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PERFECTIONNEMENTS RELATIFS AUX PROCEDES DE PREPARATION DE COMPOSITIONS
HYPOTENSIVES.
La présente invention se rapporte aux procédés de préparation de compositions hypotensives; elle se rapporte plus particulièrement à la préparation des extraits de compositions hypotensives à base d'alcaloïdes à partir du produit nomme"Veratrum viride", connue également sous le nom d'ellébore d'Amérique et d'herbe à sétons, et à partir d'autres plantes du genre "Veratrum", telles que le "Veratrum album", le "Veratrum californi- cum". le "Veratrum fimbriatum' et le Veratrum eàcholtzii",ainsi qu'à partir de plantes analogues contenant des alcaloïdes hypotensifs.
Bien que l'on ait déjà préparé et utilisé de nombreuses com- positions pour abaisser la tension artérielle, et que l'on ait activement recherché des remèdes plus satisfaisants pour combattre les troubles circu- latoires, et en particulier l'hypertension., ces compositions, pour autant qu'elles aient été mises à la disposition des médecins, ont été caractérisées par beaucoup de réactions accessoires désagréables, ou bien ont été si diffi- ciles et, par suite, si coûteuses à préparer que leur utilité a été forte- ment compromise.
La demanderesse a découvert que l'on pouvait obtenir des com- positions hypotensives à base d'alcaloïdes présentant une valeur thérapeuti- que remarquable à partir de diverses espèces de la famille des Veratrum et de ses analogues, en particulier le "Veratrum viride", le "Veratrum escholt- zii". et le "Veratrum fimbriatum"; elle a également découvert des procédés nouveaux et efficaces pour isoler facilement de telles compositions hypoten- sives.
Les compositions obtenues, grâce au procédé conforme à l'inven- tion, à partir du "Veratrum viride" et d'espèces analogues sont à base d' alcaloïdes; elles présentent une activité définie pour abaisser la tension artérielle lorsqu'on les administre per os et elles présentent des
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caractéristiques définies physico-chimiques lorsqu'on les soumet aux essais normalisés de la pureté des composés organiques. En raison de leur activité thérapeutique définie, le médecin peut déterminer facilement et rapidement le dosage approprié pour chaque patient.
En outre, les compositions obtenues par le procédé de l'invention n'entraînent pas d'accoutumance et sont particuliè- rement précieuses du fait que l'on peut administrer per os des dosages optima pendant un temps considérable, sans résultats fâcheux, sans provoquer de tolé- rances ou de réactions accessoires désagréables.
La présente invention a particulièrement pour objet : un procédé de préparation d'un agent hypotensif perfectionné pro- venant d'une plate de la famille du Veratrum tel que le "Veratrum viride"; un procédé d'extraction d'alcaloïdes hypotensifs à partir du rhizome et de racines secs du "Veratrum viriden et d'autres espèces; un procédé pour isoler sous forme sensiblement pure les com- posés alcaloïdes désirés depuis les extraits du rhizome et des racines sé- chées du "Veratrum viride" et d'autres espèces de Veratrum, ainsi que de plantes analogues contenant des alcaloïdes;
un procédé pour isoler, sous la forme d'une composition à base d'alcaloïdes, les alcaloïdes pouvant dériver des espèces de Veratrum et de plantes analogues contenant des alcaloïdes qui sont utiles et recherchés comme agents abaissant la tension artérielle, ou agents hypotensifs, tout en éliminant presque complètement la totalité des alcaloïdes qui lés accompagnent et qui donnent des réactions accessoires nuisibles en thérapeutique.
La demanderesse a constaté que les alcaloïdes provenant du Vera- trum les mieux connus ne présentaient pas une valeur importante comme agents hypotensifs et donnaient, en outre, des réactions accessoires nuisibles. Ces alcaloïdes comprennent la jervine, la rubijervine, l'isorubijervine, la pseudo- jervine, la vératramine.. la vératrosine, et des corps analogues, que la deman- deresse a cherche à éliminer.
D'autres objets de l'invention apparaîtront encore au cours de la description qui va suivre, dans laquelle le "Veratrum viride" est cité ' comme exemple type des différentes espèces de Veratrum et de plantes analo- gues contenant des alcaloïdes comme agents hypotensifs.
La demanderesse a découvert qu'un dissolvant contenant un solvant pour les produits alcaloïdaux, tel que le chloroforme auquel on a ajou- té de l'ammoniaque aqueux (hydroxyde d'ammonium), extrayait presque complète- ment les composés alcaloïdaux provenant du rhizome et des racines secs et pul- vérisés du "Veratrum viride". Dans certains cas, on peut'utiliser des produits de remplacement du chloroforme, comme il sera indiqué ci-après et, particu- lièrement, à la place du chloroforme et de l'ammoniaque aqueux, on peut utili- ser du chloroforme anhydre ou un produit équivalent, saturé avec de l'ammonia- que gazeux.
La substance extraite obtenue, qui est un produit analogue à une résine, contient non seulement les alcaloïdes désirés mais également des im- puretés et d'autres produits alcaloïdaux qui donnent les réactions accessoires nuisibles en thérapeutique. Sans que la demanderesse se tienne actuellement à aucune théorie particulière, bien qu'il soit possible que l'ammoniaque (ou hydroxyde d'ammonium aqueux) accentue simplement l'effet dissolvant du chlo- roforme, il semble cependant plus probable que les constituants alcaloïdaux recherchés soient présents à l'état naturel dans la plante sous forme de sels basiques et qu'ils soient transformés par l'ammoniaque en bases libres d'al- caloides, solubles dans le chloroforme (ou dans un solvant analogue).
Lorsqu'on veut traiter un rhizome et des racines frais ou non séchés, on les extraits tout d'abord en raison de leur état humide avec de 1' acide acétique aqueux; on précipite avec de l'ammoniaque.. puis on extrait avec du chloroforme ammoniacal ou un produit analogue, comme on va le décrire plus en détail ci-après.
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Cet extrait à l'acide acétique obtenu à partir de matières fraîches ou non sé- chées ressemble, par sa teneur en alcaloïdes, au produit analogue à une résine obtenu lorsqu'on débute avec du chloroforme et de l'ammoniaque. Il est proba- ble que l'acide acétique (ou un acide équivalent mentionné ici) transforme les sels basiques des alcaloïdes contenus dans la plante en sels acides, facile- ment solubles dans l'eau de la solution acide.
