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MATERIEL ET PROCEDE POUR L'OBTENTION D'IMAGES PHOTOGRAPHIQUES SUR TEXTILES
ET MATERIAUX SOUPLES.
Les procédés usuels d'impression comportent généralement le déppt sur un textile d'une solution ou d'une pâte contenant un colorant ou une sub- stance apte à former un colorant, ou encore un rongeant ou un mordant, .ou en- fin un mélange de ces ingrédients.
Le dessin de l'impression est obtenu par la localisation de ce dépôt sur certaines parties du textile grâce à l'emploi de planches, tampons, pochoirs, cadres dits lyonnais ou à écran de soie, ou pour les impressions en continu, de rouleaux gravés. Le développement ou la fixation des divers colorants varient évidemment suivant leur nature et peuvent consister en un vaporisage, en un foulardage, voire en une exposition à une lumière actini- que (colorants "photorapides").
L'invention concerne un matérial et un procédé pour l'obtention d'images non par localisation mécanique d'un dépôt, mais par voie photogra- phique l'image est obtenue soit directement, soit à l'état latent, sur un matériel photosensibilisé, par exposition de ce matériau à une lumière acti- nique à travers ou contre un cliché positif ou négatif comportant ou non des demi-teintes, un traitement ultérieur assurant le développement, la fixation ou la modification de l'image.
L'invention comprend donc d'une part un appareil permettant de réaliser en continu des impressions photographiques sur textiles ou matériaux souples et sur papier au moyen de compositions photosensibles de tous genres; d'autre part, un procédé de photosensibilisation particulièrement approprié à l'impression des textiles.
Par textiles ou matériaux souples, il faut entendre les textiles proprement dits à base de fibres naturelles ou synthétiques, d'origine anima- le, végétale ou minérale, sous forme de tissus, feutres, texoïdes (fibres ag- glomérés avec un liant), papiers ; leurs dérivés tels que tissus enduits ou imperméabilisés et les matériaux coulés, laminés ou stratifiés d'une souples- se comparable, tels que feuilles de caoutchouc, de copolymère chlorure-acéta- te de vinyle, de superpolyamides, syndermes, etc...
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I - L'invention a pour objet un appareil constitué essentiellement par un tambour cylindrique,- transparent et rotatif à l'intérieur duquel se trouvent une ou plusieurs sources de lumière actinique, et à l'extérieur du- quel est appliquée, pour former cliché, une image positive ou négative avec ou sans demi-teinteso
Le textile (ou le matériau souple), imprégné d'une, composition photosensible sur une ou deux faces par projection à l'aérographe ou foular- dage ou enduction à la râcle ou au métier à gommer, est séché puis passé con- tre le tambour photoimprimeur à une vitesse égale à la vitesse circonféren- tielle de ce tambour. Le textile est maintenu contre ce tambour au moyen d'un dispositif convenable.
Après exposition à la lumière, le textile est suivant la nature de la composition photosensible développé et fixé de diverses maniè- res telles que traitements avec révélateur ou avec des vapeurs acides ou alcalines, etc... Ces traitements dont l'énumération n'est nullement limi- tative peuvent être exécutés le cas échéant, en continu en complétant le dis- positif essentiel de l'invention par une installation appropriée comportant. une chambre de vaporisage ou une série de foulards.
La source de lumière peut être un ou plusieurs tubes à vapeur de mercure. Le cliché est constitué par une image formée sur le tambour photo- imprimeur ou sur un support distinct. Sont utilisables comme clichés des films photographiques fortement tannés et présentant une image positive ou négative, ainsi que tous systèmes analogues de souplesse suffisante tels que- films imprimés, trames, feuilles opaques découpées, dessins sur supports transparents ou translucides, calques, diazotypes (films Ozaphan, papier dit à contre-cliché) etc... Fixé sur le tambour photoimprimeur, d'une façon amovible ou non, le cliché permet la répétition de motifs à des distances au plus égales à la circonférence du tambour. Libre et se déroulant avec le tissu, il permet la production d'images de longueur non limitée.
