Produit pour le revêtement de routes et procédé pour le fabriquer. Dans ce qui suit., le mot goudron s'entend dans son sens général, c'est-4t-dire celui de produit d e distillation, liquide à 1a tempéra ture ordinaire, -de la, houille, -du bois, des schistes ou de matières analogues, de même le terme brai -désigne le produit de distillation, solide à la température ordinaire, d'un tel goudron et le mot bitume s'applique à un produit hydrocarburé, solide à la tempéra ture ordinaire, provenant soit de gisement naturel, et pouvant contenir en mélange des matières minérales, soit de lit distillation des huiles de pétrole.
Enfin, un filler est une poudre solide finement pulvérisée que l'on in corpore à un liant liquide en, vue d'améliorer ses qualités.
Par ailleurs, on appelle "goudrons-brais-" et "goudrons-bitumes" des goudrons qui, na turellement ou artificiellement, ont une te neur en brai ou bitume supérieure ou égale à <B>65%.</B> L'invention (inventeur André Leauté) se rapporte à un produit pour le revêtement ,de routes comprenant un goudron-bitume ou un goudron-brai tel que défini ci-dessus, et un corps de remplissage, caractérisé en ce que ce corps de remplissage est constitué au moins en partie par un filler combustible, de préférence du charbon finement pulvérisé.
L'invention se rapporte également à un procédé -de préparation d'un tel produit, ca ractérisé en -ce que l'on forme par malaxage un mélange intime de filler combustible et de goudron-brai ou goudron-bitume. Ce procédé peut être exécuté, par exemple, en mélan geant du goudron avec du brai ou du bitume, et du filler.
On a déjà préconisé et employé, notam ment pour les revêtements de route, des gou drons additionnés de bitume ou -de brai, ces matières étant incorporées à l'état fondu. Le taus -de cette addition varie suivant la te- heur initiale du goudron en brai. Four obte nir de bons résultats, d'après la technique actuelle, on adopte une teneur totale en brai ou bitume de 70 à 75 % environ du mélange goudron-brai ou :du mélange .goudron-bitume. Cette addition -de bitume ou -de brai fonda constitue un supplément de frais.
De plus, l'in-corporation dans le goudron de bitume ou de brai fondu exige un appareillage com pliqué, car la fusion du bitume ou du brai ne peut se faire qu'-à des temp-4ratures assez élevées et exige un temps assez long.
L'inventeur a reconnu tout d'abord qu'une incorporation -de bitume ou -de brai à :du gou dron peut :être faite- avantageusement à l'état solide sous forme de poudre fine, plutôt qu'à l'état fondu. Le bitume ou le brai, pour pou voir être pulvérisé, doit se trouver à une tem pérature assez basse, par exemple à moins de 50 C pour le brai sec.
On peut incorporer cette poudre au goudron en malaxant le mé lange; cette incorporation line fois faite, il suffit :de chauffer l'ensemble pour obtenir la dissolution -du bitume ou :du brai :dans le goudron; on obtient ainsi le même résultat que si l'on avait incorporé le bitume ou le brai à l'état fondu; mais la température à la quelle se fait cette :dissolution est inférieure à celle à laquelle il eut fallu porter les ré cipients pour la fusion préalable .du bitume ou du brai.
En outre, la stabilité -du bitume ou du brai à l'état :de poudre dans le gou dron obtenue en prenant certaines précautions permet généralement de ne pas exécuter au même moment ni aux mêmes lieux, si on le désire, les deux phases de l'opération; par exemple, la :dissolution rapide -du bitume ou du brai, au lieu d'être provoquée par une élé vation de température avant l'épandage, peut être obtenue par un processus lent après mise en place :du revêtement, par exemple par l'ac tion de la. chaleur solaire s'exerçant durant l'été sur les revêtements -de route en couche mince.
Cependant, malgré les avantages du pro cédé :ci-dessus décrit par rapport au proczdé ordinaire, il subsiste encore des: difficultés à utiliser du bitume ou du brai finement pul- vérisé en grande quantité pour l'incorporation au goudron.