Une particularité importante de la présente invention réside dans le procédé pour isoler de l'extrait que l'on vient de décrire, les cons- tituants alcaloïdes recherchés qui abaissent la tension artérielle sans pro- duire de réactions accessoires indésirables en thérapeutique lorsqu'on les administre aux malades, les alcaloïdes nuisibles, plus communément connus, provenant des différentes espèces de Veratrum, et les différentes impuretés étant presque entièrement ou entièrement éliminés. On récupère ainsi un cer- tain nombre d'alcaloïdes recherchés sous la forme d'une composition nouvel- le à base d'alcaloïdes.
Cette composition est constituée par des bases amorphes non encore positivement identifiées jusqu'à présent et, peut-être, par un ou plusieurs des alcaloïdes les moins connus appartenant au groupe des dérivés habituels de variétés de Veratrum.
Au dessin annexé, on a représenté un schéma de circulation mon- trant les différentes phases du procédé d'isolement et de purification et se rapportant également à la mise en oeuvre d'un procédé acceptable, bien que des variantes de ce procédé fassent également l'objet de la présente descrip- tion.
Pour suivre ce schéma de circulation., il y a lieu de noter que: 1 = plante contenant l'alcaloïde 2 = séchée 3 = extraction au chloroforme ammoniacal 4 = solution 5 = remplacement des solvants par du méthanol ou du dioxane 6 = acide acétique 7 = précipité 8 = solution acide
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9 = peu de H2S0 ou de (NH4)2S04 10= récupération du précipité insoluble dans l'ammoniaque = produit A 11= dissolution du précipité dans l'acide acétique aqueux 12 = précipité 13 NH4OH 14 = filtrat acide 15 = solution 16 = précipité insoluble dans l'ammoniaque 17 = CHC13 18 = évaporation.
de la solution de CHCl3 à siccité 19 = reprise dans le benzène 20 = produits insolubles 21 = évaporation du filtrat benzénique à siccité = produit B 22 = reprise dans l'acétone
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23 = produits insolubles 24 = évaporation du filtrat acétique à siccité = produit C ' 25 = fraîche 26 = extraction à l'acide acétique aqueux 27-NH4OH 28 = solution acide 29 = NYH3CHCl3 30 = NH 4 OH précipite insoluble 31 = évaporation à siccité 32 = produits insolubles 33 = filtrat ammoniacal (extraction au CHCl3) 34 = CHCl3
35 = évaporation de la solution de CHC13 à siçcité = produit D
36 = reprise du produit sec dans l'éther
37 = produits insolubles
38 = évaporation de la solution éthérée à siccité = produit E.
Dans une première phase d'un procédé de purification, on chas- se le solvant de l'extrait analogue à une résine par exemple par évaporation sous vide partiel à une température modérément élevée, comprise par exemple entre 30 et 50 C, ce qui empêche la décomposition des alcaloïdes. On dissout ensuite l'extrait débarrassé du solvant dans l'un des alcools inférieurs tels que le méthanol, préalablement chauffé modérément.
Au lieu d'utiliser le méthanol ou un autre alcool inférieur comme on vient de l'indiquer, on peut utiliser n'importe quel autre solvant organique approprié des alcaloïdes. miscible avec l'eau (solvant qui est inerte vis-à-vis des alcaloïdes ou ne réagit pas avec eux comme les méthyl-, éthyl-, et butyl-éthers du diéthylène-glycol (connus sous le nom de "carbi- tols") et le dioxane (qui est également un éther), particulièrement ce der- nier;
on peut encore se servir du dioxane par exemple pour déplacer l'am- moniaque et le chloroforme en ajoutant le dioxane à la solution ammoniacale et chlorofomique (avec ou sans évaporation partielle de l'ammoniaque et du chlo- roforme) et en enlevant l'ammoniaque et le chloroforme sous vide, ce qui lais- se une dissolution des alcaloïdes dans le dioxane ou un solvant analogue ap- proprié, en raison de la différence des points d'ébullition. On peut égale- ment utiliser dans le même but d'autres produits de remplacement des alcools, comme on va l'indiquer ci-après. On doit noter que lorsqu'on utilise le terme solvant "inerte" des alcaloïdes, on veut désigner un solvant qui ne réagit pas avec les alcaloïdes ou avec l'ammoniaque présents.
On verse ensuite la solution alcoolique, ou de dioxane ou une autre solution appropriée, dans une solution aqueuse dilué d'un acide tel quel'aci- de acétique, l'acide chlorhydrique ou l'acide sulfurique, ou leurs mélanges, en agitant constamment pour provoquer la formation de produits d'addition.
Après avoir laissé le mélange obtenu reposet pendatn un monent pour réaliser la précipitation d'une certaine quantité de matières indésirables, on peut tout d'abord faire passer la suspension acidifiée à travers un tissu grossier, puis à travers un filtre à épuration poussée pour éliminer les produits inertes extraits précipités.
En donnant au filtrat clarifié une concentration en ions hydro- gène correspondant à une alcalinité nette, de préférence dans la gamme de pH allant de 8 à 10 (un pH de 9.2 par exemple), par'addition d'une solution aqueuse d'ammoniaque (hydroxyde d'ammonium) ou d'un hydroxyde de métal alca- lin, on provoque la précipitation des alcaloïdes désirés en même temps que
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celle de certaines impuretés peu désirées. Après avoir recueilli sur un fil- tre les alcaloïdes précipités, les avoir lavés avec de l'eau et séchés de ma- nière appropriée, ils constituent une fraction insoluble dans l'eau, de cou- leur crème, se prêtant à une purification supplémentaire.
Cependant, ce produit- intermédiaire de couleur crème '.insoluble dans l'eau peut être utilisé directement comme composition hypotensive étant donné qu'il a présentéune efficacité définie pour abaisser la tension arté- rielle et se montre nettement supérieur.aux autres agents hypotensifs que 1, on utilise communément aujourd'hui, spécialement par le fait qu'il possède une tendance fortement réduite à causer des réactions accessoires indésira- bles. En plus du fait qu'il est insoluble dans l'eau, il est soluble dans l'acide, soluble dans l'alcool, soluble dans le dioxane, et soluble dans le chloroforme ammoniacal et le chloroforme, mais insoluble dans l'hydroxyde d'ammonium. On peut l'appeler "produit A".
