RÉACTIF PSEUDO PEPTIDIQUE TRIFONCTIONNEL, SES UTILISATIONS
ET APPLICATIONS
La présente Invention est relative à un réactif trifonctionnel pseudopeptidique, à ses diverses utilisations, notamment pour la préparation de réactifs luminescents ou de bioconjugués éventuellement luminescents, à l'utilisation de ces réactifs et bioconjugués pour la fonctionnalisation de supports solides, ainsi qu'à l'utilisation des supports solides ainsi fonctionnalisés pour la détection de molécules d'intérêt.
De nombreuses applications mettant en jeu des bioconjugués dérivés de biopolymères (acides nucléiques, protéines, polysaccharides, ...) impliquent de pouvoir fixer de façon covalente (fixation réversible ou non) ces bioconjugués à une seconde architecture moléculaire (biopolymère, support solide, ...) et de les détecter et/ou les quantifier avec précision (détection optique, radioactive, ...). Ainsi, il est indispensable de disposer d'outils permettant d'associer efficacement un biopolymère à d'autres (macro)molécules sans trop altérer les propriétés de chacun des partenaires impliqués dans l'architecture moléculaire résultante et ciblée.
Dans ce but, de nombreuses petites molécules bifonctionnelles (plus connues sous l'expression anglaise de "bifunctional cross-linking reagents") ont été développées. Un grand nombre est commercialisé par la société Pierce. Cependant, il est intéressant de noter que plusieurs groupes académiques continuent de travailler au développement de nouveaux réactifs bifonctionnels toujours plus sophistiqués et permettant l'élaboration de bioconjugués toujours plus complexes.
Comme mentionné précédemment, il est parfois indispensable de disposer non pas de deux mais de trois fonctions orthogonales (i.e., chaque fonction est capable de réagir sélectivement avec un partenaire ciblé). Ainsi, le développement de réactifs trifonctionnels s'impose.
C'est ainsi qu'il a déjà été décrit, par exemple dans les articles de Alley, S. C. et al, J. Am. Chem. Soc, 2000, 122, 6126-6127 et de Sinz, A. et al, J. Am. Soc. Mass Spectrom., 2005, 16, 1921-1931, l'utilisation de différents types de réactifs trifonctionnels parmi lesquels figure notamment le sulfo-SBED disponible auprès de la société Pierce (Rockford, IL, USA), c'est-à-dire le sulfosuccinimidyl-2- [6(biotinamido)-2-(p-azidobenzimidazo)-hexanoamido]éthyl- 1 ,3 '-dithiopropionate,
pour l'étude des interactions protéines/protéines. Ce réactif trifonctionnel est composé d'une aminé réactive et d'un site photoréactif. Le sulfo-SBED possède la structure suivante :
Site photoréactif Cependant, le sulfo-SBED ne donne pas entièrement satisfaction dans la mesure où il n'est pas possible d'en moduler le caractère hydrophobe/hydrophile et surtout le troisième motif fonctionnel (i.e. la biotine) permet uniquement une interaction forte (quasi-covalente) avec des partenaires préalablement conjugués à l'avidine (glycoprotéine) ou la streptavidine, ce qui en limite fortement l'utilisation.
Il a également déjà été décrit, notamment dans la demande internationale WO 00/02050, des réactifs trifonctionnels permettant de préparer des bioconjugués constitués d'un motif central trifonctionnel choisi parmi le triaminobenzène, le tricarboxybenzène, la dicarboxyaniline et l'acide diaminobenzoïque, sur lequel sont rattachées, par l'intermédiaire de trois bras de liaisons distincts, un ligand d'affinité, un groupement réactif vis-à-vis d'une biomolécule et un agent effecteur. Ce réactif présente cependant l'inconvénient de posséder un motif central trifonctionnel constitué d'au moins deux fonctions chimiques identiques (i.e., fonctions acide carboxylique ou aminé) ce qui restreint le choix des fonctions complémentaires portées par les bras de liaison ce qui peut avoir un effet limitant.
Dans d'autres applications, notamment pour la détection d'analytes par immunofluorescence en phase hétérogène, il a déjà été proposé d'utiliser des réactifs trifonctionnels (tripodes) comportant trois pôles fonctionnels distincts, à savoir un groupement luminescent (L), une molécule (B) choisie parmi l'analyte à détecter, un analogue ou un fragment de celui-ci et enfin une fonction assurant la fixation dudit réactif trifonctionnel sur la surface d'un support solide (voir notamment
la demande de brevet français publiée sous le n° FR 2 847 984 et l'article correspondant de Volland, H. et al, Anal. Chem., 2005, 77, 1986-1904). Ces réactifs ne sont cependant pas utilisables dans tout type d'application.
Le développement des nouvelles technologies toujours plus pointues nécessite la création et l'utilisation de bioconjugués toujours plus sophistiqués qu'il n'est pas facile (voir impossible) d'atteindre avec les réactifs bi fonctionnel s ou trifonctionnels actuellement disponibles sur le marché.
C'est donc afin de remédier à l'ensemble de ces inconvénients et de pourvoir en particulier à une nouvelle famille de réactifs trifonctionnels dans lesquels il est possible de faire varier de façon très large la nature de chaque fonction pour pouvoir associer efficacement un biopolymère à d'autres (macro)molécules sans altérer trop les propriétés de chacun des partenaires impliqués dans l'architecture moléculaire résultante et ciblée, que les Inventeurs ont mis au point ce qui fait l'objet de la présente Invention. De façon plus précise, les Inventeurs se sont donnés pour but de pourvoir à un réactif trifonctionnel permettant de lier de façon covalente (fixation réversible ou non) un bioconjugué à une seconde architecture moléculaire telle qu'un biopolymère ou un support solide.
La présente Invention a donc pour premier objet un réactif trifonctionnel pseudopeptidique, caractérisé par le fait qu'il comprend au moins les trois unités structurales réactives A, B et C suivantes :
(a) une unité A constituée d'une chaîne hydrophile de pseudo- poly(éthylène glycol) (chaîne pseudo-PEG) interrompue par au moins une fonction amide et possédant deux extrémités El et E2, ladite extrémité El étant libre et comportant un motif terminal choisi parmi le groupement amino (-NH2), les carbamates activés et les esters activés, et ladite extrémité E2 comportant un atome de carbone terminal porteur d'une fonction carbonyle, ledit atome de carbone étant engagé dans une fonction amide (-C(O)-NH-) formée avec l'atome d'azote d'une fonction α-amine portée par l'unité B ;
(b) une unité B constituée d'un acide aminé choisi parmi les acides α-aminés de la série L, D et leurs mélanges racémiques, ledit acide aminé possédant sur sa chaîne latérale au moins une fonction oxyamine protégée par un groupement protecteur ou au moins une fonction aldéhydique masquée ; et
(c) une unité C constituée d'un acide aminé choisi parmi les acides α-aminés de la série L, D et leurs mélanges racémiques, ledit acide aminé possédant sur sa chaîne latérale au moins un motif thiol, maléimide, iodoacétyle, azoture, alcyne vrai, phosphane ou cyclooctyne ; lesdites unités B et C étant liées entre elles par l'intermédiaire d'une fonction amide formée entre l'atome de carbone porteur de la fonction carbonyle de l'acide α-aminé constituant l'unité B et l'atome d'azote de la fonction α-amine de l'acide α-aminé constituant l'unité C.
L'originalité principale de ces structures réside dans l'association d'acides aminés (naturels ou modifiés) protégés sur leurs chaînes latérales par des groupes protecteurs sélectionnés, et d'une chaîne pseudo-PEG fonctionnalisée dont la longueur est facilement modulable. Même si la présence de plusieurs fonctions chimiques (protégées ou non) entraîne nécessairement des problèmes lors de la préparation de ces réactifs (incompatibilités entre fonctions, dégradation et/ou déprotection prématurée de certains groupes protecteurs, ...), la structure segmentée en trois unités structurales distinctes (préparées indépendamment les unes des autres puis couplées entre elles lors des étapes finales d'élaboration du réactif trifonctionnel) permet une stratégie de synthèse hautement convergente qui limite au maximum la présence simultanée de motifs chimiques incompatibles entre eux. Par ailleurs, une grande diversité structurale (modulation de la géométrie, de la longueur, des propriétés de physicochimiques et la solubilité en particulier, ...) est accessible en modifiant uniquement l'une des trois unités structurale du réactif trifonctionnel.
Selon l'Invention, on entend par chaîne "pseudo"-PEG, une chaîne ayant de grandes similitudes de structure avec la chaîne PEG :
mais qui diffère par la présence de un ou plusieurs groupements fonctionnels (ester, amide, carbamate, urée, ...) en son sein.
Selon l'Invention, on entend par alcyne "vrai", un alcyne dont la triple liaison est monosubstituée par un groupement R : R ^ H Les trois unités structurales réactives constituants les réactifs trifonctionnels conformes à la présente Invention permettent de réaliser des réactions
totalement chimio sélectives dans des conditions douces (en particulier dans les milieux aqueux dans lesquels sont solubles les biopolymères).
Le motif carbamate activé ou ester activé pouvant être présent à l'extrémité El libre de la chaîne pseudo-PEG constituant l'unité A est réactif vis-à-vis des composés possédant un motif réactif complémentaire tel qu'une fonction aminé (généralement une aminé primaire aliphatique). Par ailleurs, la fonction aminé primaire pouvant alternativement être présente à l'extrémité El libre de la chaîne pseudo-PEG constituant l'unité A est réactive vis-à-vis des composés possédant un motif complémentaire tel qu'un carbamate ou un ester activé. Cette extrémité El permet notamment la fixation de macromolécules biologiques qui comportent, naturellement ou non, lesdites fonctions réactives complémentaires (anticorps, acides nucléiques ou analogues, polysaccharides, protéines, peptides, radionucléides, toxines, inhibiteurs d'enzymes, haptènes, ...etc.).
Le groupement de l'unité B, après activation éventuelle, c'est-à-dire après déprotection dans le cas de la fonction oxyamine ou après démasquage dans le cas de la fonction aldéhydique, dans des conditions douces compatibles avec la stabilité des différents partenaires impliqués, est réactif vis-à-vis des composés ou des matériaux possédant un ou plusieurs groupements carbonylés (aldéhyde, ...) ou alternativement aminés. Parmi de tels composés, on peut notamment citer les macromolécules telles qu'anticorps, acides nucléiques ou analogues, liposomes, polysaccharides, protéines, peptides, principes actifs, radionucléides, toxines, fluorophores, inhibiteurs d'enzymes, haptènes, ...etc.
Le motif thiol défini comme substituant latéral possible de l'acide α- aminé constituant l'unité C, est réactif vis-à-vis des composés ou des matériaux comportant un motif maléimide ou iodoacétyle. Les motifs maléimide et iodoacétyle, définis comme substituants latéraux possibles de l'acide α-aminé constituant l'unité C, sont réactifs vis-à-vis des composés ou des matériaux possédant une fonction thiol ou une cystéine après leur déprotection éventuelle. Enfin, le motif azoture défini comme substituant latéral possible de l'acide α-aminé constituant l'unité C est réactif vis-à-vis des composés ou des matériaux possédant un motif alcyne vrai, phosphane ou cyclooctyne et alternativement les motifs alcyne vrai, phosphane ou cyclooctyne définis comme substituants latéraux possibles de l'acide α-aminé constituant l'unité C
sont réactifs vis-à-vis des composés ou des matériaux possédant un motif azoture. Ce site réactionnel peut notamment être utilisé pour la fixation d'un groupement fluorophore porteur d'une fonction complémentaire réactive vis-à-vis des motifs thiol, maléimide iodoacétyle, azoture, alcyne vrai, phosphane ou cyclooctyne présents sur l'unité C.
Selon une forme de réalisation particulière de la présente Invention, la chaîne pseudo-PEG de l'unité A est choisie parmi les chaînes de formule (A-I) suivante :
- Ri représente une aminé primaire, un motif carbamate activé ou un motif ester activé,
- m et n, identiques ou différents, sont des nombres entiers compris entre 2 et 10 inclusivement,
- p est un nombre entier compris entre 1 et 10 inclusivement,
- la flèche représente la liaison covalente reliant la fonction amide de l'extrémité E2 de la chaîne pseudo-PEG à l'unité B ou C.
Selon une forme de réalisation préférée de l'Invention, la chaîne pseudo-PEG est choisie parmi les chaînes pseudo-PEG de formule (A-I) ci-dessus dans lesquelles m = n = 2 et p = 1.
Parmi les groupements carbamates activés pouvant être présents à l'extrémité El de la chaîne pseudo-PEG de l'unité A, on peut en particulier citer le carbamate de N-hydroxysuccinimidyle, le carbamate de sulfo N-hydroxysuccinimidyle, le carbamate de N-hydroxyphtalimidyle, le carbamate de N-hydroxypipéridinyle, le carbamate de />-nitrophényle et le carbamate de pentafluorophényle ; le carbamate de N-hydroxysuccinimidyle étant tout particulièrement préféré.
Parmi les groupements esters activés pouvant être présents à l'extrémité El de la chaîne pseudo-PEG de l'unité A, on peut en particulier citer l'ester de N-hydroxysuccinimidyle, l'ester de sulfo N-hydroxysuccinimidyle, l'ester de cyanométhyle, l'ester de N-hydroxyphtalimidyle, l'ester de N-hydroxypipéridinyle, l'ester de p-nitrophényle, l'ester de pentafluorophényle, les esters de benzotriazole, les esters d'hydroxybenzotriazole et les esters d'hydroxyazabenzotriazole ; l'ester de N-hydroxysuccinimidyle étant particulièrement préféré.
