation cristalline différente, plusieurs possibilités sont envisageables. La cristallisation induite par un métal ayant lieu à l'interface métal/matériau amorphe est envisageable. En tout état de cause, il est possible de déposer une fine couche de passivation entre le substrat et les couches métalliques ou amorphes. Selon un mode de réalisation, le substrat est un substrat de silicium massif ne comprenant pas ses plans (111 ) parallèles à la surface du substrat, c'est-à-dire comprenant une orientation autre que (111 ), éventuellement recouvert d'une couche d'oxyde de silicium, ou toute autre couche compatible avec le procédé de cristallisation, telle qu'un couche d'oxyde de zinc (ZnO).
A titre de substrat de verre présentant une bonne résistance thermique, on peut citer la silice fondue et les borosilicates qui présentent une température de transition vitreuse plus élevée que les températures nécessaires du procédé de fabrication.
Le substrat peut comprendre en outre une ou plusieurs couches situées entre le substrat et la couche de silicium et/ou de germanium constituée d'un ou plusieurs grains monocristallins. Cette ou ces couche(s) peuvent conférer des propriétés multiples au
substrat. De préférence, le substrat comprend au moins une couche conductrice assurant la fonction d'électrode.
Selon un mode de réalisation avantageux le substrat comprend l'empilement suivant défini en partant du substrat :
- une électrode inférieure,
- une couche continue ou discontinue de silicium et/ou de germanium,
- des objets tels que des nanofils,
- une électrode supérieure.
Les électrodes inférieures et supérieures comprennent chacune au moins une couche conductrice électriquement. La couche conductrice peut comprendre des oxydes conducteurs transparents (TCO), c'est-à-dire des matériaux qui sont à la fois bon conducteurs et transparents dans le visible, tels que l'oxyde d'étain et d'indium (ITO), In203, Sn02 dopé à l'antimoine ou au fluor (Sn02 : F) ou ZnO dopé à l'aluminium (ZnO : Al). La couche conductrice peut également comprendre des polymères conducteurs transparents qui sont des composés organiques à doubles liaisons conjuguées dont la conductivité peut être améliorée par dopage chimique ou électrochimique. Ces couches conductrices à base d'oxydes conducteurs ou de polymères conducteurs sont de préférence déposées sur des épaisseurs de l'ordre de 50 à 100 nm.
La couche conductrice peut également être une couche métallique, par exemple en Ag, Al, Pd, Cu, Pd, Pt, In, Mo, Au. La couche électroconductrice métallique peut être une couche mince, dites TCC (« Transparent conductive coating ») présentant, de préférence, une épaisseur comprise entre 2 et 50 nm.
Les nanofils semi-conducteurs sont des objets de haute qualité cristalline. Leur faible dimension latérale permet de relaxer élastiquement les contraintes et de piéger efficacement d'éventuels défauts étendus à leur surface libre. Les nanofils présentent typiquement des diamètres de l'ordre de 10 à 200 nm et des hauteurs (ou longueurs) allant de quelques centaines de nanomètres à quelques microns. La composition du nanofil peut être modulée à volonté le long de et perpendiculairement à son axe de croissance. Les nanofils peuvent donc comprendre différentes sous-structures telles que des h été restructures dites radiales ou axiales, ou encore différent dopage.
Les nanofils pouvant être utilisés selon l'invention présentent avantageusement les caractéristiques suivantes :
- un diamètre compris entre 5 et 500 nm, de préférence entre 20 et 200 nm et mieux entre 30 et 80 nm,
- une hauteur H de préférence d'au moins 100 nm ou d'au moins 1 μηη.
Les objets de forme variée peuvent être constitués de matériau choisis parmi les oxydes métalliques, le silicium, le germanium et les semi-conducteurs lll-V et ll-VI. Les semi-conducteurs lll-V peuvent être choisis parmi GaAs, GaN, GaP, GaSb, InAs, InP, InSb, InN, et parmi tous les alliages ternaires ou quaternaires intermédiaires entre ces composés binaires.