Lorsqu'on veut traiter des plantes sous forme faride ou non séchée, on utilise comme premier agent d'extraction une solution d'acide acé- tique (ou une solution d'un acide minéral ou organique équivalent comme on ' va le décrire ci-après) réglée à un pH d'environ 3,5. en raison de la teneur en eau naturelle des plantes. O rend ammoniacale la solution de l'extrait
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Wil"w; TJùlpâi--p :C.u.]c"DTb- ?¯l. 1::, 1 ,,. 1'±±3;1,1 C"1 ::" "';.13 U, -t pH de 9,2, pour précipiter une fraction désirée que l'on sépare par filtra- tion et que l'on reprend dans le chloroforme ammoniacal (de la manière déjà décrite), le résidu non dissous étant élimine.
Après évaporation du chloro- forme ammoniacal, on obtient un produit résiduel qui est sensiblement insoluble dans l'eau, insoluble dans les bases (par exemple, insoluble dans les hydro- xydes d'ammonium et de métaux alcalins et des produits analogues), soluble dans l'acide, soluble dans l'alcool, et soluble dans le dioxane. Un tel rési- du correspond au produit intermédiaire de couleur crème (Produit A) décrit ci-dessus étant donné qu'il précipite par addition d'ammoniaque au sein de sa solution alcoolique acide ou de sa solution dans le dioxane acide. On peut combiner ce produit résiduel avec un produit intermédiaire du genre décrit, ou l'utiliser ou le traiter séparément de la même manière que l'on utilise ou que l'on traite le produit intermédiaire.
On sépare les alc'aloïdes recherchés de leur fraction insolu- bl'e dans l'eau (Produit A) et on les purifie davantage par un traitement sup- plémentaire tel que celui que l'on va décrire. On dissout tout d'abord la frac- tion sous forme pulvérulente dans une solution aqueuse diluée d'un'acide orga-'
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inique ou minéral non oxydant et non réducteur, tel que 1' acide a2ëdquè O1Jr'OOidecliJarty'- ÇJr:iqJep:i3 al'1a: 'l:reite avec une faible proportion d'une solution aqueuse de sul- 'fate d'ammonium ou d'un réactif équivalent susceptible de précipiter -unique- -ment les alcaloïdes moins actifs et de laisser en solution les alcaloïdes actifs recherchés. Après repos, on élimine les alcaloïdes moins actifs, par exemple par filtration, et on lave le précipité avec de l'eau.
On précipite les al- caloïdes dissous à partir du filtrat et des eaux de lavage réunis en ajoutant une solution aqueuse alcaline d'hydroxyde d'ammonium., de sodium ou de potas- sium afin de réaliser une concentration d'ions hydrogène appropriée, compri- se'de préférence entre un pH de 8'et un pH de 10, par exemple un pH de 9,2 à 9,5 A cet effet, on ajoute des solutions appropriées telles que des solu- tions à 10% ou analogues.
Après avoir' éliminé la plus grande partie de l'eau du précipité gélatineux 'par filtration, on peut retirer le précipité du filtre'ét le sécher à l'air au-dessous de sa température de décomposition, ou bien on peut le sécher par dissolution avec agitation dans le chloroforme dans un récipient approprié.' en'laissant le chloroforme et le fluide aqueux se séparer en couches distinctes puis en séparant la couche chloroformique et en la traitant avec un agent de dessiccation anhydre approprié, et- en chassant enfin le chloroforme par évaporation sous vide.
Le résidu est traité à nouveau en le dissolvant dans un solvant approprié, tel que le benzène, et en filtrant en vue d'éliminer
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le produit indésirable supplémentaire qu), reste non dissous, après quoi on
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évapore le filtrat à siccité sous vide. Le résidu obtenu contient les alcaloï= des recherchés, non souillés par des produits indésirables.
Ce produit, qui est jaune pâle, présente un grand intérêt en rai- son de sa valeur thérapeutique et on le désigne ici comme "Produit B" On peut encore le purifier davantage pour éliminer la presque totalité des constituants moins désirables qu'il contient, tels que la rubijervine et l'isorubijervine restants,en reprenant dans l'acétone tous les constituants qui y sont solu- bles, en éliminant tout résidu non dissous et la matière cristallisée qui se forme rapidement, puis en évaporant la solution séparée à siccité sous vide, ce qui donne un produit final soluble dans l'acétone, que l'on peut appeler "Produit C" - @ pour mieux faire comprendre la présente invention, on a dé- crit dans l'exemple qui suit un procédé type de mise en oeuvre,
procédé qui est donné uniquement à titre indicatif et non limitatif.
Exemple EXTRACTION il PARTIR DE RACINES ET DE RHIZOMES
On recouvre environ 13,6 kg de rhizome et de racine d'ellébore (ou herbe à sétons) pulvérisés pour passer au tamis de 20 mailles, dans des perco- lateurs en verre, avec du chloroforme redistillé de qualité industrielle (envi- ron 45 kg) contenant environ un litre d'hydroxyde d'ammonium concentré (à en- viron 28% de NH30 Après trois jours, on fait écouler le chloroforme et on procède à une autre extraction avec du chloroforme et de l'hydroxyde d'ammo- nium frais. On réunit les extraits chloroformiques et on les évapore à sicci- té sous vide partiel à environ 30 - 40 C Le rendement est d'environ 1.6% à ' 2,0 %
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De préférence, on obtient la solution de chloroforme ammoniacale pour l'extraction en faisant absorber des proportions appropriées d'ammoniaque gazeux par du chloroforme anhydre. Les quantités optima de gaz ainsi absorbé 3 semblent être comprises entre environ 1 % et environ 2 % en poids du chloro- forme. Etant donné que le chloroforme est saturé lorsqu'il contient environ 2% d'ammoniaque, cette absorption peut'correspondre à la saturation dans le cas du chloroforme. Un tel solvant présente un pouvoir extracteur plus élevé que n'importe quel autre des solvants de remplacement contenant des quantités appropriées de gaz ammoniacal absorbé, comparé à des solvants contenant une so- lution aqueuse d'ammoniaque conformément à la présente description.
En géné- ral, les 2 % d'ammoniaque absorvé paraissent constituer la limite supérieure de la gamme optimum, bien que, lorsqu'un solvant est susceptible de contenir un peu plus d'ammoniaque absorbé, on puisse augmenter-quelque-)peu sa teneur, bien que cela ne donne apparemment. pas d'amélioration supplémentaire des ré- sultats obtenus. Un faible pourcentage, tel que 4 ou 5 constitue une limi- te pratique. En effet, si on porte le pourcentage à un niveau trop élevé, il peut y avoir une tendance à l'abaissement de la proportion des alcaloïdes ex- traits des plantes.
