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Cet appareil orthopédique est principalement destiné à être adap- té sur les jambes d'une personne qui, en raison d'un accident, d'une mala- die ou d'une malformation congénitale, serait hors d'état de faire les mou- vements musculaires de la marche par ses propres moyens. Cependant, l'appa- reil selon l'invention n'est pas une simple armature de soutien, rigide ou même articulée, mais un appareil complexe en plusieurs éléments articulés et munis d'un mécanisme permettant de marcher à une personne qui serait nor- malement hors d'état de le faire. Cet appareil permet effectivement de se déplacer à l'aide de simples mouvements du tronc. A cet effet, il suffit que le malade porte l'appareil)soit uniquement sur la jambe faible, soit sur les deux'jambes au cas où toutes les deux seraient faibles ou totalement hors d'usage.
L'appareil selon l'invention:est constitué essentiellement par trois séries successives d'éléments rigides destinés a être solidarisés respectivement avec la cuisse, avec la jambe elle-même et avec le pied, et qui sont reliés entre eux par deux articulations, l'une au niveau du genou et l'autre au niveau de la cheville.
Conformément à la caractéristique prin- cipale de l'invention, l'articulation du genou comporte un système de blo- cage qui immobilise les éléments rigides de la cuisse et de la jambe dans le prolongement l'un de l'autre, et qui est maintenu verrouillé par un mo- yen élastique, tandis qu'un mécanisme, commandé par le pivotement en avant des éléments de cuisse et de jambe par rapport à l'élément de pied, lors du mouvement préliminaire pour un pas, assure automatiquement le déverrouil- lage du système de blocage de l'articulation du genou, ce qui permet son libre fonctionnement jusqu'à ce que, à la fin du pas, le système de blocage se verrouille à nouveau automatiquement.
On doit placer l'appui-jambe de façon que l'on puisse le dissimu- ler sous les vêtements et le fixer à la jambe au moyen de courroies, de ban- des ou liens analogues, selon l'avis de 1''orthopédiste. Après avoir fixé l'appui-jambe, la personne est en état d'exécuter une marche normale et sû- re par de simples mouvements du tronc et de faire des pas courts ou longs suivante son désir.
L'appui-jambe peut être employé par toutes les personnes, de n'im- porte quel âge, qui manquent des forces musculaires nécessaires pour mar- cher. On notera tout spécialement qu'en cas de polyomyélite, l'invention aide aussi le malade à retrouver ses forces perdues, car la jambe faible fonctionne, avec le soutien de l'appui-jambe, selon le même mouvement mus- culaire naturel qu'avant la maladie. Il est également possible d'appliquer avantageusement l'invention aux appareils de prothèse des jambes, étant donné que la jambe artificielle peut être construite autour de l'appui-jam- be, qui sert de carcasse ou bien est complèté de divers mécanismes spéciaux.
Du reste d'autres avantages et particularités de l'appareil de prothèse selon l'invention apparaitront au cours de la description suivan- te d'une forme de réalisation possible d'un tel appareil conçu pour une jambe droite, cet appareil, dénommé "appui-jambe" dans le cours de cette description étant représenté sur les dessins annexés, où: Les fige. 1 et 2 ont des vues en élévation, respectivement du côté exter- ne et d- côté interne, d'un appui-jambe pour côté droit en posi- tion normale, c'est-à-dire correspondant à la jambe tendue; La fig. 3 est une vue en élévation de l'arrière de cet appareil dans la même position ;
Les figs. 4 et 5 sont des vues partielles en élévation, à échelle différen- te, du côté externe montrant en détail les organes de l'articula- tion du genou dans deux positions différentes ;
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La fig. 6 représente l'appui-jambe droit, vu du côté externe, en position légèrement repliée correspondant au début d'un pas; La fig. 7 représente l'appui-jambe droit, replié davantage que dans la fig.
2 dans la position qui précède immédiatement le mouvement en a- vant de la jambe pour effectuer un pas; La fig. 8 est une vue de côté de l'appui-jambe dans la position qu'il prend quand l'usager est assis; La fig. 9 représente, en coupe, l'articulation du genou, à une échelle plus grande que les autres figures .
L'appareil "appui-jambe", qui est double des deux côtés comporte à l'extérieur, une barre de cuisse 2, et une barre de jambe 3, reliées par une vis d'articulation ou une pièce semblable 4 (voir également fig.9),de manière à constituer l'articulation du genou.
