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LE MINISTRE DES AFFAIRES ECONOMIQUES ET DES CLASSES MOYENNES,
Vu l'arrêté-loi du 8 juillet 1946, prorogeant, en raison des événements de guerre les délais en matière de propriété industrielle et la durée des brevets d'invention ;
Considérant qu'aucune réclamation n'a été introduite, dans le délai réglementaire, à la suite de cette publicaner
Considérant qu'il résulte des justifications fournies à l'appui de la requête que le brevet No 410. 512 pour
Ecran fluorescent , n' a pu être exploité , par suite de l'état de guerre, pendant une période équivalent à cinq années d'explo,. tation normale ;
Considérant, d'autrepart, que le maximum de prolongation prévu par l'arrêté-loi du 8 juillet 1946 est fixé à cinqans; A R R E T E :
ARTICLE PREMIER. - La durée du brevet No 410. 512 pour;
Ecran fluorescent , @ @ , '' est prolongée de Cinq années.
ART. 2, - La prolongation est accordée sous condition du paiement, dans le mois de son octroi, de la taxe spéciale prévue à l'art. 6 de l'arrêté-loi du 8 juillet 1946 précité.
ART. 3. - Le présent arrêté sera annexé au titre du brevet.
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MÉMOIRE DESCRIPTIF
DÉPOSÉ A L'APPUI D'UNE DEMANDE
DE BREVET D'INVENTION Ecran fluorescent.
La présente invention a pour objet un écran fluorescent comportant un support revêtu d'une couche de matière sus-ceptible d'être rendue fluorescente par bombardement électronique.
Les écrans de ce genre, tels qu'on en emploie par exemple dans les tubes de Braun ou dans les appareils destinés à la transformation de la longueur d'onde de la lumière ou autres appareils analogues sont constitués en général par une mince couche de matière fluorescente appliquée sur une paroi transparente, cette paroi devant permettre d'observer la lumière. Leur fluorescence se produit lorsqu'ils sont frappés par des électrons. Lors du bombardement électronique, les couches
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prennent une charge de sorte que les électrons qui arrivent aprèsproduisent des déviations et des altérations qui pro- voquent la déformation ou le mauvais dessin de l'image obte- nue par fluorescence, ou de la tache lumineuse.
On a cherché de différentes façons à obvier à cet inconvénient. Un moyen d'y arriver consiste à employer des tu- bes à atmosphère gazeuse pour lesquels l'inconvénient est moins grave, du moment que des ions positifs accompagnent le faisceau des électrons et déterminent une neutralisation immé- diate complète ou partielle de la charge. Cependant, ce moyen ne peut être utilisé que pour les tubes dans lesquels l'écran fluorescent n'est pas en même temps l'anode, en l'occurence seulement pour les tubes de Braun. Ainsi, par exemple, on ne peut pas envisager son emploi pour les appareils destinés à la transformation de la longueur d'onde de la lumière.
Un autre moyen d'obvier aux dits inconvénients con- siste à faire en sorte que l'écran émette, par suite d'émis- sion secondaire, autant d'électrons qu'il en reçoit. Dans ce but on ajoute souvent à la matière fluorescente des matières permettant d'obtenir une émission secondaire suffisante. Dans ce cas, les électrons secondaires sont retenus et évacués par d'autres parties du tube (anodes secondaires). Un exemple d'une réalisation de ce genre est un tube dans lequel de l'oxyde de baryum est mélangé avec la matière fluorescente et des électro- des spéciales faites, par exemple, en carbone et disposées sur une autre partie de la paroi assurant l'évacuation des élec- trons.
Cependant un grand inconvénient de ce procédé réside en ce qu'il est très difficile de réaliser le tube de manière que l'émission secondaire soit effectivement réglée de façon que l'écran émette autant d'électrons qu'il en reçoit.
