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MEDICAMENT POUR LE TRAITEMENT DE LA DERMATITE
La présente invention se rapporte à un médicament pour le traitement de la dermatite atopique, et plus particulièrement à l'utilisation nouvelle d'un lysat bactérien connu, pour la fabrication d'un médicament destiné au traitement de la maladie précitée.
On connaît déjà du brevet suisse CH 633.188, propriété de la même titulaire, un médicament immunobiothérapique contre des maladies infectieuses des voies respiratoires,
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contenant comme principe actif un lysat bactérien provenant d'au moins une des souches suivantes : .
- Staphylococcus aureus I-049, I-050, r-051, I-052, I-053, I-054 - Streptococcus viridans I-046, I-047, I-048 - Neisseria catarrhalis I-045 et d'au moins une des souches suivantes : - Hemophilus influenzae sérotype b NCTC 8467 - Diplococcus pneumoniae sérotypes 1,2, 3, et 47
NCTC 7465,7466, 7978,10319 - Klebsiella pneumoniae NCTC 204,5056 - Klebsiella ozaenae NCTC 5050 - Streptococcus pyogenes groupe A NCTC 8191 - Neisseria catarrhalis NCTC 3622,3625
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Les souches NCTC sont cataloguées par la National Collection of Type Cultures, Londres, Colindale Avenue 175, Londres NW9 5HT (GB) et accessibles au public, tandis que les souches 1 ont été déposées par la titulaire du brevet précité le 14 mars 1978 auprès de la Collection nationale de cultures de micro-organismes,
Institut Pasteur, 28 Rue du Dr Roux, 75724 Paris (FR).
Toutes ces souches proviennent de germes responsables des maladies infectieuses des voies respiratoires.
Or, le lysat bactérien faisant l'objet du brevet suisse précité a démontré un effet remarquable, et ceci de manière tout à fait inattendue, sur la dermatite atopique qui est une maladie chronique déterminée héréditairement.
De récentes études ont montré que la dermatite atopique serait liée à un déficit immunitaire complexe, caractérisé notamment par de faibles réactions d'hypersensibilité retardée à médiation cellulaire et une augmentation de la synthèse des immunoglobulines E (IgE). En plus, la voie gastro-intestinale peut servir de porte d'entrée pour les allergènes responsables de la maladie.
En conséquence, l'objet de la présente invention consiste en l'utilisation d'un lysat bactérien tel que défini dans la revendication 1 pour la fabrication d'un médicament destiné au traitement de la dermatite atopique.
De préférence, le lysat bactérien provient de toutes les souches mentionnées dans la revendication 1, et se présente sous une forme concentrée et lyophilisée. Le médicament est réalisé de préférence sous la forme de cap-
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suies pour une administration par voie orale contenant chacune 7 mg de lysats bactériens lyophilisés.
On décrira maintenant, à titre d'exemple, la préparation des lysats bactériens, ainsi qu'une forme galénique du médicament et les résultats de tests cliniques.
Préparation des lysats bactériens
Un milieu de culture standard stérile de base peut être préparé pour toutes les souches ; il contient les substances suivantes, dans les quantités indiquées pour un volume final de 1 lt.
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<tb>
<tb>
Chlorure <SEP> de <SEP> sodium"2, <SEP> 5 <SEP> g
<tb> Monohydrogénophosphate <SEP> de <SEP> sodium <SEP> 2 <SEP> g
<tb> Acétate <SEP> de <SEP> sodium <SEP> 0,5 <SEP> g
<tb> Aneurine <SEP> 0,003 <SEP> g
<tb> Acide <SEP> nicotinique <SEP> 0,003 <SEP> g
<tb> Lactate <SEP> de <SEP> sodium <SEP> (solution <SEP> à <SEP> 70%) <SEP> 2 <SEP> ml
<tb> Lactate <SEP> d'ammonium <SEP> (solution <SEP> à <SEP> 50%) <SEP> 2 <SEP> ml
<tb> Extrait <SEP> de <SEP> viande <SEP> 22,5 <SEP> g
<tb> Extrait <SEP> de <SEP> levure <SEP> 7,5 <SEP> g
<tb> Glucose <SEP> 3 <SEP> g
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Les différentes souches sont cultivées séparément dans des conditions optimalisées, en milieu liquide.