L'étape d'élaboration ou de croissance des objets tels que des nanofils peut être réalisée par n'importe quelle technique de croissance cristalline et en particulier par dépôt chimique en phase vapeur (CVD), par ablation laser, par épitaxie par jets moléculaires, par dépôt assisté par plasma, par voie chimique en phase liquide.
Le document WO 2009/054804 décrit par exemple les conditions pour la croissance de nanofils de semi-conducteurs lll-V par un procédé de dépôt chimique en phase vapeur pouvant s'appliquer selon la présente invention. Toutefois, on préfère réaliser l'étape de croissance par épitaxie par jets moléculaires. Les paramètres de l'étape de croissance des nanofils sont choisis pour faire croître sélectivement les nanofils uniquement sur les grains monocristallins. Ces paramètres sont notamment les flux des matériaux de départ injectés et la température du substrat.
Les objets tels que des nanofils peuvent être placés sur le substrat de manière aléatoire ou selon un motif ordonné. Pour obtenir de motifs ordonnés plusieurs alternatives sont envisageables. Les motifs ordonnés peuvent être obtenus en attribuant un emplacement prédéterminé à chaque objet tel qu'un nanofil. Les motifs ordonnés peuvent également être obtenus en attribuant un emplacement prédéterminé à plusieurs objets tels que des nanofils définissant un ensemble d'objets tels que de nanofils. Le motif ordonné est dans ce cas non pas obtenu par le motif résultant de l'emplacement de chaque objet mais par le motif résultant de l'emplacement des différents ensembles de objets.
Selon une alternative avantageuse, le procédé comporte en outre une étape de dépôt d'une couche au-dessus de la couche de silicium et/ou de germanium et une étape de structuration d'ouvertures, dans cette couche permettant de faire croître des objets tels que des nanofils selon des motifs ordonnés.
Selon un autre mode de réalisation avantageux, le procédé de fabrication du substrat comporte en outre une étape de dépôt d'une couche au-dessus du substrat et une étape de structuration d'ouvertures, dans cette couche permettant de déposer sélectivement la couche métallique et la couche de silicium et/ou germanium amorphe selon un motif ordonné. Ce procédé comporte également une étape de croissance des
objets tels que des nanofils sur les motifs ordonnés de grains monocristallins de silicium et/ou de germanium.
Selon la taille des ouvertures, le motif sera défini par l'emplacement de chaque nanofil ou de chacun des ensembles de nanofils. Pour obtenir des motifs définis par l'emplacement de chaque nanofil, la taille des ouvertures est de préférence nanométrique.
Les caractéristiques et avantages de l'invention apparaîtront dans la description de plusieurs modes de réalisation qui va suivre, faite en se référant aux dessins annexés dans lesquels les figures 1 à 5 illustrent différents schémas représentant le procédé de fabrication d'un substrat selon le l'invention avec des vues en perspective et des vues en coupe :
- la figure 1 représente un procédé de fabrication d'un substrat selon le premier mode de réalisation de l'invention avec une cristallisation induite par un métal dite « directe »,
- la figure 2 représente un procédé de fabrication d'un substrat selon le premier mode de réalisation de l'invention avec une cristallisation induite par un métal dite « inverse »,
- la figure 3 représente un procédé de fabrication d'un substrat selon le premier mode de réalisation de l'invention dans lequel on obtient une couche de silicium et/ou de germanium placé sur le substrat selon un motif défini,
- la figure 4 représente un procédé de fabrication d'un substrat selon le deuxième mode de réalisation de l'invention dans lequel on réalise une croissance contrôlée afin d'obtenir des grains monocristallins non jointifs,
- la figure 5 représente un procédé de fabrication d'un substrat selon le deuxième mode de réalisation de l'invention selon lequel on utilise une étape de masquage pour obtenir des grains monocristallins non jointifs selon un motif prédéterminé qui permettra la croissance des nanofils selon un motif ordonné.
