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PROCEDE POUR LA CUISSON EN PLEIN AIR DES BRIQUES
DE CAMPAGNE.
La présente invention concerne la fabrication des briques dites "de campagne", cuites en plein air.
On sait que suivant le procédé généralement adopté, les briques façonnées à la main ou mécaniquement, sont actuellement mises en tas superposés les uns aux autres au-dessus d'une base formée de trois ou quatre rangées de briques placées de champ ou à plat, de manière à former une sorte de grille comportant des carneaux d'allumage, les tas superposés du four à briques ainsi formé étant séparés les uns des autres par une légère couche de com- bustible sur laquelle reposent chacun de ces tas ou cer- @ tains d'entre eux.
Par ce moyen, on obtient des briques qui présentent
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très fréquemment des faces abimées, salies ou brûlées, qui donnent à la brique un vilain aspect. En effet, les panneresses des briques en contact avec le charbon sont détruites souvent par les cendres et le charbon qui s'y incrustent.
De plus, le charbon se trouve comprimé entre les briques de telle sorte qu'il ne reçoit pas la quantité d'air nécessaire à sa combustion normale. Il en résulte une combustion incomplète avec dégagement d'oxyde de carbone, qui fait perdre une quantité importante de calories et par suite de combustible. La quantité de combustible utilisée dans les fours en plein air est en effet généralement de l'ordre de 180 à 200 Kgs par mille briques.
D'autre part, la mise à feu des fours en plein air demande fréquemment de quinze à vingt jours, et le refroidissement du four au moins autant de temps, de telle sorte que l'immobilisation du terrain supportant le four, et les briques elles-mêmes, est de l'ordre de un mois à un mois et demi environ.
La présente invention a pour but de remédier à ces inconvénients et de procurer un procédé nouveau pour la cuisson des briques en plein air qui, tout en donnant comme produits finis des briques absolument intactes, de l'aspect extérieur de celles obtenues dans les fours mécaniques, permette de réaliser une économie notable de combustible et un gain particulièrement appréciable du temps de cuisson et d'immobilisation des briques empilées.
Dans ce but, suivant le procédé objet de l'invention, les rangées ou tas de briques sont constitués en disposant les briques les unes à coté des autres, de manière à laisser entre les briques, dans les rangées, des petits espa-
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ces libres dans lesquels le charbon est réparti d'une manière régulière, chaque rangée ou tas de briques formant ainsi une sorte de grille.
Dans la réalisation pratique de l'invention, les rangées successives de briques sont directement posées sur les briques sous-jacentes sans intercalation de combustible. Des cheminées sont prévues par place entre les briques, ,afin d'assurer l'évacuation des vapeurs et des gaz de combustion. Le réglage de la conduite du feu s'effectue par une obstruction plus ou moins forte de ces che- . minées, par tout moyen approprié. Eventuellement même les cheminées peuvent être alimentées en combustible.
Afin de bien faire comprendre l'invention, on en donnera ci-après un exemple de réalisation.
La fig. 1 montre en plan la disposition des briques de la première rangée à partir du bas, d'un four à briques en plein air, agencées de manière à permettre la pénétration d'air.
La f ig. 2 représenté la deuxième rangée constituée sous forme de grille, du genre habituellement adopté.
La fig. 3 montre la troisième rangée de briques, disposées comme d'habitude pour former des gueules ou carneaux d' allumage.
La fig. 4 est la rangée de briques habituelles, dites de couverture des gueules.
La fig. 5 montre en plan la cinquième rangée présentée sous forme d'un tas serré servant de couverture des carneaux principaux, mais formée de briques encore légèrement espacées, disposées de manière à réserver des passages libres constituant la base des cheminées.
La fig. 6 montre la disposition de la sixième rangée
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formée par des briques espacées les unes des autres, suivant l'invention.
La fig. 7 montre la septième rangée constituant une rangée intermédiaire formée de briques légèrement espacées réservant le passage des cheminées, et intercalée éventuellement de place en place.
La fig. 8 représente la huitième rangée analogue à la sixième, avec briques espacées les unes des autres, suivant une variante de disposition.
La fig. 9 montre la neuvième rangée formée de briques légèrement espacées, disposées d'une manière analogue à celles de la septième rangée,
La fig. 10 montre schématiquement la disposition de principe adoptée pour l'enfournement des briques.
La fig. 11 indique un mode de suspension d'une brique utilisée pour le réglage du tirage des cheminées.
Sur le terrain en plein air sur lequel le four à briques doit être élevé, on dispose tout d'abord une base composée par exemple de quatre rangées de briques, qui sont en général des briques défectueuses provenant d'une cuisson précédente. Cette base est formée de la manière habituelle. Elle a uniquement pour but de constituer l'assise du four proprement dite, dans laquelle sont prévus les moyens de mise à feu.
