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"TRANSFORMATION CATALYTIQUE DU METHANOL EN FORMALDEHYDE"
La présente invention se.rapporte à un procédé de transformation catalytique du méthanol en formaldéhyde et plus particulièrement à un procédé en deux stades comportant un stade d'oxydation et un stade de déshydratation.
Les progrès réalisés ces dernières années dans la fabrication de la formaldéhyde à partir du méthanol sont dûs en grande partie à l'emploi de catalyseurs efficaces conjoin- tement à des* procédés perfectionnés de réglage et des techni-
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ques économiques propres à la fabrication à grande échelle.
On a employé généralement deux classes de catalyseurs, chacune d'elles produisant un type distinct de réaction. On peut donner à titre d'exemple un catalyseur à l'argent et un catalyseur d'oxyde métallique. Quand la transformation du méthanol en formaldéhyde est régie par un catalyseur à l'argent, le mé- thanol est à la fois oxydé et déshydrogéné en formaldéhyde, en conséquence de quoi on obtient avec la formaldéhyde des quantités importantes d'hydrogène et aussi, ce catalyseur ne transformant pas la totalité du méthanol en formaldéhyde, soit par oxydation, soit par déshydrogénation, des quantités appré- ciables de méthanol mélangées au produit de la réaction.
D'au- tre part, avec le catalyseur à base d'oxyde métallique, la réaction est essentiellement une réaction d'oxydation et les catalyseurs de ce type sont en outre capables de transformer pratiquement la totalité du méthanol en formaldéhyde. Outre les caractéristiques ci-dessus les catalyseurs du type à l'ar- gent ne demandent qu'un très faible rapport de l'air au métha- nol, habituellement entre 1/3 et 1/6 à 1, ce qui veut dire que les dimensions de l'installation de manipulation de gaz employée sont faibles par kilogramme de formaldéhyde recueil- lie, alors qu'au contraire les .catalyseurs du type à oxyde métallique exigent un rapport élevé air/méthanol dans la char- ge, d'environ 14/1, ce qui comporte une installation de dimen- sions importantes pour la manipulation du gaz par kilogramme de formaldéhyde produite.
Il est manifeste, d'après les considérations ci- dessus, que chacun des systèmes présente des avantages con- curremment à des inconvénients qui n'existent pas dans l'autre système. Un procédé qui réunirait les avantages de ces deux procédés sans présenter les inconvénients de l'un et de l'au- tre représenterait un progrès considérable dans cette indus- trie et serait d'une importance notable.
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La présente invention se propose de fournir un procédé présentant les avantages susdits. Elle se propose de fournir un procédé de transformation du méthanol en formal- déhyde en deux stades, le premier comportant,un processus d'oxydation et de déshydrogénation en présence d'un cataly- seur à l'argent ou équivalant, et le second un processus d'o- xydation au moyen d'un catalyseur d'oxyde métallique ou équi- valent.
Elle se propose d'autre part de fournir un procédé dans lequel le méthanol est partiellement oxydé et déshydro- géné en formaldéhyde en présence d'un catalyseur et le métha- nol non-transformé oxydé ensuite en formaldéhyde en présence d'un autre catalyseur. Elle se propose encore de fournir un procédé continu de préparation de formaldéhyde à partir du méthanol dans lequel on fait passer un mélange de méthanol, d'air et de vapeur d'eau sur un catalyseur à l'argent, puis on fait passer les produits de la réaction comprenant le métha nol inaltéré, de la formaldéhyde, de la vapeur d'eau et les sous-produits après introduction d'air auxiliaire directement sur un catalyseur d'oxyde métallique.
Un autre but de la pré- sente invention est de fournir un procédé d'oxydation partiel- le du méthanol au moyen d'oxygène en un mélange gazeux ne con- tenant pas d'oxygène, du méthanol non-transformé et de la' formaldéhyde en ajoutant ensuite de l'oxygène au mélange ga- zeux et en le soumettant à l'action d'un catalyseur d'oxyda- tion en formaldéhyde donnant un mélange gazeux contenant de la formaldéhyde, de l'oxygène, mais pas de méthanol. D'autres buts et avantages de l'invention apparaîtront par la suite.
Le procédé est illustré au moyen du dessin ci-joint qui est une représentation schématique en coupe transversale d'un appareil utilisable dans un procédé en deux stades et pour la récupération de la formaldéhyde dans de larges limites de concentration.