Parmi les acides α-aminés utilisables pour l'unité B, on peut notamment citer la lysine, l'homolysine, l'ornithine, l'acide 2,4-diaminobutanoïque (DABA) et l'acide 2,3-diaminopropanoïque.
Parmi de tels acides α-aminés, la lysine est particulièrement préférée.
Parmi les acides α-aminés utilisables pour l'unité C, on peut notamment citer la lysine, la cystéine, l'homolysine, l'ornithine, l'acide 2,4-diaminobutanoïque (DABA), l'acide 2,3-diaminopropanoïque, l'acide aminomercapto-acétique, Thomocystéine, la 5-mercapto-norvaline, la 6-mercapto- norleucine, l'acide 2-amino-7-mercapto-heptanoïque, et l'acide 2-amino-8-mercapto- octanoïque.
Parmi de tels acides aminés, la lysine et la cystéine sont particulièrement préférées.
Les groupements protecteurs de la fonction oxyamine de la chaîne latérale de l'acide α-aminé constituant l'unité B, sont de préférence choisis parmi les groupements protecteurs labiles en conditions douces tels que le 9-fluorénylméthoxycarbonyle (Fmoc), le benzyloxycarbonyle (Z), l'allyloxycarbonyle (Alloc), le trichloroéthoxycarbonyle (Troc), le triméthylsilyléthoxycarbonyle (Teoc), le pyridyldithioéthoxycarbonyle (Pydec), le 2-(2-nitrophényl)-propyloxycarbonyle (ΝPPOC), l'azométhyloxycarbonyle (Azoc), le 2-(triméthylsilyl)éthanesulfonyle (Ses) et le phtalimide.
Parmi de tels groupements protecteurs, les groupements Fmoc et phtalimide sont particulièrement préférés.
Au sens de la présente Invention, on entend par "fonction aldéhydique masquée", toute fonction aldéhyde ou cétone incluse dans une molécule
organique choisie parmi la serine ou n'importe qu'elle molécule organique contenant le motif 1,2-diol (-CH(OH)-CH(OH)-), 1 ,2-amino-alcool ou 1,2-hydroxythiol. Parmi de telles molécules organiques, on peut notamment citer l'acide tartrique, l'acide glycérique, l'acide 2,3-dihydroxypropanoïque, l'acide 3,4-dihydroxybutanoïque, l'acide 4,5-dihydroxypentanoïque et l'acide 3-amino-2-hydroxypropanoïque.
Au sens de la présente Invention, on entend par "conditions douces", l'utilisation de réactifs de déprotection de la fonction oxyamine ou de démasquage de la fonction aldéhydique fonctionnant à température ambiante et à pH neutre ou dans une gamme de pH comprise entre environ 5 et 9 inclusivement.
A titre de réactif de déprotection ou de démasquage, on peut notamment citer l'acide périodique (HIO4), les métaperiodates tels que le métaperiodate de sodium (NaIO4) et le métaperiodate de potassium (KIO4), ainsi que les periodates de tétraalkylammonium.
Parmi les réactifs trifonctionnels conformes à l'Invention, on peut tout particulièrement citer ceux qui sont choisis parmi les composés de formule (I) suivante :
(I) dans laquelle :
- Ri, m, n et p ont les mêmes significations que celles indiquées ci- dessus pour l'unité de formule (A-I),
- Xi et X2, identiques ou différents et conjointement avec l'atome de carbone auxquels ils sont liés, représentent la chaîne hydrocarbonée d'un acide α-aminé,
Proc est un groupement protecteur choisi parmi le 9-fluorénylméthoxycarbonyle (Fmoc), le benzyloxycarbonyle (Z), l'allyloxycarbonyle (Alloc), le trichloroéthoxycarbonyle (Troc), le triméthylsilyléthoxycarbonyle (Teoc), le pyridyldithioéthoxycarbonyle (Pydec), le 2-(2-nitrophényl)-propyloxycarbonyle
(NPPOC), l'azométhyloxycarbonyle (Azoc), le 2-(triméthylsilyl)éthanesulfonyle (Ses) et le phtalimide;
- Fonc est un motif thiol, maléimide, iodoacétyle, azoture, alcyne vrai, phosphane ou cyclooctyne.
Selon une forme de réalisation particulièrement préférée de l'Invention Xi est une chaîne n-butyle.
Selon une autre forme de réalisation particulièrement préférée de l'Invention, X2 est une chaîne éthyle ou n-butyle.
Selon une forme de réalisation particulièrement préférée de l'Invention, les composés de formule (I) ci-dessus sont choisis parmi les composés de formules (I- 1) à (1-6) suivantes :
(1-6).
Les réactifs trifonctionnels conformes à l'Invention peuvent être préparés selon des méthodes de synthèse convergentes selon lesquelles chacune des unités A, B et C est préparée individuellement, celles-ci étant ensuite assemblées pour
conduire au réactif trifonctionnel attendu. Ces méthodes de synthèse convergentes mettent en œuvre des réactions classiques bien connues de l'homme du métier et dont le détail est donné dans les exemples de synthèse illustrant la présente demande.
Grâce à leur trifonctionnalité, les réactifs conformes à la présente Invention et tels que décrits ci-dessus peuvent avoir de multiples utilisations et applications.
Les réactifs trifonctionnels conformes à la présente Invention peuvent en premier lieu être utilisés pour la préparation de bioconjugués.
Un autre objet de la présente Invention est donc l'utilisation d'au moins un réactif trifonctionnel tel que défini précédemment pour la préparation d'un bioconjugué.
Au sens de la présente Invention, on entend par bioconjugué, tout réactif trifonctionnel tel que décrit précédemment sur lequel est fixée au moins une molécule biologique d'intérêt. La fixation de la ou des molécules d'intérêt peut être effectuée au niveau de la fonction aminé primaire ou du motif carbamate activé ou ester activé présent à l'extrémité libre de la chaîne pseudo-PEG constituant l'unité A qui est réactif vis-à-vis des molécules biologiques possédant une fonction acide (ou carbamate) ou une fonction aminé réactive (généralement une aminé primaire aliphatique). La fixation de la molécule biologique d'intérêt peut également être effectuée au niveau de l'unité B, après déprotection de la fonction oxyamine ou démasquage de la fonction aldéhydique, qui deviennent alors réactives vis-à-vis des molécules biologiques possédant un ou plusieurs groupements carbonylés (aldéhyde, ...) respectivement oxyaminés. II est ainsi possible de fixer une ou deux molécules biologiques, identiques ou différentes, par réactif trifonctionnel conforme à la présente Invention.
Parmi les molécules biologiques pouvant être fixées sur les réactifs trifonctionnels conformes à la présente Invention, on peut notamment citer les anticorps, les molécules d'acides nucléiques et leurs analogues, les polysaccharides, les protéines, les peptides, les radionucléides, les toxines, les inhibiteurs d'enzymes, les haptènes, ...etc.
Un autre objet de l'Invention est donc un bioconjugué caractérisé par le fait qu'il consiste en un réactif trifonctionnel tel que défini précédemment dans lequel le motif aminé primaire, carbamate activé ou ester activé présent à l'extrémité libre de la chaîne pseudo-PEG constituant l'unité A et/ou la fonction oxyamine ou aldéhydique portée par l'unité B après sa déprotection, respectivement son démasquage, est(sont) fonctionnalisé(s) par une molécule biologique d'intérêt.
Selon l'Invention, on peut donc avoir les trois types de bioconjugués suivants : i) un bioconjugué constitué par un réactif trifonctionnel dans lequel seule la fonction aminé ou seul le motif carbamate activé ou ester activé présent à l'extrémité libre de la chaîne pseudo-PEG constituant l'unité A est fonctionnalisé par une molécule biologique, ii) un bioconjugué constitué par un réactif trifonctionnel dans lequel seule la fonction oxyamine déprotégée ou aldéhydique démasquée de l'unité B est fonctionnalisée par une molécule biologique, et iii) un bioconjugué comportant deux molécules biologiques, constitué par un réactif trifonctionnel dans lequel la fonction aminé primaire ou le motif carbamate activé ou ester activé présent à l'extrémité libre de la chaîne pseudo- PEG constituant l'unité A et la fonction oxyamine déprotégée ou aldéhydique démasquée de l'unité B sont chacun fonctionnalisés par une molécule biologique ; dans ce dernier cas le bioconjugué comporte deux molécules biologiques qui peuvent être identiques ou différentes l'une de l'autre. Il peut en particulier s'agir de deux molécules biologiques identiques mais modifiées par deux marqueurs différents.
La préparation de ces bioconjugués peut être faite de façon classique en faisant réagir un réactif trifonctionnel conforme à l'Invention avec la ou les molécules biologiques d'intérêt à fixer, tout en utilisant les méthodes bien connues de l'état technique pour faire réagir par exemple :
- un carbamate activé ou ester activé avec une fonction aminé (Hermanson, G. T., Bioconjugate Techniques, 1996, Académie Press, Inc.) ou - une fonction oxyamine avec un groupement carbonylé (Sing, Y. et al, Org. Biomol. Chem., 2006, 4, 1413-1419 ou Zatsepin, T. S. et al, Bioconjugate Chem., 2005, 16, 471-489.
Les réactifs tri fonctionnel s conformes à la présente Invention peuvent également être utilisés pour la préparation de réactifs luminescents, en particulier fluorescents.
Un autre objet de la présente Invention est donc l'utilisation d'au moins un réactif trifonctionnel tel que défini précédemment, pour la préparation d'un réactif luminescent, en particulier de réactifs fluorescents.
Dans ce cas, le greffage d'un groupement luminescent (L) peut être effectué : i) en faisant réagir le motif thiol, maléimide, iodoacétyle, azoture, alcyne vrai, phosphane ou cyclooctyne porté par l'unité C avec une fonction complémentaire maléimide, iodoacétyle (si l'unité C comporte une fonction thiol), thiol (si l'unité C comporte un motif maléimide ou iodoacétyle) ou alcyne vrai, phosphane ou cyclooctyne (si l'unité C comporte une fonction azoture), ou bien encore azoture (si l'unité C comporte une fonction alcyne vrai, phosphane ou cyclooctyne), ladite fonction complémentaire étant portée, naturellement ou non, par ledit groupement luminescent, et/ou ii) en faisant réagir la fonction oxyamine déprotégée ou aldéhydique démasquée de l'unité B avec un groupement luminescent porteur d'une fonction carbonylée telle qu'une fonction aldéhyde ou cétone ou respectivement avec une fonction oxyamine.
Dans ces deux cas, il peut être éventuellement nécessaire de fonctionnaliser préalablement le groupement luminescent à faire réagir par un motif complémentaire de la fonction avec laquelle on veut le faire réagir. La préparation de ces réactifs luminescents peut être faite de façon classique selon les réactions connues de l'homme de l'art.
Il est ainsi possible d'obtenir des réactifs luminescents comportant : i) un seul groupement luminescent fixé sur l'unité B par l'intermédiaire de la fonction oxyamine déprotégée ou de la fonction aldéhydique démasquée ou sur l'unité C par l'intermédiaire de la fonction thiol ou des motifs maléimide, iodoacétyle, alcyne vrai, phosphane, cyclooctyne ou bien encore azoture;
ii) deux groupements luminescents, l'un étant fixé sur l'unité B par l'intermédiaire de la fonction oxyamine déprotégée ou de la fonction aldéhydique démasquée et l'autre étant fixé sur l'unité C par l'intermédiaire de la fonction thiol ou des motifs maléimide, iodoacétyle, alcyne vrai, phosphane, cyclooctyne ou bien encore azoture.
Ces réactifs trifonctionnels luminescents constituent un autre objet de l'Invention.
La nature du ou des groupements luminescents utilisables selon l'Invention n'est pas critique à partir du moment où ils comportent naturellement, ou qu'ils sont fonctionnalisables par, une fonction thiol ou carbonylée, ou bien par un motif maléimide, iodoacétyle, alcyne vrai, phosphane, cyclooctyne ou bien encore azoture.
Selon l'Invention, on entend par groupement luminescent toute substance qui, quand elle est excitée à une longueur d'onde donnée ou par un composé chimique donné, est capable d'émettre un photon, par exemple fluorophore ou terre rare.
Parmi les groupements luminescents (dont fluorophores) utilisables selon l'Invention, on peut en particulier citer les fluorophores à chaînes polyméthine (i.e. chaîne polyénique) ; les cyanines fluorescentes telles que celles commercialisées sous les références Cy3, Cy3.5, Cy3B, Cy5, Cy5.5 et Cy7 par la société GE Healthcare ; la fluorescéine (fluorescéinate de sodium) et ses dérivés tels que l'isothiocyanate de fluorescéine (FITC) et la 6-carboxyfiuorescéine (6-Fam) ; la rhodamine et ses dérivés tels que la tetraméthyl rhodamine isothiocyanate (TRITC) ; les dérivés hydrosolubles de la rhodamine sous forme d'ester de N- hydroxysuccinimide tels que les produits vendus sous la dénomination commerciale Alexa Fluor ® par la société Invitrogen comme par exemple les Alexa Fluor ® 488, 500, 514, 532, 546, 555, 568, 594, 610-X, 633, 647, 660, 680, 700, 750 et 790 ; les rhodols et leurs dérivés ; les dérivés de coumarine tels que la 7-amino-coumarine ; la 9-aminoacridine et l'acide 9-acridinecarboxylique ; les colorants fluorescents à aminés réactives tels que l'ester succinimidylique de l'acide 6-((7-amino-4-méthylcoumarin-3- acétyl)amino) hexanoïque (AMCA) ; les difluorures de bore de dipyrrométhène vendus sous les dénominations commerciales BODIPY ® tels que BODIPY® FR-Br2,
BODIPY ® R6G, BODIPY® TMR, BODIPY ® TR et les BODIPY ® 530/550 (longueur d'onde d'excitation/longueur d'onde d'émission, en nm), 558/567, 564/570, 576/589, 581/591, 630/650 et 650/665 vendus par la société Bio-Rad Inc. (USA) ; les fluorophores dérivés du pyrène tels que par exemple les colorants Cascade Blue (vendus par exemple par les sociétés Trilink BioTechnologies (USA) ou Invitrogen ; les dérivés diazoïques tels que le DABCYL® ; les dérivés du danzyle tels que l'EDANS® (Eurogentec, BE) ; l'éosine ; l'érythrosine et les dérivés de sulforhodamine tels que le chlorure/sulfonyl de sulforhodamine 101 également connu sous le nom de Texas Red. Les réactifs trifonctionnels conformes à la présente Invention peuvent également être utilisés pour la préparation de réactifs luminescents, en particulier fluorescents comportant également un "composé accepteur" (Q) de la luminescence du groupement luminescent. Dans ce cas, de tels réactifs constituent ce qu'il est convenu d'appeler une cassette de transfert d'énergie (ou cassette FRET) utilisables notamment pour le séquençage de l'ADN.
