Procédé de fabrication d'un produit pouvant remplacer le cuir. La présente invention a pour objet un procédé de fabrication d'un produit pouvant remplacer le cuir.
Selon ce procédé, on prépare, en partant de déchets de cuir, par défibrage et détan- nage, des fibres séparées les unes des autres et détannées à fond, on mélange ensuite ces fibres avec un liant formé, au moins pour sa plus grande partie, de latex, et avec au moiras un composé à. fonction, phénolique, propre à, assurer la stabilité et la conserva tion du liant et des fibres, après quoi la masse est séchée et comprimée dans la forme voulue, de préférence en forme de plaques.
Par défibrage des déchets de cuir, on en tend toute opération propre séparer les fibres les unes des autres. Le défibrage peut précéder le détannage ou être effectué après ou encore conjointement.
Comme le latex naturel ne convient pas bien dans la mise en pratique du procédé, l'on ajoute de préférence à. cette matière des substances capables de la fluidifier, par exemple du sulfanilate de soude et des sub stances formant agents mouilleurs, par exemple des huiles sulfonées ou un savon de résine.
Le procédé peut être mis en oeuvre, par exemple, comme décrit ci-après.
Partant de déchets de cuir tanné aux extraits végétaux, on met à tremper ceux-ci dans une cuve, de préférence munie d'agi tateurs mécaniques et contenant suffisam ment d'eau pour qu'ils puissent nager faci lement. La température de l'eau ne doit pas dépasser 18 à 22 en été, et 28 à 30 en hiver. Une température plus élevée aurait une action trop forte sur le détannage et un défaut d'attention pourrait entraîner une transformation de la substance cuir, ce qui constituerait un défaut irréparable.
Le détannage peut être fait. par exemple, au moyen de carbonate de soude, ou au moyen de borate de soude. L'on peut re- procher au carbonate de soude son action vio lente et nécessitant une surveillance con tinue. L'action du borate de soude est plus douce et plus lente et le résultat obtenu n'en est que meilleur. D'autre part, l'emploi du borate de soude ne nécessite pas une surveil lance continue et le bain peut être aban donné à lui-même pendant toute la durée de l'opération.
De préférence on emploie le carbonate de soude dans la proportion de 0,3 à 0,5 ?Io du poids sec des déchets, et on laisse tremper dans le bain pendant 30 à. 45 minutes; avec le borate de soude, une proportion de 0,6 à 0,8 % et une durée de trempage de 45 à 60 minutes donnent de bons résultats.
L'excès d'alcalinité, s'il. se présentait, pourrait être neutralisé par un passage dans un bain très dilué d'acide sulfurique ou for mique; ce dernier est préférable par suite de son évaporation complète au séchage.
Les déchets sont ensuite rincés à l'eau propre, pressés, ou passés à la. turbine, pour évacuer le plus d'eau possible, et ensuite en voyés au séchoir.
Le contrôle d'acidité se fait au cours de l'opération. qui est écourtée ou prolongée sui vant le cas.
S'il s'agit de traiter des déchets qui ont été tannés au chrome, l'opération de détan- nage est plus délicate et demande plus<B>de</B> contrôle et de soins. On peut procéder comme suit: S'il est nécessaire, on dégraisse les dé chets, on les lave, on enlève la couleur, on les coupe en petits morceaux, ou bien encore on les hache.
On les trempe ensuite dans une solution aqueuse d'un acide minéral, tel que l'acide sulfurique ou chlorhydrique. La concentra tion de la solution acide ne doit pas être suf fisante pour dissoudre la substance de la peau. De 5 à 10; gr d'acide par litre consti tuent une bonne dose à employer.
On laisse ensuite le cuir dans l'acide en le brassant de temps à autre, jusqu'à ce qu'il soit complètement saturé. La température du bain ne doit pas dépasser 30 . On soutire alors la liqueur acide, puis on lave la matière â l'eau pour enlever les com posés de chrome dissous et solubles.
Les déchets lavés sont mélangés avec de l'eau, après quoi on neutralise par un alcali. Finalement, on traite avec de petites quantités successives de peroxyde de sodium, ,jusqu'à ce qu'on en ait ajouté suffisamment pour convertir les composés de chrome restants en chromate, qui est facilement so luble dans l'eau.
Pour terminer, on lave complètement les déchets avec de l'eau.
