Cire à cacheter. Les cires à cacheter ordinairement em ployées en bâtons ou en pains présentent l'inconvénient qu'il faut avoir un appareil pour les chauffer. On a déjà cherché à ob vier à cet inconvénient en munissant les bâ tons d'une mèche en matière fibreuse, à la façon de bougies. Ces bâtons ont cependant le désavantage que la mèche ne peut fournir la chaleur nécessaire à la fusion de la masse de cire, de sorte que c'est cette dernière qui, en brûlant, donne la chaleur voulue pour amener à l'état semi-fluide la partie du bâ ton que l'on applique sur l'objet à cacheter. Cela ne va pas sans une petite carbonisation et décomposition de cire, très désagréable, et une durée beaucoup trop longue de l'opé ration.
On n'avait pas encore pensé à munir la cire (composition dite cire à cacheter) d'un combustible qui, par sa combustion propre, en produise la fusion voulue.
La cire pour cachets suivant la présente invention est caractérisée par la combinaison d'une composition dite cire à cacheter avec un corps combustible solide, formé au moins pour sa plus grande partie, d'une substance combustible volatile, lequel dit corps com bustible est de préférence capable de brû ler à sa surface sans que la masse sousja- cente fonde, ce corps étant placé dans ou à la surface de la cire et combiné de telle façon avec elle, qu'il en soit solidaire et puisse fa cilement être enflammé.
Ce corps combus tible peut être avantageusement formé, au moins pour sa plus grande partie, d'une al déhyde polymérisée, de préférence le pro duit connu sous le nom de Méta. On pourra aussi employer, comme corps combustible, d'autres produits ayant les propriétés sus mentionnées.
Dans ce qui suit, on a supposé que le combustible employé est la métaldéhyde (Métal); il va de soi cependant que l'inven tion n'est pas limitée à l'emploi de ce corps et qu'un autre combustible ayant les pro priétés énoncées pourrait aussi être utilisé.
La cire peut être sous forme de bâtons avec une tige de méta disposée à l'intérieur à la façon du graphite d'un crayon; cette tige peut être soit placée au centre, soit plus ou moins excentrée. On peut aussi disposer la cire sous forme de pastilles formées, soit d'une cire d'une seule couleur, soit d'une cire de plusieurs couleurs, de façon à représenter par exemple des couleurs nationales ou bla sons, présentant, à leur face supérieure, des rainures dans lesquelles est noyée une petite quantité de méta. Le méta peut aussi être simplement posé sur la cire. Chacune de ces pastilles forme ainsi déjà un petit cachet qu'il suffit de poser à l'endroit voulu et d'allumer; lorsque le méta a brûlé, la cire est fondue et on peut alors former le sceau voulu par application du cachet.
La partie supérieure de la pastille peut avantageuse ment être enrobée par une très légère pellicule de celluloïd ou d'un autre corps très facile ment inflammable de façon à communiquer simultanément le feu à toute la surface su périeure de la pastille; cette dernière peut aussi avoir la forme d'écusson. Soit le Méta, soit la pellicule destinée à lui com muniquer le feu, soit enfin la. cire elle-même peuvent être additionnés de substances ou d'essences aromatiques de façon à parfumer les objets à cacheter ou à produire une odeur agréable lors du cachetage. La masse d'al déhyde peut éventuellement aux fins d'être plus facilement noyée, être agglomérée autour d'un noyau adéquat, fibreux ou non.
La com position de la cire peut être la même que celle des cires à cacheter ordinaires, ou être rendue plus facilement fusible. L'emploi d'une cire fondant facilement est rendu pos sible par le fait qu'il n'y a plus à craindre que des gouttes de cire viennent tomber sur un objet servant à la chauffer (une bougie par exemple), puisque celui-ci est supprimé.
La cire à cacheter conforme à l'invention présente les multiples avantages énumérés ci-dessous: 10 Une grande commodité d'emploi résul tant de la suppression d'un combustible ex térieur au bâton.
20 La grande propreté: on peut dorénavant cacheter ses lettres sans craindre de les ma culer.
<B>30</B> La couleur des cachets obtenus est iden tique à la couleur de la cire employée, ce qui provient de ce que la cire n'est plus, dans ce nouveau procédé, portée à des tempéra tures assez hautes pour altérer ses éléments constitutifs, spécialement la. chaleur. Il en résulte que les cachets faits avec la, nouvelle cire sont beaucoup plus beaux que les autres.