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On a cherché aussi à obvier à ces inconvénients en plaçant sous la matière fluorescente de minces couches de mé- tal ou en mélangeant à la matière fluorescente des particules de métal. On s'est servi dans ce but, par exemple, de métaux tels que l'argent et le platine. En fait, on obtient ainsi une évacuation satisfaisante des électrons, mais il y a l'inconvé- nient que pour obtenir de bonnes propriétés conductrices, le métal doit en général être appliqué ou ajouté à la matière fluorescente en si grande quantité que l'absorption de lumière affaiblit cette dernière d'un multiple de dix %, dans certains cas de 80 à 90 %. Comme la lumière fluorescente est déjà re- lativement faible par elle même, ce procédé entraîne de grande inconvénients.
L'invention permet d'éviter entièrement ces inconvé- nients. Dans un écran fluorescent conforme à l'invention, com- portant une couche sous-jacente transparente sur laquelle est appliquée une mince couche de matière fluorescente qui est rendue fluorescente par bombardement électronique, on place sur la matière fluorescente ou entre la matière fluorescente et la couche sous-jacente transparente, une couche métallique se composant d'une matière dont le point de fusion excède 1800 K.
En effet, il ressort des recherches de la société demanderesse que lorsqu'on utilise les matières connues jus- qu'ici comme mince couche intermédiaire, telles que l'ar- gent, le platine ou autres métaux analogues, on constate - comme on l'a déjà dit antérieurement - que de bonnes proprié- tés conductrices ne se manifestent que lorsque les couches sont relativement épaisses, ce qui entraine l'inconvénient d'une absorption de lumière excessive. Or, on a trouvé que ceci est probablement dû au degré élevé d'agglomération que
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possèdent de minces couches de ces matières et qui dans une certaine mesure dépend de la température.
Par suite, les matières ci-dessus mentionnées, telles que l'argent et le platine, sont peu utilisables dans ce but, car on a constaté que des matières telles que l'argent etc. possèdent ce degré d'agglomération dans une grande mesure même à la température ambiante et que lorsqu'on utilise des couches en platine etc. l'agglomération se manifeste également à la température ambiante et est amplifiée dans une grande mesure pour la température à laquelle ces écrans sont chauffés lorsqu'on fait le vide dans le tube. Lorsqu'on se sert d'argent, les bonnes propriétés conductrices de couches qui par elles-mêmes sont déjà relativement épaisses et absorbent beaucoup de lumière disparaissent souvent entièrement lorsqu'on fait le vide à chaud.
Suivant l'invention, on a trouvé qu'on peut éviter entièrement ces inconvénients en plaçant dans certains cas sur la matière fluorescente ou dans d'autres cas entre la matière fluorescente et la couche sous-jacente transparente, une mince couche d'un métal dont le point de fusion excède 1800 K. Des couches en une matière de ce genre, par exemple en métaux tels que le tungstène et le molybdène, ont de très bonnes propriétés conductrices pour une épaisseur très faible et n'absorbent aucunement ou seulement très peu la lumière du fait que même pour des températures relativement élevées il ne se produit aucune agglomération des particules de métal.
Pour mieux caractériser les phénomènes qui se produisent lorsqu'on utilise les matières ci-dessus mentionnées, la figure 1 montre la manière dont la résistance spécifique dépend de l'épaisseur de couche. On a porté en abscisses le logarithme, de l'épaisseur (d) de couche exprimée en m , et
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on a porté en ordonnées la résistance spécifique @. Cette figure, qu'il est aisé de comprendre sans autre explication, montre la conductibilité en fonction de l'épaisseur de couche pour le tungstène, l'argent et le platine lorsque ces métaux sont appliqués par vaporisation sur une surface de verre se trouvant.à la température ambiante.
La figure montre que pour une épaisseur de couche de 1 m la résistance spécifique d'une telle couche en tungstène est de l'ordre de grandeur de 1 #/cm, tandis qu'une couche en platine ayant une épaisseur moyenne de 1 m possède une résistance spécifique qui excède mille fois cette valeur.