Un autre objet de la présente Invention est donc l'utilisation d'au moins un réactif trifonctionnel tel que défini précédemment pour la préparation d'une cassette de transfert d'énergie.
Dans ce cas, le greffage du groupement luminescent sera effectué sur la fonction oxyamine déprotégée ou aldéhydique démasquée de l'unité B ou bien via la fonction thiol ou les motifs maléimide, iodoacétyle, alcyne vrai, phosphane, cyclooctyne ou bien encore azoture de l'unité C, et le greffage du composé accepteur (Q) sera respectivement effectué via la fonction thiol ou les motifs maléimide, iodoacétyle, alcyne vrai, phosphane, cyclooctyne ou bien encore azoture de l'unité C ou bien sur la fonction oxyamine déprotégée ou aldéhydique démasquée de l'unité B.
L'Invention a donc également pour objet une cassette de transfert d'énergie, caractérisée par le fait qu'elle est constituée d'un réactif trifonctionnel tel que défini précédemment, ledit réactif comportant un groupement luminescent (L) et un composé accepteur (Q) de la luminescence du groupement luminescent, L et Q étant respectivement et indifféremment fixés sur ledit réactif trifonctionnel via la fonction oxyamine déprotégée ou aldéhydique démasquée de l'unité B et la fonction
thiol ou les motifs maléimide, iodoacétyle, alcyne vrai, phosphane, cyclooctyne ou bien encore azoture de l'unité C.
Dans ces deux cas, il peut être éventuellement nécessaire de fonctionnaliser préalablement le composé accepteur (Q) à faire réagir par un motif complémentaire de la fonction avec laquelle on veut le faire réagir.
Le groupement luminescent (L) utilisable dans ces cassettes de transfert d'énergie peut notamment être choisis parmi les groupements luminescents (L) cités précédemment et utilisables pour la préparation des réactifs trifonctionnels luminescents conformes à la présente Invention. Selon l'Invention, on entend par "composé accepteur" (Q), toute molécule permettant la diminution ou la disparition de la luminescence du groupement luminescent (L) dans certaines conditions. Ce composé, de natures diverses, peut notamment être un composé chimique (luminescent ou non et tel que par exemple les protéines fluorescentes), un atome lourd ou une nanoparticule. Parmi de tels composés accepteurs (Q), on peut en particulier citer les composés fluorescents tels que ceux cités ci-dessus pour les groupements L, en particulier la rhodamine et ses dérivés tels que la tetraméthyl rhodamine (TMR), la Rhodamine 6G (R6G) et les colorants QSY ® 7, QSY ® 9 et QSY ® 21 (Molecular Probes) ; mais également des molécules non-fluorescentes de la famille des colorants azoïques telles que les composés vendus sous les dénominations commerciales Black HoIe Quencher ® (BHQ) comme par exemple les BHQ-O, BHQ-I, BHQ-2 et BHQ-3 (Biosearch Technologies) ; les particules d'or telles que celles ayant un diamètre de 1,5 nm vendues sous la dénomination commerciale Nanogold Particules ® (Nanoprobes) ; les colorants diazoïques tels que les produits vendus sous les dénominations commerciales Eclipse Dark Quencher ® (Epoch Bioscience) ou QSY ® 35 (Molecular Probes) ; le produit commercial ElleQuencher ® (Eurogentec) ; le vert de malachite et les composés accepteurs ("Quenchers") de la famille des cyanines tels que le composés vendus sous les dénominations commerciales Cy5Q ou Cy7Q par la société GE Healthcare. Selon une forme de réalisation particulièrement avantageuse de ces cassettes de transfert d'énergie, le groupement luminescent (L) et le composé accepteur (Q) sont choisis parmi les couples suivants (L/Q) : Cy3/Cy5, Cy5/Cy7,
Cy5/Alexa Fluor® 750, Cy3/Cy5Q, Cy3/QSY® 7, Cy3/QSY® 9, Cy5/Cy7Q, Cy5/QSY® 21, Cy5/Cy5, Cy5.5/Cy5.5, Cy7/Cy7, R6)/Cy5, R6G/Alexa Fluor® 647, R6G/QSY® 21, Alexa Fluor® 532/Cy5, Alexa Fluor® 532/Alexa Fluor® 647, Alexa Fluor® 532/QSY® 21, Alexa Fluor® 555/Cy5, Alexa Fluor® 555/Alexa Fluor® 647, Alexa Fluor® 555/QSY® 21.
Selon une autre forme de réalisation particulière de l'Invention, les réactifs trifonctionnels peuvent être utilisés pour la préparation de bioconjugués mixtes comportant au moins une molécule biologique et au moins un groupement luminescent. La présente Invention a donc également pour objet un bioconjugué mixte, caractérisé par le fait qu'il consiste en un réactif trifonctionnel tel que défini précédemment sur lequel sont fixés au moins une molécule biologique et au moins un groupement luminescent. En outre, ces bioconjugués mixtes peuvent également comporter un composé accepteur (Q) de la luminescence du groupement luminescent (L).
Ces bioconjugués mixtes sont donc choisis parmi les réactifs trifonctionnels sur lesquels sont fixés : i) une ou deux molécules biologiques d'intérêt et un groupement luminescent ; ou ii) une molécule biologique d'intérêt, et deux groupements luminescents ; iii) une molécule biologique d'intérêt, un groupement luminescent, et un composé accepteur (Q) de la luminescence du groupement luminescent ; lesdites molécules biologiques et lesdits groupements luminescents et composé accepteurs (Q) étant fixés sur le réactif fonctionnel au niveau des extrémités terminales des unités A, B et C comme décrit ci-dessus.
Les réactifs trifonctionnels et les bioconjugués conformes à la présente Invention, modifiés ou non par un groupement luminescent au niveau de l'unité C, et dans lesquels la fonction oxyamine ou respectivement aldéhydique de l'unité B est libre (c'est-à-dire non fonctionnalisée par une molécule biologique d'intérêt, un groupement fluorescent ou un composé accepteur) peuvent être utilisés pour la fonctionnalisation de supports solides comportant au moins une surface
possédant un ou plusieurs groupements carbonylés, en particulier une ou plusieurs fonctions aldéhyde ou cétone ou respectivement une ou plusieurs fonctions oxyamine. Par conséquent, la présente Invention a également pour objet un support solide, caractérisé par le fait qu'il comporte au moins une surface fonctionnalisée, de façon covalente, par un ou plusieurs réactifs trifonctionnels, et/ou par un ou plusieurs bioconjugués, lesdits réactifs trifonctionnels et bioconjugués étant éventuellement modifiés par un groupement luminescent au niveau de l'unité C et tels que définis précédemment.
Selon l'Invention, la nature du support solide n'est pas critique à partir du moment où il comprend au moins une surface possédant, naturellement ou après modification chimique, un ou plusieurs groupements carbonylés, en particulier une ou plusieurs fonctions aldéhyde ou cétone ou respectivement une ou plusieurs fonctions aminé primaire, lesdits groupements ou fonctions étant aptes à réagir avec la fonction oxyamine déprotégée ou respectivement avec la fonction aldéhydique démasquée de l'unité B du réactif tri fonctionnel ou du bioconjugué.
Parmi de tels supports, on peut notamment citer le verre, le plastique, et les métaux.
Selon une forme de réalisation particulière de l'Invention, le support solide comprend au moins une surface fonctionnalisée par au moins un bioconjugué et constitue alors une biopuce telle que par exemple une puce à acide nucléique, une puce à protéine, une puce à polysaccharide ou une puce à peptide, ou bien un biocapteur tel que par exemple un immunosenseur.
De tels supports peuvent être préparés selon un procédé comprenant les étapes suivantes : - la déprotection de la fonction oxyamine protégée, ou respectivement le démasquage de la fonction aldéhydique masquée, présente sur l'unité B d'au moins un réactif trifonctionnel ou d'au moins un bioconjugué conforme à l'Invention pour obtenir un réactif trifonctionnel ou un bioconjugué porteur d'une fonction oxyamine déprotégée, respectivement aldéhydique démasquée, - la formation d'une liaison oxyme par mise en contact dudit réactif ou dudit bioconjugué porteur de la fonction oxyamine déprotégée ou respectivement aldéhydique démasquée avec un support solide dont au moins une surface possède un
ou plusieurs groupements carbonylés, respectivement aminé primaire, ladite liaison oxyme assurant la fixation covalente dudit réactif ou dudit bioconjugué à la surface du support.
De tels supports peuvent notamment être utilisés pour la détection de molécules d'intérêt, notamment pour la détection d'analytes en milieu liquide.
Selon une autre forme de réalisation, l'Invention a également pour objet l'utilisation d'au moins un réactif trifonctionnel tel que décrit précédemment pour la préparation d'une sonde destinée à la protéomique fonctionnelle.
Un autre objet de la présente Invention est donc une sonde pour la protéomique fonctionnelle, caractérisée par le fait qu'elle constituée d'un réactif trifonctionnel comportant :
- un groupement permettant la détection (ou visualisation) et/ou la purification d'une protéine cible (étiquette rapporteuse ou "reporter tag"),
- un motif reconnu par ladite protéine cible (unité de reconnaissance ou "récognition unit"), et
- un groupe réactif permettant d'établir un lien de covalence avec le site actif de la protéine ciblée (groupe réactif).
Selon l'Invention, on entend par "motif reconnu par ladite protéine cible", tout ligand de la protéine ciblée ou tout substrat s'il s'agit d'une enzyme (séquence peptidique par exemple).
Selon une forme de réalisation préférée de l'Invention la protéine cible est une enzyme.
Selon une première forme de réalisation de ces sondes pour la protéomique fonctionnelle et lorsque la protéine cible est une enzyme, le motif reconnu par l'enzyme et le groupe réactif permettant un lien de covalence avec le site actif de cette enzyme appartiennent à la même entité (c'est le cas par exemple des inhibiteurs irréversibles et/ou les substrats suicides utilisés en chimie médicinale) et sont donc portés par la même unité du réactif trifonctionnel pseudopeptidique conforme à l'Invention. Dans ce cas les deux autres unités dudit réactif trifonctionnel peuvent être utilisées pour fixer un groupement permettant la détection (fluorophore par exemple) et un groupement facilitant la purification (biotine, tag poly(histidine), ...). Selon cette forme de réalisation, les trois entités peuvent être fixées
indifféremment sur n'importe quelle unité du réactif trifonctionnel pseudopeptidique conforme à l'Invention.
Selon une seconde forme de réalisation de ces sondes pour la protéomique fonctionnelle et lorsque la protéine cible est une enzyme, le motif reconnu par l'enzyme et le groupe réactif n'appartiennent pas à la même entité et sont donc portés par deux unités distinctes du réactif trifonctionnel pseudopeptidique conforme à l'Invention. Dans ce cas, il est préférable de les fixer sur les deux unités les plus proches l'une de l'autre (B et C) afin que la réaction du groupe réactif ait bien lieu dans le site (actif) ciblé. Ainsi la dernière unité du réactif trifonctionnel pseudopeptidique conforme à l'Invention sera utilisée pour fixer le groupement permettant la détection et/ou la purification.
Outre les dispositions qui précèdent, l'Invention comprend encore d'autres dispositions qui ressortiront de la description qui va suivre, qui se réfère à des exemples de synthèse de réactifs trifonctionnels conformes à l'Invention. EXEMPLE 1 : PRÉPARATION D'UN RÉACTIF TRIFONCTIONNEL CONFORME A L'INVENTION
Dans cet exemple est décrite la synthèse d'un réactif trifonctionnel (1-1) conforme à la présente Invention et répondant à la formule (1-1) suivante :
(M) dans lequel :
- l'unité A est un bras de liaison de type pseudo-PEG possédant un motif carbamate activé réactif vis-à-vis des composés possédant une fonction aminé primaire,
- l'unité B est une lysine portant sur sa chaîne latérale une fonction oxyamine protégée par un groupement Fmoc, réactive vis-à-vis des surfaces possédant des fonctions aldéhyde, et
- l'unité C est une lysine possédant sur sa chaîne latérale un motif maléimide, réactif vis-à-vis des composés possédant une fonction thiol.
