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Nouvelles compositions galéniques à base de calcitonine Invention de : Moise AZRIA et Thomas CAVANAK Revendication des priorites des demandes de brevets déposées en Grande Bretagne le 5 octobre 1982 sous le n 8228390, 1e 30 décembre 1982 sous le n 8236928, le 3 août 1983 sous le n 8320865 et le 22 août 1983 sous le n 8322528 au nom de SANDOZ S. A.
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La présente invention a pour objet des nouvelles compositons galéniques comprenant la calcitonine comme substance active.
Les calcitonines constituent une classe connue de polypeptides à longue chaine pharmacologiquement actifs, dont l'utilité a été bien décrite dans la littérature. Diverses calcitonines, y compris par exemple la calcitonine de saumon et del'anguille sont couramment utilisées pour le traitement, par exemple, de la maladie de Paget, de l'hypercalcémie et de l'ostéoporose.
Toutefois, comme c'est souvent le cas avec les polypeptides, la préparation d'un moyen d'administration des calcitonines qui soit approprié et efficace a posé de nombreuses difficultés. Les calcitonines étant des polypeptides, elles peuvent se dégrader facilement pendant leur administration et passent difficilement dans les liquides du corps. C'est pour cette raison que l'administration parentérale a été jusqu'ici la seule couramment utilisée car elle permettait un traitement efficace. D'une manière générale, l'administration se fait par injection. Un tel mode d'administration présente toujours des inconvénients et dans le cas d'une administration à intervalles réguliers, il peut provoquer de fortes douleurs chez le patient.
L'objectif principal depuis de nombreuses années est donc demeuré la découverte d'autres moyens d'administration provoquant moins de gêne aux patients et permettant de préférence une auto-médication facile tout en atteignant en même temps des niveaux suffisants de biodisponibilité pour un traitement clinique efficace. La Demanderesse a maintenant trouvé qu'un traitement clinique efficace peut être obtenu avec les calcitonines par administration par voie nasale, c'est-à-dire par application sur la muqueuse nasale.
Plus particulièrement, la Demanderesse a trouvé conformément aux enseignements particuliers de la présente invention, que des taux de biodisponibilité en calcitonine équivalant à ceux obtenus en administrant les doses habituelles par voie intra-musculaire, peuvent être obtenus par administration par voie nasale à des doses qui sont dans les limites de tolérance et
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de praticabilité.
La Demanderesse a de plus trouvé que les calcitonines de poissons et leur dérivés, par exemple la calcitonine de saumon et le dérivé de la calcitonine de l'anguille, la 1, 7-Asu-calcitonine de l'anguille, ci-après désignée Elcatonine, et en particulier la calcitonine de saumon, sont spécialement appropriées pour une
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application par voie nasale conformément aux enseignements de l'invention.
La voie nasale constitue un mode d'administration simple et indolore qui peut facilement être utilisé par le patient lui-même, par exemple sous forme d'un spray nasal ou de gouttes à l'aide d'un applicateur nasal. Ce mode d'administration présente assurément un grand avantage sur l'administration parentérale qui nécessite généralement une assistance médicale.
Alors que l'administration par voie nasale sera nettement préférée à l'administration parentérale, par exemple à l'injection, couramment pratiquée jusqu'ici, la préparation d'une composition appropriée pour une administration par voie nasale présente de nombreuses difficultés. L'une d'entre elles, particulièrement délicate en relation avec l'administration par voie nasale de principes actifs complexes tels que les calcitonines, est de trouver un moyen tout à fait compatible et efficace pour éviter la contamination due, par exemple, à des micro-organismes pathogènes ou a d'autres micro-organismes indésirables.
Le choix d'un agent de conservation approprié, efficace et compatible avec la substance active, pour protéger contre la contamination est particulièrement. critique pour une composition pharmaceutique administrable par voie nasale où le risque de contamination est particulièrement élevé.
L'agent de conservation doit permettre non seulement d'éviter la contamination initiale, par exemple pendant la formulation et le remplissage de la composition dans son récipient, mais aussi d'éviter la contamination pendant l'utilisation, en particulier dans le cas de doses multiples à partir d'un seul récipient/applicateur.
