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Il est connu de fabriquer des garnitures floconneuses en appliquant des fibres sur des textures en surface pourvues d'adhésifs, au moyen de dispositifs électrostatiques. Il est apparu dans la pratique que l'application de longues fibres, c'est-à-dire de fibres dont la longueur mesure plus de 3 mm. environ, présente de grandes difficultés qui tiennent, entre autres, à ce que, dans l'exécution de l'opération, les fibres très longues se réunissent facilement en grumeaux, ce qui amène des perturbations telles qu'obstruction des tamis, écoulement irrégulier des flocons, formation irrégulière de la couche floconneuse, et comporte en outre des pertes de matière, les fibres agglomérées ne convenant plus aux fins de réalisation d'une couche floconneuse.
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Suivant la présente invention, on évite les difficultés liées à l'application de longues fibres en appliquant en deux ou plusieurs couches de garniture floconneuse successives- des fibres qui peuvent être appliquées électrostatiquement sur le tissu de base avec facilité et régularité. -On est en mesure, de ce fait, de produire des textures qui présentent des floconnages de l'épaisseur voulue, allant par exemple de 0,3 mm. à quelques centimètres, qui se composent de couches floconneuses disposées l'une au-dessus de l'autre.
Pour mettre ce procédé à exécution, on utilise des adhésifs qui sont ainsi constitués et viennent à être employés avec une viscosité telle qu'ils peuvent être appliqués sur la pièce de base, projetés en pluie par exemple, sous forme de gouttelettes fines ou extrêmement fines de telle manière qu'il se constitue une couche contenant les différentes gouttelettes, dans une certaine mesure, sous forme de rosée.
Pour mettre l'invention en oeuvre, on peut procéder en munissant d'abord la pièce de base d'une couche d'adhésif sous forme de rosée, cette pièce de base étant constituée par des tissus ou par des nappes obtenues en imprégnant d'adhésifs des nappes de fibres. Ensuite, des fibres présentant une longueur convenant à une application électrostatique, 2 à 3 mm. par exemple, sont appliquées, uniformément réparties, sur la couche d'adhésif au moyen de dispositifs électrostatiques, ces fibres pénétrant alors par une de leurs extrémités dans la couche d'adhésif en forme de rosée. Puis, la couche d'adhésif est consolidée, par une opération de séchage par exemple.
Sur la texture ainsi obtenue, rendue uniformément floconneuse par les fibres, est alors appliqué de nouveau un adhésif réparti sous forme de rosée$
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par projection en pluie par exemple, les extrémités supérieures des fibres déjà existantes surtout, étant alors recouvertes par l'adhésif formant rosée. Dès lors unedeuxième couche de fibres est appliquée électrostatiquement sur la couche de fibres existant déjà et il est ensuite à nouveau procédé par traitement thermique à la consolidation de la couche d'adhésif en forme de rosée. Ainsi qu'il a été constaté, il se produit alors une liaison intime et permanente entre les fibres de la couche de base et les fibres du floconnage appliquée sur celle-ci.
Cette opération peut être répétée plusieurs fois. On réussit par suite à fabriquer des textures fibreuses de l'épaisseur voulue, qui présentent une constitution très uniforme, sensiblement dans le genre du feutre, et peuvent trouver leur application à des fins d'utilisation diverses, comme coussins, matelas, paillassons, etc.
Dans la mise en oeuvre du procédé, les différentes couches de fibres peuvent être constituées par des fibres de même nature et de même longueur, ou aussi par des fibres de natures différentes et/ou de différentes longueurs. Comme fibres, peuvent être employées entre autres des fibres de coton, de viscose, de soie d'acétate, des fibres de polyamide, de polyester, de chlorure de polyvinyl, etc.
Peuvent être employées entre autres, comme adhésifs, des solutions des substances insolubles dans l'eau à l'état solide, tels que par exemple, des caoutchoucs naturels ou syn- thétiques, ou des solutions de produits de polyaddition, de polyesters et polyisocyanates dans des solvants organiques ou des mélanges de solvants. Se sont révélés comme très bien appropriés les polyuréthanes qui peuvent être préparés, de façon
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en soi. connue, à partir de polyesters et de polyisocyanates, diisocyanates de préférence. (cf à ce sujet les articles de 0. Bayer dans "Angewandte Chemie" (Chimie appliquée) 59e année, 1947, pages 252 à 272 et 62e année, 1950, pages 57 à 66).
