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BREVET D'INVENTION.
Procédé et dispositif de chalutage réglable à différentes profondeurs
Le chalut est un engin généralement utilisé jusqu'à présent pour la pêche sur le fond ; quelles qu'aient été les planches à chalut utilisées, les procédés de pêche au chalut. suivis jusqu'à présent n'ont permis que le chalutage sur le fond même de la mer.
Les planches à chalut utilisées sont en général de forme plate et rectangulaire et sont fabriquées en bois et en acier.
Cette pêche sur le fond de la mer permet de prendre surtout les poissons plats et certains poissons ronds tels que harengs, merlans, morues, maquereaux, etc... qui vivent soit généralement près du fond, soit accidentellement près de celui-ci.
Il a toujours été impossible avec ce mode de pêche de chaluter des poissons tels que sardines, bonites, etc... qui ne descendent que très rarement sur le fond mais vivent en général à une certaine
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distance du fond ; de même, la plupart du temps, il est impossible de pêcher des poissons ronds tels que harengs, maquereaux, morues qui ne séjournent qu'accidentellement près du fond.
Pour que ces poissons puissent actuellement être pêchés au chalut, il faut donc qu'ils soient à proximité du fond et à une hauteur telle que le dos du chalut soit plus élevé que la position du banc de poissons.
Le rendement de pêche au chalut des poissons ronds pourrait être considérablement accru si l'on pouvait chaluter à toutes profondeurs pour que le chalut puisse passer dans la tranche la plus dense du banc de poissons et à la profondeur à laquelle ce banc de poissons aura été repéré./
Les planches à chalut utilisées habituellement n'ont comme seul but que de faire écarter le chalut pour qu'il puisse ainsi arti- ficiellement s'ouvrir (voir figure 1).
Pour pêcher à différentes profondeurs avec un seul chalutier, il faut donc arriver par un moyen quelconque à maintenir l'ensemble du train de pêche avec chalut approprié à la profondeur désirée et cela pendant le remorquage (les planches à chalut s'écartent et ne fonctionnent que lorsqu'elles sont soumises à l'effet de traction).
Jusqu'à ce jour, aucun système pratique n'a pu être utilisé pour pêcher à différentes profondeurs avec un seul chalutier.
Certains ont cru pouvoir utiliser des flotteurs pour alléger les planches et les maintenir à un niveau déterminé, mais leurs idées ne purent jamais être réalisées dans la pratique car elles étaient basées sur un principe faux : les intéressés n'avaient pas tenu compte qu'il était impossible pratiquement d'obtenir uniquement par flot teurs, même réglables, le maintien d'un train de pêche à une profondeur désirée. En effet, la pêche au chalut s'effectue en prin- cipe dans des fonds ne dépassant pas en général trois cents mètres et celle des poissons pélagiques s'opère rarement dans des fonds dépassant cent à cent cinquante mètres.
La majorité des poissons pélagiques se pêche en général dans des profondeurs de zéro à cent
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mètres ; or, de zéro à cent mètres la densité de l'eau ne varie que d'une quantité infinitésimale entre la surface et le fond, et cela empêche donc tout réglage d'appareil de ce genre, uniquement par la différence de densité ; le manque de variation de densité suivant la profondeur empêche la stabilisation à la profondeur choisie.
De plus, l'adjonction de flotteurs réglables, sur des planches d'un type normal, rendrait difficile sinon impossible leur utilisa- tion ainsi que leur bon fonctionnement par les dimensions mêmes du flotteur qui serait très gros puisque certaines planches pèsent facilement de six à huit cents kilogrammes.
Il serait d'autre part extrêmement délicat de déterminer la position du point d'attache des câbles pour permettre le bon fonctionnement de la planche et un bon équilibre dans l'eau.
La présente invention a donc pour objet un procédé et un dispo- sitif permettant le chalutage à toutes profondeurs avec certitude de fonctionnement facile de réglage et assurance de pêcher à la proforideur désirée.