Elle comporte une première rangée de briques usagées disposées suivant des lignes 1 parallèles (fig. 1), formées de deux briques posées de champ ou à plat, ces lignes 1 laissant entre elles des couloirs 2 qui s'étendent de l'une à l'autre extrémité du four.
Sur cette première rangée de briques sont disposées
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d'autres rangées posées suivant des lignes 3 (fig. 2), perpendiculaires aux lignes 1 de la fig. 1. Chacune de ces lignes 3 est formée de briques placées bout à bout, de telle sorte que la largeur de chaque ligne 3 correspond à la largeur d'une brique mise de champ ou à plat. Les lignes 3 laissent entre elles des espaces vides d'assez faible largeur (de l'ordre de 2 cm. environ) qui s'étendent également d'une extrémité du four à l'autre dans une direction perpendiculaire aux couloirs 2 de la fig. 1.
La deuxième rangée de briques forme ainsi une sorte de grille destinée à soutenir le combustible utilisé pour l' allumage.
Dans la troisième rangée (fig. 3), dite rangée des gueules ou carneaux d'allumage, les briques sont placées en majorité suivant la disposition de la première rangée, de manière à former des lignes interrompues 5 de deux briques de largeur, les interruptions étant prévues de manière à créer des couloirs transversaux ou carneaux 6 perpendiculaires aux couloirs 2 formés entre ces lignes. Les extrémités des couloirs 2 sont obturées par des briques 7, de manière à éviter toute communication avec l'extérieur au niveau de cette troisième rangée.
C'est au niveau de cette troisième rangée que les foyers d'allumage 8 seront ultérieurement placés à l'intersection de certains couloirs 2 avec les couloirs transversaux 6, comme il sera indiqué ci-après.
Cette rangée est surmontée d'une quatrième rangée, dite de couverture des gueules. Elle est formée de lignes de briques 9 qui laissent entre elles des espaces 10 destinés à recevoir du combustible. Ces lignes sont réunies
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par groupes de manière à laisser libres des carneaux 11 qui prolongent vers le haut les carneaux 6 de la troisième rangée. A titre d'exemple, on peut disposer les briques de manière à placer neuf briques boutisses (fig. 4) pour trois briques et demi panneresses (fig. 3).
Les carneaux 11 sont obturés à leur extrémité par des briques ou des demi-briques 12.
Au-dessus de ces quatre rangées constituant la base du four établie suivant la méthode habituellement adoptée, on dispose conformément à l'invention, les différentes rangées superposées suivantes, de manière que les briques laissent entre elles des espaces vides plus ou moins larges. De préférence, on dispose dans certaines rangées, les briques légèrement espacées les unes des autres, par exemple de l'ordre de 5 mm., de manière à constituer un tas de briques plus serrées que dans les autres rangées. Dans ces dernières, les briques sont séparées les unes des autres par des espaces plus grande, de manière à former des tas clairs. La disposition des briques est par exemple dans ce cas de sept briques boutisses pour trois panneresses.
La bordure du four est réalisée par des arrangements de briques plus ou moins espacées, placées de manière à réaliser une construction solide.
La fig. 5 montre par exemple la constitution d'un tas serré, formant la cinquième rangée, dans laquelle les briques sont placées les unes à coté des autres suivant des files 13 et les unes derrière les autres suivant des lignes 14, les briques étant disposées de manière à laisser un léger intervalle entre elles, par exemple en pla-
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çant trois boutisses pour une panneresse, pour des brique; ordinaires de 6 x 9,5 x 20,5. Des espaces vides 15 sont ménagés au-dessus des foyers d'allumage 8, de manière à constituer un départ de cheminée en communication avec les carneaux 11 de la quatrième rangée et 6 de la troisième rangée.
La fig. 6 représente le sixième tas agencé en tas clair, ,dans lequel les briques sont disposées en ordre principal suivant des lignes 16 séparées par des espaces 17, de l'ordre de 2,5 cm., dans le cas où l'on dispose sept briques boutisses pour trois panneresses. Ce tas peut comporter éventuellement quelques lignes transversales 18 de consolidation.
A la périphérie du tas, les briques sont placées de manière à alterner, mais elles sont toujours séparées les unes des autres par des espaces 19.
Les briques de bordure 20 de la rangée sont jointives de manière à éviter toute communication avec l'extérieur au niveau de cette rangée.
Des espaces vides 15 sont ménagés pour la formation de cheminées.
La fig. 7 montre la septième rangée dont la constitution est analogue à celle de la cinquième. Les briques sont légèrement espacées, mais on les dispose suivant des lignes transversales 21 et, sur les bords, suivant des lignes perpendiculaires 22, de manière qu'elles apparaissent par leur boutisse à l'extérieur du four.