Pour un rendement maximum,le cliché est normalement placé en- tre la source lumineuse et le textile photosensibilisé.
Toutefois, lorsqu'on utilise un procédé de production d'images par formation photochimique de colorant, on peut parfois opérer par réflexion en faisant passer le textile entre le tambour et le cliché.
Les modes opératoires par transparence et par réflexion sont aus- si applicables simultanément pour la réalisation en une seule opération d'un motif principal sur une face, et d'un motif secondaire ou d'une marque de fabrique sur l'autre face.
L'appareil décrit ci-après est conforme à 1 'invention.
L'appareil comprend un axe creux fixe en acier (I) supportant tout le mécanisme. Un premier cylindre (II) en verre perméable aux radia- tions actiniques (par exemple, verre au silicate) est supporté par deux flasques amovibles (III et IV) fixées sur l'axe (I). Dans ces deux flas- ques sont prévues des ouvertures dans lesquelles sont logés un ou plusieurs tubes (V) à vapeur de mercure haute pression de 3000 watts ou toute autre puissance. Un deuxième cylindre (VI) perméable aux radiations actiniques est supporté par deux flasques coniques (VII et VIII) tournant sur l'axe (I) au moyen de roulements à aiguilles ou à rouleaux (IX et X).
Les radiations actiniques riches en ultra-violets émises par les tubes à vapeur de mercure traversant le cylindre (II) puis le cylindre (VI) et viennent impressionner le matériau sensibilisé,
Le cylindre transparent (VI) est généralement uni et peut suppor- ter un cliché amovible.
Une variante consiste à utiliser un cylindre lui-mê- me transofrmé en cliché par gravure,report ou tout autre procédéo
Entre les deux cylindres circule un courant d'air nécessaire au refroidissement du cylindre (VI); ce courant d'air produit par une soufflerie arrive par l'intérieur-de l'axe (I), entre dans l'appareil par les orifices (XI)o Il peut être provoqué par pression ou dépression et s'évacue par des orifices (XIV) pratiqués dans la flasque (VII). De chaque côté du cylindre
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(II) et sur l'axe sont glissées les deux flasques coniques (XV et XVI) proté- geant les têtes de tubes du courant d'air et logeant les câbles d'alimenta- tion qui sortent par les trous (XII) au travers de l'axe (I).
Au centre de l'appareil et dans l'axe creux (I) sont prévus des orifices d'aspiration d'air (XIII) de façon à maintenir une dépression dans le cylindre (II); la flasque conique (VII)est amovible de façon à pouvoir changer rapidement le cylindre (VI) pour varier de motifs ou de film.
L'axe fixe (I) est supporté en ses deux extrémités par un pied en fonte pouvant coulisser sur rail dans le sens horizontal pour la mise au point des motifs.
Le textile ou le matériau souple sensibilisé arrive sur le cylin- dre en verre (VI) par un rouleau d'entrée, et est repris à la sortie par un second rouleau parallèle au premier, et se trouvant le plus près possible de celui-ci. L'avance du textile ou du matériau souple à décorer, provenant d'une dérouleuse, et allant à une enrouleuse, à une plieuse ou vers d'autres machines, entraîne le cylindre (VI) de l'appareil.
Lorsqu'on utilise un cliché autre que ceux fixés sur le cylindre (VI) d'une façon amovible ou non, ce cliché double le textile et avance avec lui.
Les appareils selon l'invention conviennent pour. l'utilisation des divers modes connus de production d'images photographiques, tels que l'emploi de sels d'argent ou de fer, de diazosulfonates, de colloïdes bi- chromates, etc...
Ces modes de production d'images photographiques sont empruntés pour la plupart à d'autres industries ou aux techniques d'impression par dé- pôt local de substances photosensibles. Ils présentent de ce fait, un cer- tain nombre d'inconvénients parmi lesquels, on peut citer : le prix élevé des ingrédients, (sels d'argent), le nombre et la complexité des opérations (tein- tures sur mordant obtenu par traitement d'une image argentique ou ferrique), le peu de solidité à l'eau et à la lumière des images (diazotypie ordinaire sur papier), le rendement relativement faible des substances photosensibles (diazosulfonates). Aussi est-il préférable d'employer des procédés particu- lièrement étudiés pour l'impression photographique des textiles.
