Procédé de fabrication de fils et filaments artificiels et appareil pour la mise en aeuvre de ce procédé. On a exposé, au brevet n <B>113713,</B> que des avantages considérables pouvaient être obtenus dans la filature à sec des fils ou filaments artificiels des dérivés cellulosiques, en réalisant l'évaporation du ou des solvants, non plus dans une atmosphère faiblement chargée de vapeurs du ou des solvants, comme cela se pratiquait dans des procédés connus, mais au contraire dans une atmos phère très riche en ces vapeurs.
Il est en outre exposé dans ce brevet qu'on peut agir sur la coupe des fila ments en faisant varier la teneur en solvants de l'atmosphère évaporante. On peut, à cet effet, procéder en réalisant un circuit fermé de l'atmosphère évaporante, avec 'condensa tion directe des solvants évaporés et en réglant la concentration en vapeurs de sol vants de l'atmosphère de la cellule, à l'aide de la température de condensation sur le circuit. L'appareil pour la mise en oeuvre de ce procédé comportait donc, en un point de la cellule, une sortie d'atmosphère, et en un autre point de,'la cellule une rentrée de cette même atmosphère partiellement débarrassée de solvant, dans une proportion voulue.
On a depuis constaté qu'il était possible de ne pas avoir recours à un circuit exté rieur d'atmosphère évaporante.
La, présente invention comprend un pro cédé de fabricationde fils et filaments arti ficiels par filature à sec de solutions de dé rivés cellulosiques dans des solvants volatils, dans une atmosphère- évaporante riche en vapeurs de solvants, et un appareil pour la mise en eeuvre de ce procédé.
Conformément à cette invention, on réa lise par une large et unique ouverture, un échange gazeux entre l'atmosphère d'une cellule chauffée où -s'effectue la filature et l'atmosphère d'un condenseur refroidi où se condensent les solvants, ce condenseur étant directement relié à la cellule par ladite ouverture.
L'appareil pour la mise en oeuvre de ce procédé est caractérisé en ce qu'il comporte une cellule fermée munie d'un dispositif de chauffage ainsi qu'au moins un condenseur refroidi relié directement à la cellule par une large ouverture.
L'atmosphère dans le condenseur est un mélange d'air et de solvant dont la com position est fixée par la température de condensation. l'atmosphère de la cellule sera aussi ut; mélange d'air et de solvant dont la teneur en solvants sera supérieure à celle de l'atmosphère du condenseur. La différence entre ces deux teneurs dépend des conditions dans lesquelles les courants de connexion s'établiront entre ces deux enceintes, c'est-à-dire des dimensions respec tives de la cellule et du condenseur, de la quantité de solvant évaporé dans l'unité de temps, de l'écart de température entre la cellule et le condenseur etc.
La large ouverture de communication entre la cellule et le condenseur peut être placée soit au voisinage des filières, c'est- à-dire là où l'évaporation des solvants est la plus intense, soit en d'autres points de la cellule, par exemple à l'extrémité de la cellule opposée aux filières, on peut aussi établir plusieurs ouvertures de communica tion avec autant de condenseurs indé pendants qu'il y aura d'ouvertures ainsi établies.
On fait sortir de préférence les filaments de la cellule par un orifice extrêmement petit, de telle sorte qu'il n'y ait par cet orifice aucune perte appréciable de vapeurs de solvants.
Il a été constaté, dans ces conditions, que l'on pouvait récupérer 99 à 100 % des solvants contenus dans le produit à, filer, cette récupération étant ainsi effectuée d'une façon extrêmement économique par conden sation directe.
Le dessin annexé représente à titre d'exemple, en coupe verticale, une forme d'exécution de l'appareil fonctionnant con formément à la présente invention.
Cette forme d'exécution ne comporte qu'un appareil unitaire de filature, mais il est bien évident que l'atelier peut com prendre un nombre quelconque de ces ap pareils unitaires.
L'appareil comprend un tube vertical 1 (de 6 à 10 cm de diamètre intérieur par exemple) muni, à sa partie supérieure, d'une filière 2 à travers laquelle la solution à filer est expulsée par tous moyens habituels ou connus. Ce tube vertical est chauffé par une enveloppe extérieure 3. En 4 se trouve une large ouverture qui fait communiquer la cellule avec le condenseur 5, refroidi par une circulation d'eau extérieure ou par tout autre moyen et muni d'un écoulement dans une éprouvette 6, dans laquelle se recueille le solvant condensé, qui est évacué par le collecteur 7.
A la partie inférieure de la cellule se trouve l'ouverture 8 de sortie des filaments, établie de telle faon qu'il n'y ait pratique ment aucun échange gazeux avec l'atmos phère extérieure à la cellule. De cette façon, le fonctionnement de l'ensemble, cel lule et condenseur, est celui d'un espace pratiquement clos.
Dans ces conditions, en marche normale de filature, il a été constaté, en filant une solution d'acétate de cellulose dans l'acétone, en maintenant le condenseur à une tempé rature d'environ 25 C et en chauffant la cellule à une température de<B>800</B> C, qu'on recueille dans le condenseur 5, 99 à 100 % du solvant contenu dans la solution à filer.
L'atmosphère du condenseur est consti tuée par un mélange d'air et d'acétone con tenant 700 gr de ce dernier par m3, ce qui correspond à la saturation à la température de 25 0 C.
L'atmosphère de la cellule est constituée par un mélange d'air et d'acétone, variant entre 700 gr et 1000 gr d'acétone par mg. Le fil sort de la cellule parfaitement sec. Au moment du démarrage et pendant un court espace de temps, on purge l'ap pareil de manière à le débarrasser de l'excès d'air qu'il contient par rapport à la quantité d'air qui doit rester finalement dans le sys tème. Cette purge se fait par exemple au moyen d'une tubulure 9 que l'on peut, si on le désire, raccorder à une installation de récupération qui sera naturellement d'impor tance extrêmement réduite.
Dans le dessin annexé, le condenseur est représenté raccordé à la partie supérieure de la cellule, mais comme il est dit plus haut, on peut le raccorder en un point quelconque et on peut prévoir un seul ou plusieurs condenseurs raccordés en des points quelconques de la cellule.
De plus, au lieu de refroidir le conden- seur par une circulation d'eau extérieure, il est très pratique de le refroidir par l'air ambiant de l'atelier. Dans ce but, on peut donner au condenseur une forme appropriée, par exemple, le munir d'ailettes pour aug menter la surface de refroidissement.