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Des problèmes surviennent particulièrement lorsque, par exemple, un applicateur nasal est ensuite stocké pendant des mois avant son utilisation, comme c'est souvent le cas. Pendant cette période,
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l'agent de conservation peut devenir inefficace par exemple par absorption sur les surfaces internes de l'applicateur, par dégradation par la chaleur, ou, si l'agent de conservation est un tant soit peu trop volatile, par suite d'une fuite dans l'applicateur.
De plus, pendant la phase réelle d'utilisation, et notamment lorsqu'on prévoit des doses multiples à partir d'un seul applicateur ceci peut s'étendre sur plusieurs jours ou plusieurs semaines, l'applicateur risque de fuir ou de laisser entrer des micro-organismes indésirables et autres organismes de contamination provenant de l'atmosphère extérieure, ou des narines. En outre, la composition peut être sensible à de brèves périodes de température élevée, par exemple pendant le transport ou le stockage.
En plus des difficultés mentionnées plus haut, il faut qu'une composition pharmaceutique mise au point pour une application nasale soit aussi bien tolérée en particulier à l'endroit même de l'application. Par exemple, elle ne doit ni causer d'irritation à la muqueuse nasale (elle ne doit pas, par exemple, provoquer une sensation forte de picotement) ni causer une réduction de la fréquence des battements ciliaires.
De très nombreux agents de conservation connus peuvent être utilisés dans les compositions pharmaceutiques contenant de la calcitonine. Cependant, des expériences ont montré qu'ils ne sont pas tous appropriés pour une utilisation pratique dans un spray nasal contenant de la calcitonine. Ainsi, le chlorobutanol dosé à 0,6% dans les compositions pharmaceutiques nasales contenant de la calcitonine a exercé une action insuffisante vis à vis du Pen. steckii qui servait de mycète d'essai, plus de 3 jours étant nécessaires pour réduire le nombre des cellules à moins de 0,1%. De plus, on a trouvé que le chlorobutanol attaquait les bouchons en caoutchouc et autres joints utilisés dans les applicateurs par voie nasale et situés entre la pompe de pulvérisation et le flacon.
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En outre, le chlorobutanol à une concentration de 0,6% inhibe la fréquence des battements ciliaires de la trachée du rat de plus de 50% après 20 minutes, comme déterminé par microphotooscillographe suivant la méthode décrite par L. Chevance et coll., dans Acta Otolaryng. 70, 16-28 (1970). Ceux-ci ne sont que quelques exemples des effets défavorables que l'on peut rencontrer.
La Demanderesse a maintenant trouvé de façon surprenante qu'il est possible d'obtenir des compositions pharmaceutiques contenant une calcitonine comme substance active, qui correspondent aux normes de stabilité et de tolérance exigées pour une administration par voie nasale et qui conviennent parfaitement, par exemple, pour une utilisation dans des applicateurs délivrant des doses multiples sous forme d'un spray, par exemple les applicateurs capables de délivrer une série de doses unitaires sur une période de plusieurs jours ou semaines, en utilisant le chlorure de benzalkonium comme co-ingrédient et agent de conservation.
La Demanderesse a également trouvé de façon surprenante que l'utilisation de chlorure de benzalkonium, même à la concentration très faible exigée pour son utilisation comme agent de conservation, peut présenter des avantages bénéfiques en ce qui concerne les propriétés de résorption nasale des compositions contenant de la calcitonine et peut de ce fait augmenter la biodisponibilité en calcitonine par application par voie nasale.
Conformément a ce qui précède, la présente invention a tout d'abord pour objet une composition pharmaceutique administrable par voie nasale et comprenant notamment i) une calcitonine, et ii) du chlorure de benzalkonium, dans iii) un diluant ou véhicule liquide, approprié pour une application sur la muqueuse nasale.
L'expression"calcitonine", telle qu'utilisée dans la présente description, comprend dans un sens large non seulement les calcitonines naturelles, mais aussi leurs dérivés et analogues pharmacologiquement actifs, par exemple dans lequels un
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ou plusieurs des restes peptidiques présents dans le produit naturel est remplacé, ou dans lesquels le N ou le C terminal est modifié.
Les calcitonines préférées pour les compositions de l'invention sont les calcitonines de saumon, la calcitonine humaine, la calcitonine de porc et l'Elcatonine. Tous ces composés sont disponibles sur le marché et sont décrits dans la littérature ainsi que leur propriétés pharmacologiques.
