Procédé et machine pour améliorer les revêtements bétonnés de chaussées avant de les livrer à la circulation. Les revêtements bétonnés de chaussées doivent avoir une surface -à la fois antidéra pante et parfaitement profilée, et ils doivent conserver très longtemps ces qualités sans al fération, étant bien entendu que les épaisseurs et la, résistance -de leurs bétons doivent être fonctions de la circulation et du sous-sol, dû ment aménagé s'il y a lieu.
Pour réaliser ces conditions, la surface bien profilée des revêtements bétonnés doit être eonstituée, non pas par une chape d'éléments fins qui devient glissante ou disparaît avec le temps en rendant le revêtement cahotant, mais par une mosaïque de grosses pierres @lure#, serrées les unes contre les autres et sé parées par des intervalles -de mortier plus tendre.
La machine à, damer et la machine à sur facer qui font respectivement l'objet -des: bre vets français no 695223, -du 29 août 1929 et-de son addition no 40250, du 4 mai 1931 et @du brevet no P. Z . 338336 du 4 août 1932 au nom du demandeur et ayant pour titre: "Ma- chine à .damer le béton ou toute autre ma tière servant à la construction :des revêtements de chaussées" et @de son addition no 31402, du 3 décembre 1932, permettent notamment d'atteindre ce résultat.
Sous l'effet d'une circulation suffisam ment intense, la mosaïque -d'un revêtement bé tonné ainsi constitué, qui est -d'abord unie, devient rugueuse du fait de la dureté moindre des intervalles de mortier compris entre ses pierres.
Pour que le revêtement reste bien profilé, il convient que la surface apparente de ses pierres, obtenue par le finissage â la machine à surfacer, ne s'use que très lentement. On obtient ce résultat par l'emploi de pierres suffisamment dures et suffisamment rappro chées les unes des autres.
Pour que cette mosaïque soit antidéra pante, il convient que ses intervalles -de mor- tier soient suffisamment creusés par rapport à la surface -de #s éléments pierreux.
Jusqu'ici, l'on cherchait essentiellement, lors de l'exécution .d'un revêtement bétonné à mosaïque, à donner à cette mosaïque une sur face unie très régulière -et on laissait à la cir culation le soin de -creuser les intervalles -de mortier pour la rendre antidérapante.
Or, ce creusement est souvent assez lent, surtout si la circulation est faible.
La présente invention consiste en premier lieu à opérer mécaniquement le,creusement .de ces intervalles de mortier lors -de l'exécution même du revêtement et sans nuire au profi lage parfait -de la surface des pierres dures.
A .cet effet, le procédé selon l'invention se -caractérise en ce que, après un certain -durcis- sement,du mortier, la surface du revêtement est traitée mécaniquement par au moins une brosse établie et actionnée de manière à user rapidement le mortier entre les pierres sans user celles-ci, ni les altérer, ni même les ébranler dans leurs alvéoles.
Il est évident que l'on a déjà nettoyé à la brosse, d'une manière quelconque, les revête ments de chaussées bétonnées. -Ce nettoyage. consistait seulement à enlever la mince cou .che de laitance ou de mortier que le surfaçage pouvait faire apparaître sur le revêtement. au-dessus du niveau -des pierres.
L'invention se distingue complètement de ce nettoyage, puisqu'il s'agit non plus d'enlever @ce qui re- -couvre le niveau -des pierres, mais d'user rapi dement les parties les plus tendres (mortier non encore complètement durci) d'un revête ment hétérogène en respectant les parties les plus dures (pierres).
La nouvelle application des brosses permet, selon l'invention, d'obte nir un résultat industriel entièrement nou veau à la connaissance du demandeur, qui -est l'obtention -d'un revêtement bétonné de chaussée où, avant l'ouverture à la circulation, les intervalles de mortier ont déjà -été conve nablement creusés par rapport à la surface des éléments pierreux.