Eventuellement les extrémités adjacentes des barres ainsi reliées sont élargies et munies de rainures circulaires 19 (voir fig. 9), qui sont concentriques à la vis d'articulation 4 et se font face. Dans ces rainures qui viennent ainsi se complèter est logée une bague d'appui et de guidage 20 concentrique à la vis 4.
L'extrémité inférieure de la barre de jambe 3 est reliée par une vis d'articulation ou pièce analogue 18, à une barre de pied 16 qui porte une chaussure le. Autour de cette vis 18 formant l'articulation de la che- ville, les barres 3 et 16 peuvent également comporter des rainures circulai- res pour une bague d'appui et de guidage.
Du côté intérieur, le dispositif comprend une barre de cuisse 22, une barre de jambe 23, et une barre de pied 24. Ces barres, qui sont de for- me convenable pour suivre approximativement le contour du côté correspondant de la jambe, sont reliées de la même manière que les barres 2,3 et 16 du côté extérieur. Les vis d'articulation ou les éléments correspondants sont désignés par les références 21 et 17. Autour de ces vis d'articulation des bagues de guidage analogues à la bague 20 peuvent être disposées dans les rainures complèmentaires prévues dans les pièces adjacentes. De préférence, l'extrémité inférieure de la barre de jambe 23 peut comporter un bec 20 for- mant une butée coopérant avec la barre 24.
De même, la barre de jambe 3 du côté externe peut présenter un bec 19 ayant une fonction similaire pour em- pêcher tout pivotement des barres de pied en arrière au delà de leur posi- tion dans le prolongement des barres de jambe. Par ailleurs l'articulation du genou, par exemple du côté externe seulement, comporte une butée empê- chant tout pivotement des barres de jambe en avant au delà de leur position dans le prolongement des barres de cuisse. Cette dernière butée peut avanta- geusement être formée de façon très simple par le bord arrière de la douil- le 5. On a désigné par 1, la et 1b des entretoises en acier ou en aluminium destinées à être disposées autour de la jambe pour la solidariser avec les différentes parties de l'appareil.
Le mécanisme nécessaire pour la manoeuvre de l'appui-.jambe se trouve du côté extérieur de celui-ci conformément à la description ci-dessus.
L'extrémité supérieure de la barre de jambe 3 comporte un prolon- gement ou une saillie 3a (figs. 1, 3, 4 et 5) qui doit servir comme élément de blocage. L'arrêt proprement dit consiste en une douille 5 montée coulis- sante sur la barre de cuisse 2 et de forme telle que l'on puisse la faire glisser vers le bas par-dessus la saillie 3a, pour immobiliser celle-ci et bloquer la barre de jambe 3, comme le montrent les figso 1, 4, 3 et 9. La douille 5 porte une tige 6, mobile, le long de la barre 2, et dont l'extré- mité supérieure est fixée sur un coulisseau 7 monté coulissant sur la barre
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de cuisse 2. De plus, la tige 6 coulisse dans un guide 9 fixé sur la barre
2.
Entre la douille 5 et le guide 9 se trouve un ressort à boudin
10 qui entoure la tige 6 et qui s'appuie sur le guide fixe 9 pour 3 pousser la douille 5 vers le bas par-dessus la saillie 3a de manière à bloquer la barre de jambe 3 sur la barre de cuisse ou fémur 2 dans le prolongement de celle-ci,donc dans une position correspondant à une jambe tendue (voir figo 1).
Au-dessus du coulisseau 7 se trouve un verrou 8, mobile le long de,la barre 2, et que l'on peut bloquer dans deux positions extrêmes déter- minées,, et ce, au moyen d'une goupille ou organe analogue 8a (figs. 1 et 3), que l'on peut introduire dans l'un ou l'autre des deux trous 2a et 2b de la barre 2(fig. 3).
Lorsque la goupille 8a est placée dans le trou 2a, le verrou 8 se trouve immobilisé dans sa position la plus basse de façon à s'appliquer contre le coulisseau 7 et à maintenir ainsi la douille 5 engagée autour de la saillie 3a de la barre de jambe 3. Ainsi cette douille 5 ne peut pas remonter et la barre de jambe 3 se trouve complètement verrouillée dans la position représentée à la figo la
Par contre,lorsque la goupille 8a est placée dans le trou 2b, le verrou 8 se trouve immobilisé dans.sa position supérieure en retrait du coulisseau 7 auquel il permet alors de coulisser librement sur la barre 2.