Dans la fig. 8 qui représente la huitième rangée, la disposition centrale est analogue à celle de la sixième rangée. Il n'existe toutefois qu'une seule rangée tran
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versale 18. La disposition des briques à la périphérie est légèrement différente de celle de la sixième rangée, de manière à faire alterner dans les rangées 6 et 8 les briques et les espaces vides.
A l'extérieur de la rangée, des briques 20 sont placées les unes contre les autres.
La fig. 9 montre la disposition des briques dans la neuvième rangée. Elle est faite d'une manière analogue à celle de la septième rangée, sauf qu'une ligne transversale 23 est intercalée dans les lignes perpendiculaires 22.
La mise en tas des briques est poursuivie d'une manière analogue. La disposition suivant la fig. 6 est adoptée pour les 10e, 14ë, 18e, 22e, 26e, 30e et 34e rangées, celle de la figure 7 pour les lle, 15e, 19e, 23e, 27e et 31e, rangées, celle de la figure 8 pour les 12e, 16e, 20e, 24e, 28e et 32e rangées, et enfin celle de la figure 9 pour les 13e, 17e, 21e, 25e, 29e et 33e rangées.
Au cours de la formation de ces différentes rangées, il y a lieu de veiller à la bonne formation des ouvertures 15 dont la réunion doit constituer les différentes cheminées réparties dans le four. Ces cheminées doivent être bien droites et posséder une section suffisante pour permettre leur obstruction éventuelle par des briques qui y sont descendues par leur extrémité supérieure.
La partie supérieure du four est couverte par des briques cuites posées soit de champ, soit à plat, pour permettre la circulation aisée des ouvriers sans détérioration des briques à cuire.
Suivant l'invention également, le combustible n'est plus disposé entre deux rangées successives de briques,
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comme c'est le cas jusqu'ici, mais en le répartissant dans les vides entre les briques. Il suffit à cet effet de le jeter d'une manière uniforme sur le dessus de chaque rangée et de le brosser ensuite dans les vides en évitant la formation d'amas de charbon dans ces vides.
Le four ainsi formé est ensuite recouvert extérieurement d'un enduit de terre glaise ou d' argile.
La mise à feu est opérée par les cheminées dans lesquelles on introduit un mélange de charbon de bois et de gailletins allumés, qui tombent en 8 dans les carneaux des troisième et quatrième rangées. Il faut avoir soin de procéder à l'allumage des cheminées en sens inverse du vent, pour éviter que levent ne rabatte les gaz sur les foyers non allumés.
Ces foyers sont ensuite couverts par trois à cinq briques 24, de réglage du tirage, introduites par le haut des cheminées, de la manière montrée fig. 11. Un mélange de charbon et de scorie est placé entre chacune de ces briques 24 pour former un calage suffisant de la cheminée et éviter la formation de trous d'air.
Dans ces conditions, le charbon n'est plus, comme précédemment, comprimé entre les rangées de briques, mais est réparti uniformément dans les espaces entre les briques, chaque rangée jàua,nt en quelque sorte le rôle de grille.
Le feu, activé par l'air 'qui pénètre par la base et circule entre les briques, gagne très rapidement la partie supérieure du four. Pour un four de trente-quatre rangées de hauteur, le feu atteint la dernière rangée supérieure après deux jours ou deux jours et demi, journée
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d'allumage comprise.
Les vapeurs et les gaz de la combustion sont évacués par les cheminées qui sont rapidement portées à une température élevée empêchant la condensation des vapeurs. On réalise ainsi une évacuation énergique qui donne pour résultat une belle coloration des briques.
Pour régler la marche ascensionnelle du feu dans le four, il suffit de descendre dans les cheminées le nombre de briques 24 de réglageen ayant soin d'intercaler entre chaque brique un peu de charbon et d'escarbilles. Ces cheminées peuvent éventuellement être obturées par une cloche (non représentée) à leur partie supérieure. Elles peuvent également être alimentées elles-mêmes en combustible.
En laissant les cheminées ouvertes, on obtient un feu oxydant ; en les obturant, le feu est réducteur.
Grâce à ce procédé de cuisson, on réalise des briques absolument parfaites, tant au point de vue de l'aspect régulier externe que de la coloration régulière. De plus, la combustion du charbon étant effectuée d'une mahière plus normale que précédemment, on obtient une réduction sensible de dépense en combustible. Alors qu'il était nécessaire jusqu'ici de consommer 180 à 200 Kgs. de charbon par mille briques, la consommation est abaissée à 120 Kgs. environ et peut descendre même en-dessous de 100 Kgs. pour les fours de grandes dimensions.
Le refroidissement du four après cuisson complète s'opère également d'une manière très active et il est possible d'enlever les briques du four huit jours après l'allumage, alors que précédemment le temps d'immobilisation du four après la mise à feu exigeait un mois à un mois et demi.