Le procédé selon l'invention n'a rien de commun non plus avec les procédés -de pon çage ou d'usure à la meule des revêtements en mosaïque de carrelages, dans lesquels il s'agit 'd'user les parties en saillie pour obtenir un re vêtement parfaitement lisse. Selon l'invention au contraire, on désire expressément rendre antidérapante, avant sou ouverture à la cir- culatioU la surface bien profilée mais unie d'un revêtement bétonné, en faisant appa raître en saillie ses -éléments les plus. durs par un traitement mécanique approprié.
En vue -de l'obtention des meilleurs résul tats, le revêtement bétonné est préparé, de préférence de la manière suivante: 1o D'abord le tassement extrêmement éner gique (par exemple et -de préférence à. la ma chine à ,damer J.
Fédi) -du béton à gros élé- ments de la couche de roulement, -de façon à amener autant que possible le contact direct des éléments pierreux les uns contre les au tres et à, réduire les .dimensions des inter valles -de mortier que l'irrégularité des pierres employées tend à exagérer;
20 Ensuite, le surfacement de la couche de roulement ainsi constituée (par exempte et de préférence à la machine à surfacer J. Fédi), -de façon à obtenir -en tous points de la surface, par compression et sans arrache ment, un parfait profilage,de la mosaïque de pierre dure, sans superposition -de laitance ou de mortier riche;
30 Enfin, après un .certain .durcissement du mortier, le traitement -de la surface à l'ai-de .de la machine susceptible d'user rapidement le mortier entre les pierres, de façon à les dé garnir légèrement ou profondément, suivant les cas, sans les user, ni les altérer, ni même les ébranler dans leurs alvéoles.
Une machine pour la mise en oeuvre du procédé selon l'invention se caractérise en ce qu'elle comporte au moins une brosse approxi mativement plane et circulaire, fixée sur un arbre mobile en rotation placé en position de travail, perpendiculairement au revête ment, ladite brosse frottant avec pression contre le revêtement.
Elle peut -en outre présenter les caractères mentionnés ci-dessus: Les brosses sont montées sur un -chariot pouvant rouler sur le revêtement. Le chariot est muni d'un moteur d'aetion- nement pour opérer la rotation -de chaque brosse et son propre déplacement automatique.
Le chariot comporte des rouleaux .de dé- placement sur le sol, l'un au moins de ces rou leaux étant moteur.
Chaque brosse déborde latéralement de l'encombrement du châssis du chariot, pour permettre -de traiter le revêtement jusqu'aux bordures latérales.
S'il existe plusieurs bros4es, certaines tournent en sens inverse des autres, pour équi librer au moins partiellement le .couple de pi votement qui s'exerce sur le chariot.
Le poids total de la machine et sa distri bution sont réglables de façon, .d'une part, à donner l'adhérence suffisante sur le rouleau moteur et, d'autre part, à permettre d'exercer la pression voulue sur chaque brosse.
Des moyens sont prévus pour permettre le relevage et l'abaissement rapides simulta nés de toutes les brosses.
Des moyens sont prévus pour permettre nn réglage précis et individuel -de chaque brosse et, par suite de la pression exercée sur chaque brosse, cette pression s'exerçant par l'intermédiaire d'un ressort appelé notamment à céder automatiquement en cas de réactions trop fortes sous la brosse.
Les brosses et leur mécanisme de com mande et de contrôle Sont montés sur un petit châssis qui, en position -de travail, est relié rigidement au -châssis principal, mais qui peut basculer autour d'un axe horizontal,du châssis principal pour permettre l'accès aux brosse.
Des moyens sont prévus pour faire varier l'inclinaison des axes es brosses par rapport au plan des axes des deux rouleaux en agis sant, par exemple, sur l'inclinaison correspon- dant,e du petit châssis.
Des moyens sont prévus pour faire varier l'inclinaison des axes des brosses par rapport au plan des axes des deux rouleaux en agis sant, par exemple, sur l'inclinaison correspon dante du châssis principal.
