Procédé d'obtention de corps d'aspect nacré et chatoyant. La présente invention a pour objet un procédé de fabrication permettant d'obtenir (les corps d'aspect nacré et chatoyant, .dont le dessin peut être déterminé à l'avance.
Selon ce procédé, on utilise une matière plastique contenant en suspension des parti cules brillantes de forme aplatie, oriente ces particules parallèlement à la surface de la. inase, puis modifie localement et de place en phice l'orientation desdites particules de fa- (:()Il à créer des zones de .désorientation se tra- duisant. à l'aeil par des vallonnements con formes au dessin désiré.
La matière plastique à mettre en oeuvre peut consister en celluloïd, acétate de cellu lose, galalithe ou toute matière analogue dans laquelle ont été incorporées, par malaxage par exemple, des particules brillantes, telles que de l'essence d'Orient, des cristaux divers naturels ou artificiels, des poudres métalli ques, etc. et en général toutes particules bril lantes de forme aplatie.
Il est déjà. connu de produire des lames matières plastiques contenant des parti- vides brillantes orientées à plat, c'est-à-dire parallèlement à la surface de la lame, notam ment par l'un des procédés décrits aux bre vets suisses nos 107045 et 125588; par exem ple, on étire la masse plastique en lames d'une épaisseur d'environ 1 à 2 centimètres, ou plus si nécessaire, de telle façon que les particules brillantes y soient orientées toutes parallè lement les unes aux autres ou tout au moins parallèlement à la surface des lames en question.
Dans ces conditions, la surface de la lame offre une apparence uniformément bril lante et un aspect lisse, régulier, sans au cune ondulation, aspect rappelant l'éclat de la perle plutôt que celui de la nacre.
Suivant un mode de mise en oeuvre du procédé suivant l'invention, on amène d'abord la masse plastique contenant en suspension les particules brillantes sous la forme de lames dans lesquelles les particules sont orientées parallèlement entre elles et paral lèlement à la surface de ces lames, puis on irocède à. la désorientation systématique des p, ticules en agissant sur ces lames, alors qu'elles sont encore molles, au moyen de ma- trices, d'outils, de cylindres pourvus de sail lies convenables, etë.
Suivant un autre mode, on refoule la masse plastique contenant les particules en suspension à travers une filière conformée de façon à produire en une seule opération d'a bord l'orientation uniforme des particules puis leur désorientation systématique; le pro fil transversal de cette filière peut varier suivant qu'on. veut former des lames, des tu bes, des prismes, des bâtons, des joncs, etc.; mais, dans le sens de l'écoulement de la ma tière plastique, une filière de ce genre com portera trois zones successives afin de pro duire les effets d'orientation et de désorien tation voulus ainsi qu'il sera expliqué plus loin.
Le dessin annexé représente, schématique ment et à titre d'exemple, quelques formes d'exécution d'un dispositif pour la mise en aeuvre du procédé.
La fig. 1 est une coupe transversale d'une matrice employée pour la déformation d'une lame de matière plastique dont les particules brillantes ont été orientées à plat, afin de modifier systématiquement l'orientation des particules incluses; La fig. 2 est une vue en plan de la même matrice;
La fig. 3 montre, en coupe transversale, une lame de matière plastique dont, les par ticules brillantes ont été orientées à plat, comprimée entre une matrice et une contre- matrice; La fig. 4 montre, en coupe transversale, une autre forme de matrice enfoncée dans une lame de matière plastique dont les parti cules brillantes ont été préalablement orien tées à plat; La fig. 5 est un plan schématique d'une partie de feuille de matière plastique obtenue par tranchage d'un bloc; La fig. 6 est une coupe longitudinale d'une filière permettant d'obtenir des pris mes nacrés dont la surface présente des pla ges chatoyantes moutonnées.
Pour mettre en ceuvre l'invention, on peut par exemple procéder comme suit: Pour l'obtention; par tranchage :d'un bloc, de feuilles rappelant par leur aspect la sur face moutonnée d'une eau légèrement agitée, il suffira de fabriquer une matrice 1 soit en bois, soit en toute autre matière convenable, offrant en relief l'aspect qu'on se propose d'obtenir sur les feuilles de matière plas tique planes,, c'est-à-dire des parties saillan tes 2 et des creux 3 (fig. 1 et 2).