Elle est caractérisée en ce que chaque planche à chalut est constituée par un caisson creux et étanche à section transversale verticale en forme de poire, convenablement conçu et lesté pour que la partie la plus large reste vers le haut et pour que le caisson formant planche à chalut, quelque soit accidentellement la position prise, puisse toujours revenir automatiquement à sa bonne position c'est-à-dire à la verticale.
Elle est encore caractérisée par le fait que chaque planche est maintenue à la position désirable par rapport au fond de mer par un gros contrepoids trainé sur le fond et relié à la planche formant caisson par câbles ou chaine de longueur connue et corres- pondant à la hauteur à laquelle on veut pêcher par rapport au fond.
Elle est caractérisée enfin par le fait que par un montage approprié le gros contrepoids qui traine sur le fond est toujours maintenu sous la planche à chalut. Par exemple en le reliant en un point déterminé aux câbles de chalutage:
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En variante, l'invention est caractérisée en ce que le caisson étanche formant planche à chalut et relié à un gros contrepoids trainant au) fond de la mer est remplacé par un caisson étanche formant flotteur de forme appropriée pour ne pas offrir une trop fort- résistance à l'avancement dans l'eau, le haut du soufflet latéral du chalut étant relié par une entremise au dit flotteur tandis que le bas du soufflet latéral est relié par une seconde entremise au dit contrepoids trainé.
En variante également, le poids trainé et le flotteur sont relié. séparément au chalutier par un câble.
En variante également, elle est encore caractérisée par la fixa- tion sur les ralingues verticales, et au milieu de chaque ralingue, d'équerres rigides maintenant un panneau d'écartement dont l'arrière est attaché contre le soufflet du chalut, les équerres étant reliées par une tige qui est attachée au câble de chalutage.
Les diverses caractéristiques de l'invention ressortent des dessins ci-annexés où : la figure 1 représente schématiquement la disposition ordinaire du train de pêche pendant la pêche ; la figure 2 représente en perspective le caisson conforme à l'inven- tion, représenté en coupe transversale verticale à la figure 3 ; la figure 4 représente schématiquement la disposition dans l'eau, en cours de chalutage, du caisson et du contrepoids ; la figure 5 représente schématiquement, en perspective, le chalut avec ses câbles d'attache d'un seul côté ; la figure 6 est une vue perspective d'un panneau d'écartement qu'on fixe sur les ralingues comme représenté en vue du dessus à la figure et en perspective à la figure 8.
Comme représenté à la figure 1, la poche ou chalut 1 est reliée par les entremises ou pattes d'oies 2 et 3 respectivement à l'arrière des planches à chaluts 4 et 5. Ces dernières comportent sur une face des ferrures dénommées branchons auxquelles on attache les câbles de traction 6 et 7 tirés par le chalutier 8 qui avance dans le sens
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de la flèche 9. La position des branchons est telle que le point d'attache des câbles est sensiblement au tiers de la longueur des planches 4 et 5 ce qui fait que la traction sur les câbles tend à écarter les planches 4 et 5 l'une de l'autre et par suite à ouvrir le chalut.
Comme représenté aux figures 2 et 3, la planche à chalut con- forme à la présente invention est constituée par un caisson creux et étanche 10 dont la section transversale verticale est en forme de poire. Ce caisson est convenablement lesté par des fers plats tels que 11 pour qu'il conserve dans l'eau la position sensiblement verticale. En outre, il est prévu à chaque base des faces des goujons filetés 12, en nombre variable, destinés à permettre de fixer des masses formant lestage supplémentaire.
Le caisson comporte sur une face les deux branchons habituels 13 et 14 pivotant respectivement dans les coussinets d'attache 15 et 16 ; anneau 17 est ordinairement fixé entre les branchons.
A l'arrière du caisson sont prévues les ferrures avec anneau 18 et 19 auxquelles sont attachées les pattes d'oies ou entremises de liaison au chalut.
Pour le cas où on voudrait travailler avec de longues entremises on pourràit attacher celles-ci à deux anneaux 20 et 21 fixés sur l'autre face du caisson.,
A la base de chaque face du caisson sont fixés deux anneaux 22a-22b ét 23a-23b auxquels sont attachés les câbles reliant le a b a caisson au contrepoids roulant sur le fond de la mer.
