Procédé pour convertir d'une façon continue en<B>un</B> produit de fibres en mèche, au moins un faisceau sensiblement sans torsion de filaments continus réunis, appareil pour sa mise en #uvre et produit obtenu par ce procédé.
Cette invention comprend un procédé pour convertir, de façon continue en un produit de fibres en mèche, au moins un faisceau sensi blement sans torsion de filaments continus réunis. L'expression "sensiblement sans tor sion" signifie, dans ce qui suit, que le faisceau ne possède aucune torsion ou que, s'il possède une torsion quelconque, celle-ci doit "être in suffisante pour faire obstacle à la libre sépa ration des filaments élémentaires à l'extrémité du faisceau. L'invention comprend en outre un appareil pour la mise en oeuvre du pro cédé,
ainsi qu'un -produit obtenu par ce pro cédé.
Quoique les filaments artificiels soient produits sous une forme sensiblement conti nue, et quoique, jusqu'à ce jour, la majeure partie de ces filaments ait été absorbée par l'industrie textile sous forme de filés à fila ments continus, on a imaginé et proposé de nombreux procédés pour convertir des fila- ments artificiels en filés composés de bouts de fibre ou "fibres en mèche", de façon qu'on obtienne. un produit qui possède certaines des caractéristiques des filaments artificiels con jointement avec des propriétés qu'on n'obtient ordinairement qu'à l'aide des fibres de pro duits naturels tels que le coton ou la laine.
Ainsi, des filaments artificiels fournis en lon gueurs relativement faibles découpées dans des échevaux ou en longueurs sensiblement continues arrivant directement du. métier à filer ont été découpés en bouts de fibres de faible longueur: déterminée qui ont été coA.ver- tis en filés par des procédés analogues à ceux appliqués dans le cas des fibres naturelles de longueurs similaires, avec cet avantage que, indépendamment du fait que la longueur de fibre est sensiblement constante, aucune opé ration de nettoyage préliminaire n'est néces saire.
Toutefois, étant donné la forme com pacte dans laquelle les filaments sont amenés au couteau, les fibres sont étroitement juxta posées sous forme de faisceaux et il est néces saire de les soumettre à une opération d'ouver ture pour les séparer les unes des autres et constituer la masse uniformément distribuée, ainsi qu'il est nécessaire pour soumettre la matière au type d'opération appliqué au coton et à d'autres fibres.
Le procédé dont il vient d'être question comprend une longue série d'opérations par lesquelles la masse de fibres préparées par l'ouvreuse est graduellement convertie en un filé. On a toutefois déjà proposé des procédés pour convertir les filaments continus directe ment ou sensiblement directement en filés de fibres en mèche.
Ainsi, en vue de donner à un produit fibreux la forme d'une mèche ou bou din destiné à être étiré en vue de sa conver sion en un produit plus fin et retordu sous forme d'un filé, on a proposé de soumettre un faisceau de filaments continus à une opé ration de broyage continue à l'aide de rou leaux de pression, tous les filaments étant broyés successivement sans que le produit perde sa continuité.
Une opération de ce genre donne un produit composé de fibres dont la longueur est plus ou moins due au hasard et ne peut pas être déterminée à l'avance, outre que le broyage des filaments nuit aux pro priétés physiques de la matière initiale à un degré tel qu'on ne peut pas obtenir des fibres ayant les propriétés désirées dans un filé com posé de fibres en mèche.
Un autre procédé consiste à presser un faisceau de filaments continus contre une sur face coupante, le faisceau et ladite surface étant animés d'un mouvement relatif dans la direction du mouvement des filaments, et la pression étant limitée sensiblement à un point de la longueur du faisceau, de façon à ef fectuer la coupe des filaments en fibres.
Dans ce cas encore, le produit contient des fibres ayant une gamme de longueurs différentes mais, étant donné que, dans cette opération, la conversion est effectuée par une coupe, les propriétés physiques des filaments ne sont pas sensiblement modifiées.
