« Voilier monocoque stable »
La présente invention concerne un voilier à quille monoco¬ que stable.
Un tel voilier comporte : - un mât maintenu par des haubans et portant la voilure et le grée- ment, une coque surmontée d'un roof, ces deux éléments formant un en¬ semble monobloc, et un lest notamment fixé à l'extrémité de la quille pour assurer au voi- lier sa stabilité avec un bras de levier suffisant.
Sous l'effet d'un vent transversal, les voiliers ont tendance à gîter, c'est-à-dire à s'incliner latéralement.
Ce phénomène bien connu est accepté sans problème par les spécialistes de la course en mer dont la seule préoccupation est d'augmenter au maximum la vitesse de leurs voiliers, même au détriment du confort.
Pour satisfaire ces habitués de la régate, les constructeurs ont tendance à chercher à réduire au maximum le poids des voiliers en augmentant la profondeur du lest. Par suite, les voiliers modernes sont en règle générale, tout comme les voiliers de course équipés d'une quille profonde à l'extrémité de laquelle est fixé le lest.
Les navigateurs sportifs se contentent, lorsque c'est néces¬ saire de combattre la gîte par des artifices ponctuels tels que des suspen- sions à la cardan par exemple pour les réchauds de cuisine, voire des sièges et tables à cartes sur balancelles.
En revanche, de nombreux plaisanciers qui ne recherchent pas avant tout la performance sont plus préoccupés par leur confort et leur sécurité en croisière et souhaiteraient pouvoir acquérir des voiliers disposant d'un habitacle plus stable, moins sensible à la gîte.
Or, les seuls voiliers permettant de s'affranchir de la gîte actuellement sur le marché sont les multicoques qui présentent un certain nombre d'inconvénients : ils sont en particulier environ deux fois plus chers qu'un voilier monocoque correspondant, plus délicats à manœuvrer, et ne trouvent en outre que très difficilement des places dans les ports de plaisance, ce à un coût bien plus élevé.
Ces inconvénients font que nombreux sont les navigateurs qui renoncent à acquérir un multicoque.
Dans ce contexte, la présente invention a pour objet de pro¬ poser un voilier monocoque dont l'habitacle est essentiellement insensible à la gîte.
Il est à noter que des inventeurs ont déjà cherché à conce- voir des voiliers de ce type, mais que ces recherches ont été jusqu'à pré¬ sent infructueuses.
Les documents FR-2 346 210 ; FR-2 610 281 ; US- 3 985 106 ou encore US-6 058 867 décrivent à titre d'exemple des voiliers conçus pour être essentiellement insensibles à la gîte. Aucun de ces voiliers, munis de dispositifs traversant le bateau, ne se révèle toutefois satisfaisant, soulevant en particulier des problèmes de fuites, d'encombrement au niveau de l'habitacle, ou de réactions indésirables en cours de navigation, voire de risques d'accidents pour les navigateurs. Ces voiliers présentent en outre l'inconvénient d'être très sophistiqués donc fragiles.
Le voilier conforme à l'invention permet de remédier à ces inconvénients.
Les recherches à la base de l'invention ont amené à cons- tater que dans un voilier, l'ensemble constitué par la coque et le roof n'assure que la fonction de flottaison alors que le mât et le lest se char¬ gent des fonctions de propulsion et de rappel de façon à contrer les efforts du vent dans la voilure.
Par suite, l'invention propose un voilier dans lequel ces deux ensembles sont désolidarisés.
L'invention concerne donc un voilier de croisière monocoque stable caractérisé en ce que le mât, les haubans et le lest sont fixés par des moyens mécaniques quelconques sur un anneau monté rotatif à l'extérieur de l'ensemble constitué par la coque et le roof, par l'intermédiaire d'organes limitant les frottements tels que des paliers à roulement ou à friction tout en ne créant aucune turbulence dans l'eau.
Il est à noter que le lest peut être ou non fixé à l'anneau rotatif par l'intermédiaire du plan anti-dérive défini par la quille.
Il peut tout aussi bien être fixé à cet anneau au moyen d'une entretoise alors que le plan anti-dérive reste fixé à la coque à l'avant et/ ou à l'arrière de cet anneau rotatif.
Dans un voilier ainsi conçu, la totalité de l'habitacle, c'est- à-dire l'ensemble constitué par la coque et le roof est toujours en position
essentiellement horizontale quelles que soient la direction et la force du vent, et seul le mât ainsi que le lest sont soumis à la gîte.
Il est à noter que l'adjonction d'un tel anneau qui tourne li¬ brement autour de l'ensemble constitué par la coque et le roof est d'autant plus facile que les voiliers actuellement proposés sur le marché ont en rè¬ gle générale une section approximativement circulaire au droit du mât.
Une telle configuration permet donc d'améliorer dans une large mesure le confort des plaisanciers, ce à moindre coût.
Cette amélioration est d'autant plus importante que les constructeurs peuvent ainsi réaliser des coques plus larges, voire en forme de « tulipe » comme dans le cas des vedettes motorisées vu que la forme de la carène n'a plus à être calculée en fonction de son comportement à la gîte, comme dans les voiliers traditionnels.
D'autres inventeurs ont déjà vaguement évoqué cette solu- tion sans la développer, car elle se heurte d'emblée au grave problème des turbulences induites et de l'aspect inesthétique de l'ensemble.
L'invention ici décrite remédie définitivement à ces problè¬ mes grâce à un repli vers l'intérieur ménagé dans la coque et le roof dans lequel circule l'anneau. L'anneau est donc « externe-interne », c'est-à-dire demeure entièrement dans le milieu marin sans jamais pénétrer dans le bateau, et en même temps intérieur aux formes générales du bateau pour ne pas entraîner de turbulences ni accrocher le regard.