Le relief de cette matrice peut être rela tivement faible, car les particules brillantes incluses dans la masse se comportent à la façon de miroirs, et l'on sait qu'un déplace ment angulaire de N degrés se traduit, pour l'oedl, par un déplacement de 2N degrés.
Une lame de matière plastique dont les par-' ticules brillantes ont été orientées préalable ment à plat sera placée encore molle sur cette matrice 1 et pressée contre elle à l'aide d'une contre-matrice 5 épousant exactement ses re liefs.
L'ensemble sera soumis à une pression assez faible pour que la matière n'ait pas ten dance à fuir sur les bords, mais suffisante cependant pour que la lame se déforme en épousant les saillies des deux matrices entre lesquelles elle est incluse.
On obtient ainsi une lame de surface gon dolée ayant exactement les reliefs et les creux de la matrice. Dans cette lame, les particules ont suivi le mouvement de déformation tout en restant parallèles à la sur face. Elles sont donc légèrement obliques par rapport à un plan idéal X-X passant à travers cette lame (voir fig. 3 où les traits discontinus parallèles à la surface ondulée de la lame indiquent la direction générale des particules brillantes).
Pour constituer un bloc, on produira la quantité nécessaire de lames toutes sembla bles et pouvant par conséquent s'emboîter toutes les unes sur les autres. Au fond de la presse à bloc, on placera la matrice 1 qui a servi au gaufrage des lames, puis on entas sera celles-ci très exactement les unes sur les autres, en ayant soin qu'elles remplissent de façon absolue tout l'espace disponible. Par dessus on placera la contre-matrice 5 et on soumettra l'ensemble à la pression voulue pour obtenir la soudure.
Lors du tranchage du bloc ainsi obtenu, le couteau intéressera des zones d'orientation variable par rapport au plan de sectionnement tel que X-X par exemple et l'on obtiendra des feuilles planes donnant, en raison du pouvoir réflecteur des particules incluses, exactement l'aspect mou tonné de la matrice.
De même qu'on peut varier à l'infini le galbe de la matrice, on peut également va rier à l'infini les mouvements obtenus. On peut même, pour y apporter quelque im prévu, placer les feuilles, non plus exacte ment les unes sur les autres, bosses contre creux indéfiniment, mais les renverser de fa çon à désorganiser plus ou moins les mouve ments durant le pressage.
Pour obtenir à coup -sûr l'effet cherché, il est absolument indispensable, comme il a été -dit ci-dessus, que les feuilles remplissent exactement le vide de la presse à bloc; s'il n'en était pas ainsi, c'est-à-dire s'il existait des vides entre les parois latérales de la presse et les lames qui y sont entassées, la matière s'écoulerait pour remplir ces vides lors du pressage, et il se formerait, en cer tains points, des courants parallèles à ces pa rois verticales et, par conséquent, la matière serait plus ou moins désorientée sur les bords; la présence de régions non chatoyantes obli gerait de découper les feuilles, d'où, par con séquent, production de déchets.
Ce procédé peut être simplifié du fait qu'on peut donner à. la lame dont les parti cules brillantes ont été orientées à plat un aspect mouvementé en la comprimant de place en place pour y créer des excavations clé forme quelconque: arrondies, ovalaires, si nueuses. Ces excavations n'ont pas besoin d'être très profondes, bien au contraire, la moindre déformation de la surface trouble, en effet, l'ordonnance des particules qui ne reviennent jamais à leur première position et il en résulte, après soudure en bloc et tranchage, l'aspect chatoyant voulu.
On peut, tout aussi bien, se proposer d'ob tenir une feuille à larges mouvements on dulés, reproduisant l'aspect de la nacre d'huître perlière, qu'une matière chaa- toyante de fantaisie, d'un dessin quelconque, et la technique sera tout aussi simple.