On a proposé de couper un faisceau épais et serré de filaments continus à l'aide de cou teaux, qui peuvent être disposés obliquement par rapport à la longueur du faisceau, tout en maintenant la continuité du faisceau consi déré dans son ensemble, le produit fibreux ainsi obtenu étant essentiellement sous une forme qui exige un étirage par les opérations habituelles pour pouvoir être converti en un filé; de plus, comme résultat de la. forme serrée que possèdent les filaments au moment où ils:
sont coupés (à cet égard, la coupe cor respond étroitement à l'opération décrite plus haut par laquelle des filaments continus sont convertis en une masse de fibres qu'il est né cessaire d'ouvrir pour pouvoir les soumettre à un traitement complémentaire), cet étirage nécessaire est difficile à réaliser. En outre, un grand nombre des opérations ordinairement effectuées dans la filature des fibres de coton et de laine sont nécessaires pour convertir le produit en un filé.
Dans le procédé que comprend l'invention, les filaments continus réunis que l'on emploie peuvent être, par exemple, des filaments d'a cétate de cellulose, de viscose, de cuprammo- nium ou de soie naturelle, ou de mélanges de deux ou plus de ,deux de ces filaments.
Le procédé, au moyen duquel un faisceau sensiblement sans torsion de filaments conti- nus réunis est converti d'une façon continue en un produit de fibres en mèche, est caracté risé en ce qu'on entraîne le faisceau, on sé pare les filaments du faisceau les uns des autres à l'extrémité de ce faisceau,
on dé coupe une longueur prédéterminée de ces fila ments séparés pour obtenir un groupe de fibres et on répète ces opérations de façon à obtenir une succession de groupas de fibres oé- parées et, pendant que les fibres coupées sont encore séparées, on assemble les groupes de fibres de telle manière que les extrémités avant des fibres de chaque groupe s'étendent au delà des extrémités arrière des fibres du groupe précédent à un degré tel que, lors du serrage subséquent des fibres,
on puisse obte nir un produit continu cohérent composé de fibres en mèche, et on effectue alors le ser- rage des fibres pour obtenir le produit continu de fibres en mèche.
En raison de l'état séparé des fibres des groupes et du fait que les groupes sont dis posés de telle manière que les extrémités avant des fibres de chaque groupe s'étendent au delà des extrémités arrière des fibres du groupe précédent ou sont disposées à recou vrement par rapport à elles, les fibres de groupes successifs s'entremêlent pour per mettre aux groupes d'être serrés sous forme d'un produit cohérent.
Le faisceau de filaments continus associés destinés à être convertis en un produit de fibres en mèche peut affecter la forme d'une bande au fil de filaments non-tordus ou d'un fil ayant un très faible degré de torsion mais, dans ce dernier cas, le degré de torsion est suffisamment faible pour permettre aux fila ments élémentaires d'être séparés les uns des autres.
La séparation des filaments sur la lon gueur voulue (c'est-à-dire une longueur plus grande que celle du bout de fibre désiré, peut être effectuée au moment où les filaments sont sur le point d'être découpés en groupes de fibres. Ainsi, on peut, par exemple, soumettre le faisceau à l'action d'un courant de gaz ayant à la fois pour effet de séparer les fila ments élémentaires du faisceau les uns des autres et de les amener à un dispositif cou pant.
Par exemple, les filaments peuvent être conduits à travers un éjecteur tourné vers le dispositif coupant et alimenté d'air comprimé, les filaments étant éjectés par cet éjecteur et entraînés jusqu'au dispositif coupant à l'état séparé. L'action du courant de gaz a pour ef fet de supprimer un faible degré de torsion que le faisceau serait susceptible de posséder.