Pour la clarté du dessin, les épaisseurs relatives des différentes couches et éléments sur les figures n'ont pas été respectées.
Enfin, les figures 6 à 8 représentent :
- la figure 6 est une image prise au microscope électronique à balayage ainsi qu'une représentation schématique calquée de ladite image,
- la figure 7 représente le profil du contraste en champ clair, pris perpendiculairement au plan du substrat en fonction de la profondeur en nanomètre, d'une image obtenue par microscopie électronique en transmission sur un échantillon en tranche amincie après cristallisation et gravure,
- la figure 8 correspond à un spectre de diffraction des rayons X en incidence rasante de
la couche de silicium après cristallisation et gravure,
- la figure 9 représente une image prise au microscope électronique à balayage d'un nanofil.
Le schéma de la figure 1 représente les principales étapes du procédé de fabrication d'un substrat selon le premier mode de réalisation de l'invention avec une cristallisation induite par un métal dite « directe », c'est-à-dire par dépôt d'une couche de silicium et/ou de germanium amorphe au-dessus d'une couche métallique. Le procédé de la figure 1 comprend les quatre étapes suivantes.
La première étape consiste à déposer successivement et dans cet ordre sur un substrat 1 , une couche métallique 3 et une couche de silicium et/ou de germanium amorphe 2a.
La deuxième étape correspond à la cristallisation proprement dite de la couche de silicium et/ou de germanium amorphe 2a. La cristallisation se produit à l'interface entre la couche métallique 3 et la couche amorphe 2a (a-Si et/ou a-Ge). Les cristaux formés croissent alors dans la couche métallique, rejetant le métal au-dessus, ce qui conduit à la fin de l'étape de cristallisation à un inversement de l'empilement. On obtient un substrat comprenant une couche de silicium et/ou de germanium 2c constituée d'un ou plusieurs grains monocristallins formée en-dessous de la couche métallique 3.
La troisième étape consiste à éliminer par gravure sélective la couche métallique 3 afin de permettre la croissance des nanofils.
La quatrième étape correspond à la croissance proprement dite des nanofils sur les grains monocristallins constituant la couche cristallisée de silicium et/ou de germanium 2c.
Le procédé décrit par le schéma de la figure 2 diffère essentiellement de celui de la figure 1 en ce que la cristallisation induite par un métal est dite « inverse ». Le procédé de la figure 2 comprend les trois étapes suivantes.
La première étape consiste donc à déposer successivement et dans cet ordre sur un substrat 1 , une couche de silicium et/ou de germanium amorphe 2a et une couche métallique 3.
La deuxième étape correspondant à la cristallisation conduit à l'obtention d'un substrat comprenant une couche de silicium et/ou de germanium 2c constituée d'un ou plusieurs grains monocristallins formée au-dessus de la couche métallique 3. Il n'est donc pas nécessaire de réaliser d'étape de gravure contrairement au procédé illustré par la figure 1.
La troisième étape correspond à la croissance proprement des nanofils sur les grains monocristallins constituant la couche cristallisée de silicium et/ou de germanium 2c.
Le schéma de la figure 3 représente les principales étapes du procédé de fabrication d'un substrat selon le premier mode de réalisation de l'invention avec une cristallisation induite par un métal dite « directe » dans lequel on obtient une couche de silicium et/ou de germanium selon un motif défini. Ce procédé comprend l'utilisation d'un cache pour masquer la partie de la surface du substrat sur laquelle on ne souhaite pas faire croître de nanofil.
La première étape consiste à déposer sur le substrat une couche du matériau de masquage 5.
La deuxième étape consiste à structurer des ouvertures dans cette couche 5.
Le choix de la nature de la couche utilisée pour réaliser cette structuration sera fonction des conditions du procédé. On peut citer à titre de couche les résines traditionnellement utilisées pour la lithographie. On peut également envisager des couches d'oxydes qui pourraient être structurées par gravures sélective. Enfin, selon un autre mode de réalisation, ces deux premières étapes peuvent être remplacées par l'utilisation d'un masque ou pochoir simplement appliqué sur le substrat.