Pour l'exécution du présent procédé les polyesters contenant encore des groupes libres d'hydroxyle et connus sous le nom de "desmophènes" et les polyisocyanates, diisocyanates de préférence, connus sous le nom de "desmodures" ont donné de très bons résultats. Entrent en ligne de compte entre autres, comme composants de desmophène, le polyester (ester de glycol méthylénique et d'acide adipiqùe ) connu sous le nom de "desmophène 2000", et comme diisocyanate le diiocyanate 1,5 de naphtylène connu sous le nom de "desmodure 15".
Un adhésif bien approprié peut être préparé, par exemple de la manière suivante ::
50 kg. de polyester, de 3 mol. d'acide adipique et 1 mol. de triol pouvant être remplacé par de la glycérine, de l'hexanetriol, du triméthylopropane, etc. et de 3 mol. de glycol butylénique (desmophène 1200), sont agités pendant 6 heures à 55 C dans un autoclave avec un mélange de : diisocyanate de 1 méthyl-2-4-phényline isocyanate de 1 méthyl-2-6-phénylène Desmodur T), un accroissement de la viscosité intervenant alors, On ajoute ensuite 55 kg. d'éthylester d'acide acétique qui a été bien séché auparavant avec du chlorure de calcium.
Le produit ainsi obtenu qui se conserve pratiquement sans limite à la température ambiante, est dilué comme suit en vue de préparer des mélanges prêts à être utilisés.
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Pour 1 kg. de couche de base on met 0,125 kg. de Desmodur T et 0,08 kg. d'une solution d'une amine, cyclohexylméthylamine par exemple, dans un solvant approprié, butylacétate par exemple (solution accélératrice à 10%).
Il est essentiel, pour l'exécution du présent procédé sans aucune perturbation, d'employer des adhésifs de viscosité convenable. Si les adhésifs présentent une viscosité trop forte, ils sont difficiles à pulvériser et ils ont tendance à former des fils qui gênent le floconnage. Si les adhésifs sont trop fluides, ils ne sont pas en mesure de former des gouttelettes stables sur les fibres, aux pointes de celle-ci en particulier. Les adhésifs trop fluides ont tendance à descendre en coulant le long des fibres.
Il résulte d'essais poussés dans le détail que, pour mettre la présente invention en oeuvre avec succès, il convient en général d'employer des adhésifs dont la viscosité se situe entre environ 60 et 300 c P. Les adhésifs destinés à réaliser les couches floconneuses suivant l'invention sont avantageusement préparés avec une viscosité de 150 c P environ.
EXEMPLE.
Sur un tissu analogue à de l'étoffe qui a été précédemment apprêté agec une émulsion aqueuse à base d'un copolymère de butadiénecrylonitrile pour empêcher la couche d'adhésif qui doit être appliquée de passer au travers, on fait tomber en pluie l'adhésif à l'aide d'un pistolet de projection ou d'une douche en formant comme une couche de rosée dont l'épaisseur mesure par exemple de 0,01 à 0,06 mm. à peu près sensiblement. La
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base ainsi préparée est alors électrostatiquement garnie de flocons avec des fibres de viscose de 3 mm. de longueur et la texture est ensuite soumise à un traitement thermique aux fins de séchage et de consolidation de l'adhésif.
Ceci peut être avantageusement exécuté en faisant passer la texture par un canal de séchage où elle est soumise à l'action des rayons infra-rouges. Il est en général à recom- mander d'effectuer l'opération de séchage à une température superficielle n'excédant pas 80 C. Par le.traitement thermique,, d'une part le solvant existant est éliminé tandis que, d'autre part, une fixation par condensation intervient en cas d'emploi de l'adhésif ci-dessus décrit.
