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Produits et procédés pour l'épilage et le délai- nage des peaux d'animaux destinées à la tannerie ou à la mégisserie et peaux conformes à celles obtenues par ces prooédés.
On connait déjà plusieurs procédés pour l'épila- ge et le délainage des peaux, mais aucun ne peut respecter simultanément les qualités naturelles de ces matières pre- mières, cuirs et laines, soumis à ces procédés.
Ces procédés connus sont : l'- Le palannage à la chaux utilisé par la tanne- rie ;
2 - L'épilage à l'échauffe
3 - L'épilage aux sulfures de sodium ou d'arsenic
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ou au sulfo-arséniate de calcium, procédé employé par les mégissiers pour les peaux de moutons ou de chèvres.
Ces différents procédés bien qu'à peu près les seuls utilisés dans l'industrie, font perdre du.poids et de la qualité aussi bien aux peaux qu'aux laines '(dans le cas des peaux de moutons).
En outre, les procédés à l'échauffe ou aux.sul- fures sont dangereux ou insalubres.
La présente invention a pour but d'éviter les inconvénients précédents, aussi bien au point de vue éco- nomique qu'au point de vue sanitaire, et de réaliser un procédé et des produits permettant de séparer les poils ou les laines des peaux des animaux en vue de préparer celles-ci aux opérations de tannage, mégisserie, chamoi- serie, etc... et cela sans préjudice ni pour les cuirs, ni pour les toisons.
Elle concerne dtabordjà titre de produit nouveau un mélange d'épidermose et d'une solution alcaline ou al- calino-terreuse.
Par exemple on peut mélanger :
Epidermose (Déchets de peaux) .. 15 à 20 parties
Soude caustique ...';..... 5 ' " Eau ............. 20 "
On réalise ainsi une dissolution de même origine que la peau elle-même et dans laquelle l'épidermose est dans une proportion voisine de la saturation de la solu- tion. Par suite cette dissolution ne présente plus qu'avec une activité réduite, les propriétés caustiques de l'alcali, de telle sorte que'cette dissolution ne dissout que la couche cornée et les gaines épithéliales des poils sans attaquer la peau du côté "fleur".
Un peut avantageusement combiner cette dissolu- tion à un savon, de préférence à un 'savon de résine' qui dissout les graisses du côté chair, les saponifie et forme une émulsion qui désuinte la laine en même temps qu'elle
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précipite tous les sels calcaires que contient l'eau bien souvent.
Pour permettre une action plus rapide des mélan- gea précédents sur les peaux on peut leur additionner un sulfure alcalin ou alcalino-terreux, de préférence de sulfure de baryum, dans la proportion de 10 % environ du produit.
Enfin, pour éviter la fermentation de certaines peaux, surtout pendant l'été où la température de l'eau dépasse quelquefois 25 , il est recommandé d'additionner la solution d'un antiseptique tel qu'un phénol soluble, de la résorcine par exemple, dans la proportion de un pour cent du produit employé.
Par exemple, on réalise un produit conforme à l'invention en mélangeant les produits ci-dessous dans les proportions suivantes :
Epidermose (déchets de peaux)..... 15 à 20 Parties
Soude caustique ................... 5
Eau .............................. 20 "
Sulfure de baryum 10 "
Cellophane ....................... 5 à 10 "
Carbonate de soude................ 45 "
Résorcine ou phénol 1
On réalise ainsi des bains qui ne répandent aucu- ne mauvaise odeur ; les ouvriers peuvent donc travailler les peaux, pour toutes les opérations suivantes, sans gants de caoutchouc et sans crainte des intoxications arsenicales ou des infections par les bacilles putréfiants.
L'invention s'étend non seulement aux produits précédents, mais aussi aux procédés d'épilage et de délaina- ge des peaux basés sur l'application desdits produits à cet- te fabrication.
On peut avantageusement procéder de la manière suivante :
1 - On fabrique un produit en faisant dissoudre
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15 à 20 parties en poids, de peau non tannée (épidermuse) (dans l'espèce on se sert de déchets 'de mégisserie connus , sous le nom de colle) dans cinq parties de Na OH (soude caustique) et vingt quatre parties 'd'.eau portée à la tempé- rature de cent degrés centigrades. On filtre la dissolu- tion.
2 - En continuant d'appliquer la température de cent degrés on incorpore après filtrage, un résinate de soude constitué par 5 à 10 parties;de collophane et 45 par- ties de soude à l'ammoniaque (carbonate de soude Solvay de préférence) en malaxant.