Comme indiqué précédemment, la Demanderesse a trouvé que des résultats exceptionnellement bons, par exemple en termes de biodisponibilité et de durée de présence dans le plasma sanguin, sont obtenus en administrant de la calcitonine de saumon par voie nasale. La calcitonine de saumon est donc la calcitonine préférée pour une utilisation conforme à la présente invention.
On notera que les calcitonines utilisées selon l'invention peuvent se présenter sous forme libre ou sous forme de sel ou de complexe acceptable d'un point de vue pharmaceutique, par exemple sous forme de sel d'addition d'acide pharmaceutiquement acceptable. De tels sels ou complexes sont connus et possèdent un degré équivalent d'activité et de tolérance à celui des formes libres. Les sels d'addition d'acides appropriés pour l'utilisation selon l'invention comprennent, par exemple, les chlorhydrates et les acétates.
Le chlorure de benzalkonium est le nom communément utilisé pour les mélanges connus de sels d'ammonium quaternaires de formule générale C6H5-CH2-NR (CH3) 2Cl, dans laquelle R représente C8H17 à C18H37. Une concentration préférée du chlorure de benzalkonium dans les compositions de l'invention est comprise entre environ 0,002 et environ 0,02, plus préférablement environ 0,01% (p/v) de toute la composition.
Conformément à l'invention, les compositions mentionnées plus haut peuvent être appliquées sur la muqueuse nasale, par exemple sous forme de gouttes ou de spray. Toutefois, comme décrit ci-après, elles sont plus préférablement appliquées sous forme de spray, par exemple sous forme de gouttelettes finement divisées.
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Les compositions de l'invention peuvent naturellement comprendre aussi d'autres substances, par exemple des composés appartenant au groupe des agents tensio-actifs classiques utilisables d'un point de vue pharmaceutique. A cet égard, la Demanderesse a trouvé que l'utilisation d'agents tensio-actifs pour l'administration par voie nasale des calcitonines, en particulier de la calcitonine de saumon, peut augmenter la résorption via la muqueuse nasale et peut de ce fait augmenter la biodisponibilité En conséquence, la présente invention a également pour objet une composition adaptée à l'administration par voie nasale sous forme d'un spray liquide comprenant notamment i) une calcitonine, et iv) un agent tensio-actif approprié pour une application sur la muqueuse nasale, éventuellement avec ii) du chlorure de benzalkonium, dans iii) un diluant ou véhicule liquide,
approprié pour une application sur la muqueuse nasale.
Le diluant ou véhicule liquide (iii) utilisé dans les compositions de l'invention, c'est-à-dire comprenant le chlorure de benzalkonium ii) et/ou l'agent tensio-actif iv) comme composant nécessaire, est de préférence l'eau (pour usage pharmaceutique).
Plus préférablement il s'agit d'une solution aqueuse saline. Les compositions de l'invention sont formulées pour permettre l'administration par voie nasale. Pour cette raison, elles peuvent aussi contenir, par exemple, des quantités minimales de toute substance ou excipient supplémentaire quelconque désiré, par exemple des agents de conservation ou par exemple des stimulants ciliaires tels que la caféine. D'une manière générale, un pH légèrement acide est préféré pour une administration par voie nasale. Le pH des compositions de l'invention est compris de préférence entre 3 et 5, plus préférablement entre environ 3,5 et environ 4,5. On peut régler le pH en ajoutant un acide approprié tel que l'acide chlorhydrique.
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Les compositions de l'invention possèdent également une isotonie et une viscosité appropriées. Leur pression osmotique est de préférence comprise entre environ 260 et environ 380 mOsm/litre. La viscosité préférée pour les compositions de l'invention dépendra de la forme particulière d'administration, à savoir des gouttes nasales ou un spray nasal. Pour les gouttes nasales, la viscosité appropriée est comprise entre environ 2 et environ 40 x 10-3 Pa. S., par exemple entre 4 et 2 x 10-3 Pa. S. Pour un spray nasal, la viscosité sera avantageusement inférieure à 2 x 10-3 Pa. S., et sera par exemple comprise entre 1 et 2 x 10-3 Pa. S.
Lorsque les compositions de l'invention comprennent un agent tensio-actif classique, qu'elles contiennent ou non du chlorure de benzalkonium, il s'agira de préférence d'un agent tensioactif non-ionique. Les éthers polyoxyalkyléniques d'alcools supérieurs sont spécialement préférés, en particulier ceux correspondant à la formule générale (I)
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dans laquelle RO représente le reste d'un alcool supérieur, spécialement un alcanol supérieur ou un alkylphénol tels que l'alcool laurique ou cétylique, ou un reste stérolique, en particulier du lanostérol, dihydrocholestérol ou cholestérol, ainsi que des mélanges de deux ou plusieurs de ces éthers.