La troisième étape consiste à déposer successivement sur le substrat 1 comprenant la couche structurée 5, une couche métallique 3 et une couche de silicium et/ou de germanium amorphe 2a.
A partir de cette étape deux alternatives sont envisageables, la couche structurée 5 peut être supprimée avant ou après la cristallisation du silicium.
Selon la première alternative, la quatrième étape consiste en la suppression de la couche 5 utilisée pour la structuration. On obtient alors un substrat 1 comprenant successivement une couche métallique 3 et une couche de silicium et/ou de germanium amorphe 2a. La cinquième étape conduit à l'obtention d'un substrat comprenant une couche de silicium et/ou de germanium 2c constituée d'un ou plusieurs grains monocristallins formée au-dessus de la couche métallique 3 déposé selon le motif correspondant à l'ouverture de la couche structurée. La sixième étape consiste à éliminer par gravure sélective la couche métallique 3 afin de permettre la croissance des nanofils. La septième étape correspond à la croissance proprement dite des nanofils sur les grains monocristallins constituant la couche cristallisée de silicium et/ou de germanium 2c.
Selon la deuxième alternative, la quatrième étape correspond à la cristallisation et
conduit à l'obtention d'un substrat comprenant une couche de silicium et/ou de germanium 2c constituée d'un ou plusieurs grains monocristallins formée au-dessous de la couche métallique 3. La cinquième étape consiste à éliminer par gravure sélective la couche métallique 3. La sixième étape consiste en la suppression de la couche utilisée pour la structuration 5. On obtient alors un substrat 1 comprenant une couche de silicium et/ou de germanium 2c constituée d'un ou plusieurs grains monocristallins déposé selon le motif correspondant à l'ouverture de la couche structurée 5. La septième étape correspond à la croissance proprement dite des nanofils sur les grains monocristallins constituant la couche cristallisée de silicium et/ou de germanium 2c.
Le procédé illustré sur la figure 3 permet bien la croissance des nanofils selon des motifs ordonnés.
Le schéma de la figure 4 représente les principales étapes du procédé de fabrication d'un substrat selon le deuxième mode de réalisation de l'invention avec une cristallisation induite par un métal dite « directe » dans lequel on réalise une croissance contrôlée afin d'obtenir des grains monocristallins non jointifs. Le procédé de la figure 4 comprend les quatre étapes suivantes.
La première étape consiste à déposer successivement sur un substrat 1 , une couche métallique 3 et une couche de silicium et/ou de germanium amorphe 2a.
La deuxième étape correspond à la cristallisation de la couche de silicium et/ou de germanium amorphe 2a. La croissance cristalline est contrôlée pour éviter la coalescence des grains par exemple en choisissant de déposer une couche métallique 3 plus épaisse que la couche de silicium et/ou de germanium amorphe 2a. A la fin de la cristallisation, on obtient un substrat comprenant une couche de silicium et/ou de germanium 2c constituée d'un ou plusieurs grains monocristallins non jointifs formés en-dessous de la couche métallique 3.
La troisième étape consiste à éliminer par gravure sélective la couche métallique 3 afin de permettre la croissance des nanofils.
La quatrième étape correspond à la croissance proprement dite des nanofils sur les grains monocristallins constituant la couche de silicium et/ou de germanium 2c. Grâce à des conditions expérimentales adéquates, les nanofils ne poussent pas sur la surface du substrat ne comprenant pas de grain monocristallin.
Le schéma de la figure 5 représente la fabrication d'un substrat selon le deuxième mode de réalisation de l'invention selon lequel on utilise une étape de masquage pour obtenir des grains monocristallins non jointifs selon un motif et une ou des formes
prédéterminés. Ce procédé diffère de celui de la figure 3 en ce que pour obtenir des grains monocristallins non jointifs, les motifs du masque utilisé doivent avoir des dimensions latérales suffisamment faibles.
