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Machine à monter les chaussures.
On, sait que,malgré tous les progrès réalisés dans le domaine des machines employées pour la fabrication des chaussures, c'est encore toujours à la chaussure "faite à " la main" qu'on donne la préférence, pour des usages particuliers, relativement à la duréeet à la conservation de la forme. Cela provient sans doute des constatations faites dans les premiers temps de la fabrication mécanique des chaussures à l'aide de dis- positifs imparfaits. Effectivement, aujourd'hui encore, une chaus- sure faite à la main par un cordonnier habile et consciencieux est un produit de haute valeur, dont la qualité ne peut être ob- tenue que difficilement par un produit fabriqué à la machine.
La raison en,est évidemment que l'ouvrier travaillant à la main traite la matière qu'il emploie à chaque endroit de la chaussure qu'il fait, suivant les propriétés de cette matière, et d'après les meilleurs résultats de son expérience. La variété des matières employées pour la fabrication des chaussures est d'ailleurs aussi cause que lion rencontre les plus grandes difficultés pour assurer un travail impeccable au moyen de machines, parce qu'il n'est pra-
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tiquement jamais possible d'obtenir une uniformité parfaite, même en choisissant avec le plus grand soin les matières premières utilisées pour la fabrication des chaussures.
La présente invention a pour objet une machine servant Monter les chaussures et pour laquelle on s'est efforcé d'assu- rer, à un degré qui n'a pas encore été atteint jusqu'ici, la pos- sibilité d'adaptation de toutes les différentes pièces de travail de la machine à la variété de la matière, qui est presque toujours du cuir.
Suivant l'invention, on obtient ce résultat en subdivi- sant les différents dispositifs de travail de la machine, dis- positifs qui viennent alternativement en contact avec la pièce pendant le montage, en pièces dont on peut régler la position individuellement et que l'on peut commander indépendamment les unes des autres, de façon que le travail effectué par ces pièces puisse être adapté facilement et, le cas échéant, s'adapte lui- même automatiquement aux différentes formes des pièces à traiter, ou aux écarts dans les propriétés de la matière.
' on a constaté, après des essais qui ont duré de longues années, que c'est une commande hydraulique intégrale qui convient le mieux pour commander les éléments de travail des machines à monter ou monteuses, par exemple les pinces servant à étirer 1'en- peigne ainsi que la forme des bords et les dispositifs de clouage ou dispositifs de presses à coller coopérant avec des repousseurs et autres dispositifs auxiliaires connus, parce qu'il est alors possible d'adapter avec précision, à la matière employée dans le cas dont il s'agite le mode opératoire des différents éléments dont l'action de force détériorerait la matière en cas de sur- charge,
ou de rendre possible un réglage de la position de toutes les pièces de travail dans tout sens désiré, ce qui n'est pas possible avec les dispositifs d'entra3nement mécaniques, à cause ' ' de leur sujétion par rapport au bâti rigide.de la machine..
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rl'y avait des raisons fondées qui s'opposaient à l'em- ploi de commandes hydrauliques intégrales pour les machines à fabriquer les chaussures. Au cours des essais connus qui ont été . faits dans ce sens, on a rencontre des difficultés paraissant presque insurmontables, en ce qui concerne principalement l'é- tanchéité à assurer par rapport à l'huile-pour tous les points de travail.
La subdivision de la machine, subdivision préconisée suivant l'invention, en différentes parties travaillant pour ainsi ' dire indépendamment les unes des autres, et pour lesquelles des pressions de travail hydraulique relativement basses sont suffi- santes permet, sous ce rapport, conjointement -avec le montage d'un dispositif approprié de marche à vide, de vaincre les difficultés en question d'une fagon qui est d'une simplicité surprenante.
Enfin, du point de vue du cordonnier, un avantage des plue essentiels de la machine qui fait l'objet de l'invention consiste en ce qu'elle permet d'opérer de la façon qui a donné les meilleurs résultats depuis longtemps pour le montage de la pointe, c'est-à-dire d'étirer l'empeigne auparavant en vue d'as- aurez une bonne tension et une bonne mise en forme de la pointe de la chaussure, ainsi que le montage subséquent des cotés,.ou la tension est la plus grande, et finalement d'effectuer le montage définitif jusqu'au cou-de-pied de la chaussure à l'aide de repous-
Beurs par un mouvement dirigé obliquement vers l'avant (une compo- sante de ce mouvement étant dirigée vers la pointe), ce qui assu- re la possibilité de tendre l'empeigne sans faire de plis,
même dans la région du cou-de-pied.
'Pour faciliter l'explication de l'objet de 1?invention, on a représenté schématiquement dans les dessins ci--joints la ré- partition et le mode de fonctionnement des différents organes de travail, disposés suivant linvention, d'une monteuse de points qui vaêtre décrite.
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Dans ces dessins:
La Fig. 1 est une vue en dessous d'une empeigne montée provisoirement jusqu'au cou-de-pied.
La Fige 2 est un exemple de répartition, suivant l'in- vention, des organes de travail delà Machine, organes qui, à po- sition réglable, peuvent être commandes indépendamment les uns des autres, ces organes étant représentée dans leur position de départ avant le commencement du travail.