Dans ce cas la douille 5 ne se trouve maintenue vers le bas, autour de la saillie 3a de la barre de jam@@ 3, que par l'action du ressort 10.
Sur la barre de jambe 3, est montée une autre tige 11, qui est portée par deux coulisseaux 12 et 14 mobiles sur cette barre, et qui peut se déplacer dans un manchon de guidage 13 fixé sur ladite barreo Le coulis- seau supérieur 12 porte une barrette 11a qui constitue une sorte de prolon- gement de la tige 11 et dont l'extrémité supérieure se trouve en regard de l'extrémité inférieure de la douille 5 verrouillant la saillie 3a de la bar- re de jambe (voir fig. 3).
Entre le manchon fixe de guidage 13 et le coulisseau inférieur 14 est disposé un ressort 15 qui entoure la tige 11 et s'appuie sur l'orga- ne 14 pour assurer l'application de son extrémité inférieure contre l'extré- mité 16a de la barre 16 portant la chaussureo Or, suivant, une particulari- té importante, les deux surfaces en contact de l'organe 14 et de la barre 16 sont taillées en biseau, l'extrémité biseautée 16a de la barre 16 étant tournée vers l'arrière.
L'appareil selon l'invention fonctionne de la manière suivante - La jambe faible ou malade est fixée entre les deux moitiés latérales de l'appui-jambe et contre les entretoises 1, la, et 1b, au moyen de courroies et d'amortisseurs souples appropriés (non représentés) Si l'appui-jambe est alors dans la position rectiligne selon la figo 1,les organes de bloca- ge 3a et 5 se trouvent en position bloquée, c'est-à-dire que l'articulation du genou est immobilisée (voir figs. 3 et 4), la douille 5 étant maintenue autour de la sail. @e 3a de la barre de jambe. Pour pouvoir marcher, l'usa- ger doit, avant toute autre chose, relever le verrou 8 et le fixer dans sa position supérieure en engageant la goupille 8a dans la perforation 2b.
Après cette opération, la douille 5 n'est plus maintenue autour de la sail- lie 3a que par l'action élastique du ressort 100
Lorsque l'usager veut faire un pas en avant avec sa jambe malade, il reporte évidemment le poids de son corps sur son autre jambe déjà située en avant et il se penche en avant de sorte que l'ensemble de sa jambe mala-
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de a tout d'abord tendance à basculer en avant par rapport au pied dans le sens de la flèche F de la figo 1. L'ensemble de l'armature de la jambe for- mé par les barres 2 et 3, qui sont toujours solidarisées entre elles ainsi que par les barres correspondantes 22 et 23, pivote autour des articulations 18 et 17 de cheville.
Durant ce pivotement , l'extrémité inférieure biseau- tée du coulisseau 14 glisse sur l'extrémité supérieure biseautée 16a de la barre 16, ce qui provoque le relèvement de ce coulisseau 14 et par suite celui de la tige 11 avec son autre coulisseau 12, et ce, à l'encontre de l'action du ressort 15.
Pendant le relèvement de la tige 11, son prolongement supérieur 11a pousse la douille 5 vers le haut (voir la fig. 5), au-dessus de la sail- lie 3a qui se trouve donc libérée. De ce fait l'articulation du genou de- vient mobile, l'usager peut donc plier le genou et relever légèrement en arrière la partie inférieure de sa jambe pour soulever le pied afin de pou- voir lancer ensuite sa jambe en avant. En même temps, l'articulation de che- ville est automatiquement redressée par l'effet du ressort 15 et des surfa- ces en biseau 14a et 16a. L'appui-jambe prend donc alors la position repré- sentée à la fig. 70 Dans cette position la douille 5 est redescendue, avec la tige 6 dans sa position primitive, sous l'action du ressort 10, mais la saillie 3a de la barre de jambe est franchement dégagée de cette douille puisqu'elle se trouve en avant.
Quand l'usager redresse ensuite la jambe, et la lance en avant suivant la flèche F1 de la fig. 7, la saillie 3a repousse la douille 5 dont l'extrémité inférieure 5a est de préférence légèrement biseautée et, une fois le redressement achevé, la douille 5 s'enclenche sur la saillie 3a sous l'effet du ressort 10. L'articulation du genou est alors à nouveau verrouillée, les différents organes de l'appareil ayant repris les positions respectives visibles sur la fig. 1. Le pied se pose alors à terre après 1' accomplissement du pas et le mouvement peut se répéter selon la description ci-dessus, autant de fois que cela est nécessaire.