Les éthers de polyoxyalkylène préférés pour une utilisation selon l'invention sont les éthers de polyoxyéthylène et de polyoxypropylène, c'est-à-dire dans lesquels n signifie 2 ou 3 dans la formule ci-dessus, en particulier les éthers laurylique, cétylique et cholestérique de polyoxyéthylène et de polyoxypropylène, ainsi que des mélanges de deux ou plusieurs de ces éthers.
Le groupe hydroxy en bout de chaîne de tels éthers peut être acylé partiellement ou complètement, par exemple, par des restes acylé d'acides carboxyliques aliphatiques tels que l'acide acétique.
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Les éthers préférés sont ceux ayant une valeur HLB (balance hydrophile-lipophile) comprise entre environ 10 et environ 20, spécialement entre environ 12 et environ 16.
Les éthers particulièrement appropriés sont ceux dans lesquels le nombre moyen des séquences du reste polyoxyalkylène, représenté par x dans la formule ci-dessus, est compris entre 4 et 75, avantageusement entre 8 et 30, plus spécialement entre 16 et 26. Ces éthers peuvent être obtenus selon des méthodes connues. Un grand nombre de ces produits est disponible sur le marché et commercialisé, par exemple, par la firme Amerchol sous la marque SolulanR, par les firmes KAO Soap, ICI et Atlas sous les marques
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EmalexR, BrijR et LaurethR et par la firme Croda sous la marque CetomacrogolR-
Comme exemples d'éthers polyoxyalkylèniques appropriés on peut citer : (POE = éther polyoxyéthylénique ; POP = éther polyoxypropylénique ; x = Nombre moyen de séquences dans le reste POP/POE).
1. Ethers du cholestérol : 1.1 SolulanR C-24-POE, x = 24.
2. Ethers d'alcools lanoliniques : 2.1 SolulanR 16-POE, x = 16.
2.2 SolulanR 25-POE, x = 25.
2.3 SolulanR 75-POE, x = 75.
2.4 SolulanR PB-10-POE, x = 10.
2.5 SolulanR 98-POE, x = 10 - acyle partiellement.
2.6 SolulanR 97-POE, x = 9 - complètement acylé.
3. Ethers d'alcool laurylique : 3.1 EmalexR 709/LaurethR 9-POE, x = 9.
3.2 LaurethR 4/BrijR 30-POE, x = 4.
3.3 LaurethR 23/BrijR 35-POE, x =23.
4. Ethers d'alcool cétylique : 4.1 CetomacrogolR-POE, x = 20 à 24.
Les alcools lanoliniques sont aussi connus comme alcools gras de la laine et sont un mélange de cholestérol, de dihydrocholestérol et de lanostérol.
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Les éthers que l'on préfère utiliser dans les compositions de l'invention sont les éthers polyoxyéthylèniques du cholestérol, c'est-à-dire de formule 1 ci-dessus dans laquelle n signifie 2 et RO représente un reste de cholestérol, spécialement les éthers dans lesquels le nombre de séquences dans le reste polyoxyéthylènique est compris entre 16 et 26, et est plus préférablement d'environ 24.
Plus préférablement, ces éthers ne contiennent aucune impureté provenant en particulier d'autres éthers polyoxyalkylèniques. Ils contiennent de préférence au moins 75%, plus préférablement au moins 85%, et tout particulièrement au moins 90% en poids d'éther polyoxyéthylèmque du cholestérol à l'état pur.
Lorsqu'un agent tensio-actif est utilisé, par exemple un éther polyoxyalkylénique, la quantité présente dans les compositions de l'invention variera en fonction de l'agent tensio-actif particulier choisi, du mode d'administration choisi, par exemple, des gouttes ou un spray, et de l'effet désiré. Toutefois, la quantité présente est en général comprise entre environ 2,0 et environ 200 (de préférence jusqu'à environ 100, plus préférablement jusqu'à environ 20), avantageusement comprise entre environ 5 et environ 30 (de préférence jusqu'à environ 15), et est tout particulièrement d'environ 10 mg/ml.