La stratégie de synthèse du composé (1-1) consiste à préparer séparément trois précurseurs correctement protégés (A-I), (B-I) et (C-I) puis de les assembler via des réactions de couplage pour obtenir le réactif trifonctionnel de formule (I- 1) ci-dessus conforme à la présente Invention. 1) Synthèse du précurseur (A-I) : Bras du bras de liaison de type Boc-PEG
Précurseur (A-I) Le précurseur (A-I) est un bras de liaison hydrophile possédant quatre unités éthylèneglycol ainsi qu'une fonction acide carboxylique qui va permettre le couplage ultérieur avec les unités (B-I) et (C-I) et une fonction aminé primaire qu'il est indispensable de conserver protégée jusqu'à la dernière étape de conversion en "carbamate activé". Il résulte de l'association de deux molécules d'acide 8-amino-3,6- dioxaoctanoïque, lesdites molécules ayant été préparées selon les méthodes décrites par Rensen, P. C. N et al, J. Med. Chem., 2004, 47, 5798-5808 ; Dondoni, A. et al, J. Org. Chem., 2005, 70, 5508-5518 ou Dhawan, R. et al Bioconjugate Chem., 2000, 11, 14-21. Cet acide aminé a ensuite été converti en deux dérivés protégés (dérivé N- Boc (6) et ester méthylique (7)) selon les méthodes décrites par exemple par Nakatani, K. et al, Bioorg. Med. Chem. Lett, 2004, 14, 1 105-1108 ou Rachele, J., J. Org. Chem., 1963, 28, 2898, qui ont pu être couplés entre eux selon la méthode décrite par exemple par Han, S. -Y. et al, Tetrahedron, 2004, 60, 2447-2467 pour conduire, après saponification, au précurseur (A-I) recherché. a) Première étape : Synthèse du 2-(2-(2-azidoéthoxy)éthoxy)éthanol (3)

1,29 ml (8,9 mmol) de 2-(2-(2-chloroéthoxy)éthoxy)éthanol ont été ajoutés à une suspension d'azoture de sodium (0,7 g, 10,7 mmol) et d'iodure de sodium (0,14 g, 0,93 mmol) dans de l'éthanol anhydre. Le mélange jaune résultant a été chauffé au reflux pendant 5 jours sous atmosphère d'argon. On a contrôlé que la réaction était complète par chromatographie sur couche mince (CCM) vendues sous la
référence DC Kieselgel 60 F254 par la société Merck en utilisant un mélange solvant dichlorométhane/méthanol (9:1, v/v). Le mélange a ensuite été filtré sur Celite 545 afin d'éliminer les sels de sodium, puis évaporé. Le résidu huileux résultant a été dissous dans environ 10 ml de dichlorométhane puis stocké à une température de 4°C pendant 1 heure. Après filtration sur coton et concentration, le composé (3) attendu a été obtenu sous la forme d'une huile incolore (rendement quantitatif).
Analyse RMN 1H (300 MHz, CDCl3) : δ = 2,63 (t, J = 6,0 Hz, IH, OH), 3,43 (t, J = 4,9 Hz, 2H), 3,61-3,77 (m, 10H).
VV) Deuxième étape : Synthèse de l'acide 2-(2-(2-azidoéthoxy) éthoxy)acétique (4)
1,56 g (8,9 mmol) du composé (3) obtenu ci-dessus à l'étape précédente ont été dissous dans 90 ml d'acétone et la solution résultante a été refroidie jusqu'à une température de 4°C. 8,9 ml de réactif de Jones 3 M fraîchement préparé (par exemple par dissolution de 26,72 g de CrO3 dans 23 ml d'acide sulfurique concentré puis ajout d'eau jusqu'à un volume de 100 ml) ont ensuite été ajoutés goutte à goutte (un précipité vert a immédiatement été formé), puis le mélange réactionnel résultant a été agité à température ambiante pendant 1 heure. On a contrôlé que la réaction était complète par CCM comme à l'étape précédente et la réaction a été stoppée par ajout de d'environ 4 ml de propan-2-ol. Après 15 min, on a ajouté 100 ml d'acétone et le précipité vert de sels de Cr(III) a été éliminé par filtration sur Celite® 545. Le filtrat a ensuite été évaporé à sec. Le résidu huileux résultant a été purifié par chromatographie sur une colonne de gel de silice (50 g) en utilisant comme phase mobile un gradient de méthanol (0 à 5 %) dans le dichlorométhane. On a obtenu 1,53 g (8,1 mmol) du composé (4) sous la forme d'une huile jaune (rendement 91 %). Analyse RMN 1H (300 MHz, CDCl3) : δ = 3,43 (t, J = 4,9 Hz, 2H),
3,66-3,80 (m, 6H), 4,19 (s, 2H).
A Analyse RMN 13C (75,5 MHz, CDCl3) : δ = 50,7 ; 68,6 ; 70,2 70,6 ; 71,4 ; 174,2.
c) Troisième étape : Synthèse de l'acide 2-(2-aminoéthoxy)éthoxy) acétique (5)
Un mélange de 1,53 g (8,2 mmol) du composé (4) obtenu ci-dessus à l'étape précédente et de 2,5 ml (65,5 mmol) d'acide formique a été dissous dans 150 ml d'éthanol, puis la solution obtenue a été refroidie jusqu'à une température de 4°C.
0,32 g de palladium/charbon (Pd/C) à 10% de Pd ont été ajoutés à cette solution et le mélange réactionnel résultant a été agité à température ambiante pendant 12 heures sous atmosphère d'hydrogène. On a ensuite contrôlé que la réaction était complète par
CCM comme à l'étape précédente mais en utilisant un mélange 8:2 (v/v) de dichlorométhane (CH2Cl2)/méthanol (MeOH), puis le mélange a été filtré sur Celite®
545 pour éliminer le Pd/C. Le filtrat a ensuite été évaporé à sec jusqu'à obtention d'un résidu huileux qui a été séché sous vide pour conduire au composé (5) attendu sous la forme d'une huile jaune (rendement quantitatif). d) Quatrième étape : Synthèse de l'ester méthylique de l'acide 2-(2-aminoéthoxy) éthoxy) acétique (6)
0,48 g (2,92 mmol) du composé (5) obtenu ci-dessus à l'étape précédente ont été mis en suspension dans 20 ml de 2,2-diméthoxypropane, puis on a ajouté 2,92 ml d'acide chlorhydrique concentré (HCl à 37 %)). Le mélange réactionnel résultant a été maintenu sous agitation à température ambiante pendant 1 heure. On a ensuite contrôlé que la réaction était totale par CCM en utilisant un mélange CH2Cl2/Me0H/triéthylamine (TEA) 80:20:2 (v/v/v) puis le mélange a été évaporé à sec. Le résidu huileux résultant a ensuite subi 4 lyophilisations successives avec ajout de 10 ml d'eau osmosée à chaque fois pour finalement obtenir le produit attendu sous la forme d'une huile jaune (rendement quantitatif).
Analyse RMN 1H (300 MHz, CD3CN + 5% D2O) : δ = 3,08 (t, J = 5,3 Hz, 2H), 3,56-3,76 (m, 1 IH), 4,13 (s, 2H).
e) Cinquième étape : Synthèse de l'acide 2-(2-tert-butyloxycarbonyl)aminoéthoxy) éthoxy) acétique (7)
0,78 g (3,75 mmol) du composé (5) obtenu ci-dessus à l'étape c) ont été dissous dans 12 ml d'un mélange tetrahydrofurane (THF)/H2O (2:1, v/v). 5 ml d'une solution aqueuse de soude 2 M fraîchement préparée ont ensuite été ajoutés et la solution obtenue a été refroidie à 4°C. 0,89 g (4,12 mmol) de dicarbonate de di-t- butyle ont ensuite été ajoutés et le mélange réactionnel a été maintenu sous agitation à température ambiante pendant 1 heure. On a ensuite contrôlé que la réaction était totale par CCM en utilisant un mélange CH2Cl2/Me0H (7:3, v/v). Le mélange réactionnel a ensuite été acidifié par ajout d'environ 25 ml d'une solution aqueuse d'hydrogénosulfate de potassium 1 M (KHSO4). Cette solution a ensuite été extraite avec 3 fois 50 ml d'acétate d'éthyle. La phase organique a été séchée sur sulfate de sodium (Na2SO4) puis évaporée à sec. Le résidu huileux résultant a été purifié par chromatographie sur une colonne de gel de silice (40 g) en utilisant comme phase mobile un gradient de méthanol (0 à 6 %) dans le CH2Cl2. On a obtenu 0,50 g (1,87 mmol) du composé (7) sous la forme d'une huile incolore (rendement 50 %).
Analyse RMN 1H (300 MHz, CDCl3) : δ - 1 ,44 (s, 9H), 3,34 (bm, 2H), 3,50-3,77 (m, 6H), 4,17 (s, 2H), 4,97 (bs, IH, NH). f) Cinquième étape : Synthèse du précurseur (A-I)
0,15 g (0,83 mmol) du composé (7) obtenu ci-dessus à l'étape précédente et 0,23 g (0,87 mmol) du composé (6) obtenu ci-dessus à l'étape d) ont été dissous dans 8 ml d'acétonitrile anhydre. On a ensuite ajouté 0,44 ml (2,5 mmol) de yV.Λf-diisopropyléthylamine (DIEA) et 0,37 g (0,83 mmol) d'hexafluorophosphate de benzotriazol-l-yl-Λf-oxytris(diméthyl-amino)-phosphonium (BOP) puis le mélange réactionnel a été maintenu sous agitation à température ambiante pendant une nuit sous atmosphère d'argon. On a ensuite contrôlé que la réaction était totale par CCM en utilisant un mélange CH2Cl2/Me0H (8:2, v/v), puis le mélange réactionnel a été évaporé à sec. Le résidu résultant a ensuite été repris dans 75 ml d'acétate d'éthyle,
lavé successivement avec 50 ml d'une solution aqueuse d'acide citrique à 10 %, 50 ml d'une solution saturée de bicarbonate de sodium (NaHCO3) et 50 ml d'une solution aqueuse saturé de NaCl pour être ensuite séché sur Na2SO4 et évaporé à sec. Le résidu huileux orange a ensuite été dissous dans 5 ml de MeOH et la solution a été refroidie à 4 °C. 0,83 ml d'une solution aqueuse de soude 1 M ont alors été ajoutés et le mélange réactionnel a été maintenu sous agitation à température ambiante pendant 30 min. On a ensuite contrôlé que la réaction était totale par CCM en utilisant un mélange CH2Cl2/Me0H (7:3, v/v). Le mélange réactionnel a ensuite été acidifié par ajout d'environ 1 ml d'une solution aqueuse de KHSO4 1 M. La solution a ensuite été évaporée à sec sans chauffage et le résidu résultant a été purifié par chromatographie sur une colonne de gel de silice (30 g) en utilisant comme phase mobile un gradient de méthanol (0-50 %) dans le CH2Cl2. On a ainsi obtenu 0,17 g (0,42 mmol) du précurseur du bras de liaison (A-I) sous la forme d'une huile incolore avec un rendement de 80 %. Analyse RMN 1H (300 MHz, CDCl3) : δ = 1,43 (s, 9 H), 3,30 (bm,
2H), 3,47-3,66 (m, 14H), 4,01 (s, 2H), 4,04 (s, 2H), 5,16 (bs, IH, NH), 7,34 (bs, IH, NH).
Analyse RMN 13C (75,5 MHz, CDCl3) : δ = 28,8 (3C) ; 38,9 ; 70,3 (3C) ; 70,5 (3C) ; 71,1 (3C) ; 79,8 ; 156,5 ; 171,6 ; 175,0. MS (ESI, mode positif) m/z : 431 ,27 (M+Na)+, 453,27 (M-H+2Na)+.
MS (ESI, mode négatif) m/z : 407,47 (M-H)" calculé pour C17H32N2O9 408,45. 2) Synthèse du précurseur (B-I)
Le précurseur (B-I) a été synthétisé en deux étapes à partir du dérivé protégé N-Fmoc de l'acide aminooxyacétique (8) préalablement préparé par réaction entre l'acide aminooxyacétique commercial et le chloroformiate de
9-fluorénylméthanol dans les conditions de Schotten-Baumann (Cipolla L. et al, Bioorg. Med. Chem., 2002, 10, 1639-1646). a) Première étape préalable : Synthèse de l'acide 9-fluorénylméthoxycarbonyl- aminooxyacétique (8)
0,5 g (4,6 mmol) d'hémichlorhydrate de carboxyméthoxylamine ont été dissous dans 20 ml d'une solution aqueuse contenant 1,2 g de Na2CO3 puis la solution résultante a été refroidie à 4°C. 1,31 g (5,0 mmol) de chloroformiate de 9- fluorénylméthyle dans 10 ml de dioxane anhydre ont alors été ajoutés goutte à goutte au milieu réactionnel qui a ensuite été maintenu sous agitation à température ambiante pendant une nuit. Le mélange réactionnel a été concentré, acidifié jusqu'à pH 4-5 par ajout d'environ 5 ml d'une solution aqueuse d'acide chlorhydrique à 5 % et le produit a précipité dans la solution. Il a été récupéré par filtration et lavé 1 fois avec 20 ml d'eau distillée puis 1 fois avec 20 ml de pentane. L'eau résiduelle a été éliminée par lyophilisation pour conduire à 1,05 g (3,4 mmol) du composé (8) sous forme brute. Après purification par chromatographie sur une colonne de gel de silice (30 g) en utilisant comme phase mobile un gradient de méthanol (0-50 %) dans le dichlorométhane, on a obtenu 0,64 g (2,0 mmol) du composé (8) sous la forme d'une mousse blanche (rendement 43 %). Analyse RMN 1H (300 MHz, CD3OD) : δ = 4,22-4,27 (m, 3H), 4,44
(d, J = 6,8 Hz, 2H), 7,29-7,42 (m, 4H), 7,64 (d, J = 7,5 Hz, 2H), 7,80 (d, J = 7,5 Hz, 2H). b) Deuxième étape préalable : Synthèse de la ^-(tert-butyloxycarbonyD-L-lysine (10)
1,0 g (2,63 mmol) de iy^
:Ctert-butyJoxycarbony
.l)
:N!-:
(benzyloxycarbonyl)):Lτly_sine (produit commercial) a été dissous dans 50 ml
d'acétate d'éthyle puis la solution a été refroidie à 4°C. On a ensuite ajouté 0,1 g de Pd/C à 10 % de Pd puis le mélange réactionnel résultant a été maintenu sous agitation à température ambiante pendant 21 heures sous atmosphère d'hydrogène. On a contrôlé que la réaction était complète par CCM (CH2Cl2/Me0H 85:15, v/v) puis le mélange réactionnel a été filtré sur Celite 545 pour éliminer le Pd/C. En raison de la faible solubilité du composé (10) dans l'acétate d'éthyle, on a réalisé des lavages de la Celite® 545 avec 2 fois 50 ml de méthanol pour récupérer le composé (10). Le filtrat a été évaporé à sec et le résidu huileux obtenu a été séché sous vide pour conduire à 0,41 g (1,67 mmol) du composé (10) sous la forme d'une mousse blanche avec un rendement de 64%. c) Première étape : Synthèse de l'ester succinimidylique de l'acide 9-fluorénylméthoxycarbonyl-aminooxyacétique (9)
0,560 g (1,80 mmol du composé (8) obtenu ci-dessus à l'étape a) ont été dissous dans 15 ml d'un mélange acétate d'éthyle/dioxane (2:1, v/v), puis la solution a été refroidie jusqu'à une température de 4°C. 0,225 g (1,95 mmol) de N-hydroxysuccinimide et 0,404 g de ΛζN'-dicyclohexylcarbodiimide (DCC) ont été ajoutés successivement à cette solution et le milieu réactionnel résultant a été maintenu sous agitation à température ambiante pendant une nuit sous atmosphère d'argon. La conversion du composé (8) en ester N-hydroxysuccinimidylique correspondant (9) a été contrôlée par chromatographie liquide haute performance en phase inverse (HPLC-PI) sur une colonne Thermo Hypersil GOLD" Ci8 de 5 μm et de dimensions 4,6 x 150 mm, en utilisant de l'acétonitrile et une solution aqueuse d'acide trifluoroacétique (TFA) à 0,1 % (v/v, pH 2) comme éluants (80 % de solution aqueuse de TFA à 0,1 % avec un gradient linéaire de 20 à 90 % d'acétonitrile en 35 minute, à un débit de 1,0 ml/min. Une double détection UV a été effectuée à 210 et 254 nm. Le composé (9) (?R = 20,72 min) a ensuite été immédiatement utilisé dans la réaction suivante de couplage sans purification.