Pour s'asseoir, l'usager peut parfaitement plier l'appui-jambe dans la position représentée à la figo 8 et correspondant à la position pri- se en s'asseyant. Quand l'usager se lève et se met débout, l'articulation du genou se ferme automatiquement dans la dernière phase du mouvement, et ce, sous l'action du ressort 10 et par l'intermédiaire de la douille 3a et de la douille 5.
Il va de soi qu'on peut placer la jambe malade ou faible dans 1' appareil, même dans la position représentée à la fig. 8, c'est-à-dire quand la personne en question est assiseo Ceci facilite considérablement l'adap- tation de l'appareil et évite toute fatigue inutile à l'usagero
Pour aider le malade à redresser la jambe on peut, si cela est nécessaire, prévoir un moyen élastique de rappel approprié, par exemple un ruban élastique 27 fixé à une extrémité sur un demi-collier 28 dont les ex- trémités sont montées pivotantes respectivement sur la barre de jambe 3 et sur la barre de jambe 23 de l'autre côté en un point intermédiaire de leur longueur, ce.ruban élastique étant attaché à son autre extrémité au milieu d'un demi-collier rigide 29 situé à l'endroit de l'articulation 4.
Le verrou 8 décrit précédemment est employé pour verrouiller l'ar- ticulation du genou dans sa position de fermeture en poussant ce verrou vers le bas et en l'immobilisant contre le coulisseau 7 au moyen de la goupille 8a que l'on engage alors dans le trou inférieur 2a. Pour faciliter son dé- placement, le verrou 8 comporte par exemple un crochet 25, à sa partie supé- rieure Le réglage de ce verrou est la seule manipulation nécessaire pour l'emploi de l'appui-jambe, le fonctionnement étant par ailleurs automatique.
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Cependant, l'un des organes mobiles 5, 6 et 7 du mécanisme peut être muni d'une sorte de poignée (non représentée) permettant, le cas échéant, d'ou- vrir à la main la serrure du genouo
La disposition de bagues telles que les bagues 20 (voir fige 9), autour de chaque articulation assure la précision de celles-ci, et leur per- met de fonctionner sans lubrification.
Pour que l'appui-jambe soit léger et par suite facile à manoeuvrer et moins gênant, l'emploi comme matière d'un métal léger et d'éléments tu- bulaires est particulièrement indiqué lorsque cela est possibleo Eventuel- lement les éléments de cuisse, de jambe et de pied peuvent être constitués non plus par des barres, mais par des tringles rigides assemblées, ou des pièces rigides incurvées, en métal ou en matière plastique par exemple, et adaptées à épouser au moins partiellement le contour de la cuisse et de la jambe
L'appui-jambe décrit ci-dessus peut également être utilisé comme armature d'appareils de prothèse proprement dits, c'est-à-dire que des jam- bes artificielles pourront être réalisées selon cette invention et être em- ployées par des unijambistes ou mutilés dans la mesure où elles pourront être attachées.
Le mécanisme peut même se faire réglable pour différentes longueurs de jambeso A cet effet, la barre de jambe 3 peut être par exemple constituée par deux parties 3a et 3b réunies par des vis ou rivets, les extrémités ad- jacentes de ces deux parties comportant des séries de perforations 26 afin de permettre de modifier le point de réunion des deux parties pour régler la longueur exacte-de la barre de jambe 30
Evidemment certains organes de l'appareil selon l'invention peu- vent être remplacés par des organes équivalentso Ainsi le ressort 15, assu- rant le rappel du pied dans sa position primitive,
peut être remplacé par un ressort de torsion disposé autour de l'articulation 18 et dont les extré- mités s'appuient respectivement sur la barre de jambe 3 et sur la barre de pied 160 De même les surfaces biseautées assurant le relèvement de la tige 11 peuvent être remplacées par d'autres moyens équivalents, par exemple la barre de pied peut porter un ergot ou une extension repoussant dans les mê- mes conditions le coulisseau 14. Quant au système de blocage, de l'articu- lation du genou, il pourrait être lui-même différent dans sa réalisation, à condition de conserver les mêmes caractéristiques de fonctionnement.