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L'air (ou autre gaz oxydant approprié contenant de l'oxygène et des produits inertes) est lavé et séché par contact avec du méthanol liquide anhydre dans une colonne à plateaux 1, le méthanol humide étant déchargé dans une instal- lation de déshydratation non-représentée. L'air exempt d'hu- midité est alors saturé d'une manière sensiblement complète au moyen de méthanol dans le vaporisateur daméthanol 2, qui fonctionne en série. L'air est insufflé dans les bains de méthanol contenus dans les vaporisateurs 2 qui sont automati- quement maintenus à la température désirée de manière à four- nir un courant d'air saturé au moyen de méthanol.
La tempé- rature du mélange d'air et de méthanol détermine ainsi le rapport de l'air au méthanol qui peut être transporté et pour cette phase du procédé ce rapport est de 0,5/1 à 2/1 et de préférence d'environ 0,9/1 à 1,6/1, le rapport préféré exige@@ une température du bain de méthanol de 47,4 à 40,4 C. On ajoute alors de la vapeur d'eau au mélange de méthanol et d'air à la sortie du second vaporisateur et on chauffe le mélange total résultant au-dessus de 50 C. dans le surchauf- feur 2 pour éviter toute condensation du méthanol.
Le mélange gazeux d'air, de méthanol et de vapeur d'eau ainsi surchauffé est alors introduit dans la convertis- seur 5 qui a été chargé d'une toile d'argent ou d'un cataly- seur équivalent ; dans le premier cas le transformateur est garni d'un certain nombre de toiles d'argent fines de 2 à 0,4 mm. d'ouverture de maille, de préférence de 0,84 mm.
La température de ce convertisseur est déterminée par le rap- port air/méthanol et est maintenue entre 300 et une tempé- rature inférieure à la température de fusion du catalyseur utilisé, avec maximum préféré, pour le catalyseur à l'argent, de 700 à 850 C.
Au cours de l'opération telle qu'on la pratique de préférence il y a transformation de 65 à 80 % du méthanol
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contenu dans les gaz de charge en formaldéhyde et sous-pro- duits. En faisant varier le rapport air/méthanol les tran's- formations du méthanol peuvent tomber au-dessous ou s'élever au-dessus de ces valeurs ; mais en faisant ainsi on supprimera nombre des avantages inattendus et imprévisibles provenant de l'emploi du procédé en deux stades de la présente inven- tion. Ces avantages seront plus complètement décrits par la suite. Le pourcentage de méthanol transformé par rapport aux sous-produits est compris entre 3,5 et 8 environ, et augmente avec l'augmentation de la transformation.
Cinquante cinq pour cent environ de la formaldéhyde produite sur catalyseur de toile d'argent proviennent de l'oxydation du méthanol, les 45 % restants provenant de la déshydrogénation du méthanol, ces chiffres pouvant varier quelque peu entre autres causes sui- vant l'activité du catalyseur, le rapport air/méthanol, la température, etc.
Les gaz de réaction provenant du convertisseur sont refroidis au-dessous de 180 C. dans le refroidisseur 6 et sont alors transférés dans le convertisseur 2 dans lequel on a disposé un oxyde métallique approprié ou un catalyseur d'oxydation .du méthanol équivalent. Avant l'introduction, on ajoute de l'air auxiliaire aux gaz de réaction pour fournir une quantité d'oxygène suffisante pour cotte réaction. Il est tout à fait essentiel que la concentration en oxygène du gaz soit à ce point soigneusement réglée de manière à ne pas donner un mélange inflammable à l'entrée du convertisseur 7, si la quantité d'oxygène est trop forte, ou à ne pas provo- quer une perte dans l'activité du catalyseur si la concentra- tion en oxygène à la sortie du convertisseur est trop faible.
La demanderesse a découvert que les limites approxi- matives de cette concentration en oxygène sont comprises entre 7 et 14 volumes pour cent et de préférence entre 10 et 13,7 volumes pour cent, en produit sec et exempt de com-
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posés organiques, d'après l'analyse au moyen de l'appareil d'Orsat. On peut employer un gaz oxydant quelconque tel que l'air, de l'air enrichi en oxygène, de l'air dilué au moyen d'azote ou de tout autre gaz ou tous autres gaz inertes.