d) Deuxième étape : Synthèse de la Na-(tert-butyloxycarbonyl)- Nβ-^-fluorénylméthoxycarbonyl-aminooxyacétvQ-L-lysine (B- 1 )
A une suspension de Λ^-Boc-L-lysine (10) (0,41 g, 1,67 mmol) dans 6 ml d'un mélange de DMF/NMP (5:1, v/v) anhydre, on a successivement ajouté la DIEA (0,29 ml, 1,67 mmol) et la solution brute d'ester de N-hydroxysuccinimide (9) obtenu ci-dessus à l'étape précédente. Le milieμ réactionnel résultant a été agité à température ambiante pendant 30 minutes. Une solution aqueuse de DIEA (0,15 ml dans 5 ml) a été alors ajoutée et la solution résultante a été agitée à température ambiante pendant 90 minutes. La réaction a été suivie par HPLC-PI (système identique à celui utilisé ci-dessus à l'étape précédente pour l'analyse du composé (9)). Le mélange réactionnel a été acidifié jusqu'à pH 5-6 par ajout d'une solution aqueuse de HCl à 5% (~ 3 ml) puis évaporé à sec. Le résidu ainsi obtenu a été repris dans 50 ml d'acétate d'éthyle et le résidu solide insoluble (précipité de DCU) éliminé par filtration sur Celite® 545. Le filtrat a été lavé avec 30 ml d'une solution aqueuse d'acide citrique à 10 %, séché sur Na2SO4 puis évaporé à sec. Le résidu jaune huileux ainsi obtenu a été purifié par chromatographie sur une colonne de gel de silice (45 g) en utilisant comme phase mobile un gradient de MeOH (0-6%) dans le dichlorométhane. On a obtenu 310 mg (0,57 mmol) de composé (B-I) sous la forme d'une mousse blanche avec un rendement de 34%. Analyse RMN 1H (300 MHz, CD3CN) : δ = 1,37-1,83 (m, 15H),
3,18 (q, J = 6,4 Hz, J = 12,6 Hz, 2H), 4,00 (m, IH, α-CH), 4,04 (s, 2H), 4,26 (t, J = 6,8 Hz, IH), 4,49 (d, J = 6,8 Hz, 2H), 5,61 (bd, J = 7,5 Hz, IH, NH), 7,31-7,44 (m, 4H), 7,51 (bs, IH, NH), 7,63 (d, J= 7,5 Hz, 2H), 7,83 (d, J= 7,5 Hz, 2H), 8,9 (bs, IH, NH). Analyse RMN 13C (75,5 MHz, CD3CN) : δ = 23,5 ; 28,5 (3C) ; 29,5
; 31,6 ; 38,9 ; 47,7 ; 54,2 ; 68,0 ; 76,3 ; 79,8 ; 120,9 (2C) ; 126,0 (2C) ; 128,1 (2C) ; 128,7 (2C), 142,1 (2C) ; 144,6 (2C) ; 156,7 ; 158,9 ; 169,3 ; 174,5.
MS (Maldi-TOF, mode positif) m/z : 564,5709 (M+Na)+, 580,5535 (M+K)+, calculé pour C28H35N3O8 541,61.
3) Synthèse du précurseur (C-I)
Cette synthèse est représentée sur le Schéma 1 ci-dessous :
SCHEMA 1 Ainsi que cela apparaît sur ce schéma 1, le précurseur (C-I) a été synthétisé en quatre étapes à partir la Λ^-Boc-Λ^-Z-L-lysine (11) ; dans ce composé Z représente le groupement benzyloxycarbonyl. Dans un premier temps, la fonction acide carboxylique est convertie en carboxamide (12) par réaction de l'ammoniaque sur l'anhydride mixte intermédiairement formé selon la méthode décrite par exemple par Hofmann, K. et al, J. Am. Chem. Soc, 1978, 100, 3585-3590. Ensuite, la fonction ε-NH2 protégée par un groupement Z a été libérée (13) par hydrogénation catalytique afin de pouvoir coupler le dérivé maléimide de la glycine (14) préalablement préparé par réaction entre la glycine et le N-(méthyloxycarbonyl)maléimide selon la méthode décrite par Keller O. et al, HeIv. Chim. Acta, 1975, 58, 531-541. Le dérivé maléimide (15) a ensuite été isolé par chromatographie sur gel de silice avec un rendement de 51%. Enfin, l'extrémité N-terminale a été déprotégée par traitement à l'acide trifluoroacétique pour conduire au précurseur (C-I). a) Première étape : Synthèse du /^-(tert-butyloxycarbonvD-Λ^- (benzyloxycarbonyl))7L:lysine-carbpxamideχi2J 1,0 g (2,63 mmol) de ^"-(tert-butyloxycarbonyl)-^-
(benzyloxycarbonyl)-L-lysine (11) a été dissous dans 18 ml d'acétate d'éthyle anhydre et la solution a été refroidie à -15°C dans un bain composé de carboglace (CO2 solide) et d'éthylèneglycol. 0,29 ml (2,63 mmol) de N-méthylmorpholine (NMM) et 0,34 ml
(2,63 mmol) de chloroformiate d'isobutyle ont ensuite été ajoutés et le milieu réactionnel résultant a été maintenu sous agitation à -15°C pendant 10 minutes sous atmosphère d'argon. On a ensuite ajouté à ce mélange 1 ,3 ml d'ammoniaque aqueux (50 % ; v/v) et le mélange réactionnel a été maintenu sous agitation à une température de 0°C pendant 1 heure. Un précipité blanc volumineux s'est immédiatement formé ; celui-ci a été récupéré par filtration et lavé avec 25 ml d'eau distillée puis avec 25 ml de pentane. L'eau résiduelle a été éliminée par lyophilisation pour conduire à 0,705 g (1,86 mmol) du composé (12). Le filtrat a par ailleurs été repris dans 20 ml d'acétate d'éthyle, lavé avec 20 ml d'eau distillée, séché sur Na2SO4 et évaporé à sec. Le solide blanc obtenu a été lavé avec 2 fois 25 ml de pentane et séché sous vide. Une quantité supplémentaire de composé (12) (0,25 g, 0,66 mmol) a ainsi été obtenue. Le rendement total était de 95 %.
Analyse RMN 1H (300 MHz, CD3CN) : δ = 1,31-7,78 (m, 15H), 3,10 (q, J = 6,4 Hz, J= 12,9 Hz, IH), 3,92 (m, IH, α-CH), 5,06 (s, 2H, CH2-Bn), 5,53 (bs, 1Η, NH), 5,66 (bs, IH, NH), 5,71 (bs, IH, NH), 6,31 (bs, IH, NH), 7,30-7,42 (m, 5H). b) Deuxième étape : Synthèse de la A^-(tert-butyloxycarbonyO-L-lysine-carboxamide (13)
0,95 g (2,5 mmol) du composé (12) obtenu ci-dessus à l'étape précédente ont été dissous dans 50 ml d'un mélange acétate d'éthyle/éthanol (4:1, v/v) et la solution a été refroidie à 4°C. 0,1 g de Pd/C à 10 % de Pd a été ajouté et le mélange réactionnel résultant a été maintenu sous agitation à température ambiante pendant 3 heures sous atmosphère d'argon. On a contrôlé que la réaction était complète par CCM (CH2Cl2/Me0H 9:1, v/v) puis le mélange a été filtré sur Celite® 545 pour éliminer le Pd/C. Le filtrat a ensuite été évaporé à sec pour conduire à un résidu huileux qui a ensuite été évaporé sous vide pour conduire au composé (13) attendu sous la forme d'un solide blanc (rendement quantitatif).
RMN 1H (300 MHz, CD3OD) : δ = 1,40-1,80 (m, 15H), 2,70 (t, J =
6,8 Hz, 1 H), 4,03 (q, J = 4,9 Hz, J = 12, 1 Hz, 1 H, α-CH).
c) Etape annexe : Synthèse de la N-maléoyl-L-Glycine (14) i) étape préliminaire : Préparation de la N- (m4thyApΛycarpony.ljmaléimide
1 g (10,3 mmol) de maléimide a été dissous dans 20 ml d'acétate d'éthyle anhydre puis la solution a été refroidie à 4°C. 1,13 ml de NMM (10,3 mmol) et 0,80 ml (10,3 mmol) de chloroformiate de méthyle ont ensuite été ajoutés puis le mélange réactionnel résultant a été maintenu sous agitation à température ambiante pendant 1 heure. Un précipité volumineux de couleur blanche de NMM.HC1 s'est immédiatement formé ; il a été éliminé par filtration et lavé avec environ 20 ml d'acétate d'éthyle. Le filtrat a été lavé par 30 ml de solution aqueuse saturée de NaCl, séché sur Na2SO4 et évaporé à sec. Le résidu huileux résultant a été séché sous vide pour conduire à la N-(méthyloxycarbonyl)maléimide sous la forme d'un solide brun pourpre (1,16 g, 7,5 mmol, rendement 73 %). ii) Préparation de la .N-maléoyl-L-Glyçine (14) 0,5 g de glycine (6,7 mmol), a été dissous dans une solution aqueuse de NaHCO3 (2,8 g dans 32 ml) et la solution a ensuite été refroidie à 0°C (NaCl/bain de glace). 1 ,04 g (6,7 mmol) de la W-(méthyloxycarbonyl)maléimide obtenue à l'étape i) ci-dessus ont été ajoutés et le mélange réactionnel résultant a été mélangé vigoureusement à une température de 0 °C pendant 20 minutes. Ensuite, 60 ml d'eau distillée ont été ajoutés et la solution aqueuse résultante a été laissée à température ambiante pendant une nuit. Le mélange réactionnel a alors été acidifié jusqu'à pH 6 par ajout d'H2SO4 puis partiellement évaporé. Une quantité supplémentaire de H2SO4 a ensuite été ajoutée pour atteindre un pH 1-2 puis la solution aqueuse a été extraite à l'acétate d'éthyle (2 x 50 ml). La phase organique a été lavée avec une solution aqueuse saturée de NaCl (50 ml), séchée sur Na2SO4 et évaporée à sec. Le résidu huileux résultant a été purifié par chromatographie sur une colonne de gel de silice (25 g) en utilisant comme phase mobile un mélange de CHCl3/AcOH (95:5, v/v). Finalement, les traces de AcOH ont été éliminées par lyophilisation. La N-maléoyl-L- glycine (14) a ensuite été obtenue sous la forme d'un solide incolore (0,61 g, 3,6 mmol, rendement 54 %). Ce composé (14) a ensuite été immédiatement utilisé dans la troisième étape qui est décrite ci-dessous.
Analyse RMN 1H (300 MHz, acétone-d6) : δ= 4,29 (s, 2H, CH2- GIy), 7,02 (s, 2H, CH-MaI).