40 On peut obtenir un abaissement non négligeable du prix de la cire en suppri mant des matières qui, dans les cires habi tuelles, sont destinées à entretenir la com bustion.
50 La cire à cacheter conforme à l'inven tion a également le grand avantage, du fait que la cire est simplement amenée à l'état de fusion et non plus, comme c'est le cas avec la cire habituelle, à la combustion, de sup primer le risque de brûler les actes et les titres contenus dans les lettres à cacheter, comme cela arrive parfois avec la cire habi tuelle.
Une cire donnant de bons résultats peut avoir., par exemple, la composition suivante:
EMI0002.0004
Térébenthine <SEP> de <SEP> Venise <SEP> 5 <SEP> parties
<tb> Colophane <SEP> 45 <SEP> parties
<tb> Gomme <SEP> laque <SEP> 15 <SEP> parties
<tb> Plâtre <SEP> de <SEP> Paris <SEP> 30 <SEP> parties
<tb> Cinabre <SEP> 5 <SEP> parties Le dessin annexé représente, à titre d'exemple, deux formes d'exécution de l'objet de l'invention: La fig. 1 montre un bâton ordinaire muni d'une âme en Méta Les fig. 2 et 3 sont des variantes; La fig. 4 montre une pastille vue de dessus; La fig. 5 montre la même pastille en coupe.
Pour la préparation des bâtons, on pourra, par exemple, former ceux-ci soit par moulage, en deux parties, dont une présente une rainure destinée à recevoir la. baguette de Méta et l'autre viendra s'appliquer sur la. face formée par la cire et le méta, ces par ties étant soudées ensuite par la. chaleur, soit en coulant la cire en fusion dans des moules avec noyau pour réserver la place voulue pour la, baguette de méta, Il est bon que ledit noyau soit déplacé pendant le refroi- dissement de la cire, afin d'éviter toute ad hérence.
Il est avantageux de travailler à l'aide de moules multiples, c'est-à-dire pré- seiitant plusieurs cavités de moulage dispo- sées parallèlement. Les noyaux formés de tiges parallèles traversant les parois extrê mes du moule, peuvent alors être reliés à une même barre transversale, à la façon des dents d'un peigne. Le mouvement de va-et- vient des noyaux peut leur être donné par une came rotative agissant sur la barre transversale, et par un ressort de rappel.
Au lieu de faire mouvoir les noyaux pendant le refroidissement, on pourrait aussi, après re froidissement, réchauffer rapidement les noyaux de façon à fondre la cire qui pour rait y avoir adhéré et permettre ainsi la sortie du noyau. Ceci pourrait être fait, par exemple, en faisant passer un courant élec trique à travers ces noyaux formant conduc teur, ou en munissant ces derniers d'une ré sistance intérieure par laquelle on ferait pas ser le courant. Lesdits noyaux peuvent avan tageusement être en fonte de fer ou autre métal bon marché avec lequel la cire adhère le moins possible.
L'introduction des baguettes de méta dans les bâtons peut être faite en disposant celles-ci dans les rainures parallèles d'une plaque, rainures dans le prolongement des quelles on place les trous des bâtons. Plu sieurs baguettes peuvent être ainsi introduites simultanément en les poussant à l'aide d'un organe mobile qui peut présenter des dents glissant dans les rainures. Il est bon que la baguette de méta forme de la dixième à la vingt-cinquième partie du bâton. Le même bâton pourrait contenir 2 ou plusieurs ba guettes de méta.
Il peut être avantageux, pour assurer une utilisation complète des bâtons de cire, de les munir d'un talon de bois ou autre matière adéquate, formé de deux branches réunies par un dos et entre lesquelles on engage le bout du bâton (fig. 2).
Pour la formation des pastilles, on peut recouvrir des tablettes de cire d'une compo sition formée de méta en poudre aggloméré de préférence à chaud, dans une solution très concentrée de colophane dans de l'alcool. Une telle composition pourrait aussi être employée pour former les baguettes à met tre dans les bâtons.
Sous la dénomination de "cire à cache ter", on entend toute matière solide servant à faire des cachets et devant être préalable ment ëhauffée dans ce but.