Procédé de protection<B>du</B> plomb contre les corrosions. Les corrosions du plomb employé sous forme de tuyaux pour canalisations et de gaines pour câbles électriques, exposé aux intempéries ou enterré dans le sol ou noyé dans le ciment sont bien connues.
<B>En</B> général, pour empêcher les corrosiôns, on isole le plomb du milieu ambiant en le recouvrant d'un enduit protecteur générale ment constitué par une ou plusieurs couches de brai de goudron, enduit maintenu et pro tégé mécaniquement par un recouvrement généralement eii jute on en toile. On cons tate, en pratique, que de tels revêtements hydrofuges ne restent jamais complùtement imperméables, des fissures se produisent<B>à</B> la longue dans la couche d'enduit protecteur et des infiltrations d*#humiditô en présence de l'air provoquent des corrosions du plomb.
En outre. la -substance employée pour constituer l'enduit protecteur ne doit pas contenir elle-même des produits qui sont corrosifs pour le plomb ou qui le deviennent en présence d'autres agents chimiques conte nus dans le sol, sinon le plomb sera détruit en un temps plus ou moins long.<B>Il</B> faut donc employer un enduit protecteur parfai tement neutre, beaucoup plus coûteux en général que les goudrons ordinaires et dont il est souvent difficile de contrôler la neu tralité.
Selon le procédé qui fait l'objet de la présente invention, on protège le plomb contre les agents destructifs en créant<B>à</B> sa surface, par voie chimique, une couche pro tectrice constituée par du sulfure de plomb. En outre, cette couche sera avantageusement recouverte par un revêtement, par exemple tel que ceux précédemment cités. Le sulfure de plomb est insoluble dans l'eau, inatta quable non seulement<B>à</B> la température ordi naire, mais aussi<B>à</B> la température que peut atteindre la gaine de plomb d'un câble en service, par les acides et sels minéraux ou organiques avec lesquels il pourra être mis naturellement en contact dans le soi ou dans les ouvrages de maçonnerie. Le sulfure de plomb, d'autre part, est très adhérent au <B>plomb.</B>
La seule modification éventuelle du sul fure de plomb dans le sol ou dans des ou vrages de maçonnerie est la transformation en sulfate de plomb -par des oxydants parti culièrement énergiques tels que l'oxygène naissant qui petit se former électrolytique- ment par des courants<B>-</B> vagabonds. Pourtant cette transformation n'est pas compromet tante puisque le sulfate de plomb, de par sespropriétés qui sont bien connues, consti tue, lui aussi, une couche protectrice pour le plomb.
Il n*y aura donc plus<B>à</B> craindre la cor rosion du plomb ni dans le cas de fissures dans le revêtement hydrofuge, ni dans le cas de la présence de produits corrosifs dans ce revêtement, car le sulfure de plomb-formé <B>à</B> la surface du plomb empêchera toute at taque de ce dernier.
La couche protectrice de *Sulfure de plomb peut s'obtenir de différentes manières, par, exemple: par l'introduction de soufre ou de dérivés sulfurés naturels ou artificiels dans l'enduit protecteur constitué habituellement par du brai ou du goudron; par l'action di recte sur le plomb de l'hydrogène sulfuré gazeux on dissous; par l'action d'une solu tion de polysulfure alcalin.
De toutes les façons de sulfurer le plomb, la plus simple et la moins coûteuse consiste <B>à</B> enduire la gaine de plomb du câble de goudron ordinaire brut chauffé aux environs de<B>100 0</B> et additionné de fleur de soufre en une proportion qu'il est indiqué de mainte nir supérieure<B>à 3</B> '/o. Dans ces condi 10118, il se formera instantanément, sur le plomb, une couche pelliculaire de sulfure de plomb et la réaction s'arrêtera d'elle-môme, laissant subsister un excès de soufre.
Cet excès de soufre constituera une ré serve qui agira comme sulfurant ou éven tuellement comme sulfatant par suite de la formation possible de petites quantités d'a- cide, sulfurique aux dépens du soufre si, pour une cause ou pour une autre, le plomb ve nait<B>à</B> être mis<B>à</B> nu.
Dans le cas où le revêtement protecteur du plomb est constitué par du béton, du mortier<B>ou du</B> ciment,<B>Je</B> procédé peut être réalisé en incorporant dans le revêtement protecteur une faible proportion de sulfure de sodium, de telle sorte que celui-ci réagisse avec le plomb pour former du sulfure. On comprend d'après ce qui précède que le plomb, doit être ainsi protégé contre l'atta que des ciments les plus basiques.
Cette façon d'exécuter l'invention est susceptible d'applications très importantes, car elle per met d'éviter la corrosion du plomb dans les cas très fréquents où des tuyaux de plomb traversent des murs ou des massifs de ma- gonnerie ou bien lorsque les câbles électri ques, recouverts de gaine de plomb, sont posés sur des tablettes de ciment dans des galeries ou dans des égouts.