Les appareils selon l'invention conviennent précisément pour l'ap- plication de ces procédés et notamment du procédé décrit ci-après propre à l'inventiono 20 - L'invention a pour objet un procédé d'obtention sur textiles ou matériaux souples, d'images photographiques constituées par des colorants azoïques insolubles, et obtenues par sensibilisation du textile à la lumière au moyen de composés diazoïques ou analogues, exposition à une lumière actini- que derrière un cliché et développement ultérieur de l'image par un copulant ne contenant pas dans sa molécule de groupe solubilisant.
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Par composés diazoïques ou analogues sensibles à la lumière, on entend les bases diazotées ou tétrazotées, les sels de diazonium ou de tétra- zonium, les sels doubles de métal et de dérivé diazonium, les anhydrides in- ternes de diazoïques, tels que les diazoïques cités dans les exemples, ceux du 5-amino-benzoyl amino-1-4-diéthoxybenzène, de la p-amino-oxyéthylaniline, de la p-aminodiméthylaniline, de la p-amino-monoéthyl-o-toluidine,, etc... à l'exclusion des diazosulfonates et hydrazynesulfonates.
Par copulants ne contenant pas de groupes solubilisants, on en- tend notamment les naphtols et leurs dérivés tels que ceux connus commercia- lement sous les noms de Naphtols AS et constitués pour la plupart par des arylides d'acides aryloxy-carboxyliques ou par des cétones comme la 1-oxy- naphtyl-phénylcétone.
Il est connu que des nuances de bonne solidité à la lumière et au lavage sont obtenues par formation sur la fibre de colorants azoïques.
Toutefois, on utilise exclusivement en teinture un piétage préalable avec des
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naphtols et un développement subséquent dans un bain de diazoique sans qu'au- cun processus photochimique ou photographique ne soit mis en oeuvre.
Dans l'impression par dépôt local de diazosulfonates et de copu- lants, on forme des colorants similaires par un processus photochimique, mais non photographiqueo Enfin, l'emploi des diazosulfonates et copulants pour la production d'images photographiques a été envisagé sur divers supports (papier gélatiné, film, etc..,,) mais se heurte en pratique à de sérieuses dif- ficultés surtout pour l'impression des tissus : d'une part, une sensibilité suffisante à la lumière requiert un taux d'humiditéélevé, et d'autre part, le colorant produit sous l'action de la lumière forme écran et empêche celle- ci de pénétrer dans la fibre et à travers la fibre..
Le colorant est donc for- mé surtout superficiellement, ce qui diminue la solidité de la nuance obtenueo Par ailleurs, le dégorgement de matière photosensible sur les clichés les met rapidement hors d'usage en provoquant un voile ou des taches d'une intense coloration.
L'invention se distingue de l'emploi conjugué des diazosulfonates et copulants en ce qu'elle est caractérisée par la destruction photochimique de matières aptes à former ultérieurement un colorant par un traitement appro- prié, et non par la formation photochimique d'un colorant, et ceci par le fait qu'on utilise des diazoïques proprements dits et non des substances aptes à former des diazoiques, comme c'est le cas des diazosulfonates. Dans l'inven - tion, la lumière détruisant la substance photosensible pénètre dans les fibres et à travers les fibres. Les images sont obtenues en conséquence sur les deux faces du tissu.
Les demi-teintes sont constituées par des colorants formés non superficiellement, mais au coeur même de la fibreo
Le processus de destruction photochimique, l'absence de copulants et la diminution du taux d'humidité évitent .l'altération des clichés, tandis que la vitesse de tirage est considérablement accrue.
