"Procédé de fabrication de boisson fermentée de fruits"
La présente invention se rapporte à un procédé de fabrication d'une boisson fermentée de fruits. II est connu de réaliser de telles boissons, appelées vin lorsque les fruits utilisés sont du raisin ou parfois vin de. fruits lorsque d'autres fruits que le raisin sont utilisés. Ces boissons sont généralement obtenues en pressant des fruits en vue d'en recueillir le moût et laissant fermenter ce moût en cuve jusqu'à ce qu'il atteigne un degré d'alcool souhaité en additionnant éventuellement au moût du sucre et/ou des levures et autres substances chimiques destinées à conférer à la boisson un degré d'alcool et un parfum souhaités.
Certains fruits cependant ne se prêtent pas à un tel procédé de fabrication en raison de leur texture ou de leur teneur en eau qui ne permettent pas d'en extraire suffisamment de jus pour obtenir un moût qui soit propre à la mise en œuvre de l'étape de fermentation permettant l'obtention de la boisson recherchée. Ceci est en particulier le cas de la banane, fruit à consistance pâteuse et à faible teneur en eau qui se prête mal à la fabrication de boisson fermentée selon un procédé traditionnel. L'invention résout ce problème en proposant un procédé de fabrication de boisson fermentée de fruits caractérisé en ce que l'étape d'extraction du moût des fruits telle qu'elle est mise en oeuvre selon les procédés traditionnel est précédée d'une étape de cuisson desdits fruits.
Cette étape de cuisson permet une déstructuration des fruits préalable à l'extraction de leur moût qui est propice à une bonne libération par les fruits ainsi cuits de leurs sucs, notamment lors de
l'extraction du moût des fruits, en particulier par pressage. Par ailleurs, lorsque les fruits utilisés possèdent une teneur importante en amidon, lequel n'est pas fermentable et doit être transformé par hydrolyse en sucre fermentable, la cuisson permet de briser les chaînes amidonnées de sorte à rendre plus aisée leur hydrolyse.
L'invention offre un débouché économique à la culture de certains fruits qui ne se prêtent pas à la fabrication de boissons fermentées selon un procédé traditionnels en raison de leur texture ou de leur teneur en eau. Ceci est le cas en particulier en ce qui concerne les régions tropicales ou subtropicales propices à la culture à grande échelle de la banane. D'autre part, la possibilité offerte par le procédé selon l'invention de fabriquer une boisson fermentée de banane ou de fruits tropicaux en général qui n'aurait pas pu être obtenue par la mise en œuvre d'un procédé traditionnel de fabrication de boisson fermentée de fruits permet la création d'une boisson alcoolisée originale, particulièrement adaptée à la consommation de cuisine tropicale ou subtropicale. L'invention permet donc la fabrication d'un produit en harmonie quant à son principal ingrédient avec cette cuisine tropicale ou subtropicale alors que les seules boissons alcoolisées généralement servies avec cette cuisine sont jusqu'à ce jour le vin ou la bière, boissons traditionnellement occidentales et obtenues à partir d'ingrédients principaux, à savoir le raisin dans le cas du vin, l'orge, le malt et le houblon dans le cas de la bière, dont la culture ne peut être réalisée à grande échelle dans des régions tropicales ou subtropicales.
Des formes de réalisation préférées de l'invention sont décrites dans les revendications dépendantes.
Une modalité de réalisation de l'invention va à présent être exposée plus en détails. Cette modalité concerne le procédé de réalisation selon l'invention d'une boisson fermentée à base de banane.
Les étapes précise de mise en œuvre du procédé en question sont décrites dans l'ordre de leur réalisation, en vue de l'obtention d'un volume de 100 I de ladite boisson.
- Epluchage et tronçonnage de 36 kg de bananes mûres. Le degré de maturité souhaité est celui correspondant à une couleur brune de la peau des bananes de sorte à ce que le fruit soit le plus mûr possible, sans franchir le seuil de pourrissement. - Cuisson par ébullition dans 50 I d'eau durant 20 à 40 minutes, de préférence 30 mn. La cuisson des fruits dans l'eau permet de libérer une grande quantité des sucs qu'ils contiennent et de briser les chaînes amidonnées contenues dans les bananes sans affecter sensiblement les autres composants du fruit et en particulier sans dégrader le sucre qu'il contient, par caramélisation notamment. Il a été découvert qu'un temps de cuisson de l'ordre de 30 minutes permet d'atteindre un résultat optimal en termes de libération des sucs des bananes et de bris des chaînes amidonnées qu'elles contiennent.
- Refroidissement jusqu'à température ambiante.
- Ajout éventuel de 50 g d'alpha-amylase. Cette substance permet d'hydrolyser l'amidon contenu dans la banane de sorte à le rendre propre à être fermenté par des levures. Néanmoins, en l'absence d'alpha-amylase, lesdites levures produisent des enzymes propres à opérer la fermentation en question. C'est pourquoi, l'étape d'ajout d'alpha-amylase peut être éventuellement omise.
- Extraction du moût. Cette extraction s'effectue de préférence en deux phases. Lors de la première phase, le mélange est versé sur un plan incliné de sorte à laisser s'en
écouler la partie liquide qui est recueillie et constitue une première fraction du moût. Au cours de la seconde phase, le résidu solide du mélange est alors pressé dans une presse fruitière traditionnelle de sorte à en extraire le 5 maximum de liquide qui est recueilli et constitue le seconde fraction du moût. Le résidu solide de pressage au terme de la • seconde phase susmentionnée est éliminé. Alternativement, l'extraction du moût peut être réalisée au cours d'une étape unique de pressage. 10 - Transvasement du moût obtenu par extraction dans une cuve de fermentation et appoint d'eau jusqu'à environ 90 I.
- Ajout de 14 kg de sucre blanc, de 30 g d'hydrogénophosphate d'ammonium, de 10 g de levures. Les levures assurent la fermentation du moût. Cependant,
15 ces levures ont besoin de sels minéraux pour pouvoir se multiplier en vue de permettre une fermentation suffisante dudit moût. Ces sels minéraux sont apportés par l'hydrogénophosphate d'ammonium.
- Après plusieurs jours de fermentation, ajout de 2 à 4 kg de 20 sucre blanc selon la densité en sucre souhaitée.
- Interruption de la fermentation par ajout de 20 g de métabisulfite de potassium et soutirage dans une cuve de garde. Le métabisulphite de potassium interrompt la fermentation du moût par asphyxie des levures. Sans cette
25 interruption, ces dernières poursuivraient la fermentation du moût jusqu'à ce qu'il atteigne un taux d'alcool compris entre 15 et 16 °, au delà duquel l'alcool produit détruit également les levures de sorte que la fermentation s'interrompt spontanément.
- Ajout de 4 à 5 g/1 d'acide lactique si l'acidité naturelle du mélange est insuffisante pour que celui-ci atteigne un taux d'acidité compris entre 4 et 5g/l.
- Ajout de 5 g de métabisulfite de potassium et soutirage 5 dans une nouvelle cuve de garde. Outre son effet d'interruption de la fermentation, le métabisulfite de potassium joue également le rôle d'antioxydant du moût fermenté et permet en outre de le clarifier.
- Ajout éventuel de 40 ml de kiezelsol en vue de clarifier le 10 mélange.
- Après 30 mn suivant la fin de l'étape précédente, ajout éventuel de 40 ml de gélatine.
- Après plusieurs jours de clarification, ajout de 5 g de métabisusfite de potassium et soutirage dans une nouvelle
15 cuve de garde.
- Filtration du mélange.
- Mise en bouteilles.