Si on utilise un solvant comme le méthanol, auquel on .peut faire absorber une quantité aussi forte que 20% d'ammoniaque gazeux, il faut éviter une telle concentration d'ammoniaque gazeux, d'une part, en raison de la tendance à affaiblir la capacité d'extraction et, d'autre part, pour évi- ter la saponification qui peut se produire lorsque les plantes contiennent une proportion appréciable d'humidité, ce qui est le cas lorsque ces plantes sont humides ou mouilléeso PURIFICATION DE L'EXTARIT BRUT
On dissout l'extrait chloroformique résineux dans environ 440 cm30
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de méthanol chaud à environ 50 C (2 cm3 par gramme d'extrait). On verse en- suite la solution méthanolique dans environ 4,4 litres d'acide acétique aqueux à 5 % tout en agitant.
Cela correspond à environ un volume de méthanol pour
10 volumes de solution acide. Après un repos d'une heure, on filtre cette so- lution à travers un tissu spongieux ordinaire, puis à travers un filtre de clarification en utilisant un disque filtrant en amiante. On règle le pH du filtrat limpide orangé-brun à environ 9,2 avec de l'hydroxyde d'ammonium con- centré, dilué par un volume égal d'eau, pour obtenir une teneur d'environ 14% en poids d'ammoniaque. Il se forme un précipité de couleur crème que l'on ré- cupère par filtration. A près l'avoir lavé à fond avec de l'eau, on sèche ce précipité dans une étuve sous vide à environ 35 C pendant environ 15 heures en permettant le passage d'un léger courant d'air.
Lorsque le produit est sec, le produit constitue une poudre de couleur crème que l'on peut considérer comme étant la fraction insoluble dans l'eau contenant les alcaloïdes recher- chés. Le rendement est d'environ 0,35 % à 0,40 % (Produit A).
On peut utiliser le produit intermédiaire de couleur crème (Pro- duit A) tel quel sans le purifier davantage, parce qu'il possède des proprié- tés intéressantes d'abaissement de la tension artérielle sans contre-indica- tion notable. Ses caractéristiques physiocochimiques sont les suivantes:
Description : Poudre presque blanche, de couleur crème, ayant des propriétés sternutatoires marquées.
Solubilité : Produit facilement soluble dans beaucoup de solvants organiques tels que l'alcool méthylique, l'alcool éthylique, le chloroforme, l'acétone, le propylène-glycol, l'éthylène-glycol-monométhyl-éther ("Methyl- Cellosolve"); partiellement soluble dans le benzène et dans l'éther (éther éthylique); presqu'insoluble dans l'eau.
Intervalle de rotation optique : 27
D= -73 à -110 à une concentration de 0,5 g pour 100 cm3 dans de l'alcool éthylique à 95%
Absorption ultra-violette : Maximum d'absorption prononcé à 250 millimicrons avec un coefficient d'extinction spécifique calculé pour ce ni- veau d'environ 19.000 à 23.000 pour une concentration de 0,000016 g par cm3 d'alcool éthylique à 95 %
Teneur en azote : approximativement 2.9%
Essai de coloration à l'acide sulfurique : Lorsqu'on dissout le produit dans l'acide sulfurique sur une plaque à tou- ches, on observe une coloration jaune qui vire au brun par repos.
Comme indiqué ci-dessus, ce produit, en plus des solubilités dé- jà mentionnées, est également soluble dans le dioxane, dans l'acide acétique et dans les autres acides énumérés ainsi que dans le chloroforme ammoniacal, mais il est insoluble dans les solutions d'hydroxyde d'ammonium et dans des solutions basiques aqueuses analogues, ayant au moins un pH supérieur à envi- ron 8.
SEPARATION DES ALCALOÏDES RECHERCES A PARTIR DE LA FRACTION INSOLUBLE DANS L'EAU.
On dissout la fraction insoluble dans l'eau obtenue comme ci-des- sus (approximativement 52 g), tout en agitant, dans environ 100 cm3 d'acide acétique aqueux à 5 % (environ 20 cm3 par gramme du précipité constituant le Produit A ci-dessus). On ajoute à cette solution environ 100 à 105 g de sul- fate d'ammonium de la qualité servant de réactif dissous dans 250 cm3 d'eau
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(solution à environ 30 %). Après repos d'une heure, on élimine le précipité obtenu par filtration et on le lave sur le filtre avec de l'eau. On réunit le filtrat et les eaux de lavage et on règle leur pH à 9,4 - 9,5 avec de l'hy- droxyde d'ammonium concentré, puis on recueille par filtration le précipité formé.
Après avoir éliminé la plus grande partie de l'eau du précipité géla- tineux sur l'entonnoir à filtration, on dissout le précipité dans un excès de chloroforme en le secouant dans une ampoule à décanter. On retire la cou- che chloroformique et on la sèche avec du sulfate de sodium anhydre. On éva- pore sous vide la couche chloroformique séchée jusqu'à siccité et on dissout le résidu autant que possible en le secouant avec 250 cm3 de benzène. On filtre la solution benzénique et on évapore le filtrat sous vide à siccité, ce qui donne un produit jaune pâle qui contient les alcaloïdes les plus recher- chés pour abaisser la tension artérielle. Le rendement est d'environ 0,06 . à 0,10 % (Produit B).
On traite de préférence ultérieurement ce produit jaune pâle, en vue d'éliminer la rubijervine et l'isorubijervine moins désirables qu'il con- tient, en le secouant avec 250 cm3 d'acétone pour dissoudre les constituants qui y sont solubles, en filtrant et en recueillant la solution, puis en éva- porant sous vide à siccité pour obtenir un produit final d'une coloration fai- ble que l'on peut désigner comme couleur paille. Le rendement est d'environ 0.04% à 0,07 % (Produit C).
Les produits B et G, comme il résulte de la description ci-dessus, sont insolubles dans l'eau, solubles dans les solutions d'acides non oxydants et non réducteurs du caractère indiqué, solubles dans les alcools inférieurs, solubles dans le dioxane et solubles dans le chloroforme et le chloroforme am- moniacal, mais sont insolubles dans des solutions alcalines aqueuses telles que les solutions d'hydroxyde d'ammonium et de métal alcalin, ayant un pH supérieur à environ 8. Ils sont également solubles dans le benzène et dans l'acétone et, en outre, dans les solutions acides aqueuses mentionnées contenant du sulfate d'ammonium, tandis que certains alcaloïdes nuisibles qui sont solubles dans les solutions acides elles-mêmes sont précipités sous forme de sulfates en présence de sulfate d'ammonium.