La quantité de calcitonine présente dans les compositions de l'invention dépendra, bien sur, du type de calcitonine choisi, de la maladie à traiter, de la fréquence désirée d'administration et de l'effet désiré.
Comme indiqué dans l'exemple 2 suivant, on a trouvé de façon surprenante que la biodisponibilité de la calcitonine, en particulier de la calcitonine de saumon, telle que déterminée en termes de concentration dans le plasma sanguin à la suite d'une
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administration par voie nasale, était élevée et correspondait généralement à environ 50% des niveaux atteints par une injection intra-musculaire. Dès lors, elle sera administrée à des doses qui sont 2 fois ou plus, par exemple environ 2 à 4 fois la dose nécessaire pour un traitement par administration intra-pariétale,
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par exemple intra-musculaire.
Jusqu'à présent, tout traitement à la calcitonine, par exemple la calcitonine de saumon, était effectué par injection intra-musculaire, et à des doses unitaires d'environ 50 à 100 MRC (unités du Medical Research Council) appliquées environ 1 fois par jour à environ 3 fois par semaine. Pour l'administration par voie nasale, le traitement approprié comprend l'administration de doses comprises entre environ 50 et environ 400 MRC, plus préférablement d'environ 100 à environ 200 RMC, la fréquence variant entre 1 fois par jour et environ 3 fois par semaine. Comme indiqué plus haut, les doses seront administrées en une seule application, c'est-à-dire que le traitement consistera a administrer une seule dose par voie nasale comprenant d'environ 50 à environ 400 MRC, de préférence d'environ 100 à environ 200 MRC de calcitonine.
De telles doses peuvent aussi être réparties, par exemple en 2 à 4 applications par jour, la dose contenue dans chaque application étant alors comprise entre environ 10 et environ 200 MRC, de préférence entre environ 25 et environ 100 MRC.
La quantité totale de composition administrée à chaque application par voie nasale est avantageusement d'environ 0,05 à 0,15 ml, spécialement d'environ O, lml, en particulier 0,09 ml. Les compositions utilisées selon l'invention comprennent donc avantageusement d'environ 150 à environ 8000 MRC, de préférence
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d'environ 500 à environ 4000, plus préférablement d'environ 500 à environ 2500, et tout particulièrement d'environ 1000 à environ 2000 MRC de calcitonine par ml, par exemple de calcitonine de saumon.
Pour une administration par voie nasale, les compositions de l'invention sont mises de préférence dans un récipient disposant de moyens permettant l'application sur la muqueuse nasale de la composition qu'ils contiennent, par exemple un dispositif pour l'application nasale. Les dispositifs appropriés sont connus des spécialistes et comprennent ceux adaptés pour l'administration de compositions liquides sur la muqueuse nasale sous forme de gouttes ou de spray. Attendu que la dose délivrée en calcitonine doit être
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contrôlée aussi soigneusement que possible, on doit généralement préférer l'utilisation de dispositifs délivrant un spray pour lesquels la quantité administrée est soumise à une réglementation précise.
De tels dispositifs comprennent, par exemple, les dispositifs de pulvérisation, par exemple les pulvérisateurs à pompes et les bombes aérosols. Dans ce dernier cas, le récipient contient une composition de l'invention ainsi qu'un propulseur approprié pour l'application par voie nasale. Le dispositif de pulvérisation comprend un bouton poussoir approprié permettant la libération de la composition sur la muqueuse nasale ; de tels dispositifs sont bien connus des spécialistes.
Le récipient, par exemple le dispositif pour l'application par voie nasale, peut contenir assez de composition pour une dose nasale unitaire ou pour fournir des doses multiples, par exemple pour plusieurs jours ou semaines. Les doses délivrées sont de préférence telles qu'indiquées plus haut.
Conformément à ce qui précède, la présente invention a également pour objet : A. Un récipient contenant une composition pharmaceutique destinée à l'administration par voie nasale comprenant i) une calcitonine, et ii) du chlorure de benzalkonium, dans iii) un diluant ou véhicule liquide, approprié pour une application sur la muqueuse nasale, ledit récipient contenant des moyens permettant une application de la composition qu'il contient sur la muqueuse nasale, de préférence sous forme de spray ; B.