La première étape consiste à déposer sur le substrat 1 , une couche 5.
La deuxième étape consiste à structurer des ouvertures de taille contrôlée dans cette couche 5. Pour obtenir la croissance d'un seul grain monocristallin par ouverture, la dimension latérale maximale des ouvertures D0 doit être de préférence inférieure à 5 μηη.
Le choix de la nature de la couche utilisée pour réaliser cette structuration sera fonction des conditions du procédé. On peut citer à titre de couche les résines traditionnellement utilisées en lithographie. On peut également envisager des couches d'oxydes qui pourraient être structurées par gravures sélective.
La troisième étape consiste à déposer successivement sur un substrat 1 , une couche métallique 3 et une couche de silicium et/ou de germanium amorphe 2a.
La quatrième étape consiste en la suppression de la couche utilisée pour la structuration 5. On obtient alors un substrat 1 comprenant successivement une couche métallique 3 et une couche de silicium et/ou de germanium amorphe 2a.
La cinquième étape conduit à l'obtention d'un substrat comprenant une couche de silicium et/ou de germanium 2c constituée de grains monocristallins de silicium et/ou de germanium non jointifs formée au-dessous de la couche métallique 3 et déposé selon le motif correspondant à l'ouverture de la couche structurée 5.
La sixième étape consiste à éliminer par gravure sélective la couche métallique 3 afin de permettre la croissance des nanofils.
La septième étape correspond à la croissance proprement dite des nanofils sur les grains monocristallins non jointifs constituant la couche de silicium et/ou de germanium 2c. Il est alors possible de faire croître un ou plusieurs nanofils en fonction des caractéristiques de la croissance, et/ou de la taille des grains monocristallins.
Enfin, le substrat comprenant sur au moins une partie de l'une de ses surfaces une couche continue ou discontinue de silicium et/ou de germanium constituée d'un ou plusieurs grains monocristallins, tous orientés de sorte qu'ils aient des plans (111 ) parallèles à la surface du substrat peut permettre la croissance de tout autre objet de forme variée tel que des couches et des plots, constitué de matériaux qui nécessitent des substrats présentant une orientation cristalline adéquate (111 ) pour leur croissance par épitaxie. Ces objets sont de même nature que les nanofils et de préférence sont des semiconducteurs lll-V ou ll-VII. L'invention peut concerner également un substrat comprenant
sur au moins une partie de l'une de ses surfaces une couche de silicium et/ou de germanium constituée d'un ou plusieurs grains monocristallins, tous orientés de sorte qu'ils aient des plans (111 ) parallèles à la surface du substrat, et sur cette couche, un ou plusieurs objets de forme variée. Un tel substrat trouve application dans différents domaines tels l'électronique, l'optique ou l'optoélectronique.
Exemples
I. Couches minces de p-Si (111)
1. Elaboration
L'empilement aluminum-silicium amorphe est déposé par pulvérisation magnétron en courant continu sur de la silice fondue, du verre, et des substrats de Si (100) oxydés (250 nm de Si02 amorphe en surface, obtenus par oxydation humide de substrats de Si (100) à 950 °C). Tous les types de substrats ont préalablement été rincés à l'acétone, à l'éthanol et à l'eau déionisée. Une couche de 10 nm d'aluminium est déposée à une puissance de 50 W, sous une pression d'argon de 1 ,5 μbar, à température ambiante, et placé à un potentiel électrique flottant (vitesse de dépôt de 2,24 Â s"1). Les 10 nm de silicium amorphe sont déposés consécutivement à l'aluminium, sans rupture du vide, et à une puissance de 20 W (toutes autres conditions opératoires identiques) (vitesse de dépôt de 0.46 Â s"1).
Les empilements sont recuits à 400 °C pendant 15 h, sous atmosphère d'azote (2L min"1).