Les Fige* à 12 sont des vues représentant les diffé- rentes phases de travail au cours de l'opération de montage.
Les différents organes de travail de la machine repré- sentent des dispositifs auxiliaires connus en soi dans le domaine des machines à fabriquer les chaussures; ce qui est nouveau, ainsi qu'on l'a dit, c'est leur mode de répartition et de commande. La chaussure à traiter est placée sur le support 1, la première de montage tournée vers le bas, et elle est maintenue en arrive par l'appui de talon,2.Les pinces étireuses ou tondeuses connues 3, 4, 4', 5, 5', sont disposées autour du support de la chaussure et un conformateur élastique 6, épousant la forme des bords de la chaus- sure, est disposé au-dessus de ces pinces et peut effectuer un mouvement angulaire de haut en bas.
Ce conformateur diffère des conformateurs connus de ce genre en ce qu'il peut enserrer la pointe de la chaussure jusqu'au cou-de-pied. Au-dessous du con- formateur 6 épousant la forme des borde (voir Fig.9), se trouvent ensuite les repousseurs de pointe 7 de type connu, accouplés entre eux comme des ciseaux et agissant sur la pointe, presque toujours symétrique, de la chaussure. Au-dessus du conformateur 6 enserrant les bords de la chaussure se trouve le coussin 8 de pression de pointe, qui maintient dans sa position, sur le support 1, la chaus- sure sur laquelle on opère.
Finalement, à peu près dans le plan du support 1 de la chaussure, se trouvent divers postes de clouage
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10, 11, 12 qui servent avantageusement en même temps de repous- seurs, et dont chacun enfonce deux ou plus de deux clous, suivant les besoins, après avoir été avancé contre la pièce de travail.
Suivant l'Invention, tous ces organes de travail de la machine sont tels qu'on puisse en régler la position individuel-- lement et, le cas échéant, ils sont montés à ressort et disposés de façon qu'on puisse les commander indépendamment les uns des autres, afin que l'opération puisse s'adapter au plus haut degré aux différentes formes ou aux différences entre les diverses piè- ces et aux propriétés de la matière employée. On a constaté que la solution la plus favorable consiste à employer un dispositif hydraulique intégralpour la commande des différents organes de travail au moyen de cylindres hydrauliques individuels, dont les pressions et les phases de travail peuvent être commandées de façon simple par des tiroirs de distribution.
On comprendra mieux le principe de l'invention après lecture de la description suivante d'une opération.
L'ouvrier prend l'empeigne préparée et il la pose avec la forme 14 et la première de montage sur le support 1 de la chaussure dans la Fig. 2, après quoi il Introduit la main. les bords saillants de l'empeigne, bords qui sont dirigés vers le bas. 'sur la pointe et sur ies cotés, entre les'mâchoires des pinces étireuses 3, 4, Fig. 4. Les pinces 5, 5' de-la partie correspondant au cou-de-pied se trouvent encore 'au-dessous du plan de montage, tandis que le conformateur 6 et lessrepousseurs -de''pointe 7, sont encore retenus dans leur position de relève-. ment, pour permettre à l'ouvrier d'accéder, librement,au poste de travail.
Lorsque l'empeigne a été appliquée sur la forme, l'ouvrier met d'abord en action les pinces de pointe 3, avanta- geusement au moyen d'un levier c oudé, qui est actionné dans un sens déterminé, et qui fait ainsi entrer en action la commande
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hydraulique des pinces 3. L'ouvrier peut alors, au moyen de ces pincée, tirer l'empeigne suivant les besoins par dessus la pointe et ramener à la position désirée. Ensuite, les pinces 4, 4' des côtés sont mises en action de la même façon, par le déplacement du levier dans un autre sens.
Lorsque les bords de l'empeigne sont mal pinces, ou en présence d'autres défauts, l'ouvrier a toujours la possibilité, par suite de la simplicité de manoeuvre de la com- mande hydraulique, d'annuler l'opération des pinces 3 ou 4 et de la répéter ensuite à volonté, ou, le cas échéant, de corriger à la main la position des Rinces. Finalement, lorsque l'empeigne est convenablement pincée par les pinces de la pointe et celles des coûtés, les pinces 5, 5' de la région du cou-de-pied sont amenées à la position'de travail et le bord correspondant de l'empeigne est amené entre les mâchoires de ces pinces, ainsi qu'on peut le voir dans la Fige 4.
Pendant leur mouvement de descente, ces pinces effectuent alors en même temps un mouvement de rotation autour de leur axe, de telle façon que l'empeigne épouse bien, dansla région du cou-de-pied, la courbure de la forme de la chaussure à cet en- droit., On fait alors descendre le conformateur 6 d'enserrage, des bords et ce conformateur ne vient d'abord en contact qu'avec la pointe de la chaussure, sur laquelle le couasin à piession 8 appuie aussi de haut en bas.