De même, tandis que les alcaloïdes recherchés sont précipités d'une telle solution acide contenant du sulfate d'ammonium après addition d'hydroxyde d'ammonium pour rendre la solution alcaline, cer- tains alcaloides non désirables restent en solution et sont éliminés par fil- tration.
On met en oeuvre les procédés conformes à l'invention de préfé- rence dans un appareil en verre ou un appareil analogue, ou dans un appareil en acier inoxydable, pour éviter une contamination possible due aux matériaux qui pourraient autrement servir à la construction de l'appareil.
Sauf mention contraire importante et limitative, on effectue ha- bituellement les opérations à des températures et à des pressions ambiantes, et les proportions utilisées peuvent varier considérablement, ce qui sera fa- cilement compris par les chimistes. En ce qui concerne les températures de séchage, là où les indications se rapportent à un séchage à environ 30 ou 40 C, on doit noter que l'on peut utiliser aussi bien des températures plus élevées que des températures plus basses, selon le procédé de séchage parti- culier que l'on utilise.
Lorsqu'on utilise des températures plus élevées, elles ne doivent pas dépasser environ 95 C, parce que la décomposition se pro- duit à partir d'environ 100 C et devient importante à environ 105 C. De même, on peut utiliser des températures sensiblement inférieures lorsqu'un procédé de séchage à températures basses est possible; on peut alors effectuer le séchage le cas échéant à des températures aussi basses que - 70 C. Lorsqu'on utilise des solvants chauds, on peut généralement régler facilement les tem- pératures supérieures grâce au point d'ébullition relativement bas du solvant.
D'autre part, il est évident que l'on doit régler les températures pour évi- ter la décomposition.
Il est bien entendu que le procédé que l'on vient de décrire est Oè susceptible de beaucoup de variantes et de modifications, sans que l'on sorte du cadre général de l'invention. Ainsi, on peut utiliser l'acétone, le ben-
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zène l'éther, ou d'autres solvants organiques volatils pour les alcaloïdes susceptibles d'absorber de l'ammoniaque et inertes ou non-réactifs vis-à-vis des alcaloïdes,tels que le tétrachlorure de carbone, etc., à la place du chloroforme dans l'extraction initiale du "Veratrum Viride" pulvérisé ou d'au- tres espèces. On peut également remplacer le méthanol par d'autres alcools aliphatiques contenant jusqu'à environ 8 atomes de carbone par molécule, tels que les alcools éthylique,propylique, isopropylique, amylique et hexylique et leurs mélanges, ou d'autres solvants miscibles à l'eau ou leurs mélanges.
De tels solvants miscibles à l'eau sont en particulier les éthers miscibles à l'eau tels que m-dioxane et le p-dioxane, et les alkyl-éthers du diéthylène- glycol (appelés communément "Carbitols") tels que les monométhyl-, monobutyl-, monoéthyl-, et diéthyl-diéthylène-glycols. D'autres exemples de solvants de ce genre miscibles à l'eau sont la glycérine, le propylène-glycol, et les méthyl-, éthyl-, butyl, et benzyl-glycoléthers connus sous le nom "Cellosol- ves". A la place de l'acide acétique mentionné spécialement, on peut utili- ser d'autres acides dilués, par exemple: l'acide citrique, l'acide tartri- que, l'acide sulfurique, l'acide chlorhydrique et leurs mélanges.
Dans la pra- tique, on utilise généralement ces acides sous forme de solutions aqueuses relativement diluées, comme par exemple l'acide acétique en solution à 5% déjà mentionnéo Dans chaque cas où l'on a mentionné l'acide de manière géné- rale, il est bien entendu que, dans le but recherché, l'acide doit être non oxydant, non réducteur, dilué, se trouver en solution aqueuse acide, ledit acide étant un acide organique ou minéral spontanément soluble dans l'eau et susceptible de se combiner avec les constituants alcaloïdes présents pour for- mer les sels d'addition avec l'acide soluble dans l'eau des alcaloïdes re- cherchés, opération bien connue dans la technique.
La définition donnée ci- dessus a pour but d'exclure des acides tels que l'acide nitrique, l'acide sulfurique, l'acide chromique, l'acide perchlorique, et des acides analo- gues, au moins dans les conditions dans lesquelles une oxydation ou une ré- duction pourrait se produire. Ces particularités sont évidentes pour le chi- miste organicien. De même, lorsqu'on mentionné l'utilisation d'hydroxyde d'ammonium,on peut également utiliser les hydroxydes de métaux alcalins pour remplacer l'hydroxyde d'ammonium, sauf lorsque le solvant utilisé doit être volatil comme cela est le cas au cours de l'opération d'extraction ini- tiale au chloroforme dans laquelle on utilise l'hydroxyde d'ammonium.
D'au- tre part, des mélanges de ces produits alcalins, y compris les hydroxydes d'ammonium, de sodium et de potassium et leurs mélanges, ou d'autres solu- tions alcalines appropriées, peuvent être utilisées au même titre. On uti- lise communément ces produits alcalins à des concentrations susceptibles de donner un pH d'une valeur d'environ 9,2, et parfois d'une valeur de 9,4 ou 9,5 La gamme opératoire habituelle est comprise entre un pH d'environ 8 et un pH de 10, ou, en d'autres termes, sensiblement plus élevé que 7. Or- dinairement, on ne doit pas utiliser un pH supérieur à 10 parce qu'il don- 'ne lieu à la saponification ou à des réactions analogues avec les produits alcaloïdes recherchés que l'on soumet au traitement.
En ce qui concerne l'utilisation que l'on vient de mentionner d'agents de dessiccation anhydres, on mentionne que l'on peut utiliser, en plus du sulfate de sodium anhydre, d'autres agents de dessiccation anhy- dres, tels que le sulfate de calcium, le chlorure de calcium, et le sulfate de cuivre ; peut également utiliser beaucoup de moyens connus pour élimi- ner des fluides de précipités ou pour séparer des liquides non miscibles, par exemple la centrifugation, qui donne des résultats satisfaisants lors- qu'on l'utilise pour la mise en oeuvre du procédé au lieu de la filtration.