Non seulement la concentration en oxygène existant dans la charge du convertisseur 2 est d'une importance pri- mordiale, mais encore la concentration en méthanol de ce mélange doit être de préférence maintenue entre les limites prescrites. Si le pourcentage de méthanol non-transformé pro- venant du convertisseur 2. est trop élevé, par exemple su- périeur à 35 %, la concentration en oxygène des gaz sortant du convertisseur 2 sera trop faible en raison de l'oxydation de .cette quantité excessive de méthanol, et/il y aura perte considérable de l'activité du catalyseur contenu dans ce con- vertisseur.
Si d'autre part leéthanol non-transformé sortant du convertisseur 2 est trop faible, par exemple 20 % ou moins, il y aura insuffisance de chaleur produite dans le convertisseur 2 pour entretenir les conditions autothermiques et la formation des sous-produits dans le convertisseur 2 deviendra excessive.
En d'autres termes on fait passer suffisamment de gaz oxydant dans le convertisseur 2 pour transformer, comme on l'a indiqué, de 65 à 80% du méthanol en formaldéhyde et sous-produits. Si l'on introduit moins de gaz oxydant, il restera trop de méthanol à la sortie du convertisseur 2 pour être oxydé dans le convertisseur 7, c'est à dire que la quantité de gaz oxydant qui dans ces conditions devra être utilisée dans la charge fournie au convertisseur 2 pour 1 ) transformer la totalité du méthanol et 2 ) laisser un excès d'oxygène de manière à entretenir l'activité du catalyseur, donnera un mélange gazeux explosif.
Si l'on emploie dans le convertisseur 2 plus de gaz oxydant, (par exemple pour trans- former plus de 80 % de méthanol en formaldéhyde), il se
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formera des quantités excessives de sous-produits. Le rapport entre les mélanges gazeux transformés dans les opérations les meilleures et les résultats les plus avantageux limitent les transformations, ainsi qu'on l'a constaté, dans le con- vertisseur 5 entre 65 et 80%, particulièrement quand on emploie les catalyseurs de l'exemple 1. Avec d'autres cata- lyseurs, on peut employer des limites plus larges.
Le convertisseur 2 fonctionne à une température comprise entre 250 et 400 C. suivant, dans une large mesura, l'activité du catalyseur employé, activité qui habituellement décroit avec l'âge et peut être compensée en partie par une température plus élevée.
Les gaz de réaction sortant du convertisseur 2 sont envoyés dans l'absorbeur de formaldéhyde 8 où la formal- déhyde absorbée dans l'eau peut être recueillie à toute con- centration désirée.
Quand on emploie des catalyseurs oxydes métalliques sensibles à de faibles concentrations d'oxygène, les gaz sor- tant du convertisseur 2 doivent contenir de 3 à 9 % d'oxygène, par exemple, et de préférence environ 6,5%, comptés par rapprît au produit sec et exempt de composés organiques. Si cette condition n'est pas réalisée le catalyseur parait être réduit à tel point qu'il y a prédominance d'une réaction secondaire avec production d'oxyde de carbone et d'anhydride carbonique.
Les vapeurs de formaldéhyde non-absorbées provenant de l'ab- sorbeur 8 sont lavées-dans le laveur de queue au moyen d'eau et la solution aqueuse de formaldéhyde provenant de ce laveur de queue constitue l'agent de lavage utilisé dans l'absorbeur 8. Le produit sortant du laveur de queue 2 est déchargé dans l'air grâce à l'extracteur 10.
Les exemples qui suivant sont destinés à illustrer d'une manière plus particulière les modes de mise en oeuvre du procédé.
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Exemple 1.
On vaporise 1 kg. de méthanol anhydre avec 125 kg. d'air (compté sec) primaire et on ajoute 11 kg. de vapeur d'eau. On chauffe le mélange au-dessus de 50 C., qui est une température supérieure au point de rosée du méthanol, puis on le fait passer sur 150 feuilles de catalyseur en toi- le d'argent à mailles de 0,84 mm. préalablement chauffées au dessus de 300 C.' pour permettre le démarrage de la réac- ti on .
Environ 67,4 kg. de méthanol sont transformés en formaldéhyde en passant sur le catalyseur à l'argent, 5,5 kg sont transformés en sous-produits oxydes du carbone et 27,1 kg. restent inaltérés.
Le produit sortant du convertisseur à toile d'ar- gent est mélangé avec 160 kg. d'air secondaire et le mélange est envoyé sur un catalyseur formé essentiellement d'oxyde de molybdène et d'oxyde de fer maintenu à une tempé- rature comprise entre 285 et 350 C. par un bain extérieur.