Une couche en tungstène ayant une épaisseur d'environ 4 m possède une résistance spécifique d'environ 0,001 #/cm, tandis que l'argent a pour cette épaisseur une résistance même supérieure à un million de fois. D'une façon générale, on ne peut pas observer des couches plus minces que 0,5 m , tandis que des couches d'environ 1 misent en général juste visibles et des couches de la grandeur d'ordre de 10 m absorbent déjà un multiple de dix % de la lumière incidente.
On peut donc établir ainsi des couches invisibles de tungstène ou de molybdène ayant une résistance spécifique d'environ 1000 #/cm tandis que des couches juste visibles peuvent avoir une résistance spécifique d'environ 1 #/cm. Il est, par exemple, possible de placer entre deux contacts 1 de 10 cm de long écartés l'un de l'autre de 2,5 cm (figure 2) sur du verre 2 constituant la couche sous-jacente, des couches de molybdène qui sont entièrement invisibles et ont une résistance de 100 à 1 mégohm selon leut épaisseur.
Des couches de molybdène légèrement plus épaisses se trouvant juste à la limite de la visibilité ont, par exemple dans les conditions ci-dessus mentionnées, une résistance de 500.000 #. Si, lorsqu'on applique le molybdène
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par vaporisation, on maintient la surface du verre à 100 C, on parvient à déposer des couches de molybdène à peine visibles qui dans les dites conditions ont une résistance de seulement 100.00011.. (résistance spécifique d'environ 0,2 #/cm.)
La description suivante de quelques modes de réalisation d'écrans fluorescents conformes à l'invention fera bien comprendre comment l'invention peut être réalisée.
On applique par vaporisation sur une surface de verre munie d'une-ou de plusieurs électrodes une mince couche de molybdène de manière à assurer un contact avec cette ou ces électrodes, ce qui peut s'effectuer en chauffant un fil de molybdène dans le vide à une haute température de sorte qu'il se vaporise et se dépose sur le verre, ou en enroulant le molybdène sur un fil de tungstène et en le chauffant par le passage d'un courant électrique. On obtient ainsi sur le verre de très minces couches (ayant une épaisseur de 2 atomes par exemple) qui pratiquement ne sont pas visibles et qui ont une conductibilité très perceptible. Si on applique par vaporisation une quantité plus grande, l'absorption de la lumière augmente, mais la conductibilité augmente également et cela dans une très grande mesure.
Les électrodes dont le rôle est d'évacuer les électrons peuvent aussi être placées après l'application du molybdène par vaporisation. Après l'application du métal, le vide est fait, par exemple, à 400 C. La matière fluorescente, telle que le tungstàte de calcium, le tungstate de cadmium, le silicate de zinc ou autres analogues, est appliquée ensuite de la manière usuelle.
En dehors du molybdène, on peut aussi utiliser pour des écrans fluorescents des couches intermédiaires, par exemple, en tantale ou en tungstène. Des matières du genre du
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tantale ou d'autres analogues peuvent être appliquées de la même manière que celle décrite ci-dessus pour le molybdène, tandis que pour le tunsgène on peut mettre à profit le fait qu'en présence d'une faible quantité de vapeur d'eau le tungstène peut être vaporisé en apparence, par réaction chimique, étant donné que W + H20 donne de l'oxyde de tungstène + H2.
L'oxyde de tungstène se vaporise ainsi vers la paroi où il est réduit par l'hydrogène contenu alors dans le tube.
Lorsqu'on applique des couches métalliques sur la matière fluorescente on opère de la même manière que celle décrite ci-dessus.
Il est évident que bien que quelques matières seulement aient été mentionnées ci-dessus à titre d'exemple, beaucoup d'autres matières peuvent être utilisées pour réaliser le but poursuivi par l'invention.