Il y a en effet :des précautions à prendre pour éviter la prise en masse de la poudre de bitume ou .de brai au sein du gou dron, avant dissolution, et l'inventeur a re connu que ,ces difficultés s'évanouissent si, conformément à l'invention, l'on incorpore au goudron une poudre qui ne soit plus seu lement du bitume ou du brai pur, mais qui contienne en outre une forte proportion de charbon ou matière combustible analogue. Un tel filler combustible peut être incorporé en quantité importante, par exemple, à raison de <B>30</B> volumes -de charbon au moins pour 100 vo lumes de mélange total.
Cette addition complémentaire -de filler combustible qui est, dans le cas le plus géné ral, .du charbon, loin d'être un remplissage inerte, substitue partiellement son rôle pour l'obtention des qualités du revêtement .de route à celui -du brai ou bitume, -de sorte que la teneur du produit en brai ou bitume peut être fortement abaissée par rapport à. celle :des goudrons-brais ou goudro:
ns-bitumes lui- lisés sans filler charbonneux, ce qui a comme résultat de faire réaliser, en plus des avan tage techniques ci-après indiqués, une écono mie d'argent très importante.
A titre d'exemple, on peut obtenir un produit satisfaisant en opérant de la manière suivante: On pulvérise finement un mélange de 90% de charbon et -de 10% -de bitume sec; on incorpore ce mélange vers 50 C à un goudron contenant seulement 55 % environ de brai, dans la proportion approximative :de 55 volumes de ce goudron pour 45 volumes :de poudre charbon -i- bitume. Si l'on pro voque, par chauffage vers<B>100,'</B> C, la disso lution du bitume, soit :dans la répandeuse même, soit auparavant, on obtient un liant contenant, en plus de son brai naturel, envi ron 5 % de bitume et 40% de filler de char bon.
Comme cela a été indiqué ci-dessus, on peut ne pas. provoquer avant l'épandage la dissolution :dans le .goudron du bitume con tenu dans le mélange charbon -I- bitume. Une variante -de l'exemple ci-dessus consiste à remplacer les 10% de bitume par 10% de brai de houille et, dans ce cas, le procédé ci- de4su.; décrit aboutit, dans l'exemple cité, à un produit composé pour<B>60%</B> de goudron riche en brai et: pour 40, ô de filles de charbon.
Lorsqu'on -dispose de goudron préala blement enrichi de bitume ou de brai, on peut obtenir le produit selon la présente invention en incorporant le filles de charbon seul au mélange goudron-bitume ou goudron-brai préalablement fabriqué dans les installations existantes. A titre d'exemple, on indiquera que l'inventeur a obtenu un excellent résultat en préparant d'abord un liant contenant 12 à 15 % de bitume et 88 à 85 % de goudron de houille déshydraté, et en incorporant en suite à ce liant un filles de charbon en, pro portion telle que la mixture finale contienne 35 à .10 volumes -de ce filles pour 100 vo lumes -du total.
Ce produit est suffisamment liquide pour se laisser pulvériser sur la route à. la température de 150 C environ par le matériel habituel de répanda.ge superficiel.
L?n autre exemple est celui où l'on dispose d'avance du goudron enrichi préalablement en brai de houille, sans bitume. De tels gou drons enrichis en brai s'obtiennent, soit en continuant la. distillation après la @déshydra- tation ordinaire des goudrons de houille de façon à, accroître la proportion du brai par rapport aux huiles, soit en reconstituant par synthèse un goudron riche en brai par mé- lange d'huiles moyennes ou lourdes et de brai.
De tels goudrons sont dits préparés" et l'on appelle, comme il a été dit plus haut, goudrons-brais et goudrons-bitumes des go.a.- drons qui, naturellement ou artificiellement, ont. une teneur en -brai ou bitume supérieure ou égale à 65 %.