L'invention se distingue de la diazotypie ordinaire sur papier par développement à sec ou semi-humide, en ce qu'elle comporte un développe- ment par foulardage, éventuellement suivi d'un traitement au formol ou aux sels métalliques, toutes opérations qui ne peuvent être supportées par un papier dans les conditions de l'invention.
En outre, la diazotypie ordinaire sur papier est limitée pour le choix des diazoïques et des copulants g les produits de destruction des dia- zoiques et les copulants devant être incolores. Ces limitations sont sans objet dans l'invention qui s'applique principalement à des articles textiles susceptibles d'être lavés et même lessivés.
-Des images d'une bonne solidité au lavage et à la lumière peuvent être obtenues par exemple avec les composés suivants dont la liste n'est pas limitative :
Chlorure de N-phényl -4-aminobenzène diazonium et o-toluidide de l'acide 2.3-oxy anthracène carboxylique (image verte) "Diazoton IV" et diacétylacétolidide (image orange)o
Chlorozincate de N N - diéthyl-4-aminobenzène diazonium et 5- Chlor-2-toluidide de l'acide 2.3-oxy-naphtoïque (image bleu foncée).
Sulfate de N-phényl -4-aminobenzène diazonium et o-toluidide de l'acide 2.3-oxy naphtoique (image bleu marine).
Anhydride interne du 2-diazo- -1-naphtol -5- sulfonique et diacé- tylacétolidide (image brune).
Les images peuvent évidemment être traitées par les procédés con- nus comme modifiant la nuance des colorants produits sur fibres ou améliorant leur solidité, tels que traitements aux sels métalliques ou formolageo
L'invention est en outre compatible avec les procédés ordinaires de teinture les tissus peuvent être teints avant ou après la formation d'i- mages par le procédé de l'invention.
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EXEMPLE 1.
Un tissu de rayonne acétate est sensibilisé avec une solution à 10 g/l de chlorure de N-phényl-4- amino-benzène diazonium. Après séchage et exposition à la lumière derrière un cliché, le tissu est développé par imprégnation avec une solution de copulant contenant par litre :
15 gro Naphtol AS-GR (IoGo) ou 5 gr. o-toluidide de l'acide 2.3- oxyanthracène carboxylique
45 cm3 Ethanol
6 cm3 lessive de soude à 38 Bé
Après développement, le tissu est rincé en eau chaude, savonné à tiède, puis rincé à nouveau à fond et séchéo On obtient une image verteo EXEMPLE 2,,
Un tissu de viscose est sensibilité avec une solution aqueuse à
EMI5.1
10 g/1 du chlorozincate de N N-diéthyl-4-flgmin- e¯n¯z¯ène,diazonium.
Le dévelop- pement est effectué dans un bain aqueux contenant par litre
10 gr. Phénylméthylpyrazolone 10'gr. lessive de soude à 38 Bé
Après rinçage et séchage, on obtient une image rougeo EXEMPLE 3
Un tissu de viscose est sensibilisé avec une solution à 5 g/1 de chlorure de N-phényl-4-aminobenzène diazonium. Le développement est effectué au moyen d'une solution aqueuse contenant par litre :
15 gro p-anisidide de l'acide 2.3-oxynaphtoïque
30 cm3 sulforicinate d'ammonium à 50 %
6 cm3 lessive de soude à 38 Bé
Après rinçage et séchage, on obtient une image violette.
EXEMPLE 4.
Un tissu de coton est sensibilisé comme dans l'exemple 2. Le développement est effectué avec une solution aqueuse contenant par litre
10 gro béta-naphtol
10 gro lessive de soude à 38 Bé
Après rinçage et séchage, on obtient une image brun violacée.
3. - L'invention revendique à titre de produits industriels nou- veaux, les textiles ou matériaux souples portant une image obtenue au moyen de l'appareil ou du procédé, objets de l'invention.
4. - L'invention revendique à titre d'applications particulières, les articles manufacturés préparés à partir des produits industriels visés au 3 ou traités au moyen de l'appareil ou du procédé, objets de l'invention, en vue de leur décoration sur une ou deux faces ou de leur décoration sur une face avec marquage sur l'autre face.