La somme de l'air secondaire ajouté et de l'air primaire initial, qui est de 125 + 160 kilogrammes, représente un rap- port air-méhanol, rapporté aux 100 kg. initiaux de méthanol, de 2,85/1, ce qui est très inférieur au rapport de 8,5/1 - 14/1 utilisé dans la pratique courante de fabrication de la formaldéhyde exempte de méthanol. Le méthanol non-trans- formé sortant du convertisseur à toile d'argent est éliminé pratiquement par passage sur le catalyseur à base d'oxyde métallique, de telle sorte que l'on peut recueillir dans l'opération de lavage qui suit de la formaldéhyde exempte de méthanol.
D'après le bilan final du méthanol, la compo- sition des gaz sortants représente une transformation de 89,9 kg. des 100 kg. initiaux de méthanol en formaldéhyde, 8,5 kg. de sous-produits et 1,6 kg. de méthanol non-trans- formé.
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Finalement, par addition de 10,8 kg. seulement d'eau dans le laveur de queue, on récupère la totalité de la formaldéhyde à l'exception de celle qui est entraînée par le gaz rejeté, sous forme d'une solution aqueuse à 60-62 %. On ne recueille pas de formaldéhyde à l'état de solution plus étendue, comme dans le cas du procédé de remise en circuit du gaz de sortie où le rapport air/méthanol est abaissé à une valeur qui ne tombe pas au dessous de 8,5/1. On peut produire une solution à 60% de formaldéhyde exempte de méthanol au moyen du procédé ordinaire par passage sur un catalyseur à base d'oxyde métallique, mais seulement au prix d'une perte considérable de capacité résultant de la nécessité de faire appel à un rapport méthanolique de 14/1.
Exemple 2.
On utilise les conditions de l'exemple 1, à celà près que les 100 kg. de méthanol sont vaporisés avec 90 kg. d'air. Dans ce cas il n'y a que 59 kg. de méthanol transformés en formaldéhyde, 3 kg. en sous-produits, les 38 kg. restant étant inaltérés. Le méthanol non-transformé est de nouveau trai- té sur un catalyseur à base d'oxyde métallique, et le total de la transformation est en principe le même en raison de ce que la grande quantité de méthanol oxydée dans le convertis- seur 2 s'accompagne d'une augmentation dans ledit convertis- seur de la formation de sous-produits.
- Exemple 3.
Mêmes conditions que dans l'exemple 1 à cela près que l'on vaporise 100 kg. de méthanol pour 140 kg. d'air.
Dans ce cas 75 kg. environ de méthanol sont transformés en formaldéhyde, 8 kg. en sous-produits et 17 kg. restent inal- térés. Le méthanol non-transformé est ensuite éliminé au moyen d'un catalyseur à base d'oxyde métallique, mais le total des transformations de méthanol en sous-produits passe de 8,5 kg. à 11 kg.
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Dans le premier stade du processus on peut utiliser un type quelconque de catalyseur qui oxyde et déshydrogène simultanément le méthanol en formaldéhyde, par exemple une forme quelconque appropriée d'argent ou de cuivre.
Dans le second stade on peut employer un type quelconque approprié de catalyseur qui oxyde le méthanol, comme les catalyseurs à base d'oxyde métallique, tels que les oxydes de vanadium, de molybdène, de magnésium, de manganèse, seuls ou associés. Sont particulièrement efficaces les cata- lyseurs à base do sels métalliques comprenant les catalyseurs au molybdène activés au moyen de manganèse, de magnésium, de
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cadmium ou d'un métal alcalino-terreux, aà:neà! qu'il oot décrit dano la demanda do bravot doo P.T;8-43 g.;;. , les catalyseurs aux phosphates métalliques activés au moyen d'oxyde de molybdène ouivant la domapde de bcovot doa à;
y4wA-7 9-9. 5119.939, dit les molybdates de manganèse activés au moyen de métaux du grou- pe du fer avivant de bi et doo . 8.N<675'30S -4tt# et d'autres catalyseurs également effi- cacas d'oxydation du méthanol.
Comme on l'a indiqué précédemment la conversion du méthanol en formaldéhyde dans le convertisseur ..5 est par- tagée approximativement entre environ 55 à 45 % entre 1) l'oxydation du méthanol en formaldéhyde avec formation d'un mol d'eau et 2) une déshydrogénation directe du méthanol en formaldéhyde avec libération d'hydrogène. Il existe de nombreu- ses objections pratiques et théoriques à la combinaison de ce procédé avec un procédé direct d'oxydation.