En ce qui concerne l'utilisation du sulfate d'ammonium pour préci- piter les alcaloïdes non désirés, la proportion utilisée est comprise entre environ 1/4 de gramme et environ 4 grammes par gramme de précipité dissous dans la solution en cours de traitement. Une quantité optimum est d'envi- ron 2 g de sulfate d'ammonium pour un gramme de précipité dissous. La pro- portion d'environ 4 grammes correspond approximativement à la limite supé- rieure pratique parce que, lorsque la proportion de 4 g est dépassée, une telle proportion plus élevée de sulfate d'ammonium amorce l'évacuation des alcaloïdes désirés. On doit noter que la solution de sulfate d'ammonium con-
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forme à l'exemple ci-dessus est une solution passablement concentrée conte- nant environ 30% de sulfate d'ammonium.
L'utilisation d'une telle solu- tion est désirable étant donné qu'elle réduit le volume total de la solu- tion à traiter. A la place du sulfate d'ammonium, il est parfois possible d'utiliser des sulfates tels que les sulfates de métaux alcalins et les sul- fates de métaux alcalino-terreux.
Etant donné que toute l'importance réside dans la concentration faible duradical sulfate, il est parfois possible, bien qu'en apparence cela ne soit pas aussi désirable, d'utiliser une pro- portion faible d'acide sulfurique, par exemple environ 1 % à 1,5% de H2SO4 En plus du produit jaune pâle obtenu comme décrit ci-dessus et qui contient les alcaloïdes les plus recherchés, on peut obtenir d'autres alcaloïdes à partir de filtrats ammoniacaux, mentionnés au cours des passages concernant la "purification" et la "séparation" de l'exemple ci-dessus, des solvants et des précipitants appropriés tels que ceux mentionnés au cours de la présen- te description pouvant être utilisés pour séparer les alcaloïdes respectifs à l'aide d'opérations analogues aux opérations que l'on vient de décrire.
En ce qui concerne particulièrement le produit jaune pals (Produit B) mentionné dans l'exemple, cette fraction d'alcaloïdes abaissant la tension ar- térielle possède les caractéristiques physico-chimiques ci-après:
Solubilité : Facilement soluble dans la plupart des solvants or- ganiques tels que l'alcool méthylique, l'alcool éthy- lique, le chloroforme, le benzène, l'éther, l'acé- tone, le monométhyl-éther de l'éthylène-glycol (mé- thyl "Cellosolve"), l'acétate d'éthyle, la méthyl- éthyl-cétone et le propylène-glycol;
Sensiblement insoluble dans l'eau, les fractions de pétrole à point d'ébullition inférieur telles que l'éther de pétrole, et les paraffines cycliques;
Intervalle de rotation optique:
(Ó) 26 = - 15 à - 35
D pour une concentration de 0,5 g pour 100 cm3 dans l'alcool éthylique à 95; absorption ultraviolette : Maximum d'absorption à 250-254 millimicrons auquel le coefficient d'extinction spécifique calculé est approximativement de 4.000 à 6.000, basé sur une concentration de 0,00008 g par cm3 d'alcool éthylique à 95% ; il existe également un niveau bien défini de la courbe du spectre d'absorption à 280-300 milli- microns et le coefficient d'extinction spécifique calculé sous 290 millimicrons en moyenne est appro- ximativement de 820 à 1640 calculé par rapport à une concentration de 0,0004g par cm3 d'alcool éthylique à 95 %..
Teneur en azote:
Approximativement 2,9 %;
Essai de coloration à l'acide sulfurique :
Lorsque le produit est dissous dans de l'acide sul- furique concentré sur une plaque à touches, il don- ne une coloration vive brun orangé qui passe au brun clair après repose
Si l'on se reporte au produit final coloré en jaune paille (Pro- duit C) de l'échantillon que l'on obtient lors de l'extraction finale avec de l'acétone, les caractéristiques de cette composition sont, en général, les mêmes que celles données ci-dessus pour les produits jaune pâle, sauf les dif-
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férences indiquées ci-dessouso Ces caractéristiques sont les suivantes:
Couleur, apparence goût:
Poudre colorée en jaune paille; fortement sternutatoire, et possédant un goût âcre et amer.
Rotation optique : [Ó] 25 = - 25 + 70
D- (pour une concentration de 0,5 % dans l'éthanol);
Caractéristiques spectrophotométriques:
EMI11.1
Log E250 mu - 3s?5 0,20 hog E90 mu - 3,02 + 0,20 (Pour une concentration de 1 g par cm3 dans l'éthanol).
Poids équivalent :
550 + 50 Teneur en azote basée sur le poids équivalent:
2,33 % à 2,80% Pourcentage de matières volatiles:
Non supérieur à 5% lorsqu'il est déterminé sous une pression de 1 mm de mercure et à 70 C.
Point d'agglomération:
100 C.
Point de fusion :
135 C.
Solubilité :
Eau distillée : insoluble.
Acétone à 99 % + soluble à une concentration de 40 mg par cm3 de solvant à 25 Ce
Benzène à 80% + soluble à une concentration de 80 mg par cm3 de solvant à 25 C.
Lors de l'extraction à l'acide acétique indiquée précédemment du Veratrum viride frais ou non séché et de plantes similaires contenant des agents hypotensifs., on effectue cette extraction avec de l'acide acétique di- lué (ou un acide dilué équivalent comme exposé précédemment). Lorsque l'ex- traction à l'acide est achevée, on élimine la solution et on la rend ammonia- cale (par exemple à un pH de 9,2) avec de l'hydroxyde d'ammonium, ce qui don- ne naissance à un précipité que l'on récupère par filtration. On peut traiter le filtrat pour recueillir le produit que l'on va décrire maintenant. On re- prend le précipité dans le chloroforme ammoniacal obtenu comm décrit ci-des- sus ou dans un solvant équivalent, le résidu non dissous étant rejeté et le filtrat étant évaporé à siccité sous vide pour donner un produit solide.
(On peut également appliquer ce procédé à des plantes médicinales séchées, bien que cela ne soit pas désirable pour des raisons économiques). Ce produit cor- respond au produit intermédiaire de couleur crème décrit ci-dessus (Produit A) que l'on précipite à partir d'une solution acide acétique-alcool ou à par- tir d'une solution acide acétique-dioxane, en la rendant alcaline avec de l'hydroxyde d'ammonium, puis en recueillant le produit sous forme de précipi- té. Ce produit résiduel extrait par l'acide obtenu par évaporation du chloro-
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forme ammoniacal peut être utilisé tel que ou en mélange avec le produit in- termédiaire de couleur crème déjà décrit.