Le tout forme une pâte molle qui durcit, en se re- froidissant et peut se conserver très longtemps.
Pour employer ce produit on fait dissoudre 100 à 125 grammes par kilo de la peau que l'on se propose de pe-' ler, dans une quantité d'eau convenable, que l'on maintient à 40 degrés centigrades.
On y plonge les peaux dès que la solution est complète, après les avoir fait convenablement reverdir, c'est-à-dire gonfler à l'eau froide.
Pendant la première période (une heure pour les peaux fraiches ou légères, deux à trois heures pour les peaux séchées ou lourdes) on maintient la température à 40 C, puis on laisse refroidir à 25 C jusqu'à temps que les peaux pèlent sans effort, ce qui a lieu dans le courant de 24 heures, habituellement.
On peut ajouter au produit, pour activer le tra- vail, dix pour cent de sulfure alcalin, de préférence du sulfure de baryum.
On peut aussi ajouter ad bain de traitement, un antiseptique quelconque, de.la réorcine ou phénol par exemple pour éviter la fermentation de certaines peaux.
Les mélanges précédents se présentent sous forme d'une dissolution dans laquelle..on plonge les peaux à trai- ter.
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L'emploi de ce produit nécessite par suite une installation comportant des cuves multiples qui contien- nent la dissolution dans laquelle sont traitées les peaux.
De plus, étant donné la quantité d'eau contenue dans les bains, les peaux fraiches subissent parfois une action trop profonde, et se gonflent à l'excès, ce qui détermine un décollement de la fleur par rapport aux fi- bres de cuir.
La présente inventiun concerne aussi une varian- te des procédés précédents qui a pour but d'éviter les in- convénients ci-dessus indiqués et notamment de simplifier le plus possible l'installation nécessaire à la mise en oeuvre du procédé, tout en permettant de traiter immédia- tement les peaux fraîches.
L'invention concerne dans ce but un produit per- fectionné caractérisé par l'addition aux produits précé- dents d'une substance épaississante qui amène ledit pro- duit à l'état d'une pâte onctueuse et visqueuse comme une pommade.
On peut notamment utiliser comme matière épais- sissante une matière amylacée, telle que : amidon, fécule, farine.
Par exemple, à quatre vingts parties du produit cunstitué par un mélange épidermose, alcali, sulfure et phénol, on'ajoute, pendant qu'il est encore bouillant, dix parties de matière amylacée, telle que : amidon, farine ou fécule.
On fait bouillir le tout ensemble jusqu'à obtenir une pâte onctueuse et visqueuse qui prend une certaine con- sistance en refroidissant.
Pour appliquer ensuite ce produit au traitement des peaux, on peut avantageusement procéder de la manière suivante :
Lorsque ce produit a pris au refroidissement une consistance suffisante, on l'étend par badigeonnage sur le
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coté chair des peaux, à raisun d'environ 125 à 200 grau- mes par peau de mouton, suivant la taille ; enduit visqueux adhère assez longtemps pour que, par une action lente et continue, la composition traverse les peaux sans dommage pour le cuir, ni pour le poil qui les cou- vre, l'action s'arrêtant spontanément dès que le poil, se détache aisément de la peau, sans qu'il soit nécessaire d'arracher ce poil.
On peut apporter de nombreuses modifications à ce procédé;- notamment on peut utiliser le produit à chaud, tel qu'il vient d'être fabriqué ou le réchauffer au bain-marie à une température d'environ 100 . Ce pro- duit qui présente alors une'fluidité suffisante, est pul- vérisé sur le côté chair de la peau, au lieu d'être éten- du par badigeonnage : on réduit ainsi notablement la main-d'oeuvre nécessaire à la mise en oeuvre du procédé, dont l'action est d'ailleurs la même que celle ci-des- sus décrite.
Ce procédé perfectionné permet de supprimer l'emploi des cuves qui étaient nécessaires pour la mise en oeuvre de la méthode par trempage des peaux dans un bain.
De plus, on peut traiter par ce procédé perfec- tionné lès peaux fraîches, sans crainte de détacher l'é- piderme des fibres du cuir.
On peut apporter d'autres modifications nom- breuses aux produits ainsi qu'au procédé ci-dessus décrit.