Comme il a déjà été expliqué, l'opération de d6garnissage des pierres ne doit être effectuée que lorsque le mortier a déjà acquis un certain durcissement. Il faut, en effet que, malgré l'action .de la brosse, les pierres ne puissent plus jouer -dans leurs alvéoles. D'autre part, il -convient, pour que l'opération soit rapide et économique, que le mortier n'ait. pas encore acquis une dureté trop grande.
Les poils ou filaments de la brosse peu vent être, suivant la richesse en ciment du mortier employé, soit métalliques, ,soit de piazzava ou de toute autre matière appro priée. Suivant les -cas, le revêtement pourra être préalablement mouillé ou traité à sec.
Suivant la profondeur :du -creusement à obtenir -et qui, suivant les eas, peut varier d'un dixième,de millimètre à plusieurs milli mètres, l'ouvrier qui conduit la machine fait agir le brossage avec une pression plus ou moins forte et prolonge plus ou moins son action en chaquë point. On peut doter la ma chine -d'un avancement automatique à une certaine vitesse (qu'un changement de vitesse permet éventuellement de varier) et il appar tient, dans ce cas, à l'ouvrier conducteur -de faire repasser la ou les brosses en chaque point autant de fois qu'il faut pour obtenir le creusement requis.
Il peut d'ailleurs être préférable -de procé der par passes successives (par exemple pour avoir la certitude -de ne pas ébranler les pierres), la pression à exercer ,sur la brosse pouvant être amenée à la valeur voulue. Les différentes brosses & la machine, et en parti culier celles qui viennent agir successivement aux mêmes points du revêtement, peuvent, en outre, être -de natures différentes et agir par des pressions différentes aussi.
Le dessin annexé représente une machine donnée à titre d'exemple seulement.
La fig. 1 est une élévation d'ensemble coupe partielle suivant I-I de la fig. 2 <I>c</I> avec de cette machine qui comporte deux brosses rotatives; La fig. 2? est un plan correspondant; La fig. 3 est une coupe à plus grande échelle, faite suivant la ligne III-III de la fg. 2; La fig. 4 -est une coupe faite suivant la ligne IV-IV de la fig. 2;
La fig. 5 montre en :coupe un revêtement fraité suivant l'invention; La fig. 6 est un plan correspondant.
Cette machine comporte un :châssis géné ral 1 sur lequel sont tourillonné s, autour de deux axes 2, des rouleaux 3.
TT1I moteur 4, de tout type approprié, est monté sur le :châssis 1 et,commande, par l'in termédiaire d'un embrayage, .d'un inverseur de marche, d'une boîte de réduction de vitesse 5 et d'une chaîne 6, l'un des rouleaux 3 (rou leau moteur).
Le même moteur 4 actionne un axe 7 par l'intermédiaire :d'un embrayage, d'une :chaîne 6 et des engrenages coniques 9 et 10. L'axe 7 entraîne les axes 11 des brosses par l'intermé diaire des engrenages hélicoïdaux 12 tout en permettant aux axes 11 :de se déplacer verti calement en translation guidés par les paliers 7a du petit châssis.
Chaque axe 11 porte une douille 13 pour vue de tourillon latéraux 13a qui peuvent -cou lisser dans une lumière oblongue 14 ménagée :dans un levier 15. Le levier 15 est articulé à l'une de ;ses extrémités autour d'un axe 16 fixé au petit châs#_Îs et porte, articulée à soli autre extrémité, une bague filetée 17. Cette bague est engagée sur une vis 18 qui porte à l'une de ses extrémités une bague 19, avec laquelle elle :est solidaire en translation mais non en rotation et, à l'autre extrémité, un vo lant de mano:uvre 20 :calé sur elle.
La bague 19 porte :deux tourillons latéraux 19a arti culés dans l'un des bras 22 .d'un levier 23 à fourche. Ce levier 23 :est articulé autour des axes 24 fixés au petit châsssis et qui permet tent au.conducteur de lui donner :des inclinai sons variables; il peut être fixé dans chacune de ces inclinaisons par tous moyens appro priés :et notamment par un verrou engagé dans un secteur fixe 25 relié au châssis.