Dès lors, l'opération se résume donc comme suit: Lorsqu'on met le peroxyde de sodium en contact avec un excès d'eau, il se produit de l'hydrate de sodium et de l'oxygène, suivant l'équation: Na'0\ + H\0 = 2Na0#H -I- 0. L'oxygène en présence de l'hydrate de sodium convertit l'oxyde chromique en chro mate de sodium suivant l'équation: Cr'-O' -I- 4NTaOH -I- O - 2Na'CrO'. Le produit est ensuite traité pour sépa rer les fibres.
Les fibres ayant été convena blement préparées en partant soit de cuir au chrome, soit de cuir tanné aux extraits végé taux, on peut former la pâte en mélangeant les ingrédients dans les proportions suivan tes:
EMI0002.0021
Cuir <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> 1,830 <SEP> kg
<tb> Solution <SEP> de <SEP> caséine <SEP> (dissoute
<tb> au <SEP> borax) <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> 0,250 <SEP> "
<tb> Latex <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> 2,500 <SEP> "
<tb> Hyposulfite <SEP> de <SEP> soude <SEP> . <SEP> . <SEP> 0,200 <SEP> "
<tb> Eau <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> <B>6,200</B> <SEP> litres
<tb> Huile <SEP> sulfonée <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> 0,250 <SEP> kg
<tb> Soufre <SEP> . <SEP> . <SEP> .
<SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> 0,050 <SEP> "
<tb> Pinène <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> 0,150 <SEP> "
<tb> Oxyde <SEP> de <SEP> zinc <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> 0,050 <SEP> "
<tb> Accélérateur <SEP> (du <SEP> commerce) <SEP> 0,100 <SEP> "
<tb> Solution <SEP> à. <SEP> 1 <SEP> % <SEP> de <SEP> phénol,
<tb> naphtol <SEP> ou <SEP> dérivé <SEP> à. <SEP> fonc tion <SEP> phénolique <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> 0,200 <SEP> "
<tb> Ammoniaque <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> . <SEP> 0,220 <SEP> " ('es produits sont. malaxés ensemble, de façon à former une pâte complètement homo gène.
Celle-ci peut être ensuite étendue à la main ou mécaniquement, soit sur un support de fibres cardées, destinées à. faire corps avec la matière, soit sur une toile de jute ou autre matière appropriée et suivant l'épaisseur que l'on veut obtenir.
La pâte peut être préparée d'avance, sa composition permettant de la conserver à l'état voulu pendant plusieurs heures, voire même plusieurs jours, ce qui différencie net- teme nt cette préparation de la plupart des autres procédés, qui demandent l'emploi ou le malaxage immédiat des pâtes préparées.
Ces plaques sont portes au séchoir, où on les laisse jusqu'à ce qu'elles aient évacué 70 à 80% de leur humidité. 0'n les presse fortement ensuite, puis on les laisse sécher à fond.
Elles sont alors prêtes à. être teintes et finies suivant l'usage auquel on les destine. La teinture peut donc être superficielle, mais elle peut aussi être pratiquée dans la masse par mélange de colorants à la pâte avant formation des plaques.
On peut terminer la teinture par une application de colorants à l'alcool auxquels on ajoute une certaine quantité de nitrocel lulose dissoute dans l'éther-alcool. Le but de cette adjonction est de fixer complètement la matière et de donner au cuir comprimé ou aux plaques une surface régulièrement unie. Les plaques peuvent être ensuite ca- landrées. imprimées et finies.
Suivant que l'on veut obtenir plus ou moins de souplesse, on augmente ou on di minue la proportion de solution de caséine et d'hyposulfite.
Pour augmenter la souplesse et la résis tance à la traction, notamment dans les pla ques destinées à la maroquinerie, ou aux ob jets devant conserver une certaine flexibilité. on peut ajouter à la masse, .à la fin du ma laxage et dans une proportion convenable, du carbonate de chaux. La quantité varie sui vant la souplesse .à obtenir, mais ne doit pas dépasser 5 % de la quantité totale. On peut préparer également ces plaques en mélangeant aux fibres de cuir détannées des fibres textiles en quantités variables, tel les que du coton, de la laine, etc., la compo sition de la pâte, quant aux autres ingré dients, restant sensiblement la même.
Le séchage s'opère de la même façon, sauf qu'après l'opération de pressage, les plaques passent pendant 15 à 20 minutes dans une étuve chauffée de 90 à<B>100'.</B>
Une teinture de ces plaques en fibres de cuir et textiles peut se faire comme pour le cuir seul, au moyen de colorants végétaux, au besoin ravivés par des colorants synthéti ques appropriés.
L'impression et le finissage peuvent être effectués de la même façon que pour le cuir.