Si l'on combi- nait les deux procédés ci-dessus décrits, il serait raisonna- ble de penser que l'élimination de l'hydrogène provenant du premier stade hors de l'atmosphère oxydante du deuxième stade serait d'une importance primordiale, en raison de son
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influence sur les besoins en oxygène existant dans ce conver- tisseur, et aussi de son influence sur la balance de l'eau dans le stade de récupération de la formaldéhyde. Les raisons contre cette combinaison apparaissent tout à fait logiques, savoir que la grande quantité d'hydrogène'provenant du pre- mier stade ne peut évidemment pas être économiquement détrui- te ou récupérée et que son oxydation en eau dans le second stade comporterait des problèmes très fâcheux de dilution et de rapport gazeux.
En présence d'oxygène et à une tempéra- ture relativement élevée on pouvait s'attendre à ce que l'hydrogène soit oxydé en eau et qu'il soit nécessaire d'a- joutor par conséquent de l'oxygène aux gaz entrant dans le deuxième stade avec de l'azote inerte. En outre l'eau formée par l'oxydation diminuerait d'autant la quantité d'eau qui pourrait être ajoutée à l'absorbeur 8. Le chimiste expérimenté tenait donc de raisonnement qu'il n'y avait abso- lument rien à gagner à un procédé en deux stades en raison de la quantité indésirable d'eau formée en plus et en raison de la perte d'hydrogène.
En outre, pour maintenir l'activité du catalyseur à base d'oxyde métallique il est nécessaire, comme on l'a in- diqué, que les gaz sortant du deuxième stade contiennent une certaine quantité d'oxygène. Cet oxygène est en plus de ce qui est nécessaire pour oxyder le méthanol en formaldéhyde. On a déterminé théoriquement que si l'hydrogène provenant du pre- mier stade est oxydé en eau, alors et dans ce cas il faudrait une quantité tellement grande d'oxygène à faire passer sur le catalyseur dans le second stade qu'il en résulterait néces- sairement un mélange explosif, lequel mélange ne peut être toléré dans la pratique industrielle.
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Un autre aspect du procédé qui a détourné d'un procédé combiné les spécialistes de la fabrication de la for- maldéhyde est le rendement à anticiper. On sait que la formai déhydo se décompose facilement à des températures supérieures à 200 C. de telle sorte qu'on ne pouvait pas s'attendre à ce qu'un gaz contenant un mélange de formaldéhyde, de méthanol et d'oxygène puisse passer sur un catalyseur du type oxyde métallique à la haute température (au dessus de 300 C.) né- cessaire à l'oxydation du méthanol en formaldéhyde, sans qu'il y ait simultanément oxydation d'une fraction appréciable de la formaldéhyde contenue dans le gaz en oxydes du carbone.
Dans ce cas, le rendement total en formaldéhyde eût été si faible que le procédé eût été économiquement prohibitif en raison de ce que le coût du méthanol est le facteur prin- cipal du coût de la formaldéhyde. Un autre argument employé contre le système combiné était que le catalyseur du type à l'argent donnait normalement une perte de 6 % de méthanol en sous-produits, alors que les catalyseurs du type oxyde métallique en donnaient environ 8 %, de telle sorte qu'on devait prévoir une perte totale de 14 %. Mais utilisés en série ces deux procédés comportent un effet synergique qui ramène à 8,5 % de cette perte, au lieu dos 14 % prévus.
Pour ces raisons, et d'autres, les spécialistes considéraient qu'une combinaison d'un catalyseur à l'argent avec un catalyseur du type oxyde métallique serait inaccep- table. Mais quand, en dépit de leurs protestations, le pro- cédé en deux stades fut mis en oeuvre, un phénomène tout à fait surprenant se produisit, outre les résultats remarqua- bles décrits ci-dessus, à savoir que l'hydrogène formé par la déshydrogénation du méthanol dans le -premier stade n'é- tait pas oxydé en eau en passant sur le catalyseur dans le deuxième stade, mais sortait de cette dernière opération sensiblement inaltéré. Ceci a été le résultat le plus
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imprévisible, qui a complètement supprimé les inconvénients théoriques prédits par les spécialistes.