Chaque axe 11 est pourvu -de :deux colle rettes 26 et 27; un ressort 28, interposé entre la douille 13 et la -collerette 27, permet no tamment un relèvement automatique de cha que brosse lorsqu'elle subit une réaction trop forte. En agissant sur le levier 23, le conducteur soulève ou abaisse simultanément toutes les brosses. En agissant sur le volant 20 corres pondant à une brosse particulière, il peut aug menter, diminuer ou même supprimer séparé ment la pression exercée par cette brosse sur le revêtement.
Les brosses 29 sont montées .d'une manière facilement amovible à l'extrémité inférieure des axes 11. Elles sont :en saillie latérale sur le longeron la du châssis.
L'ensemble -constitué par les brosses 29, leurs axes 11, leurs leviers de réglage et de man#uvre l5 et 23, l'axe 7, les :engrenage, hélicoïdaux 12 et l'engrenage -conique 10 est monté sur un petit châssis 30 articulé sur le châssis principal 1 autour d'un axe 31. Ce petit châssis 30 est normalement fixé d'une manière rigide au :châssis principal par tous moyens appropriés et notamment par des bou lons articulés 32 avec écrous à oreilles 33. -Pour relever le petit châssis 30, il suffit,de le dégager de la fixation 32, 33 et de le faire pivoter autour de l'axe 31.
La disposition adoptée pour l'engrenage <B>10</B> permet ce relèvement sans :dispositif par ticulier.
On notera qu'avant de desserrer les écrous à oreilles 33, il peut être utile d'abaisser une béquille ad hoc sous le tronçon du longeron :coupé la qui supporte une partie :du poids du moteur et du lest, de façon à éviter éventuel lement une :déformation de la partie corres pondante :du châssis.
Les extrémités 2a des axes 2 :des rouleaux 3, situés par rapport à la machine du -côté de la saillie :des brosses, sont montées dans des paliers à rotule fixés au châssis. Les extré mités opposées 2b de :ces mêmes axes sont montées dans -des paliers à rotule susceptibles de :coulisser verticalement dans :des glissières du châssis. Le déplacement vertical en trans lation de ces paliers est obtenu par tous moyens appropriés.
Ce :déplacement :des paliers :des rouleaux situés d'un seul côté :de la machine n'est pas utile a priori si l'on fait déplacer la machine parallèlement à l'axe longitudinal de la chaux- sée. Il peut l'être si l'on préfère faire dépla cer la machine transversalement ou oblique- ment par rapport à cet axe et ce, surtout si le profil en travers de la chaussée est très bombé.
Les leviers et volants de manoeuvre sont convenablement groupés pour permettre la eonduite et le contrôle aisés de la machine. Entre autres, le levier 40 permet de soulever l'extrémité de la machine -opposée au moteur pour faire riper l'ensemble.
On fait en sorte que le centre -de gravité de la machine soit placé entre le plan vertical passant par l'axe du rouleau moteur et le plan vertical passant par l'axe 11 de la brosse la plus voisine. La distance du centre de gravité au plan vertical passant par cet axe 11 doit être assez faible pour que la plus grande -par tie du poids total de la machine puisse être éventuellement utilisée pour exercer une pres sion suffisante sur n'importe laquelle des brosses. Cette distance doit être toutefois assez grande pour qu'une fraction suffisante -du poids total donne au rouleau moteur l'adhé rence nécessaire pour l'entraînement de la machine.
On a représenté en 36 le lest éven tuellement nécessaire.
La fig. 5 montre en coupe l'aspect, avant son ouverture à la circulation, :d'un revête- ment bétonné établi suivant l'invention. On a indiqué -en 37 les pierres dures enchâssées dans le mortier 38.
La fig. 6 représente l'aspect en plan de ce revêtement.
Toutes modifications ou variantes qui ne changent rien aux -caractéristiques principales de la machine ci-dessus .décrite, restent com prises dans le cadre de la présente invention.