Si les goudrons employés contiennent une quantité de brai égale à 65 % au moins du mélange goudron -i- brai, le produit selon l'invention peut être obtenu par incorporation du filles de charbon aux taux de 30 à 40% du volume du mélange fi nal sans autre addition de brai; si ces gou drons contiennent moins de 65 % de brai, le produit selon l'invention peut être obtenu par addition de brai ou de bitume en proportion voulue pour dépasser la teneur de 65 % ci- dessus indiquée, l'incorporation de brai ou de bitume étant effectuée, soit à. l'état fondu, soit de préférence à l'état pulvérisé en mé lange avec la poudre de filles charbonneux, soit encore comme suit:
Pour mélanger le filles de charbon avec du bitume ou du brai, on fluidifie le bitume ou le brai au moyen -d'un solvant ayant un point d'ébullition inférieur à 100 C et on verse ce bitume ou brai ainsi rendu fluide dans une bouillie aqueuse contenant un filles de charbon plus ou moins pur: un malaxage incorpore au charbon ce bitume ou ce brai ainsi rendu fluide, et une élévation de la température entre le point d'ébullition du sol vant et celui de l'eau permet .de récupérer le solvant.
Il se forme alors des grains com plexes<B>de</B> bitume ou de brai et -de charbon, ces deux corps étant, par exemple, dans la proportion de 15 à 25 pour le bitume ou le brai contre 85 à 75 pour le charbon, qui sont assez gros et assez durs pour être aisément séparés de la bouillie aqueuse puis séchés. Suivant les cas, ces grains sont utilisés tels quels ou dissociés à nouveau par une pulvéri sation, et on les incorpore au goudron.
Un cas intéressant est celui où le gou- -dron utilisé est. un goudron de basse tempéra ture provenant, soit de<B>Il</B> fabrication du gaz dans les cornues glover-west ou woodall, soit ,de la distillation de charbons au-dessous de 750 pour la; fabrication des substituts de l'anthracite, etc., ou encore, provient de la distillation du pétrole;
dans ces. divers cas, comme il a. été dit ci-dessus, on additionne le goudron insuffisamment riche en brai ou bi tume, de la quantité voulue de brai ou bi tume pour réaliser la teneur minima de 65 % en brai et bitume du mélange goudron -f- brai ou bitume.
Un cas particulier consiste à partir -d'un goudron très. pauvre en brai, et à réaliser la teneur minima de 65 % ci-dessus visée avec -du bitume seul ou du brai -de pétrole, à l'ex clusion de brai de houille. A titre d'exemple, des produits conformes à l'invention, et ayant donné -de bons résultats. ont été obtenus sous forme d'une mixture comprenant 60 à 65 d'un goudro.n-bitume, formé lui-même d'an mélange de 85 % de brai de pétrole ou bitume et -de 1.5 % de -créosote, et 35 à 40 % de filler -de charbon.
Ce produit peut être épandu sur route à peu près dans les mêmes conditions que le brai de pétrole ou bitume qui entre pour<B>85%</B> dans la .composition -du goudron- bitume ci-dessus, mais il a sur lui les avan tages. ci-dessous décrits -des produits visés par la présente invention.
De légères modifications peuvent évidem ment être apportées aux chiffres cités sans sortir de la présente invention; en particulier, l'invention tolère la présence dans les pro duits. utilisés, .d'impuretés ou autres corps inertes.
Le produit selon l'invention s'applique en premier lieu aux revêtements de routes, soit en première couche, soit en couche 'd'entre tien; l'épandage se fait par gravité, par pul vérisation sous pression, par centrifugeage, etc. et peut être complété par un épandage -de gravier et par un cylindrage. Les revêtements ainsi obtenus ont l'avantago d'une grande ra pidité de séchage, -de ne pas ressuer par la suite, de ne d evenir durs, cassants et friables qu'au bout d'un temps, beaucoup plus long que pour le goudron utilisé seul.
En outre, grâce à la. haute teneur en fille r de charbon qui réduit au minimum la proportion en gou dron,du revêtement, les graviers reposant sur une couche de Piller se noient moins vite -dans le liant, -de sorte que le revêtement conserve -de remarquables propriétés anti dérapantes.
L'invention s'applique aussi aux tarma cadams, aux bétons bitumineux et à tous au tres produits analogues.
Pour obtenir les meilleurs résultats des procédés ci-dessus -décrits, le Piller combus tible est -de préférence obtenu par fine pulvé risation d'un charbon pauvre en cendres et riche en matières volatiles.