Ce qui précède intéresse principalement les remarqua bles perfectionnements opératoires du procédé en deux stades par rapport au procédé en un seul stade. Un autre avantage remarquable et imprévisible résultant d'une combinaison en deux stades échappait absolument à tout pr onostique. L'indus- trie moderne utilise de la formaldéhyde fortement concentrée, en solution contenant jusqu'à 60 et 62 % en poids d'eau dans de nombreux procédés. Ces procédés demandent aussi généralement une f ormaldéhyde ne contenant sensiblement pas de méthanol. On ne peut pas fabriquer directement de la formaldéhyde exempte de méthanol et l'emploi du procédé en une seule phase ne la donne qu'avec beaucoup de difficultés.
Quand on emploie seul le catalyseur du deuxième stade, on ne peut obtenir do formaldéhyde à 60 % qu'en opérant avec un rapport air/méthanol de 14/1, ce qui diminue fortement la capacité de l'installation. Si l'on utilise un rapport air/ méthanol de 8,5/1 avec remise en circuit du gaz sortant du laveur, il n'est pas possible de ne produire que de la for- maldéhyde à 60 % en raison de la balance eau défavorable provenant de la quantité excessive d'eau remise en circuit dans le gaz et de celle formée par l'oxydation complète du méthanol en formaldéhyde et en eau dans le convertisseur.
C'est ainsi que lorsqu'on emploie seul le catalyseur du deu- xième stade et un absorbeur semblable à celui représenté sur le dessin, il est nécessaire de soutirer de/sa partie centrale une solution étendue de formaldéhyde de manière à pouvoir obtenir une solution à 60 % à la base dudit absorbeur.
En d'autres termes la balance eau est telle dans le stade d'absorption qu'une partie seulement du produit peut être obtenue directement à la concentration désirée. Cette limita-
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tion n'existe pas dans le cas du procédé combiné. La totalité de la formaldéhyde peut être produite directement à l'état de solution à 60 - 62 %, ou de solution moins concentrée.
La raison de cette balance eau plus favorable est double.
D'abord le procédé est "tout à travers" en ce sens qu'il ne comporte pas de remise en circuit de gaz saturé de vapeur d'eau. En second lieu, environ 30% du méthanol sont trans- formés en formaldéhyde par déshydrogénation et l'hydrogène ainsi formé n'est pas transformé en eau dans la réaction d'o- xydation qui suit et qui constitue le second stade. Ceci dis- tingue ce procédé du procédé d'oxydation dans lequel il se forme un mol d'eau par mol de formaldéhyde produite.
Il s'en- suit que non-seulement il n'est pas nécessaire de retirer une solution de concentration intermédiaire en formaldéhyde de l'absorbeur dans le fonctionnement du système combiné, mais encore que l'on peut, si on le veut, ajouter une quanti- té d'eau équivalente à celle produite par la réaction de déshydrogénation dans le laveur de queue, ce qui permet une meilleure récupération de la formaldéhyde. Ces avantages étaient également imprévisibles et' ils constituent en outre des caractétistiques distinctives du procédé combiné par rap- port au procédé en un stade ou en deux stades séparés.
Un autre avantage remarquable est lié à la combi- naison de ces procédés. Avec le système argent, un rapport air/méthanol de 1,3/1 est nécessaire, alors qu'avec le sys- tème utilisant le catalyseur du type oxyde métallique, on emploie un rapport minimum de 8,,5/1. Hais dans le procédé combiné, on utilise un rapport total air/méthanol de 3/1.
Le résultat direct de cette diminution du rapport total ga- zeux est que l'installation de traitement des gaz peut être beaucoup plus petite pour un taux donné de production de formaldéhyde ou que dans les établissements où l'installation
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actuelle est transformée le tonnage de production journa- lière de formaldéhyde peut être augmenté pour une capacité donnée de l'installation de traitement du gaz.
Les figures 2 et 3 représentent schématiquement les quantités comparatives de gaz qu'il faut traiter pour 100 @ kg. de méthanol mis en oeuvre respectivement dans le système du deuxième stade seul et dans le procédé de l'invention.Il est évident que l'économie de gaz fourni aux ventilateurs et autres appareils est très grande, cette économie résul- tant principalement de la quantité beaucoup plus petite d'a- zote ternis en circuit dans le procédé composé par rapport à la quantité qu'il est nécessaire de remettre en circuit/dans le procédé au catalyseur réduit.
On n'a pas comparé avec le système à l'argent seul en raison de ce que le produit ob- tenu au moyen de ce système contient une forte quantité de méthanol qui est très souvent indésirable en tant qu'impure- té et qu'il est très difficile et coûteux d'éliminer de la formaldéhyde.