Un bouchon fileté 24 placé à la partie supérieure et un autre bouchon 25 disposé à la partie basse permettent le remplissage partie du caisson,par un liquide quelconque,et sa vidange.
Un autre bouchon 26 avec valve appropriée permet d'introduire dans le caisson un gaz comprimé et d'en contrôler la pression.
Comme visible à la figure 3, des cloisons intérieures 27, arrêtées à une certaine distance du haut et du bas pour permettre
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l'intercommunication des divers compartiments, assurent la rigidité du caisson et empêchent sa déformation.
Fonctionnement -
Le réglage du caisson pourra être obtenu en fixant à la partie inférieure de la planche,,et grâce aux goujons 12.,des masses qui permettront soit d'alourdir, soit éventuellement d'alléger, l'ensem- ble du train pour que son poids apparent dans l'eau puisse varier en fonction des accessoires et du train de pêche qu'on désire utiliser.
En effet, connaissant le poids des accessoires que l'on désire utiliser on pourra très facilement déterminer la force ascension- nelle qu'il serait désirable d'obtenir sur chaque caisson pour que celui-ci ait tendance à conserver continuellement sa bonne position c'est-à-dire se placer au dessus du fond à une hauteur correspon- dante à la longueur du câble 31 qu'au préalable le patron de pêche aura déterminée (voir figure 4).
Cette force ascensionnelle dev-ra être inférieure au poids apparent des sphères 28 trainant sur le fond de telle façon que l'ensemble conserve sa bonne position au cours du chalutage en se maintenant à la profondeur désirée par rapport au fond;
En pratique, il suffira donc de relier la sphère 28 à la planche de pêche formée par le caisson 1 en attachant aux quatre anneaux d'attache 22a-22b et 23a-23b les deux pattes 29 et 30 qui permettront la liaison, qui pourra être simple ou double, entre la planche formée par le caisson 1 et la masse formée par la sphère ou le rouleau 28 qui traine sur le fond.
La longueur de la liaison 31 étant réglable, il sera extrêmement facile après un trait de pêche, si le poisson se déplaçait en hau- teur, de régler à nouveau cette longueur pour que le chalut puisse facilement travailler à la nouvelle hauteur désirée ; il faudra simplement calculer pour chaque variation assez sensible de la distance 31 la nouvelle longueur 32 convenable pour que le contre- poids,lors du chalutage, conserve toujours sa bonne position, c'est- à-dire celle qui fait confondre l'axe vertical de la sphère avec
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l'axe vertical passant par le milieu du caisson formant planche à chalut.
Il suffira donc d'un ensemble de deux caissons opposés,qui remplaceront les planches à chalut ordinaires, pour obtenir dans le cas présent, avec le jeu de deux sphères servant de contrepoids,un système de chalutage réglable à différentes hauteurs.
En principe, quand le chalutier voudra mettre en pêche, il procédera de la façon suivante : - suivant l'habitude, il mettra à la mer le chalut proprement dit, ensuite il filera au lieu des planches de pêche ordinaires, ses planches formant caissons et lâchera immédiatement après les contre- poids qui entrainerontles planches à la profondeur d'eau désirée ; - enfin, au moment même où le repère A du câble 6 ou 7 passera dans la poulie des potences, il suffira, après son passage, d'accro- cher le câble 32 et de procéder ensuite suivant la méthode habituelle on sera ainsi certain, ayant réglé au préalable la longueur du câble 31, que les planches formant caisson étanche seront à la hauteur désirée et donc que le chalut travaillera également à cette hauteur.
La liaison du chalut aux planches pourra être réalisée soit directement aux anneaux d'attache 18 et 19 soit indirectement par interposition de cordages de longueurs plus ou moins variables.
En variante, comme représenté à la figure 5, le bas du soufflet latéral de chalut 1 est relié par l'entremise 2 a à l'étrier 35 monté sur l'axe horizontal de la sphère ou du rouleau 28, tandis que le haut du dit soufflet latéral est relié par l'entremise 2b à l'arrière du flotteur 36 dont l'avant est relié soit par un câble 37 au câble de traction 6 soit directement au chalutier par un second câble de traction 6a.