Si on veut, par exemple, réaliser une feuille nacrée rappelant par ses dessins la peau de crocodille, on prend la lame 4 dont les particules brillantes ont été orientées à plat, encore molle, et on y enfonce une ma trice 6 à nervures minces, sinon tranchantes, analogue à celles qui servent à découper les biscuits, mais de dessin approprié (fia. 4). On créera ainsi dans la masse, sous l'action de la. matrice 6, des sillons de désorientation qui subsistent indéfiniment.
Une série de lames ainsi traitées seront placées les unes sur les autres dans la presse à bloc pour être soudées, en une masse com pacte. Celle-ci sera, une fois refroidie, tran chée en feuilles. Sur ces feuilles on consta tera que les traces produites par les nervures de la matrice persistent sous forme de lignes ou de réseaux de désorientation suivant le dessin désiré. Dans la fig. 5, les quadrila tères représentent les zones chatoyantes et les interstices les zones de désorientation corres pondant aux nervures de la matrice.
Il va sans dire que l'invention n'est pas limitée à ces deux formes d'exécution et que les moyens -de mise en aeuvre du procédé peuvent varier à l'infini. On peut imaginer de passer la lame dont les particules brillan tes ont été orientées, entre deux cylindres conjugués, offrant en creux et en relief un dessin quelconque, ou de la modeler au rou leau, ou de la gondoler même par un procédé quelconque, tel que l'exposition sur une plâ- que chauffée, ou même, en chauffant cette lame à une température suffisante, de provo quer l'évaporation du solvant, ce qui se ma nifeste par la formation de bulles ou cavités analogues à celles qu'on observe dans la pâte de pain convenablement levée.
Dans tous les cas, l'orientation nouvelle apportée aux particules subsiste, même après soudure des éléments dans la presse à bloc. Cette orientation sera simplement atténuée si on ne place pas ,dans la presse les matrices employées pour l'orientation.
De même, l'invention n'est pas limitée à l'obtention de feuilles d'aspect nacré par tranchage .d'un bloc constitué d'éléments pré parés comme ci-dessus.
On peut parfaitement obtenir l'orientation à plat et la désorientation partielle, nécessaire pour donner l'aspect moutonné cherché, en une seule opération.
Il suffit pour cela d'employer une filière dont les parois ne soient pas régulières et lisses sur toute leur étendue.
Pareille filière doit comporter, depuis son origine jusqu'à son orifice, trois zones suc cessives, -à savoir: Une zone de surface unie, une zone de surface mamelonnée, c'est-à-dire comportant de légères saillies réduisant de place en place sa section, et enfin une zone de surface lisse jusqu'à l'orifice.
Dans la première zone, les particules de forme aplatie contenues dans la masse plas tique forcée par pression s'orientent à plat.
Dans la zone intermédiaire, le frottement sur les saillies provoque la formation de re mous entraînant la désorientation partielle des particules brillantes.
Dans la troisième zone, la masse plasti que reprend une épaisseur régulière en raison de sa plasticité même, de sorte qu'elle sort sous la forme d'une lame d'épaisseur uni forme, mais la. trace des remous subsiste sous forme d'ondulations dues à l'inclinaison des particules par rapport à la surface, cela à condition toutefois que les saillies ne soient pas trop éloignées de l'orifice de sortie.
L'effet obtenu pourra, bien entendu, être varié suivant les formes des saillies 8, leur nombre, leur relief et leur position dans la filière 7.
Pareille filière, suivant la forme de sa section et ses dimensions, peut être utilisée soit pour l'obtention de lames élémentaires utilisables ultérieurement pour la construc tion d'un bloc destiné à être tranché, soit pour l'obtention de prismes, bâtons, ou joncs di rectement utilisables après séchage pour la fabrication d'objets divers tels que manches de couteaux, etc.
Il est bien entendu que la mise en #uvre du procédé ci-dessus décrit n'est pas limi tée à l'exemple de l'essence d'Orient et à une seule matière plastique et qu'il s'applique également @à toutes les particules brillante orientales telles que le mica ou autres cris taux naturels ou artificiels, poudres métal- liques, etc. et en général à toutes les parti cules réfringentes ou brillantes dont la forme aplatie se prête à l'orientation.