Un dispositif d'application contenant une composition pharmaceutique et des moyens permettant l'application de ladite composition sur la muqueuse nasale sous forme de spray, ladite composition comprenant i) une calcitonine, et iv) un agent tensio-actif approprié pour une application sur la muqueuse nasale, éventuellement avec ii) du chlorure de benzalkonium, dans
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iii) un diluant ou véhicule liquide approprié pour une application sur la muqueuse nasale ; Les récipients et dispositifs d'application tels que définis sous A et B sont avantageusement des dispositifs d'application de sprays par voie nasale. Ils permettent de préférence une application de la composition qu'ils contiennent en une quantité individuelle fixe, comprise entre environ 0,05 et environ 0,15 ml, par exemple d'environ 0,1 ml.
Les compositions appropriées ainsi que les divers composés (i), (ii), (iii) ou (iv) utilisés en relation avec les récipients/dispositifs d'application définis sous A et B sont décrits plus haut.
La présente invention comprend également un procédé de préparation d'une composition pharmaceutique liquide destinée a une administration par voie nasale comprenant i) une calcitonine, et ii) du chlorure de benzalkonium, et/ou iv) un agent tensio-actif approprié pour une application sur la muqueuse nasale, dans iii) un diluant ou véhicule liquide approprié pour une application sur la muqueuse nasale, ledit procédé consistant à mélanger intimement un composé (i) et un composé (ii) et/ou un composé (iv), par exemple en solution dans un composé (iii), et si nécessaire à introduire la composition obtenue dans un récipient muni de moyens permettant l'application de ladite composition sur la muqueuse nasale, sous forme de spray.
La stabilité des compositions de l'invention peut être déterminée selon les méthodes habituelles.
La teneur en calcitonine de la composition de l'invention sous atmosphère d'azote inerte se dégradera de moins de 10% en 2 ans à 20 C, comme les essais standards d'analyse l'ont montré.
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Ainsi, par exemple, la composition de spray nasal de l'exemple 1 ci-après a été stockée pendant 2 mois à SoC, 200C et 300C sous azote dans un récipient en verre. Aucune dégradation détectable (moins de 1%) de la calcitonine n'a été observée à 5 C et
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20 C. A 300C on a observé une dégradation de 4%, ceci ne dépassant pas la valeur escomptée pour une solution aqueuse pure. Ces résultats indiquent une stabilité suffisante, c'est-à-dire une dégradation inférieure à 10% en l'espace de 2 ans sous azote et dans un récipient scellé.
Les compositions de l'invention contenant du chlorure de benzalkonium sont aussi stables vis à vis de la contamination par des microbes, comme l'indiquent des essais classiques, par exemple en suivant les procédés mis au point par S. Urban et coll., dans Zbl. Bakt. Hyg. 1 Abt. Orig. B. 1972, p. 478-484 (1981) et S. Urban, dans Acta Pharm. Technol. , p. 247-253 (1976). Par exemple, le nombre des cellules de bactéries classiques, à savoir E. coli ATCC 8739, Pseud. aeruginosa ATCC 9027, Staph. aureus ATCC 6538, Strept. pyogenes ATCC 8668, et les mycètes classiques tels que Cand. albicans ATCC 10231, Sacch. cerevisae ATCC 9763, Aspergillus niger ATCC 16404 et Pen. steckii ATCC 10499, est réduit à 0,1% ou moins dans les 24 heures qui suivent l'inoculation, comme l'ont montré les essais classiques.
A l'occasion d'un essai de stabilité, la composition de spray nasal de l'exemple 1 ci-après a été stockée à 30 C pendant 3 mois sous atmosphère d'azote dans un récipient en verre. On a ajouté des bactéries telles que Pseud. aeruginosa ATCC 9027, Staph. aureus ATCC 6538, Strept. pyogenes ATCC 8668 et les mycètes Cand. Albicans ATCC 10231, Sacch. cerevisae ATCC 9763, Aspergilles niger ATCC 16404 et Pen. steckii ATCC 10499 pour obtenir un nombre de cellules d'environ 2 x 105 organismes dans le liquide inoculé. En l'espace de 2 heures, le nombre des cellules était passé à moins de 0,1% et 4
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semaines plus tard, aucune cellule ne pouvait être détectée.
De plus, les compositions sont bien tolérées comme l'indiquent les essais classiques, où l'on observe une inhibition de la fréquence des battements ciliaires inférieure à 50% jusqu'à 20 minutes après l'administration, comme déterminée par microphotooscillographie selon la méthode de L. Chevance et col1., décrite dans Acta Otolaryng. 70, p. 26-28 (1970).