Notamment la présente invention est relative au mélange de l'un quelconque des produits précédents et d'une substance absorbant les gra@sses, de telle sort.3 que, sous l'action combinée de ces deux substance;;, on ob- tienne d'une-part l'ouverture des pores de la peau, et, d'autre part, l'absorption de la graisse insérée entre l'épiderme et les fibres du cuir.
Suivant un mode de réalisation particulièrement
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intéressant de ce mélange, on choisit comme substance absorbant les graisses une matière argileuse, telle que la terre à foulon.
On peut, à titre d'exemple, opérer de la maniè- re suivante : on prépare, un produit constitué par :
1 ) 80 parties d'un mélange épidermose, alcali, sul- fure et phénol.
2 ) 10 parties d'une matière amylacée (fécule par .exemple).
3 ) 10 parties de terre à foulon.
Le tout est malaxé jusqu'à obtenir une pâte homogène qui est appliquée sur la peau par badigeonnage ou pulvérisation, comme il a été expliqué précédemment.
Deux ou trois heures après cette application, la laine se détache de la peau, sans qu'il soit besoin d'aucun effort pour l'arracher.
On réalise à l'aide des procédés et produits ci-dessus définis une peau épilée qui se distingue net- tement des peaux épilées par les procédés connus, soit à l'étuve, soit au sulfure : a) les peaux épilées à l'étuve par le procédé con- nu de fermentation ne présentent qu'une épaisseur réduite par suite de la détérioration du bulbe et de la solubili- sation d'une partie de la gélatine, sous l'action micro- bienne des ferments, Ces peaux restent fermentescibles, la fermentation recommençant sitôt que ces peaux repren- nent de l'humidité. L'odeur de ces peaux est nauséabon- de par suite des germes microbiens qui y persistent. En- fin, ces peaux sont très mates et n'ont aucune tenue, c'est-à-dire qu'elles se, gondolent ou se déforment trop facilement.
Vis-à-vis de ces peaux épilées à l'étuve, les peaux traitées conformément à l'invention présentent une épaisseur plus grande, car elles n'ont pas été détério- rées. Elles ne sont pas fermentescibles, ni nauséabondes,
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puisqu'elles ne contiennent pas de microbes. Elles .ont une certaine transparence,et se maintiennent de façon facile et régulière sous forme de feuilles. b) les peaux épilées à la manière connue au sulfu- re et à la chaux ne peuvent pas 'être'séchées, par ce que la chaux, qu'elles retiennent toujours, et qui ne peut être éliminée par suite de sa faible solubilité dans l'eau, rend les peaux cassantes.
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On est obligé, dans ce'procédé connu, soit de mettre immédiatement les peaux en tannage, ce qui est une gêne sérieuse d'une part pour la fabrication, parce que le tannage est une opération beaucoup plus lente que le délainage et, d'autre part, pour,le transport à grandes distances. On est par suite obligé pour conserver les' peaux dans ce procédé connu, de leur faire subir le trai- tement dit de pickelage ; traitement consiste enfer- mer les peaux dans des fûts de bois avec de l'eau, du sel et de l'acide sulfurique.
Outre que ce procédé est onéreux, par suite de la main-d'oeuvre et des frais d'emballage, il oblige à des frais supplémentaires de transport, à cause de lteau véhiculée.
Enfin, il faut obtenir, pendant le séjour des peaux en tonneaux, que ces peaux soient à l'abri de l'air humide, et de tout excès d'eau de nature à modifier la proportion du liquide conservateur.
Or, ces conditions sont rarement réalisées quand les marchandises voyagent par mer.
Les 'peaux traitées conformément à l'invention se distinguent des peaux épilées par le procédé connu au sulfure et à la chaux en ce qu'elles ne contiennent pas de chaux et n'ont été traitées que par des produits (épi- dermose, sulfure alcalin, alcali, etc...).qui sont essen- i tiellement solubles dans l'eau; par suite, il suffit, après l'épilage, de laver ces'peaux à l'eau froide pour
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dissoudre tous ces produits solubles et obtenir une peau qui peut être aisément séchée et conservée fort longtemps dans cet état sans devenir cassante, et sans qu'il soit nécessaire de soumettre cette peau à l'opération du picke- lage.
On peut ensuite tanner cette peau longtemps après, sans autre traitement que le reverdissage, c'est- à-dire une nouvelle hydratation.