Analyse RMN 13C (75,5 MHz, acétone-d6) : δ = 39,6, 136,3 (2C), 169,8 (2C), 171 ,7 (1C). d) Troisième étape : Synthèse du 7Vα-(tert-butyloxycarbonyl)-./V£-(N-maléoyl-L- glycyl)-L-lysine-carboxamide (15)
0,29 g (1,73 mmol) de N-maléoyl-L-glycine (14) obtenue précédemment a été dissous dans 5 ml de CH3CN anhydre. Une solution de Λ^-Boc-L- lysine-NH2 (11) (0,55 g, 2,24 mmol) dans 5 ml de DMF anhydre a été ajoutée et la solution résultante a été refroidie à 4°C. 0,23 g (1,73 mmol) d'hydroxybenzotriazole monohydraté (HOBt) et 0,39 g (1,90 mmol) de DCC ont été ajoutés. Le mélange réactionnel résultant a été maintenu sous agitation à température ambiante pendant une nuit sous atmosphère d'argon. On a contrôlé que la réaction était complète par CCM (CH2Cl2/Me0H 8:2, v/v) et le mélange a été filtré sur Celite® 545 pour éliminer le précipité blanc de 7V,N'-dicyclohexylurée (DCU). Le filtrat a ensuite été évaporé à sec puis séché sous vide pour éliminer le DMF. Le résidu résultant a ensuite été repris dans 50 ml d'acétate d'éthyle, lavé avec 30 ml de NaHCO3 saturé, 30 ml d'une solution aqueuse saturée de NaCl, puis séché sur Na2SO4 et évaporé à sec. Le résidu résultant a été purifié par chromatographie sur une colonne de gel de silice (30 g) en utilisant comme phase mobile un gradient de méthanol (0-15%) dans le dichlorométhane, pour conduire à 0,35 g (0,88 mmol) du composé (15) attendu sous la forme d'une solide blanc avec un rendement de 51 %.
Analyse IR (KBr) vmax 835, 1063, 1166, 1256, 1432, 1525, 1555, 1665 (large), 1710 (large), 2926, 3218, 3342 (large), 3416 cm'1. Analyse RMN 1H (300 MHz, CD3CN) : δ = 1 ,29-1 ,78 (m, 15H),
3,15 (q, J= 6,4 Hz, J= 13,0 Hz, IH), 3,88-3,95 (m, IH, α-CH), 4,05 (s, 2H), 5,52 (bs, IH, NH), 5,72 (bs, IH, NH), 6,34 (bs, IH, NH), 6,62 (bs, IH, NH), 6,85 (s, 2H).
Analyse RMN 13C (75,5 MHz, CD3CN) : δ = 24,1, 29,0 (3C), 30,1 , 33,0, 40,1, 41,4, 55,7, 80,2, 136,1 (2C), 157,1, 167,8, 172,1, 176,0.
e) Quatrième étape : Synthèse du N£-(7V-maléoyl-L-glycyl)-L-lvsine-carboxamide
(Précurseur C-I)
0,33 g (0,83 mmol) de ^-(tert-butyloxycarbonyO-Λ^-OM-maléoyl-L- glycyl)-L-lysine-carboxamide (15) a été dissous dans 7 ml d'un mélange TFA/H2O (95:5, v/v) puis la solution a été laissée à température ambiante pendant 90 minutes.
Le TFA a ensuite été évaporé et le produit a été précipité à l'éther, lavé à l'éther et lyophilisé. Le sel de TFA brut du précurseur (C-I) a été purifié par flash chromatographie en phase inverse sur une colonne de silice greffée Ci8 (20 g, élution avec une solution aqueuse de TFA à 0,1 %). Les fractions contenant le produit ont été lyophilisées pour donner 91 mg (0,22 mmol, rendement 27 %) du précurseur (C-I) attendu sous la forme d'un solide blanc.
Analyse RMN 1H (300 MHz, D2O) : δ = 1,33-1,42 (m, 2H)5 1,49-
1 ,59 (m, 2H), 1,83-1,90 (m, 2H), 3,21 (t, J = 6,8 Hz, 2H), 3,98 (t, J = 6,8 Hz, IH, α-
CH), 4,22 (s, 2H), 6.92 (s, 2H). 4) Synthèse du réactif fonctionnel (I- 1) conforme à l'Invention et non fluorescent:
Assemblage des précurseurs (A-I), (B-I) et (C-I)
Le composé trifonctionnel (1-1) a été synthétisé en 5 étapes à partir des précurseurs (A-I), (B-I) et (C-I) préparés ci-dessus au cours des étapes précédentes. Le protocole de synthèse du composé (1-1) est résumé (les trois étapes principales uniquement) sur le schéma 2 suivant :
Précurseur (B-1-C-1)
SCHÉMA 2
Le couplage entre les précurseurs (B-I) et (C-I) a été réalisé après pré-activation du précurseur (B-I) sous forme d'ester d'hydroxysuccinimide selon la méthode décrite par exemple dans l'article de Knorr, R. et al., Tetrahedron Lett., 1989, 30, 1927-1930. L'ester activé a ensuite été mis en réaction avec le précurseur (C-I) pour conduire à un produit de couplage (16) qui a été isolé par chromatographie sur gel de silice avec un rendement de 32%. Ensuite, un traitement avec du TFA a permis d'éliminer le groupement Boc et ainsi d'obtenir le précurseur (B-l-C-1). Le couplage final entre le précurseur (A-I) et le précurseur (B-l-C-1) a été réalisé en utilisant le BOP comme réactif de couplage. Le produit attendu, sous forme encore protégée, a été purifié par chromatographie sur gel de silice. Après déprotection, par traitement à l'acide trifluoroacétique, l'extrémité N-terminale a été convertie en carbamate activé par traitement avec le TV, TV'-disuccinimidyl carbonate (DSC) dans le DMF anhydre en présence de triéthylamine. Une conversion totale du pseudo-peptide en composé de formule (1-1) a été observée au bout de 30 minutes. Le composé de formule (1-1) attendu a ensuite été purifié par flash chromatographie en phase inverse sur une colonne de silice greffée Ci8.
a) Première étape : Synthèse du Λ^-(tert-butyloxycarbonylV7Vg-(9- fluorénylméthyloxycarbonyl-aminooxy-acétyl)-L-lvsine-Ng-maléoyl-L-lysine- carboxamide (16)
0,2 g (0,36 mmol) du précurseur (B-I) obtenu ci-dessus à l'étape 2) d) ont été dissous dans 2 ml d'acétonitrile anhydre. On a ensuite ajouté 67,4 μl (0,38 mmol) de DIEA et 1 16 mg (0,38 mmol) de tétrafluoroborate de O-(N-succinimidyl)- N,N,N',N'-tetraméthyl-uronium (TSTU) et le mélange réactionnel a été maintenu sous agitation à température ambiante pendant 45 minutes sous atmosphère d'argon. La conversion du précurseur (B-I) en son ester de N-hydroxysuccinimide a été contrôlée par CCM (CH2Cl2/Me0H, 85:15, v/v). Une solution de 91 mg (0,23 mmol) de N°-(N- maléoyl-L-glycyl)-L-lysine-carboxamide (précurseur C-I) obtenu ci-dessus à l'étape 3 e) et de 40 μl (0,23 mmol) de DIEA dans 3 ml d'un mélange CH3CN/DMF anhydre (2:1, v/v) ont ensuite été ajoutés goutte à goutte et le mélange réactionnel résultant a été maintenu sous agitation à température ambiante pendant 1 heure sous atmosphère d'argon. On a contrôlé que la réaction était complète par CCM (CH2Cl2/MeOH), 85:15, v/v/) puis le mélange a été évaporé sous vide pour éliminer le DMF. Le résidu huileux ainsi obtenu a été purifié par chromatographie sur une colonne de gel de silice (25 g) en utilisant comme phase mobile un gradient de MeOH (0-10%) dans le dichlorométhane. On a ainsi obtenu 60 mg (0,075 mmol) du composé (16) sous la forme d'une mousse blanche avec un rendement de 32 %.
Analyse RMN 1H (300 MHz, CDCl3) : δ ≈ 1,25-1,91 (m, 21H), 3,07-3,29 (m, 4H), 4,08-4,42 (m, 7H, 2 x α-CH, CH-Fmoc, 2 x CH2), 4,48 (d, J = 6,8 Hz, 2H5 CH2-Fm0C), 5,61 (bd, J = 6,4 Hz, IH, NH), 6,04 (bs, IH, NH), 6,74 (s, 2H), 6,81 (bs, IH, NH), 6,91 (bs, IH, NH), 7,27-7,42 (m, 4H), 7,57 (d, J = 7,5 Hz, 2H), 7,75 (d, J = 7,5 Hz, 2H), 9,2 (bs, 1 H, NH).
MS (MALDI-TOF, mode positif) m/z 706,6896 ((M-Boc)+H)+ 808,7330 (M+H)+, 828,7064 (M+Na)+, calculé pour C40H5IN7On 805,89. b) Deuxième étape : Synthèse du A^-(9-fluorénylméthyloxycarbonyl-aminooxy- acétyl)-L-lysine-./Vε-maléoyl-L-glycyl)-L-lysine-carboxamide (B-l-C-1) 60 mg (0,075 mmol) du composé (16) obtenu ci-dessus à l'étape précédente ont été dissous dans 2 ml de dichlorométhane et la solution a été refroidie jusqu'à 4°C. 306 μl (4,12 mmol) de TFA ont été ajoutés goutte à goutte et le mélange
réactionnel résultant a été maintenu sous agitation à température ambiante pendant 90 min. On a contrôlé que la réaction était complète par CCM (CH2Cl2/Me0H, 85:15, v/v) puis le mélange a été évaporé à sec. Le résidu huileux ainsi obtenu a été dissous dans 5 ml d'un mélange CH3CN/H2O (1 :1, v/v) puis lyophilisé pour donner 58 mg (0,071 mmol) du composé (B-l-C-1) sous la forme d'une poudre blanche (rendement 94 %).
MS (MALDI-TOF, mode positif) m/z 706,6488 (M+H)+, calculé pour C35H43N7O9 707,77.
Ce composé a ensuite été utilisé dans l'étape suivante sans purification. c) Troisième étape : Synthèse du réactif trifonctionnel (1-1) sous forme totalement protégée
58 mg (0,071 mmol) du composé (B-l-C-1) obtenu ci-dessus à l'étape précédente et 32 mg (0,077 mmol) du précurseur (A-I) obtenu précédemment à l'étape 1) f) ont été dissous dans 2 ml de dichlorométhane anhydre. On a ensuite ajouté 25,9 μl (0,15 mmol) de DIEA et 34,4 mg (0,077 mmol) de BOP et le mélange réactionnel a été maintenu sous agitation à température ambiante pendant 30 minutes sous atmosphère d'argon. On a contrôlé que la réaction était complète par HPLC-PI (Système B, c'est-à-dire en utilisant une colonne Thermo Hypersil GOLD® Ci8 de 5 μm et de dimensions 4,6 x 150 mm avec comme éluant de l'acétonitrile et une solution aqueuse de TFA à 0,1 % (v/v, pH 2) en faisant passer le mélange à 80 % de TFA pendant 5 minutes puis un gradient linéaire allant de 20 à 90 % de CH3CN en 35 minutes avec un débit de 1,0 ml/min ; une double détection UV a été faite à 210 et 254 nm), puis une quantité supplémentaire de précurseur (A-I) (14,4 mg, 0,035 mmol), de DIEA (18,5 μl, 0,10 mmol) et de BOP (15,6 mg, 0,077 mmol) a été ajoutée. Après mélange à température ambiante pendant 90 minutes, le mélange réactionnel a été dissous dans 25 ml de dichlorométhane. La phase organique résultante a été lavée successivement par 25 ml d'acide citrique à 10 % et 25 ml de saumure, puis séchée sur Na2SO4 et évaporée à sec. Le résidu huileux ainsi obtenu a été purifié par chromatographie sur une colonne de gel de silice (10 g) utilisant comme phase mobile un gradient de méthanol (0-15%) dans le dichlorométhane pour conduire à 24 mg
(0,022 mmol) du composé de formule (1-1) complètement protégé sous la forme d'une mousse jaune avec un rendement de 31 %. d) Quatrième étape : Synthèse du sel de TFA du composé de formule CI-I) totalement protégé 24 mg (0,022 mmol) du composé de formule (1-1) sous forme totalement protégée et tel qu'obtenu ci-dessus à l'étape précédente ont été dissous dans 1 ml de dichlorométhane. 81 μl (1,08 mmol) de TFA ont ensuite été ajoutés goutte à goutte puis le mélange réactionnel résultant a été maintenu sous agitation à température ambiante pendant 1 heure. On a contrôlé que la réaction était complète par CCM (CH2Cl2/Me0H, 85:15, v/v) puis le mélange a été évaporé à sec. Le sel brut de TFA du composé de formule (1-1) sous forme totalement protégée a été purifié par flash chromatographie en phase inverse sur une colonne de silice greffée Ci8 (5 g) en utilisant comme phase mobile un gradient de CH3CN (0-23%) dans une solution aqueuse de TFA à 0,1 %. Les fractions contenant le produit ont été lyophilisées pour conduire à 12 mg (0,01 1 mmol du sel de TFA du réactif trifonctionnel de formule (1-1) totalement protégé sous la forme d'une mousse blanche. e) Cinquième étape : Synthèse du réactif trifonctionnel de formule (1-1)
12 mg (0,01 1 mmol) du sel de TFA du réactif trifonctionnel de formule (1-1) sous forme totalement protégée tel qu'obtenu ci-dessus à l'étape précédente ont été dissous dans 200 μl de DMF anhydre. On a ensuite ajouté 1,5 μl (0,011 mmol) de TEA et une solution du réactif DSC (4,15 mg, 0,016 mmol) dans 100 μl de DMF anhydre. Le mélange réactionnel a ensuite été maintenu sous agitation à température ambiante pendant 1 heure. On a contrôlé que la réaction était complète par HPLC-PI en utilisant le système B tel que décrit ci-dessus à l'étape 4) b). Le mélange a ensuite été repris dans 5 ml d'une solution aqueuse de TFA à 0,1 % et purifié par flash chromatographie en phase inverse sur une colonne de silice greffée Ci8 (5 g) en utilisant comme phase mobile un gradient de CH3CN (0-50%) dans une solution aqueuse de TFA à 0,1 %. Les fractions contenant le produit ont été lyophilisées pour conduire à 6,70 mg (0,0059 mmol) de réactif trifonctionnel de formule (1-1) attendu sous la forme d'une poudre blanche.