La texture garnie de flocons 'est alors débarrassée des flocons non fixés par des opérations telles que brossage ou aspiration et pourvue ensuite, de la manière précédemment décrite, par arrosage avec la solution d'adhésif, d'une couche de celui-ci, en rosée, puis le traitement continue par l'application d'une seconde couche de garniture floconneuse. ient alors de nouveau le traitement thermique aux fins de séchage ou condensation préliminaire. On procède avantageusement à la condensation totale par entreposage. Il suffit en général d'un entreposage d'environ 24 heures à la température ambiante. Du fait de la présence d'humidité, la vitesse d'humidification est accélérée.
En répétant plusieurs fois, trois fois par exemple, l'opération de floconnage qui vient d'être décrite, on obtient des produits (articles) constitués par plusieurs couches de fibres, mais unitaires (homogènes qui trouvent leur emploi comme feutres ou drap de molleton.
Au lieu de la pièce de base en tissu, on peut utiliser aussi comme base des substances-mousse. Ont donné, entre autres, de bons résultats, les substances-mousse en polyuréthane telles qu'elles sont connues sous la désignation commerciale de
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"moltoprène". L'apprêt avant application de la couche d'adhésif n'est pas nécessaire en pareil cas, et même pas souhaitable la plupart du temps. On obtient de cette manière des produits qui se]distinguent par une mollesse ou souplesse particulière et conservent bien la chaleur et qui peuvent être employés entre autres comme tapis, descentes de lit et paillassons.
En employant des bases de substance-mousse en chlorure de polyvinyl amolli, on peut obtenir des produits qui se distinguent par une bonne élasticité au saut, une forte résistance à la déchirure et une bonne résistance au vieillissement (usure).
En employant des fibres de viscose pour le floconnage, on obtient des produits qui peuvent être agrémentés d'une manière particulièrement simple par des effets à la mode. Ceci peut être réalisé par exemple en humectant la surface libre de la couche de fibres réalisée suivant l'invention avec de l'eau ou des agents d'imprégnation qui repoussent l'eau et en soumettant ensuite les textures à un traitement mécanique, par exemple en les comprimant. On peut alors obtenir entre autres de jolis effets de moire.
On peut aussi obtenir de jolis effets à la mode et bien marqués en employant des fibres,en particulier des fibres artificie les, possédant des propriétés thermoplastiques, comme par exemple les fibres de polyamide connues sous le nom de "fibres de nylon".
Si l'on emploie par exemple des fibres connues sous le nombr de fibres de térylène et constituées par des produits de la polymérisation d'acide téréphtalique et de glycols, on obtient des produits qui unissent un aspect
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particulièrement séduisant à de très bonnes propriétés mécaniques. Les textures en surface de ce genre se distinguent en particulier par leur bonne résistance au froissement et une forte résistance au frottement, même à l'état mouillé.
Ainsi qu'il a été déjà indiqué, on peut aussi employer pour la fabrication de textures à plusieurs couches, des fibres différentes et/ou des fibres de diverses longueurs.
C'est ainsi par exemple que l'on peut réaliser alternativement des garnitures floconneuses avec des fibres de genres différents ou réaliser une couche floconneuse en fibres d'une certaine longueur, 3 mm. par exemple, la couche floconneuse suivante avec des fibres d'une autre longueur, 2 mm. par exemple.
On peut de ce fait agir dans des sens variés sur les propriétés des textures en plusieurs couches à réaliser. D'une manière générale, les produits comportant plusieurs couches de garniture floconneuse fabriqués suivant l'invention, compte non tenu de leurs autres bonnes propriétés, se distinguent encore également par leur inaltérabilité au lavage.
Pour l'exécution pratique du présent procédé les dispositifs d'application d'une garniture floconneuse du genre protégé par la demande de brevet allemande F 11 065Ib /75a ont donné des résultats particulièrement heureux ; ces dispositifs sont caractérisés. par le fait qu'un tambour à tamis placé sous haute tension et tournant autour de son axe longitudinal est disposé au-dessus d'une plaque de tôle sur laquelle sont posées les étoffes à garnir de flocons et qu'au-dessus de ce tambour est disposée, isolée, une calotte de tôle non réunie à la source de tension qui est avantageusement maintenue en mouvement vibratoire, par un vibreur pendant l'opération d'application de la garniture floconneuse. '