L'autre soufflet latéral est relié à un dispositif analogue.
En examinant la figure 5 on conçoit que le chalut passera tou- jours sensiblement à mi-hauteur de la distance verticale entre le centre de gravité du flotteur et le centre de gravité de la sphère si les entremises 2a et 2b ont sensiblement la même longueur et si
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les câbles 37 et les câbles de traction ont été réglés pour que le contrepoids 28 soit sensiblement à l'aplomb du flotteur.
Il suffira donc de faire varier la distance séparant le flotteur 36 du contrepoids 28 pour que la position du chalut se déplace verti calement et pour qu'on puisse pêcher à la hauteur désirée.
Ce dispositif présente la particularité et le gros avantage de pouvoir être utilisé indifféremment par deux bateaux trainant un seul chalut ou par un seul bateau trainant son propre chalut.
L'ouverture du chalut peut être assurée automatiquement en uti- lisant la méthode de filage du chalut par l'arrière du bateau. En fixant les câbles de remorque aux deux potences arrière dont la dis- tance est voisine de la largeur totale du bateau, le chalut en pêche aura donc au minimum une largeur d'ouverture égale à la largeur du bateau ; si cette largeur de bateau est insuffisante elle pourra être augmentée par la fixation de tangons suivant un procédé connu.
Le chalut employé est du type à grande ouverture verticale tel que décrit dans le brevet français n 933.307 du 5 septembre 1946 du même auteur.
Si la largeur en pêche du chalut est supérieure à celle du bat- augmentée de ses tangons, on utilise des panneaux d'écartement fixés sur les ralingues verticales et en leur milieu.
Ces panneaux 38 sont équilibrés et réglés pour avoir nn poids apparent nul dans l'eau et pour qu'ils se mettent automatiquement - dans la position verticale. Dans ce but le panneau comportera à la partie supérieure un flotteur 39 et à la partie inférieure un lest 40
Sur le panneau sont fixées deux équerres 41 et 42 reliées par une traverse 43. Les équerres et la traverse peuvent être avantageuse ment en tube étanches pour former flotteurs. /
Comme représenté aux figures 7 et 8 la traverse 43 est fixée sur la ralingue verticale 44a ou 44b et pour que le panneau forme bien panneau d'écartement on fixe sur son bord postérieur deux cordages 45 et 46 qui sont cousus sur les soufflets du chalut.
On conçoit que par leur position ainsi déterminée, les panneaux
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tendent à ouvrir le chalut tiré par le bateau.
A la traverse 43 reliant les équerres 41 et 42 du panneau 38 peuvent être fixées deux pattes 47 et 48 rattachées par un câble de longueur appropriée 49 au câble de traction 6 du chalut, par exemple au point d'attache du câble 37 sur le câble,6.
Suivant la pression que supporte le flotteur principal on 'peut- ajouter près du flotteur 36 sur les câbles 6a ou 37, un ou plusieurs flotteurs complémentaires dans le but de donner au câble un poids quasi nul dans l'eau.
Les deux contrepoids seront formés d'une simple sphère ou d'un rouleau réalisé en général en fonte en une ou deux pièces ; ils seront percés en leur centre et suivant l'axe horizontal et seront munis d'un axe qui recevra lui-même deux étriers articulés 33 et 34 l'un servant à relier la sphère au caisson, l'autre servant à relier la sphère au câble de remorque.
Il est bien évident que pour éviter les effets de torsion des câbles, on placera comme d'habitude des émerillons à chaque point d'attache.
REVENDICATIONS
1 - Procédé et dispositif de chalutage réglable à différentes profondeurs caractérisés en ce que chaque planche à chalut est constituée par un caisson creux et étanche à section transversale verticale en forme de poire, convenablement conçu et lesté pour que la partie la plus large reste vers le haut et pour que le caisson formant planche à chalut, quelque soit accidentellement la position prise, puisse toujours revenir automatiquement à sa bonne position c'est-à-dire à la verticale.