Le milieu de culture de base est de préférence enrichi à 2% avec de l'extrait de levure et à 0, 5% avec de l'extrait de Fildes, pour la culture de la souche Hemophilus
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influenza.
De préférence également, le milieu de base est enrichi à 0,5% avec du sérum de cheval et à 0,3% avec du glucose pour la culture des souches Diplococcus pneumoniae.
Enfin, le même milieu de base est de préférence enrichi à 0,3% avec du glucose pour la culture des autres souches respectivement Steptococcus viridans et pyogenes, Klebsiella ozaenae et pneumoniae, Staphylococcus aureus et Branhamella catarrhalis.
Ces cultures séparées sont pratiquées en fermenteur, à 370C et à un pH de 7,0.
Après récolte et dénombrement, les germes sont centrifugés et suspendus dans une solution saline, toujours de manière séparée pour chacune des souches.
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Les diverses suspensions bactériennes sont alors sou- \ mises à une lyse alcaline dans des conditions standardisées de pH (env. 9-10) et de température (env. 20-40 C), l'évolution étant surveillée au microscope.
Puis, le volume de lysat provenant de chaque souche bactérienne est ajusté selon le nombre de germes et selon le volume final de concentré. Les divers lysats sont ensuite mélangés dans les proportions appropriées, puis centrifugés. Le surnageant est dilué dans une solution saline à un volume final calculé pour chaque lot de fabrication.
Le concentré est alors purifié par filtrations en profondeur et enfin stérilisé sur membrane de 0,2 li. Le produit est ensuite testé chimiquement et microbiologiquement. Il peut être conservé à 4OC.
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Préparation des capsules
Avant la préparation même de la forme galénique choisie, on procède de manière connue en soi à une neutralisation du concentré de lysats bactériens, puis à une lyophilisation de ce concentré pour obtenir un lyophilisat, qui est récolté de manière aseptique, tamisé et stocké sous vide dans un récipient approprié. Le produit obtenu appelé lyophilisat standardisé contient de préférence, pour 40 mg, 7 mg de lysats bactériens lyophilisés, qui constitueront le principe actif du futur médicament. Ce lyophilisat standardisé est enfin soumis à un contrôle de qualité chimique et microbiologique.
Puis, on prépare également de manière connue en soi des capsules du médicament pour administration par voie orale, contenant chacune 40 mg de lyophilisât standardisé, en remplissant des capsules, par exemple du type Capsugel, avec un mélange dudit lyophilisat et des excipients appropriés choisis aisément par l'homme du métier.
Tests de toxicité
Des études de toxicité aiguë chez la souris, avec des
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doses allant jusqu'à 5'000 mg/kg de poids pour déterminer la dose léthale 50 (DL50), ont montré que le médicament n'a pas d'effet toxique. Les examens macro-et microscopiques n'ont de plus révélé aucun changement au niveau des organes.
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Tests cliniques
En clinique, des tests ont été effectués avec le médicament ainsi préparé pour étudier ses effets sur la dermatite atopique. 26 patients adultes avec dermatite atopique (DA) de longue durée ont été traités avec le médicament pendant 5 mois.
Le médicament a été administré à raison d'une capsule (7 mg de lysat bactérien) par jour, pendant 1 mois, et durant 10 jours consécutifs de chacun des 3ème, 4ème et Sème mois de l'étude. 15 de ces patients avaient déjà reçu le médicament, à la même posologie, durant 5 mois également mais 1 an auparavant.
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Une attention particulière a été donnée au degré de gravité du prurit et de la dermatite. avec"lichénifica- ". tion"qui a été évalué mensuellement selon l'échelle sui- \ vante : 0 = absent ; 1 = léger ; 2 = modéré ; 3 = sévère et 4 = très sévère.
Une amélioration clinique a été considérée lorsque la gravité des symptômes (prurit et dermatite) et l'emploi de thérapies conventionnelles ont baissé de plus de 50%.
Le taux sérique des immunoglobulines A, G et M (mesuré par immunodiffusion radiale) et le taux sérique global des IgE (mesuré par des techniques radioimmunologiques) ont été déterminés avant l'étude, et après 1 et 5 mois de traitement respectivement.