De même, on peut le purifier da- vantage avec le même produit intermédiaire (et de la même manière que celui- ci) pour obtenir des produits finals qui correspondent à ceux déjà décrits ci-dessus (Produits B et C). Comme le produit intermédiaire de couleur crème,' ce produit résiduel recueilli grâce à l'évaporation du dissolvant chloroforme- ammoniaque est sensiblement insoluble dans l'alcali, insoluble dans l'eau, so- luble dans les acides énumérés, soluble dans le chloroforme, et soluble dans les alcools ou éthers décrits tels que le méthanol ou le dioxane.
EXEMPLE
On va décrire maintenant, à titre d'exemple, un procédé particu- lier d'extraction par un acide d'une plante médicinale fraîchement récoltée (non séchée): Extraction de la plante :
Dans un percolateur en verre, on place environ 3.63 kg d'ellébore vert pulvérisé non séché contenant environ 85% d'humidité et on recouvre le produit avec de l'acide acétique aqueux à 10% (environ 3,63 kg). Après un re- pos de 16 heures, on décante l'extraito On doit noter qu'il faut prendre en considération la teneur en humidité du produit dans cet exemple, l'acide acé- ' tique représentant environ 5,5 de la quantité totale de l'eau présente et le rapport entre le dissolvant total et la matière sèche matière solide) étant de l'ordre de 12 :1 poids. Ces indications ne sont d'ailleurs pas détermi- nantes.
La concentration de l'acide peut varier de 5 % à 6 % et le rapport en- tre le dissolvant et les matières solides, d'environ 10 à 1 jusqu'à 14 à 1.
Cependant, la concentration et la quantité du dissolvant ajouté doivent de pré- férence être réglées pour rester dans les limites indiquées par rapport à la teneur en humidité du produit.
PURIFICATION DE L'EXTRAIT BRUT
On règle l'acidité de l'extrait aqueux à un pH de 9,5 avec de l'hy- droxyde d'ammonium aqueux concentré d'une teneur de 28% en NH3 On recueille par filtration le précipité formé et, après l'avoir lavé à fond avec de l'eau, on le sèche dans un four sous vide à environ 35 C, en ménageant un certain cou- rant d'air dans ce four. Le rendement obtenu est de 0,3 % à 0,5% (calculé en poids sec du produit initial).
On traite ensuite le produit séché avec environ 300 cm3 de chloro- forme auquel on a ajouté 10 cm3 d'ammoniaque aqueux à 28% (ou de préférence avec une solution chloroformique de NH3 gazeux) pour dissoudre une quantité aussi grande que possible de produit. On élimine par filtration le résidu in- soluble dans le chloroforme, qui est constitué principalement par des impuretés inertes et on évapore l'extrait chloroformique à siccité sous vide.
Le produit, une fois sec, se présente sous la forme d'une poudre de couleur crème corres- pondant à celle déjà décrite (Produit A) et constitue une fraction insoluble dans l'eau contenant les alcaloïdes désirés, produit que l'on a aussi désigné comme étant le produit intermédiaire. On obtient un rendement de 0,15% à 0,25% (calculé en produit sec)o
Comme mentionné ci-dessus, on peut obtenir d'autres alcaloïdes utiles à partir de filtrats ammoniacaux que l'on obtient par précipitation à l'aide de l'hydroxyde d'ammonium à partir de solutions acide acétique-alcool (ou d'autres solutions acides-alcools constituées par les acides et les al- cools déjà énumérés) ou encore à partir des solutions acide acétique-dioxane (ou d'autres solutions d'acide et'd'éther miscible dans l'eau ou analogues énumérées).
On peut obtenir de la même manière des alcaloïdes recherchés anale- gues à partir du filtrat ammoniacal déjà décrit par neutralisation avec de l'hydroxyde d'ammonium de la-solution dans l'acide acétique obtenue par l'ex- traction de produits de départ frais ou non séchés. Il convient de traiter de
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la même manière les deux types de filtrats ammoniacaux mentionnés et on peut les réunir pour un traitement de ce genre. Ce traitement consiste à extraire les constituants recherchés à partir de filtrats ammoniacaux avec du chloro- forme. On mélange le chloroforme de n'importe quelle manière préférée avec le filtrat ammoniacal aqueux, par exemple en l'agitant avec celui-ci en quantité suffisante pour extraire à partir du filtrat aqueux ammoniacal la totalité des constituants solubles dans le chloroforme.
On laisse ensuite la solution chloroformique se séparer en couches distinctes et on la sépare de la couche aqueuse.
On évapore ensuite la solution chloroformique à siccité sous vide pour obtenir un résidu soluble dans le chloroforme qui constitue un produit intermédiaire ayant un intérêt thérapeutique. On désigne ce produit comme "Produit D".
On peut aussi obtenir un produit encore mieux purifié à partir de la fraction soluble dans le chloroforme par extraction par l'éther, tout ré- sidu non dissous étant rejeté et la solution éthérée étant évaporée à siccité sous vide, ce qui donne le produit désiré davantage purifié. On désigne ce produit comme "Produit E"
En termes plus précis, on extrait en continu le filtrat ammoniacal aqueux limpide utilisé comme produit de départ pour cette phase opératoire conforme à l'invention, et qui présente généralement un pH d'environ 9,2, dans un extrait avec du chloroforme pendant environ 16 heures ou plus, jusqu'à ce que la totalité des constituants solubles dans le chloroforme ait été reprise dans celui-ci. On évapore ensuite cet extrait chloroformique à siccité sous vi- de. Il est partiellement soluble dans l'eau.
Il contient les alcaloïdes hy- potensifs recherchés. Le rendement est d'environ 0,09 % à 0,14 %. Les carac- téristiques physico-chimiques de cet extrait soluble dans le chloroforme (Pro- duit-D) sont les suivantes:
Solubilité : Facilement soluble dans l'alcool méthylique, l'alcool éthylique, le chloroforme, le propylène-gly- col et le méthyl- "Cellosolve"; partiellement soluble dans le dioxane,l'acétone, l'éther, le benzène et l'eau.
Intervalle de rotation optique:
26 [Ó] = -10 à -25
D pour une concentration de 0,5 g pour 100 cm3 d'alcool éthylique à 9570.
Absorption ultraviolette:
Le produit présente un maximum d'absorption à 250-254 millimicrons auquel le coefficient d'extinction spé- cifique calculé est approximativement de 5.000 à
7.000, basé sur une concentration de 0,00008 g par cm3 d'alcool éthylique à 95 %
Teneur en azote : Approximativement 2,4 %
Essai de coloration à l'acide sulfurique:
Lorsque le produit est dissous dans de l'acide sulfu- - rique concentré sur une plaque à touches, il donne une coloration rougeâtre qui passe au brun après repos.