En même tempe on fait avancer l'appui de talon 2, de sorte que la pièce est finalement immobilisée de:toua les côtés, comme on peut le voir dans la Fig. 5, Cela fait, le mouvement de fermeture du conformateur 6 commence sur toute la longueur de ce conformateur, de sorte que l'empeigne est fortement tendue sur la forme de la chaussurede la pointe à la région du cou-de-pied, et que lea pinces 3, 4, 4' de la pointe et des cotée peuvent être ouvertes et tirées librement versle bas. Pour le mo- ment les pinces de la région du cou-de-pied restent encore dans leur position de tension, comme le montre la Fige 6.
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La pièce est maintenant préparée pour le montage pro- prement dit, qui commence avantageusement par les postes de cloua- ge ll des côtés, comme le montre la Pige 7. Ces postes de clouage ll ee meuvent, dans le plan de la première de clouage et se rappro- cheht de la pièce en repoussant le bord de 1'empeigne sur la pre- mière de montage par des faces d'attaque de forme appropriée 16 (Fige' 8). Si les parties de matière ainsi amenées en contact et pressées les unes sur les autres ont été enduites préalablement d'un agglutinant approprié, la montage proprement dit peut aussi être effectué par une opération n'exigeant pas de clous.
Toutefois, ,lorsqu'on désire employer des clous, on peut le faire en utilisant, sur le poste de clouage 11, une butée 15 qui vient rencontrer le bord extérieur du conformateur 6 et qui, au même moment, et par une détente, déclanche le dispositif de clouage, préalablement tendu.
On trouvera de détails concernant cesdispositif de clouage dans la demande de brevet.parallèle concernant un "dispositif de fixation pour les monteuses de pointe pour le montage des chaussures", B.488.
Le montage définitif de l'empeigne a donc lieu,-de cette façon, suivant l'opération qui a donné de bons résultats depuis les premiers temps de son application, et suivant laquelle le mon- tage définitif est effectué d'abord à l'endroit où la tension de 1?empeigne est la plus grande, c'est-à-dire sur les cotés. Les postes de montage latéraux retournent ensuite à leur position de départ et'les repousseurs de pointe 7 sont mis en action, comme on peut le voir dans la .E'ig. 9. Le fonctionnement de ces repousseurs de pointe 7 est déjà connu pour différentes monteuses et na donc pas besoin d'être expliqué en détail ici.
Les postes 10 de montage de la pointe effectuent ensuite leur travail,de la même façon que les postes latéraux ll l'ont fait auparavant, sauf que le déclan- chement des dispositifs de clouage, lorsqu'ils existent, est effec- tué par la butée d'organes de détente contre les bords extérieurs
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des repousseurs 7. Finalement, les pinces 5 de la région du cou- de-pied sont ensuite libérées et tirées vers le bas, pour permet- tre aux postes 12 de montage du cou-@e-pied d'effectuer leur tra- vail, comme le montre la Fig. il.
L'opération de montage est ainsi terminée et tous les organes de travail de la machine re- tournent à leur position de départ, âpres quoi la chaussure peut être retirée de la machine, l'empeigne étant montée définitive-' ment jusque dans la région du cou-de-pied, comme le montre la Fig.12.
Il résulte de l'opération qui vient d'être décrite que, telle'qu'elle est proposée, la subdivision des divers organes de travail pouvant être commandés permet d'assurer une opération très favorable. Ainsi qu'on l'a déjà ségnalé, l'empeigne est d'abord montée définitivement dans la section I suivant la; Rigole et ce n'est qutensuite que l'on procède au montage définitif de la région II de la pointe et de la région III des côtés.
Les rayons d'action des postes de montage 11 - 10 - 12, qui effec- tuent leur opération successivement, peuvent se chevaucher avan- tageusement, et l'ordre de succession de leur travail peut être déterminé à volonté, de façon que l'on obtienne pour la chaussure un bord parfaitement lisse, ce qui constituait un problème très difficile pour les monteuses de ce genre, problème qui semble donc être résolu d'une façon parfaite par la subdivision proposée pour les différent? postes de montage pouvant être commandés isolement,,
On a choisi à titre d'exemple, pour expliquer l'objet de l'invention,
une monteuse de pointe fonctionnant avec des dis- positifs de clouage. Toutefois l'invention n'est pas limitée à ce . mode duplication, pour lequel elle a des avantages particuliers;. au contraire, elle peut aussi être employée avec les monteuses de talon, le cas échéant pour les monteuses à dispositifs de presses à coller au lieu de dispositifs de clouage. Dans ce.dernier cas,
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le@ postes de montage sont ,équipés le cas échéant avec des dispo- , sitifs auxiliaires appropriés de type connu, servantà humecter, chauffer électriquement ou activer l'agglutinant entre les bords à réunir de l'empeigne et la première de montage.
On trouvera d'autres détails de l'exemple de réalisa- .tion de .l'invention dans les brevets de même date de la demande- resse intitulés respectivement "Procédé de montage pour la fa- .brication de chaussures", "Dispositif d'entraînement pour les étireuses et autres machines pour la fabrication des chaussures" et "Dispositif de fixation pour les monteuses de pointe de chaus- ' sures".