Il bien entendu essentiel de concevoir ce repli vers l'intérieur ainsi que les organes notamment les paliers sur lesquels est monté l'anneau rotatif de sorte que la rotation de celui-ci ne puisse pas être bloquée par différents débris ou éléments en suspension dans l'eau.
Selon une autre caractéristique de l'invention, le repli vers l'intérieur est caréné dans la zone contiguë au pont du voilier grâce à un enjoliveur, sur lequel est fixé un élément définissant une plate-forme per¬ mettant le passage des navigateurs.
On prévoira dans cette plate-forme soit des ouvertures ou des fentes permettant le passage des haubans, soit d'équiper la coque du voilier d'organes de limitation du débattement de l'anneau rotatif. Selon une autre caractéristique de l'invention, le voilier est équipé d'organes de blocage de l'anneau rotatif en toutes positions et no¬ tamment dans une position dans laquelle le mât est situé dans le plan de
symétrie longitudinal médian de l'ensemble constitué par la coque et le roof.
Lorsque ces organes sont actionnés en position de blocage, le voilier conforme à l'invention a un comportement en tous points simi- laire à celui d'un voilier traditionnel.
La présence de ces organes de blocage est pratiquement in¬ dispensable pour permettre de manœuvrer le voilier dans un port.
Selon une autre caractéristique de l'invention le voilier est équipé d'un mécanisme d'orientation manuel ou motorisé. Selon une autre caractéristique de l'invention, le voilier est équipé d'un étai de proue et d'un pataras de poupe fixés d'une part au sommet du mât et d'autre part à la coque en des points qui ne sont pas situés sur l'axe de rotation de l'anneau rotatif, mais plus haut pour l'étai et plus bas pour le pataras, permettant ainsi : - de fixer simplement l'étai au voisinage du haut de l'étrave
- d'obtenir une quête du mât vers l'avant à l'inclinaison du mât contre¬ balançant la tendance à devenir ardent.
Il est par ailleurs à noter que, pour que la tension de l'écoute de foc soit insensible à l'inclinaison du mât, le voilier peut avanta- geusement être équipé d'un foc auto-vireur.
Selon une autre caractéristique de l'invention, le voilier peut également avantageusement être équipé d'organes d'amortissement, no¬ tamment d'amortissement hydraulique des mouvements relatifs de l'anneau et de la coque. De tels organes d'amortissement peuvent à titre d'exemple être d'un type similaire aux amortisseurs équipant classiquement les véhi¬ cules automobiles.
Ils ont pour fonction première de supprimer les petits dé¬ placements rapides, inutiles et désagréables pouvant être consécutifs à l'indépendance du mât et de la quille.
Il est en outre à noter que, pour éviter ces petits mouve¬ ments, il peut être envisagé de ne pas désolidariser totalement le mât et la quille et de conserver un léger reste de gîte, toujours positive et maîtrisée, de façon à éviter à la coque de passer sans cesse de chaque côté de la po- sition à plat, en « bouchonnant » sur l'eau. Pour ce faire, il pourra être équipé de ressorts solides ou à gaz, intercalés entre l'anneau et la coque.
Les caractéristiques du voilier de croisière monocoque sta¬ ble qui fait l'objet de l'invention seront décrites plus en détail en se réfé¬ rant aux dessins non limitatifs annexés dans lesquels :
- la figure 1 est une coupe schématique du voilier au droit du mât ; - la figure 2 est une coupe schématique correspondant à la figure 1 et illustrant l'insensibilité à la gîte de l'ensemble constitué par la coque et le roof ;
- la figure 3 est une coupe détaillée de la figure 1 selon l'axe III-III ;
- la figure 4 est une coupe détaillée de la figure 1 selon l'axe IV-IV ; - la figure 5 est une vue de côté du voilier en cours de navigation.
Selon les figures 1 et 5, l'habitacle du voilier est constitué par une coque 1 surmontée d'un roof 2.
Ces deux éléments 1, 2 forment un ensemble monobloc ayant une section circulaire au droit du mât 3 qui porte classiquement la voilure et le gréement qui ne sont pas représentés sur les figures.
Le mât 3, les haubans 4 maintenant celui-ci ainsi que le plan anti-dérive (quille) 5 et le lest 6 fixé à l'extrémité inférieure de celui-ci sont fixés sur un anneau 7 monté rotatif autour de l'ensemble constitué par la coque 1 et le roof 2. Selon la figure 2, compte tenu de cette configuration l'habitacle du voilier est insensible à la gîte et demeure horizontal quelles que soient la force et la direction du vent agissant sur la voilure.
Selon les figures 3 et 4, l'anneau rotatif 7 est monté sur des paliers à roulement 8 et logé à la partie interne d'une échancrure annu- laire 9 prévue à la périphérie de l'ensemble constitué par la coque 1 et le roof 2.
Dans l'exemple de réalisation représenté l'anneau rotatif 7 a une section triangulaire ; il ne s'agit toutefois là que d'un exemple aucu¬ nement limitatif de l'invention. Selon les figures 4 et 5, l'échancrure 9 est fermée par un enjoliveur 10 dans la zone contiguë au pont du voilier.
Selon la figure 2, un élément 11 définissant une plate-forme 12 est fixé à cet enjoliveur 10 de façon à permettre le passage des naviga¬ teurs à ce niveau. Selon la figure 5, le voilier est par ailleurs équipé d'un étai de proue 13 ainsi que d'un pataras de poupe 14 qui sont tous deux fixés, d'une part au sommet du mât non représenté, et d'autre part en des
points de la coque 1 situés au-dessus de l'axe de rotation X-X' de l'anneau rotatif 7 pour l'étai et au-dessous pour le pataras.