MS (MALDI-TOF, mode positif) m/z : 996,6590 ((M-NHS carbamate)+H)+, 1159,5921 (M+Na)+, 1175,5654 (M+K)+, calculé pour C52H68N10O19
1 137,18.
EXEMPLE 2 : SYNTHÈSE D'UN RÉACTIF TRIFONCTIONNEL
PSEUDOPEPTIDIQUE CONFORME A L'INVENTION (1-2)
Dans cet exemple est décrite la synthèse d'un réactif trifonctionnel pseudopeptidique (1-2) conforme à la présente Invention et répondant à la formule suivante :
Dans cet exemple, on illustre la synthèse d'un réactif trifonctionnel différent du réactif de formule (1-1) précédemment synthétisé ci-dessus à l'exemple 1) par la nature de l'acide aminé devant supporter la fixation d'un fluorophore (précurseur C). Cet exemple montre qu'il est également possible d'utiliser une cystéine dont la fonction thiol de la chaîne latérale a été protégée sous la forme de disulfure à l'aide du groupement S-éthyle (SEt), en vue de la faire réagir sur un fluorophore préalablement fonctionnalisé par un motif maléimide ou iodoacétyle.
Pour ce faire, il a été utilisé une stratégie de synthèse convergente, comme dans l'exemple 1) consistant à préparer séparément les précurseurs (A), (B) et (C) puis de les assembler. A titre de précurseur (A), on a utilisé le précurseur (A-I) synthétisé à l'exemple 1) ci-dessus. A titre de précurseur (B), on a synthétisé un précurseur de formule (B-I), selon une voie sensiblement différente et améliorée par rapport à celle utilisée pour la synthèse du précurseur (B-I) de l'exemple 1). Enfin la synthèse du précurseur (C-2) a été réalisée à partir de la Boc-Cys(SEt)-OH commerciale.
1) Synthèse du précurseur (B-I) : Λ^-ftert-butyloxyearbonvIHV*-^- fluorénylméthyloxycarboxyl-aminooxy-acétvD-L-lysine
Le précurseur (B-I) a été synthétisé à partir du dérivé protégé N-Fmoc de l'acide aminooxyacétique (8) préalablement préparé comme à l'exemple 1), étape 2) a).
0,230 g (0,73 mmol) du composé (8) a été dissous dans 9 ml d'un mélange CH3CN/DMF (1 :1, v/v). On a ensuite ajouté 1 19 mg (0,88 mmol) d'hydroxybenzotriazole monohydraté et 182 mg (0,88 mmol) de DCC puis le mélange réactionnel a été maintenu sous agitation à température ambiante pendant 2 heures sous atmosphère d'argon. Une solution de 180 mg (0,731 mol) de Λ^-Boc-L-lysine
(10) telle qu'obtenue ci-dessus à l'étape 2), b) de l'exemple 1 dans 2 ml de DMF anhydre a ensuite été ajoutée et le mélange réactionnel a été maintenu sous agitation à température ambiante sous atmosphère d'argon. On a suivi la réaction par CCM
(CH2Cl2/Me0H, 80:20, v/v). Après 2 heures d'agitation, le mélange a été évaporé à sec. Le résidu ainsi obtenu a été repris dans 50 ml d'acétate d'éthyle, lavé avec 50 ml d'une solution aqueuse d'acide citrique à 10 %, 25 ml d'eau distillée, séché sur Na2SO4 et enfin purifié par chromatographie sur une colonne de gel de silice (20 g) en utilisant comme phase mobile un gradient d'acétate d'éthyle (0-80%) dans le dichlorométhane.
On a obtenu 296 mg (0,36 mmol) de composé (B-I) sous la forme d'une mousse blanche avec un rendement de 50 %.
Analyse RMN 1H (300 MHz, CD3CN) : δ = 1 ,37-1,83 (m, 15H),
3,18 (q, J = 6,4 Hz, J = 12,6 Hz, 2H), 4,00 (m, IH, α-CH), 4,04 (s, 2H), 4,26 (t, J =
6,8 Hz, IH), 4,49 (d, J = 6,8 Hz, 2H), 5,61 (bd, J = 7,5 Hz, IH, NH), 7,31-7,44 (m,
4H), 7,51 (bs, IH, NH), 7,63 (d, J= 7,5 Hz, 2H), 7,83 (d, J= 7,5 Hz, 2H), 8,9 (bs, IH, NH).
Analyse RMN 13C (75,5 MHz, CD3CN) : δ = 23,5 ; 28,5 (3C) ; 29,5 ; 31 ,6 ; 38,9 ; 47,7 ; 54,2 ; 68,0 ; 76,3 ; 79,8 ; 120,9 (2C) ; 126,0 (2C) ; 128,1 (2C) ; 128,7 (2C), 142,1 (2C) ; 144,6 (2C) ; 156,7 ; 158,9 ; 169,3 ; 174,5.
MS (MALDI-TOF, mode positif) m/z : 564,5709 (M+Na)+, 580,5535 (M+K)+, calculé pour C28H35N3O8 541,61.
2) Synthèse du précurseur (C-2)
Le précurseur (C-2) a été synthétisé en deux étapes à partir de la 7V-(tert-butyloxycarbonyl)-S-(S-éthyl)-cystéine (19) selon le schéma 3 ci-dessous :
SCHEMA 3
Selon ce schéma et dans un premier temps, la fonction acide carboxylique du composé (19) est convertie en carboxamide (20) par réaction de l'ammoniaque sur l'anhydride mixte intermédiairement formé selon la méthode décrite par exemple par Hofmann, K. et al, J. Am. Chem. Soc, 1978, 100, 3585-3590 Ensuite, l'extrémité N-terminale du composé (20) est déprotégée par traitement à l'acide trifluoroacétique pour conduire au précurseur (C-2). a) Première étape : Synthèse du N-(tert-butyloxycarbonyl)-5'-(S-éthyiycvstéine- carboxamide (6) 500 mg (1,08 mmol) de N-(tert-butyloxycarbonyl)-S-(S-éthyl)- cystéine (19) ont été dissous dans 15 ml d'acétate d'éthyle et la solution a été refroidie jusqu'à -150C dans un bain de carboglace et d'éthylèneglycol. 0,119 ml (1,08 mmol) de NMM et 0,140 mg (1,08 mmol) de chloroformiate d'isobutyle ont ensuite été ajoutés et le mélange réactionnel a été maintenu sous agitation à -15°C pendant 10 minutes sous atmosphère d'argon. On a ensuite ajouté à cette solution anhydre une solution aqueuse à 15 % d'ammoniaque (0,38 ml, 3,24 mmol) puis le mélange
réactionnel a été maintenu sous agitation pendant 30 minutes à une température de 4°C. Le mélange a ensuite été évaporé à sec et le résidu a été repris dans 30 ml d'acétate d'éthyle puis lavé avec 20 ml d'eau. Les phases organiques ont été séchées sur Na2SO4 puis évaporées à sec. On a obtenu le composé (20) avec un rendement quantitatif, sous la forme d'un solide blanc.
Analyse RMN 1H (300 MHz, CDCl3) : δ = 1 ,24-1.29 (t, J = 6,8 Hz, 3H, CH3(SEt)), 1,39 (s, 9H, tBu), 2,63-2,70 (q, J = 7,1 Hz, 2H, CH2(SEt)), 2,99-3,01 (d, J= 6,0 Hz, 2H, CH2 β), 4,36-4,39 (m, IH, CH α), 5,25-5,28 (d, J = 9,0 Hz, IH, NH), 5,63 (bs, IH, NH), 6,31 (bs, IH, NH). Analyse RMN 13C (75,5 MHz, CDCl3) : δ = 13,8 (CH3(SEt)), 27,8
(tBu), 32,0 (CH2(SEt)), 39,9 (CH2 β), 53,0 (CH α), 80,1 (Cq tBu), 155,1 (Cq), 172,6 (Cq).
MS (MALDI-TOF, mode positif) m/z = 303,13 (M+Na)+, calculé pour Ci0H20N2O3S2-Na 303,41. b) Deuxième étape : Synthèse du précurseur (C-2) : ^(S-éthvD-cystéine-carboxamide
Le composé (20) obtenu ci-dessus à l'étape précédente a été lentement dissous dans 14 ml d'un mélange TFA/H2O (95:5 v/v) sous agitation à une température comprise entre 0°C et la température ambiante pendant 1 heure. On a contrôlé que la réaction était complète par CCM (CH2Cl2/Me0H 90:10 v/v) puis le mélange réactionnel a été évaporé à sec. Une quantité minimale d'eau osmosée a alors été ajoutée et la solution aqueuse résultante a été lyophilisées pour conduire au précurseur (C-2) sous la forme d'une poudre jaunâtre avec un rendement de 89 %.
Analyse RMN 1H (300 MHz, D2O) : δ = 1,26-1,31 (t, J = 7,1 Hz, 3H, CH3(SEt)), 1,39 (s, 9H), 2,72-2,80 (q, J = 7,1 Hz, 2H, CH2(SEt)), 3,25-3,26 (d, J = 6,0 Hz, 2H, CH2 β), 4,30-4,35 (m, IH, CH α).
Analyse RMN 13C (75,5 MHz, D2O) : δ = 13,8 (CH3(SEt)), 30,1 (CH2(SEt)), 38,3 (CH2 β), 52,2 (CH α), 170,8 (Cq).
MS (MALDI-TOF, mode positif) m/z = 180,00 (M+Na)+, calculé pour C5H12N2OS2-Na 180,29.
3) Synthèse du réactif trifonctionnel de formule (1-2)
Le réactif (1-2) a été synthétisé en trois étapes à partir des précurseurs (A-I), (B-I) et (C-2) précédemment synthétisés selon le schéma 4 ci-après :
Réactif trifonctionnel (1-2)
SCHEMA 4
Le couplage entre les précurseurs (B-I) et (C-2) a été réalisé après pré-activation du précurseur (B-I) sous forme d'ester d'hydroxybenzotriazole selon la méthode décrite par exemple dans l'article de Kônig, W. et al, Chem. Ber., 1970, 103, 788-798. L'ester activé a ensuite été mis en réaction avec le précurseur (C-I) pour conduire à un produit de couplage (21). Les aminés engagées étant sous la forme de sel de TFA, il a été nécessaire d'ajouter une base (DIEA). Le composé intermédiaire (B-l-C-2) a été purifié par chromato graphie sur gel de silice avec un rendement de 61 %. L'extrémité N-terminale du réactif trifonctionnel N-Boc (22) a été déprotégée au TFA puis convertie en carbamate activé par traitement au DSC dans le DMF anhydre en présence de TEA.
a) Première étape : Synthèse du TV-Ctert-butyloxycarbonvD-Λ^-CÇ- fluorénylméthyloxycarbonyl-aminooxy-acétyπ-L-lvsine-θ'-fS-éthvD-L-cystéine- carboxamide (21)
0,196 g (0,36 mmol) du compose (B-I) obtenu ci-dessus à l'issue de l'étape 1) a été dissous dans 3 ml d'un mélange CH3CN/DMF anhydre (2:1, v/v). 58,4 mg (0,43 mmol) d'hydroxybenzotriazole monohydraté et 89,1 mg (0,43 mmol) de DCC ont ensuite été ajoutés et le mélange réactionnel résultant a été maintenu sous agitation à température ambiante pendant 2 heures sous atmosphère d'argon. Ensuite, 1 ml d'une solution de DMF contenant 106 mg (0,36 mmol) du composé (C-2) a été ajouté et le mélange réactionnel a été maintenu sous agitation à température ambiante sous atmosphère d'argon. Au bout de 2 heures, 31 μl (0,18 mmol) de DIEA ont été ajoutés. Au bout de 2 heures supplémentaires, on a à nouveau ajouté 31 μl (0,18 mmol) de DIEA. A nouveau après 2 heures supplémentaires, on a encore ajouté 31 μl (0,18 mol) de DIEA et 44,9 mg (0,18 mmol) de DCC. Le flacon contenant le milieu réactionnel a été stocké à une température de -20°C pendant une nuit. Le lendemain, une quantité supplémentaire de DIEA (31 μl, 0,18 mmol) et de DCC (44,9 mg, 0,18 mmol) a été ajoutée. Après 2 heures, on a jugé que la réaction était complète et le mélange réactionnel a été évaporé à sec. Le résidu résultant a été repris avec 25 ml d'acétate d'éthyle, lavé avec 25 ml d'une solution aqueuse d'acide citrique à 10 %, 25 ml de NaHCO3 saturé, 25 ml d'eau distillée, séché sur Na2SO4 et purifié par chromatographie sur une colonne de gel de silice (20 g) en utilisant comme phase mobile un gradient de MeOH (0-10%) dans le dichlorométhane. On a obtenu 222 mg (0,31 mmol) du composé (21) sous la forme d'une mousse blanche avec un rendement de 88 %). Analyse RMN 1H (300 MHz, CDCl3) : δ = 1,26-1,31 (t, 3H, J = 7,1
Hz, CH3(SEt) Cys), 1,42 (s, 9H, tBu), 1,51-1,92 (m, 6H, CH2 β, δ, γ Lys), 2,65-2,72 (q, 2H, J = 7,5 Hz, CH2(SEt) Cys), 3,08-3,10 (d, 2H, J= 6 Hz, CH2 β Cys), 3,26-3,33 (m, 2H, CH2 ε Lys), 4,04-4,06 (t, J = 6.0 Hz, IH, CH α Lys), 4,20-4.25 (t, J= 7,2 Hz, IH, CH Fmoc), 4,33 (s, 2H), 4,49-4,51 (d, IH, J = 6.4 Hz, CH2 Fmoc), 4,71-4,78 (q, J = 6,4 Hz, 1 H, CHa Cys), 7,26-7,78 (m, 8H, CH Fmoc).