Lorsqu'on désire éliminer certains agents parmi les moins désira- bles de l'extrait soluble dans le chloroforme et partiellement soluble dans l'eau, décrit en dernier lieu, on reprend dans l'éther anhydre le produit ré- siduel obtenu grâce à l'évaporation à siccité du chloroforme et on évapore l'excès éthéré à siccité sous vide.
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On extrait plus particulièrement le produit résiduel soluble dans le chloroforme cinq fois, avec des portions successives d'éther anhydre (éther éthylique), en utilisant 200 cm3 d'éther pour 10 g de produit pour chaque por- tiono On évapore ensuite l'extrait éthéré à siccité sous vides Le résidu est un produit résineux de couleur havane clair contenant des alcaloïdes à activi- té hypotensive recherchés, débarrassés de certains des alcaloïdes moins dé- sirables contenus dans le résidu initial soluble dans le chloroforme.
Le ren- dement est d'environ 0,04 à 0,06 %
Le produit havane clair que l'on vient de décrire (Produit E) constitue un alcaloïde désirable abaissant en thérapeutique la tension arté- rielle, et cette fraction possède les caractéristiques physico-chimiques ci- après:
Solubilité : Facilement soluble dans le dioxane, le chloroforme, l'éther, le benzène, l'alcool éthylique, l'alcool méthylique, le propylène-glycol, l'acétone et le mé- thyl- "Cellosolve"; partiellement soluble dans l'eau.
Gamme de rotation optique :
26 [Ó] = -6 à-20
D pour une concentration de 0,5 g pour 100 cm3 d'al- cool éthylique à 95 %.
Absorption ultraviolette:
Le produit présente un maximum d'absorption à appro- ximativement 250 millimicrons auquel le coefficient d'extinction spécifique calculé est de 4.500 à 7.500, basé sur une concentration de 0,00008 g par cm3 d'al- cool éthylique à 95 %
Teneur en azote : Approximativement 2,3 %
Essai de coloration à l'acide sulfurique:
Lorsque le produit est dissous dans de l'acide sul- furiquc oncentré sur une plaque à touches, il don- ne une coloration brun rougeâtre qui passe au brun, après repos.
Si on le désire, on peut utiliser le benzène anhydre à la place de l'éther anhydre pour extraire la fraction partiellement soluble dans l'eau et soluble dans le chloroforme déjà décrite, et le produit obtenu présente des caractéristiques physico-chimiques qui sont sensiblement les mêmes que cel- les de l'extrait à l'éther anhydre.
On peut utiliser également les procédés que l'on vient de décrire pour recueillir et isoler des alcaloïdes apparentés provenant de plantes simi- laires contenant des alcaloïdes.
En ce qui concerne en particulier le produit C conforme à la pré- sente invention, les constituants sont des formes amorphes ou non cristallines d'alcaloïdes qui sont presque complètement insolubles dans l'eau. En apparen- ce, ils sont constitués principalement par des bases amorphes non identifiées contenant éventuellement un ou plusieurs des alcaloïdes amorphes connus prove- nant des espèces de Veratrum. Cependant, cette composition est sensiblement exempte de cévadine (qui est soluble dans l'eau) et de vératridine, produits que l'on désigne ensemble parfois comme "vératrine" Ce produit est également sensiblement exempt d'alcaloïdes provenant du Veratrum généralement connus, en particulier la jervine, la rubijervine, l'isorubijervine, la pseudojervi- ne, la vératramine, la vératrosine, et des produits analogues.
Ainsi, le pro- cédé conforme à la présente invention permet d'éliminer des alcaloïdes du Ve- ratrum ceux qui sont habituellement cristallins et donnent en même temps des
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réactions accessoires indésirables en thérapeutique. En d'autres termes, la demanderesse a réussi à isoler une composition à base d'alcaloïdes qui con- tient uniquement des alcaloïdes désirables présentant¯une activité hypoten- sive, seulement des traces d'alcaloïdes habituels cristallins et nuisibles pouvant être décelées..
Dans le Produit B, on peut déceler une certaine quantité d'alca- loïdes cristallins du Veratrum mieux connus, en particulier la rubijervine et l'isorubijervine, mais la proportion de ces produits est suffisamment fai- ble et leurs propriétés nuisibles si peu prononcées, au moins en présence des autres constituants, que le Produit B est encore hautement utile comme agent hypotensif sauf, le cas échéant, pour des patients d'une sensibilité très ,élevée..
Bien que le Produit A contienne des proportions plus importantes d'alcaloïdes du type cristallin généralement connus, la teneur élevée en con- stituants amorphes rend néanmoins cette composition beaucoup plus utile que les produits du Veratrum dont on disposait jusqu'à ce jour, étant donné que les réactions accessoires nuisibles sont faibles.
Les produits D et E constituent des compositions partiellement solubles dans l'eau d'alcaloïdes amorphes avec au plus une trace d'alcaloïdes cristallins,et on a trouvé qu'ils présentent de très bonnes caractéristiques hypotensives, bien qu'en apparence non équivalentes à celles du Produit C.
Le terme "cristallin" ou du "type cristallin", appliqué aux diffé- rents alcaloïdes, désigne ceux qui sont généralement connus comme tels et que l'on peut recueillir sous forme cristalline, et le terme "amorphe" s'applique à ceux des alcaloïdes qui sont séparables de façon caractéristique sous forme amorphe.
Il est bien évident que les procédés que l'on vient de décrire ne sont donnés qu'à titre indicatif et non limitatif et que l'on peut y apporter diverses modifications, sans sortir pour cela du cadre de la présente inven- tion.
REVENDICATIONS.
1. Procédé pour isoler un mélange d'alcaloïdes hypotensifs à par- tir de plantes du genre Veratrum contenant ces alcaloïdes, caractérisé par le fait qu'il comporte les phases ci-après: on prépare une solution des alca- loïdes du Veratrum dans une solution aqueuse d'un acide non oxydant et non réducteur ; on ajoute à cette solution des ions sulfate pour précipiter les sulfates,des alcaloïdes indésirables; on rejette les produits insolubles ain- si formés ; onrend alcalin la solution obtenue pour obtenir un précipite des alcaloïdes; on dissout ce précipité dans le chloroforme ; évapore à sicci- té; on reprend dans le benzène à partir du résidu les alcaloïdes qui y sont solubles ; enfin, on recueille les alcaloïdes solubles sans le benzène sous forme d'une composition hypotensive.