Des tests cutanés à médiation cellulaire (Multitest CMI) ont également été utilisés. Une amélioration clinique a été observée chez 57, 7% des 26 patients traités durant les 5 mois de l'étude. Si l'on considère les 15 patients
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qui ont été traités durant 2 périodes de 5 mois, on note une amélioration dans 73,3% des cas.
Les taux d'immunoglobulines A, G, M et E chez les 26 patients montrent une baisse statistiquement significative après 1 et 5 mois de traitement (voir tableau I).
Chez les 15 patients traités avec le médicament pendant 2 périodes, on constate une baisse statistiquement significative du taux d'IgE à la fin de la première période qui s'accentue à la 2ème période (voir Tableau II).
Les tests cutanés (Multitest CMI) ont montré chez les 26 patients une faible réponse avant traitement (reflétant un déficit de l'immunité cellulaire), soit 7,21 + 1,5, qui
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augmente après 5 mois de traitement pour atteindre des valeurs normales, soit 22, 25 + 2 : 7 mm¯ (les valeurs moyennes \ normales de l'induration de la peau étant comprises entre \ environ 18 et 28 mm).
Ainsi, il ressort des résultats des tests effectués que le médicament selon l'invention présente un effet re- marquable sur la dermatite atopique.
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Tableau I : Taux moyen d'immunoglobulines A, G, M et E chez 26 patients avec DA traités durant une seule période de 5 mois.
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<tb>
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Paramètre <SEP> Valeurs <SEP> Après <SEP> 1 <SEP> mois <SEP> p <SEP> = <SEP> Après <SEP> 5 <SEP> mois <SEP> p <SEP> =
<tb> Initiales
<tb> IgA <SEP> (IU/ml) <SEP> 332, <SEP> 62 <SEP> : <SEP> 1 <SEP> : <SEP> 17,29 <SEP> 313, <SEP> 23¯ <SEP> 18,42 <SEP> 0,077 <SEP> 306, <SEP> 15 <SEP> 16,36 <SEP> 0, <SEP> 012
<tb> IgG <SEP> (IU/ml) <SEP> 1844, <SEP> 23 <SEP> 68,18 <SEP> 1687, <SEP> 31i <SEP> 59,62 <SEP> 0,001 <SEP> 1672, <SEP> 69 <SEP> 60,72 <SEP> 0, <SEP> 004
<tb> IgM <SEP> (IU/ml) <SEP> 228, <SEP> 84i <SEP> 12,74 <SEP> 182, <SEP> 31l <SEP> 8,22 <SEP> 0, <SEP> 0001 <SEP> 195, <SEP> 73 <SEP> 11,86 <SEP> 0, <SEP> 002
<tb> IgE <SEP> (IU/ml) <SEP> 1935, <SEP> 541468, <SEP> 65 <SEP> 1553, <SEP> 08368, <SEP> 49 <SEP> 0,007 <SEP> 1286, <SEP> 46¯281, <SEP> 38 <SEP> 0,012
<tb>
Tableau II :
Taux moyen d'IgE chez les 15 patients avec DA traités durant 2 périodes de 5 mois.
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\
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<tb>
<tb> Valeurs <SEP> moyennes <SEP> d'IgE <SEP> (IU/ml)
<tb> Période
<tb> d'étude <SEP> Valeurs <SEP> initiales <SEP> Après <SEP> 1 <SEP> mois <SEP> Après <SEP> 5 <SEP> mois
<tb> 1ère <SEP> 4593,6 <SEP> ¯ <SEP> 1089, <SEP> 6 <SEP> 4315,4 <SEP> 1014, <SEP> 8* <SEP> 3304,1 <SEP> 819, <SEP> 5**
<tb> 2ème <SEP> 2961,7 <SEP> 681, <SEP> 6 <SEP> 2329,7 <SEP> : <SEP> 530, <SEP> 9*** <SEP> 1888, <SEP> 6 <SEP> i <SEP> 384, <SEP> 33****
<tb>
* p = 0,038 ** p = 0,007 *** p = 0, 008 **** p = 0,014