Analyse RMN 13C (75,5 MHz, CDCl3) : δ = 14,2 (CH3(SEt) Cys), 22,3 (CH2 γ, Lys), 28,6 (CH2 δ Lys), 30,1 (CH2 (SEt) Cys), 32,4 (CH2 β Lys), 38,0
(CH2 β Cys), 39,3 (CH2 ε Lys), 46,7 (CH Fmoc), 52,3 (CH α Cys), 52,2 (CH α Lys), 68,0 (CH2 Fmoc), 76,1 (CH2), 80,8 (Cq tBu), 120,3 (Cq Fmoc), 125,1 (Cq Fmoc), 127,4 (Cq Fmoc), 128,1 (Cq Fmoc), 141,4 (Cq), 143,3 (Cq), 156,4 (Cq), 158,6 (Cq), 169,0 (Cq),172,6 (Cq), 172,8 (Cq). HPLC-PI (système B) : tR ≈ 22,3 min, pureté 84%
Analyse MS (MALDI-TOF, mode positif) m/z = 726,77 (M+Na)+, 742,74 (M+K)+ calculé pour C33H45N5O8S2-Na 726,88. b) Deuxième étape : Synthèse du produit de couplage (B-l-C-2) : l^-Q- fluorénylméthyloxycarbonyl-aminooxy-acétyl)-L-lysine-.S-(S-éthyl)-L-cvstéine- carboxamide
191 mg (0,27 mmol) du composé (21) obtenu ci-dessus à l'étape précédente ont été dissous dans 7 ml de dichlorométhane et la solution a été refroidie à 4°C. 1,2 ml (16,6 mmol) de TFA ont alors été ajoutés goutte à goutte et le mélange réactionnel résultant a été maintenu sous agitation à température ambiante pendant 90 min. On a contrôlé que la réaction était complète par CCM (CH2Cl2/Me0H, 80:20, v/v) puis le mélange réactionnel a été évaporé à sec. Le résidu huileux ainsi obtenu a été dissous dans l'eau distillée et lyophilisé. On a obtenu 199 mg (0,27 mmol) du produit de couplage (B-l-C-2) sous la forme d'une poudre blanche avec un rendement quantitatif. Ce composé a ensuite été utilisé dans l'étape suivante sans purification supplémentaire.
Analyse RMN 1H (300 MHz, CD3OD) : δ = 1,26-1,28 (t, 3H, J= 3,8 Hz, CH3(SEt) Cys), 1,40-1 ,56 (m, 4H, CH2 β, γ Lys), 1,83-1,90 (m, 2H, CH2 δ Lys), 2,67-2,7 '4 (q, 2H, J = 7,2 Hz, CH2(SEt) Cys), 2,93-2,96 (d, 2H, J = 9,4 Hz, CH2 β Cys), 3,20-3,28 (m, 2H, CH2 ε Lys), 3,84-3,88 (t, J = 6,0 Hz, IH, CH α Lys), 4,23 (s, 3H, CH Fmoc, CH2), 4,46-4,48 (d, 2H, J = 6,4 Hz, CH2 Fmoc), 4,63-4,68 (q, J = 4,9 Hz, IH, CH α Cys), 7,26-7,78 (m, 8H, CH Fmoc), 8,32 (bs, IH, NH).
Analyse RMN 13C (75,5 MHz, CD3OD) : δ = 14,7 (CH3(SEt) Cys), 22,3 (CH2 γ, Lys), 30,7 (CH2 δ Lys), 32,2 (CH2 (SEt) Cys), 33,2 (CH2 β Lys), 39,5 (CH2 β Cys), 41,0 (CH2 ε Lys), 48,2 (CH Fmoc), 53,9 (CH α Cys), 54,2 (CH α Lys), 68,6 (CH2 Fmoc), 76,5 (CH2), 121,0 (CH Fmoc), 126,0 (CH Fmoc), 128,2 (CH Fmoc), 129,0 (CH Fmoc), 142,7-174,3 (Cq).
HPLC-PI (système B) : /R = 16.5 min, pureté 74%. MS (MALDI-TOF, mode positif) m/z = 604,70 (M+H)+, 626,68 (M+Na)+, 642,66 (M+K)+, calculé pour C28H37N5O6S2 603,76. c) Troisième étape : Synthèse du réactif trifonctionnel protégé Boc (22") 78 mg (0,19 mmol) du précurseur (A-I) tel que préparé précédemment à l'exemple 1 ont été dissous dans 2 ml de CH3CN anhydre. 31 mg (0,23 mmol) d'hydroxybenzotriazole monohydraté et 47,3 mg (0,23 mmol) de DCC ont ensuite été ajoutés et le mélange réactionnel résultant a été maintenu sous agitation à température ambiante pendant 2 heures sous atmosphère d'argon. On a ensuite ajouté 136,4 mg (0,19 mmol) du composé (B-l-C-2) obtenu ci-dessus à l'étape précédente puis le mélange réactionnel a été maintenu sous agitation à température ambiante pendant 2 heures sous atmosphère d'argon. Le ballon contenant le mélange réactionnel a été stocké à une température de -20°C pendant une nuit. Le lendemain, 32 μl (0,19 mmol) de DIEA ont été ajoutés. La réaction a été suivie par HPLC-PI (système B). Au bout de 3 heures, une quantité supplémentaire de DCC (12 mg, 58 μmol) et de DIEA (16 μl, 95 μmol) a été ajoutée. Au bout de 90 min, 16 μl (95 μmol) de DIEA ont encore été ajoutés. 2 heures plus tard, 16 μl (95 μmol) de DIEA ont été ajoutés encore une fois. La réaction a été stoppée par addition de 21 μl (360 μmol) d'acide acétique et le ballon contenant le milieu réactionnel a été stocké à une température de -2O0C pendant une nuit. Après dilution avec 2 ml d'un mélange CH3CN/H2O (2: 1, v:v), le composé (22) attendu a été purifié par HPLC-PI (système C, c'est-à-dire en utilisant une colonne Varian Kromasil® Ci8 de 10 μm et de dimensions 21,2 x 250 mm avec comme éluant un mélange d'acétonitrile et d'eau osmosée en faisant passer 90 % d'eau osmosée pendant 5 minutes puis un gradient linéaire allant de 10 à 40 % de CH3CN en 15 minutes, puis de 40 % à 70 % de CH3CN, avec un débit de 20,0 ml/min ; une double détection UV a été faite à 254 et 305 nm). Deux produits ont été obtenus et lyophilisés pour conduire respectivement à 38 mg and 66 mg de deux réactifs trifonctionnels différents (22-1) (22-2) sous la forme d'une poudre blanche avec un rendement global de 61%. Composé (22-1) = composé (22) attendu : HPLC-PI (système B): tR
= 20.8 min, pureté 86%, 66 mg.
Analyse RMN 1H (300 MHz, CDCl3) : δ = 1,25-1,30 (t, 3H, J = 7,1 Hz, CH3(SEt) Cys), 1 ,43 (s, 9H, tBu), 1,52-1,90 (m, 4H, CH2 γ, δ Lys), 2,32 (bs, 2H, CH2 β Lys), 2,64-2,69 (q, 2H, J = 7,2 Hz, CH2(SEt) Cys), 2,97-3,16 (m, 2H, CH2 β Cys), 3,30 (s, 2H, CH2 unité (A-I)), 3,45-3,65 (m, HH, CH2 ε Lys + 4 x CH2 unité (A-I)), 4,0 (s, 3H, CH2 unité (A-I) + CH Fmoc), 4,21-4,25 (q, J = 6,8 Hz, IH, CH α Lys), 4,34 (s, 2H, CH2), 4,44-4,50 (d, 2H, J = 10,0 Hz, CH2 Fmoc), 4,70-4,72 (q, IH, J = 2,3 Hz CH α Cys), 5,23 (bs, IH, NH), 6,08 (bs, IH, NH), 6,9 (bs, IH, NH), 7,26- 7,77 (m, 8H, CH Fmoc).
Analyse RMN 13C (75,5 MHz, CDCl3),: δ = 14,4 (CH3(SEt) Cys), 22,6 (CH2 γ, Lys), 27,6 (CH2 unité (A-I)), 28,5 (tBu), 28,7 (CH2 δ Lys), 31,7 (CH2 (SEt) Cys), 32,5 (CH2 β Lys), 38,6 (CH2 unité (A-I)), 38,8 (CH2 unité (A-I)), 39,6 (CH2 ε Lys), 40,4 (CH2 β Cys), 47,0 (CH2 unité (A-I)), 53,6 (CH α Lys), 68,0 (CH2 Fmoc), 70,0-71,2 (5 x CH2 unité (A-I)), 77,5 (CH2 unité (A-I)), 77,8 (CH Fmoc), 79,5 (Cq tBu), 120,2 (CH Fmoc), 125,1 (CH Fmoc), 127,3 (CH Fmoc), 128,1 (CH Fmoc), 141 ,4-173,0 (Cq).
MS (MALDI-TOF, mode positif) m/z = 1016,66 (M+Na)+, calculé pour C45H67N7Oi4S2.Na 1017,20.
Composé (22-2) (non attendu) : HPLC-PI (système B): /R = 21,6 min, pureté 79 %, 38 mg. MS (MALDI-TOF, mode positif) m/z = 871,47 (M+Na)+, calculé pour C39H56N6OnS2-Na 871,04. d) Quatrième étape : Déprotection du composé (22-1) et synthèse du réactif trifonctionnel de formule (1-2)
62 mg (0,062 mmol) du composé (22-1) obtenu ci-dessus à l'étape précédente ont été dissous dans 3 ml de dichlorométhane. La solution a été refroidie à 4°C et 368 μl, (4,96 mmol) de TFA ont ensuite été ajoutés goutte à goutte. Le mélange réactionnel résultant a été maintenu sous agitation à température ambiante pendant 1 heure. On a contrôlé que la réaction était complète par HPLC-PI (système B) puis le mélange a été évaporé à sec. Une quantité minimale d'eau osmosée a ensuite été ajoutée et la solution résultante a été lyophilisée pour conduire à 83 mg (0,082 mmol) du composé (22-1) (sel de TFA) sous forme déprotégée (poudre blanche).
Ce composé a ensuite été utilisé dans les réactions suivantes sans purification supplémentaire.
HPLC-PI (système B): tR = 16,5 min, pureté 88 %. MS (MALDI-TOF, mode positif) m/z = 894,64 (M+H)+, calculé pour C40H59N7Oi2S2 894,08.
36 mg (36,7 μmol du sel de TFA du composé (22-1) déprotégé obtenu ci-dessus ont été dissous dans 500 μl de DMF anhydre. 5 μl (36,7 μmol) de TEA et une solution de DSC (24 mg, 91 ,75 μmol) dans 250 μL de DMF anhydre ont ensuite été ajoutés goutte à goutte et le mélange réactionnel à été maintenu sous agitation à température ambiante pendant 90 minutes. On a contrôlé que la réaction était complète par HPLC-PI (système B). Le mélange a ensuite été repris par environ 4 ml d'une solution aqueuse de TFA à 0,1% et purifié par HPLC-PI (système D, c'est- à-dire en utilisant une colonne Thermo Hypersil GOLD® C]8 de 5 μm et de dimensions 10 x 250 mm avec comme éluant un mélange acétonitrile/solution aqueuse de TFA à 0,1 % (v/v, pH 2) en faisant passer le mélange à 90 % de TFA à 0,1 % pendant 5 minutes puis un gradient linéaire allant de 10 à 40 % en CH3CN en 15 minutes, puis de 40 % à 70 % en CH3CN, avec un débit de 5,0 ml/min ; une double détection UV a été faite à 254 et 305 nm). Les fractions contenant le produit ont été lyophilisées pour conduire à 25 mg (24,2 μmol) du réactif trifonctionnel de formule (1-2) sous la forme d'une poudre amorphe blanche, avec un rendement de 74 %.
HPLC-PI (system B): tR = 18,5 min, pureté 97 %. Analyse RMN 1H (300 MHz, CDCl3) : δ = 1,24-1,27 (t, 3H, J = 7,1 Hz, CH3(SEt) Cys), 1,32-1,90 (m, 6H, CH2 β, γ, δ Lys), 2,63-2,69 (q, 2H, J = 7,1 Hz, CH2(SEt) Cys), 2,81 (s, 4H, 2 x CH2 succinimidyl), 2,24-3,28 (m, 2H, CH2 β Cys), 3,24-3.69 (m, HH, 5 x CH2 unité (A-I) + CH2 ε Lys), 4,22-4,27 (t, IH, CH Fmoc), 4,32 (s, 2H, CH2), 4,51-4,53 (d, 2H, J = 6,4 Hz, CH2 Fmoc), 4,58-4,66 (q, J = 7,5 Hz, IH, CH α Lys), 4,70-4,76 (q, IH, J = 6,0 Hz CH α Cys), 6,17 (bs, IH, NH), 6,83 (s, IH, NH), 7,27-7,83 (m, 8H, CH Fmoc), 9,2 (bs, IH, NH).
MS (MALDI-TOF, mode positif) m/z 1035,17 (M+H)+, 1057,71 (M+Na)+, 1073,68 (M+K)+, calculé pour C45H62N8Oi6S2 1035,69 (M+H)+
Le réactif trifonctionnel de formule (1-2) peut ensuite être fonctionnalisé par tout ligand fluorescent pour conduire au réactif trifonctionnel fluorescent correspondant.