Les essais cliniques classiques ont aussi indiqué qu'il n'y avait pas ou peu de sensation de picotement et que la stabilité contre la contamination pendant l'utilisation était bonne.
Les exemples qui suivent illustrent l'invention sans en limiter la portée.
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EXEMPLE 1 Composition contenant de la calcitonine de saumon appropriée pour une administration par voie nasale :
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<tb>
<tb> Composés <SEP> Quantité <SEP> (par <SEP> ml)
<tb> 1) <SEP> calcitonine <SEP> de <SEP> saumon <SEP> (substance <SEP> 0,1375 <SEP> mg
<tb> active)
<tb> excès <SEP> de <SEP> 10% <SEP> 0, <SEP> 01375mg
<tb> 0, <SEP> 15125mg
<tb> 2) <SEP> NaCl <SEP> 7,5 <SEP> mg
<tb> 3) <SEP> chlorure <SEP> de <SEP> benzalkonium <SEP> 0,1 <SEP> mg
<tb> 4) <SEP> HCl <SEP> (IN) <SEP> ajouté <SEP> jusqu'à <SEP> pH <SEP> 3,7
<tb> 5) <SEP> eau <SEP> distillée <SEP> q. <SEP> s. <SEP> p. <SEP> 1, <SEP> 0m') <SEP>
<tb>
Les composés 1 à 3 sont combinés sous protection d'azote (sur une balance afin d'obtenir un volume final de 2500 ml) selon les méthodes habituelles, et on ajoute 10% de calcitonine de saumon pour compenser la perte due à la filtration.
On ajoute ensuite le composé 4) pour amener le pH à 3,7 et de l'eau distillée pour obtenir un volume final de 2500 ml. On filtre la solution obtenue (par exemple en utilisant un filtre de 0,2 m) pour obtenir une composition appropriée pour l'application par voie nasale et pour le remplissage dans un dispositif d'application de spray par voie nasale avec 2 ml de solution. La composition contient environ 550 MRC de substance active par ml, et le dispositif libère 55 unités par application.
EXEMPLE 2 Etude de biodisponibilité relative : administration par voie nasale/injection intra-musculaire de calcitonine de saumon
L'étude est effectuée avec 12 volontaires en bonne santé, 6 hommes et 6 femmes, d'un poids de 50 à 85 kg. Chaque sujet reçoit 4 administrations de calcitonine de saumon, 1 par voie intra-musculaire et 3 par voie nasale, l'administration étant effectuée aux doses suivantes :
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A. par voie nasale : Al. 55 MRC
A2. 110 MRC
A3.220 MRC B. par voie intra-musculaire : 50 MRC
L'administration par voie nasale est effectuée en utilisant la composition de l'exemple 1 et un dispositif d'application libérant un aérosol de 55 MRC par dose. Pour l'administration le sujet est allongé sur le dos la tête inclinée en arrière pendant 5 minutes et doit se moucher le nez immédiatement avant.
L'administration intra-musculaire est effectuée par injection dans le muscle moyen fessier d'une seule dose de l ml d'une composition similaire à celle de l'exemple 1, mais sans chlorure de benzalkonium et contenant 50 MRC.
Chaque sujet reçoit les 4 administrations selon une liste de randomisation et on laisse au moins un intervalle de 3 jours entre les administrations consécutives. Chaque administration est effectuée le matin après un petit déjeuner léger, ne comportant ni lait, beurre ou fromage. Chaque sujet reçoit ensuite 100 ml d'eau ou de jus d'orange d'heure en heure afin de maintenir l'élimination urinaire mais toute nourriture lui est interdite pendant au moins 4 heures après le traitement.
Des prises de sang sont faites avant l'administration (contrôle) et à intervalles de 5,15, 30,60, 90,120, 180,240, 360 et 480 minutes après. Pour le contrôle, on prélève 20 ml de sang, alors que 2 ml suffisent pour chaque autre prise de sang.
La concentration de calcitonine de saumon dans chaque sérum est mesurée par la méthode radio-immunologique de dosage. On contrôle la tension pendant l'essai et on analyse l'urine pour détecter les réactions défavorables possibles. On note l'apparition d'effets secondaires, par exemple des symptômes de nausée.