La couche d'aluminium superficielle est gravée par voie humide : le substrat est plongé dans une solution d'acide chlorhydrique concentré (37% en masse) pendant 15 minutes à température ambiante ; le cas échéant, la couche d'oxyde amorphe AI-Si-0 (présente à l'interface p-Si-AI) peut être gravée par une solution aqueuse diluée d'acide fluorhydrique (5% en masse).
2. Caractérisation
La morphologie des couches est analysée par microscopie optique, par microscopie électronique à balayage et par microscopie électronique en transmission.
La figure 6 est une image prise au microscope électronique à balayage, ainsi qu'une représentation schématique calquée de ladite image, d'un substrat de silicium
(001 ) oxydé sur lequel une couche de silicium a cristallisé. L'épaisseur de la couche comprenant des grains monocristallins de silicium est de 10 nm. Les parties hachurées délimitent les grains et les parties blanches le Si02. Par soucis de clarté, il a été représenté sur l'image modélisée une dimension latérale D ainsi que deux dimensions latérales D1 et D2 orthogonales. Tous les grains monocristallins ont au moins une dimension latérale D supérieure à 2 μητι, plus précisément de l'ordre de 5 μηη.
La rugosité à l'échelle de la surface du grain a été mesurée à l'aide d'un microscope à force atomique (AFM). En mesurant cette rugosité sur plusieurs grains, la rugosité la plus défavorable mesurée sur un grain est de 1 ,2 nm.
La figure 7 représente le profil du contraste en champ clair, pris perpendiculairement au plan du substrat en fonction de la profondeur en nanomètre, d'une image obtenue par microscopie électronique en transmission sur un échantillon en tranche amincie après cristallisation et gravure. Le profil obtenu est caractéristique d'une cristallisation des grains avec des plans (111 ) parallèles à la surface du substrat.
Les propriétés cristallines de la couche de p-Si ont également été analysées par diffraction des rayons X en incidence rasante (GIXRD : Grazing Incidence X-Ray Diffraction), en raison de la finesse de la couche. Les couches de p-Si présentent une texture (111 ) parfaite comme le montre le spectre de la figure 8. Seuls les familles de plan {220} et {422} sont observées par GIXRD : c'est la signature de la texture (111 ) complète du film.
II. Croissance de nanofils de GaAs autocatalysés par épitaxie par jet moléculaire
Les nanofils sont obtenus par mise sous vide et dégazage du substrat comprenant la couche mince suivie par une procédure classique de croissance des nanofils (tout catalyseur et tout matériau lll-V).
La croissance des nanofils de GaAs autocatalysés est effectuée par épitaxie par jets moléculaires (EJM) dans un bâti MBE 32 de Riber, sous une rotation de 7 tours min"1 et un flux de Gallium équivalent à une croissance planaire de 2,0 Â s"1 (pression de 3,0- 10"7 Torr).
Avant toute croissance, les substrats couches minces sont dégazés sous vide à 450 °C pendant 1 h.
Le substrat est transféré dans la chambre de croissance, et est porté à 450 °C. Le gallium est déposé pendant 60 s (quantité équivalente à 19 monocouches de Ga). La
température est portée de 450 °C à 580 °C (température de croissance) en 10 minutes à l'aide d'une rampe.
Après stabilisation de la température, les obturateur (« shutters ») d'As (sous forme d'As4) et de Ga sont ouverts simultanément, donnant respectivement des flux de 4,2- 10"6 Torr et 3,0- 10"7 Torr. La pression d'arsenic est linéairement portée à 5,2- 10"6 Torr en 300 s. La croissance est maintenue dans ces conditions pendant 300 s supplémentaires. Au terme de cette durée, les sources d'As4 et de Ga sont simultanément obturées, et l'échantillon est transféré hors de la chambre de croissance.
La figure 9 représente une image prise au microscope électronique à balayage d'un nanofil obtenu selon le procédé de l'invention. Le nanofil est vertical sur la surface d'un grain monocristallin de silicium.