Il peut être avantageux de munir l'éjecteur d'une buse d'éjection évasée et plate, de fa çon que les filaments soient étalés sous forme d'une bande sensiblement plate, cet étalement facilitant la coupe et le serrage subséquent des groupes de fibres comme il ressortira de ce qui suit.
Pour commander les filaments séparés pendant la coupe, des moyens peuvent être prévus pour saisir et tenir les extrémités libres des filaments, ces moyens pouvant, par exem ple, consister en un support perméable sans fin sous forme d'une bande perméable (ou en un tambour ou roue à surface perméable) à travers laquelle une succion est exercée. Avec une disposition de ce genre, les extrémités libres des filaments sont aspirées et mainte nues contre la surface perméable par l'effet de succion et, pendant qu'elles sont ainsi maintenues, sont coupées par le dispositif cou pant.
En faisant mouvoir la surface à une vi tesse prédéterminée à l'écart du dispositif coupant dans la direction de la longueur des groupes de fibres, chaque groupe peut être disposé à recouvrement dans la mesure voulue par rapport au groupe précédent.
On peut contribuer à rendre régulière la section transversale du produit continu de fibres en mèche en faisant en sorte que les fibres résultant de la coupe des filaments sé parés soient distribuées en différents points de la longueur du produit.
Ainsi, on peut décou per des groupes de fibres séparées dans deux ou plus de deux faisceaux de filaments conti nus et réunir et serrer ces groupes pour en former un seul -produit -continu de fibres en mèche;
ou bien on peut découper des groupes de filaments séparés dérivés d'un ou plusieurs faisceaux, de façon que les extrémités des fibres constituées à l'aide de chaque groupe soient étagées par rapport à celles des fibres constituées à l'aide des autres groupes, les groupes de fibres ainsi constitués étant alors réunis et serrés en un seul produit continu de fibres en mèche dont les fibres ont leurs extrémités distribuées à des intervalles régu liers de sa longueur.
De même, les filaments séparés d'un faisceau peuvent être coupés obliquement par rapport à leur longueur, de façon que les extrémités des fibres de chaque groupe soient progressivement étagées dans la direction longitudinale du groupe, ces extré mités conservant cette disposition étagée (que les groupes soient ou non réunis à d'autres groupes découpés dans un ou plusieurs autres faisceaux)
et constituant un produit continu de fibres régulièrement distribuées. En outre, on peut diviser un seul faisceau de filaments continus en deux ou plus de deux groupes de filaments séparés, chaque groupe étant découpé en une succession de fibres séparées de longueur prédéterminée, ces fibres étant réunies et serrées comme ci- dessus pour constituer un produit continu et individuel de fibres en mèche.
De cette ma nière, on peut constituer plusieurs produits continus de fibres en mèche à l'aide d'un seul faisceau de filaments continus. Ce mode opé ratoire est avantageux pour la production de produits continus de fibres en mèche de fai bles numéros ou deniers, par exemple des de niers 50, 100 ou 150.
Le fait de séparer les filaments continus de manière à, les amener à un dispositif cou pant sous forme d'une ou plusieurs bandes plates permet aux extrémités coupées des fibres de conserver leurs positions relatives sé parées pendant et après la- coupe, cette dispo sition étant particulièrement avantageuse lorsque la coupe est effectuée obliquement par rapport à, la longueur des filaments continus.
En outre, avec des groupes de fibres disposés sous forme d'une bande plate, l'entremêle ment des fibres aux extrémités des groupes de fibres adjacents et le boudinage ou autre ac- tion, de serrage auquel on soumet les groupes pour obtenir le produit continu peuvent être facilités.
L'appareil que comprend l'invention peut avantageusement comporter un dispositif cou pant qui se prête au traitement des filaments séparés, surtout lorsque les filaments sont éta lés sous forme d'une ou plusieurs bandes plates.