L'aire sous la courbe (ASC) pour la concentration dans le plasma de calcitonine de saumon est calculée statistiquement, une fois en utilisant toutes les valeurs, y compris celles situées en dessous de la limite de détection de 26 pg/ml, une fois avec les
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valeurs situées en dessous de la limite de détection lue 0. On détermine également la concentration maximale de plasma et le moment où on Ta atteint. La biodisponibilité relative pour une administration par voie nasale est déterminée à partir de la
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dose relative normalisée ASC (c'est-à-dire basée sur 50 MRC) à la suite d'une administration par voie nasale et par voie intra-musculaire.
Les résultats obtenus indiquent que les valeurs ASC après l'administration de 110 et 220 MRC par voie nasale, sont comparables à celles obtenues après l'administration de 50 MRC par voie intra-musculaire, les taux de sérum pour la calcitonine de saumon demeurant au dessus de la limite de détection 8 heures après l'application par voie nasale de 110 MRC et 6 heures après l'administration par voie intra-musculaire de 50 MRC. Aucun effet secondaire défavorable n'a été constaté après les administrations
EMI18.2
par voie nasale, même à la dose la plus élevée (220 MRC).
EXEMPLE 3 Compositions contenant de la calcitonine de saumon appropriées pour une administration par voie nasale Composition no Quantité de calcitonine de saumon utilisée
EMI18.3
<tb>
<tb> 3a <SEP> 0,06875 <SEP> mg/ml
<tb> 3b <SEP> 0,275 <SEP> mg/ml
<tb> 3c <SEP> 0,55 <SEP> mg/ml
<tb> 3d <SEP> 1,1 <SEP> mg/ml
<tb>
Les compositions sont préparées de manière analogue à celle décrite à l'exemple 1 en utilisant les mêmes quantités de composés 2) et 3) (respectivement 7,5 mg et 0,1 mg/ml), en ajustant le pH à 3,7 avec le composé 4) et en ajoutant le composé 5) jusqu'à atteindre le volume final requis.
La composition obtenue contient environ 250 (composition 3a), 1000 (3b), 2000 (3c) et 4000 MRC (3d) de substance active/ml et est versée dans un dispositif d'application de spray par voie nasale libérant 0,2 ml de composition par pulvérisation, soit 25,100, 200 et 400 RMC/pulvérisation pour les compositions 3a, 3b, 3c et 3d
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respectivement. On notera bien sûr que lorsque des préparations de calcitonine de saumon de diverses activités sont utilisées, des quantités différentes peuvent être requises pour atteindre la concentration désirée exprimée en MRC.
EXEMPLE 4 Compositions contenant de la calcitonine de saumon et un agent tensio-actif non-ionique convenant pour une administration par voie nasale
Les compositions sont préparées de manière analogue à celle décrite à l'exemple 1 mais en ajoutant les composés suivants :
EMI19.1
<tb>
<tb> Composition <SEP> Compose <SEP> supplémentaire <SEP> quantité
<tb> 4a <SEP> éther <SEP> polyoxyéthylènique <SEP> du
<tb> cholestérol <SEP> : <SEP> x=24 <SEP> 30 <SEP> mg/ml
<tb> 4b <SEP> éther <SEP> polyoxyéthylènique <SEP> du
<tb> cholestérol <SEP> : <SEP> x=24 <SEP> 10 <SEP> mg/ml
<tb> 4c <SEP> éther <SEP> polyoxyéthylènique <SEP> de
<tb> l'alcool <SEP> cétylique <SEP> : <SEP> x=20 <SEP> à <SEP> 24 <SEP> 100 <SEP> mg/ml
<tb>
Les compositions sont versées dans un dispositif d'application par voie nasale comme décrit a l'exemple 1.
EXEMPLE 5 Etude comparative de biodisponibilité pour les compositions des exemples 1 et 4a
On administre par voie nasale à des singes rhésus 0,2 ml de la composition 1 ou 4a au moyen d'un dispositif d'application de spray par voie nasale (0,1 ml par narine) ce qui correspond à une dose d'environ 100 MRC de calcitonine de saumon par singe, et on mesure les taux de calcitonine de saumon dans le plasma pendant les 6 heures qui suivent. 3 essais sont effectués par composition, et les résultats combinés sont rapportés sur un graphique. Les résultats (voir le graphique ci-après) indiquent que la biodisponibilité des deux compositions (aire sous la courbe) est pratiquement équivalente, le niveau maximal étant atteint un peu plus tôt avec la composition de l'exemple 4a.