Enfin, la peau conforme à l'invention lorsqu'el- le a subi l'action d'un produit absorbant, tel que la ter- re à foulon, se trouve entièrement dégraissée et par sui- te peut aisément être tannée et teinte.
Dans ces conditions, la peau conforme à celle obtenue à l'aide du procédé et des produits faisant l'ob- jet de l'invention constitue un véritable produit nouveau vis-à-vis des peaux antérieurement connues.
L'invention s'étend à ce produit nouveaa en lui- même, c'est-à-dire quel que soit le procédé particulier utilisé pour sa fabrication.
Un échantillon de peau conforme à l'invention est annexé à la présente demande pour faciliter sa compré- hension.
La présente invention est relative aussi à un procédé et à des produits pour parachever le pelage et assurer simultanément le dégraissage des peaux d'animaux.
On sait que les peaux d'animaux préparées pour le tannage contiennent entre la peau et la chair du cuir une certaine quantité de graisses qu'il importe d'éliminer pour obtenir un tannage régulier et pour permettre l'adap- tation régulière des teintures.
On emploie généralement pour l'enlèvement des poils,qui doivent disparaître avant le tannage, des bains de pelain composés soit de chaux vive, soit d'un mélange de chaux éteinte et de sulfure ; ces bains ne produi- sent aucun dégraissage de la peau. Or il est bien connu
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que les pigments colorants employés particulièrement en mégisserie pour le finissage des cuirs, n'adhèrent pas à la peau lorsqu'elle est grasse.
Actuellement on dégraisse les peaux avec des solvants tels que la benzine, soit ,lorsque la peau est simplement tannée, soit après,la finition des cuirs. Mais ces procédés connus ont l'inbonvénient d'être onéreux et parfois de produire un dégraissage tel de la peau que le . cuir devient cassant.
La présente invention a pour but.aussi d'éviter les inconvénients précédents,et d'obtenir un dégraissage de la peau, pendant le traitement, dans le bain de pelain, sans nuire aux qualités naturelles de cette peau, et no- tamment à sa souplesse.
Un procédé conforme à 1''invention pour parache- ver l'épilage et assurer si,multanément le dégraissage des peaux d'animaux, est caractérisé par ce que l'on traite les peaux par la terre à foulon, pendant leur épilage par les procédés connus, cette terre à foulon étant mélangée à un produit, tel que chaux éteinte, sulfure alcalin,, ou- vrant les pores de la peau, ce qui permet à la terre à fou- lon de venir au contact des graisses insérées entre l'épi- derme et les fibres du cuir, d'absorber ces graisses et de les émulsionner.
La terre à foulon, dont on connait de tout temps l'affinité pour les corps gras, assure ainsi, dans l'ap-' plication industrielle ci-dessus définie, un dégraissage parfait de la peau.
On peut par exemple, réaliser de la manière sui- vante le procédé faisant l'objet de l'invention :
On prépare d'abord une dissolution contenant par exemple :
20 Kilos de sulfure de sodium,
20 Kilos de chaux éteinte tamisée,
20 Kilos de terre à foulon, et,
100 Kilosd'eau.
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Cette dissolution peut être faite à la tempéra- ture ambiante ou en tous cas à une température ne dépas- sant pas 40 C.
Les peaux de mouton préalablement débarrassées de leur laine à la manière connue, sont plongées dans la dissolution ci-dessus et sont foulonnées dans cette dis solution, maintenue à une température variant de 15 à 40 C jusquià ce que tous les poils aient disparu.
En même temps la peau se trouve complètement dé- graissée par l'action de la terre à foulon. Il suffit alors d'évacuer ladissolution usagée et de laver les peaux à grande eau.
L'invention concerne non seulement le procédé basé sur cette application nouvelle, mais aussi à titre de produit nouveau, le mélange de terre à foulon et d'un produit ouvrant les pores de la peau, par exemple de la chaux éteinte, du sulfure de sodium, du sulfure d'arsenic ou du sulforicinate de calcium.
En résumé, les procédés et produits faisant l'objet de l'invention permettent d'une part d'obtenir l'épilage et le délainage des peaux d'animaux destinées à la tannerie ou à la mégisserie, sans préjudice ni pour les cuirs ni pour les toisons.
Ils permettent aussi de parachever le pelage et d'assurer simultanément le dégraissage des peaux d'animaux.
REVENDICATIONS:-
1 Produit caractérisé par le mélange d'épider- mose et d'une solution alcaline ou alcalino-terreuse.