Moteur électrique perfectionné pour la commande individuelle par courroie de métiers à tisser et autres machines analogues. La commande des métiers à tisser exige une certaine élasticité destinée à adoucir la rudesse du coup de chasse de la navette.
Lorsque les métiers sont commandés par transmission, cette élasticité est obtenue par la longueur de la courroie qui s'étire sous l'effort et par le réglage de sa tension à une valeur telle, que le glissement sur la poulie pendant l'instant de la chasse provoque une perte pouvant atteindre 5 à 10 tours par minute, entre la marche à vide (sans navette) et la marche normale du métier, selon le nombre de tours de celui-ci et le genre du tissu.
Dans la commande individuelle, où le petit moteur électrique se place à terre à côté du métier, la faible longueur de la courroie oblige le constructeur à monter le moteur sur un pied élastique comportant un ressort au moyen duquel on règle le glisse ment de la courroie au degré voulu. Ce système présente l'inconvénient, sur tout pour les métiers à marche lente, que la courroie, à cause de la petitesse de l'entre- axes et du grand diamètre de la poulie du métier, enveloppe très peu la petite poulie du moteur, quelquefois à peine de 120'.
Il en résulte qu'elle doit être tendue exagérément au détriment de sa conservation et de celle des paliers, de manière à assurer un démar rage du métier assez rapide pour qu'au premier coup de chasse, la navette traverse sûrement la foule. Dans la plupart des cas, l'on ne peut pas y arriver, et le tisserand est obligé d'aider au démarrage en tirant sur le battant, sinon la chasse est insuffisante et souvent même la courroie tombe de la poulie à cause du trop fort glissement.
Il n'est pas possible de remédier à cet inconvénient par un galet 'enrouleur sur le brin mou de la courroie comme il est d'usage, parce que dans le cas où la navette reste prise dans la foule par accident, l'arrêt bru- tal qui en résulte, surtout dans les métiers à peigne fige, occasionne des ruptures de courroie ou d'arbre par suite de l'inertie du rotor du moteur.
La commande par engrenage proposée pour tourner cette difficulté et qui nécessite pour la raison énumérée ci-dessus un em brayage centrifuge glissant automatiquement sous une forte surcharge est encombrante, coûteuse et demande une grande précision de montage.
Le moteur électrique qui fait l'objet de la présente invention a pour but de conserver tous les avantages de la commande par courroie: élasticité, simplicité, bon marché et d'en éliminer tous les inconvénients.
Suivant l'invention le stator du moteur oscille autour de son axe, lequel stator com porte un galet enrouleur venant appuyer sur le brin dur de la courroie, sous l'effet d'un organe exerçant un effort sur le stator.
Une forme d'exécution en est représentée au dessin ci-annexé, donné à titre d'exemple, en élévation de côté dans la fig. I, et en élévation de face avec coupes partielles dans la fig. II.
Le stator a oscille librement autour de son axe et porte un galet enrouleur b qui appuie sur le brin dur c de la courroie, sous l'effort d'un ressort d fixé à l'une de ses extrémités dans le stator a, et à l'autre à un collier de réglage e pouvant tourner con centriquement à l'axe du moteur et être fixé sur une portée circulaire fixe du support f.
Sous l'effet de ce ressort réglable, le ga let appuie sur le brin dur c de la courroie commandant la poulie g du métier tournant dans le sens de la flèche h, et enveloppant la poulie i du moteur électrique. Grâce à cet enveloppement assez grand, jusqu'à 2200, la tension de la courroie peut être relativement faible et réglée facilement par le collier e commandant le ressort, de manière à obtenir le glissement voulu de la courroie pour une bonne marche souple et élastique.
Pendant le démarrage, le couple de réac tion sur le stator a, fait osciller ce dernier dans le sens de la flèche k, augmente ainsi la tension de la courroie au moyen du galet b et assure un démarrage sans aucun glis sement, assez énergique pour que le coup de main du tisserand mentionné ci-dessus soit devenu superflu.
Lors d'un arrêt brusque du métier, pro voqué par la navette restée dans la foule par accident, la tension subite du brin dur c de la courroie fait pivoter le stator a dans le sens contraire à celui de la flèche k, d'où il résulte automatiquement la libération de la poulie i du moteur, lequel continue à tourner avec une faible charge pendant l'instant très court qui s'écoule entre l'arrêt du métier et l'ouverture de l'interrupteur commandant le moteur.
L'invention décrite en regard du dessin annexé, à titre d'exemple, peut naturellement s'appliquer à des moteurs électriques de for mes et de puissances diverses.
Le ressort tendant à faire appuyer le galet porté par le stator contre le brin dur de la courroie, peut être autre qu'un ressort à boudin; on pourrait munir le stator d'un bras avec contrepoids coulissant de façon à pouvoir en régler l'effet.