Ce dispositif comprend, par exemple, deux couteaux à nombreuses dents coupantes (par exemple tels que ceux utilisés dans une tondeuse de coiffeur) dont la largeur est suf fisante pour correspondre à l'étalement des fibres séparées. Ce dispositif est de préférence placé hors du chemin des filaments séparés et est destiné à entrer en prise avec ceux-ci d'une manière intermittente, ce qui s'obtient, par exemple, en déviant les filaments, de fa çon à les introduire dans la denture du dis positif coupant.
Une forme d'exécution préférée de l'appa reil peut comporter un organe déflecteur com prenant, par exemple, deux tiges disposées de façon à. se mouvoir une de chaque côté du dispositif coupant et à assurer l'introduction des filaments séparés entre les dents du dis positif. On peut prévoir deux ou plus de deux dispositifs coupants destinés à être actionnés par un mécanisme de commande commun et on peut aussi prévoir deux ou plus de deux organes déflecteurs destinés à être actionnés en commun.
L'entraînement des filaments est de préfé rence intermittent. Par exemple, le courant de gaz peut être commandé par une soupape ac tionnée à la, même fréquence que le dispositif coupant.
Le produit fibreux continu peut être tordu sous forme d'un fil d'une façon continue avec le boudinage des groupes de fibres. Ainsi, on peut disposer un dispositif tordeur-renvideur à. anneau, à cloche ou à ailette, de façon qu'il reçoive le produit boudiné et qu'il le torde et l'enroule sur une bobine ou un tube de ca nette, le paquet de filé ainsi obtenu pouvant être converti en un tissu soit dans cet état simple, soit après son doublage avec un filé de la.
même construction ou d'une construction différente.
Des filaments ou fibres de différentes ma tières et (ou) caractéristiques peuvent être incorporés au produit continu de fibres en mèche si l'on veut obtenir des effets de fan taisie (par exemple des effets de surteinture) dans des fils et tissus contenant le produit.
En incorporant au produit des matières capa bles de modifier sa section transversale, on peut obtenir un produit ayant des effets de naeuds. On peut incorporer au produit diffé rents filaments continus; par exemple, on peut séparer et découper simultanément des fila ments d'acétate de cellulose et de viscose pour en obtenir des groupes de fibres qui sont ser rés et convertis en un produit unique.
Dans certaines formes d'exécution du pro cédé, suivant lesquelles on fabrique un pro duit continu de fibres en mèche à partir de filaments continus d'une matière (telle que l'acétate de cellulose ou un autre dérivé orga nique de la cellulose) qui possède un pouvoir diélectrique élevé et qui, par conséquent, est sujette à retenir des charges d'électricité sta tiques, on constate que le fait de frotter les filaments avant de les ouvrir communique aux filaments une charge d'électricité statique qui a pour effet de repousser les filaments élémentaires les uns à l'écart des autres,
ce qui a comme résultat qu'une action d'étale ment préliminaire désirable est communiquée aux filaments avant leur séparation. On peut accentuer cette action d'étalement prélimi naire en diminuant la tendance de la charge statique à quitter les filaments avant que ceux-ci soient séparés ou en garnissant de caoutchouc ou d'une matière d'isolement élec trique analogue les pièces du métier avec les quelles les filaments électrifiés sont sujets à entrer en contact.
Ainsi qu'il a été indiqué plus haut, le pro duit continu :de fibres en mèche peut être tordu et converti en filés d'une façon continue au fur et à mesure que s'effectue le serrage ou boudinage des groupes de fibres.. Toutefois, si l'on désire obtenir un filé dont le denier est plus petit que celui du produit de fibres en mèche, on peut étirer ce produit pour le ré duire au numéro ou denier désiré avant de le convertir finalement en un filé par retordage.
L'étirage du produit peut être réalisé d'une manière analogue à l'étirage auquel on soumet habituellement les mèches ou boudins de fibres de coton ou de laine et peut "être ef fectué au fur et à mesure du boudinage du produit.
On peut toutefois recueillir le pro duit sans le soumettre à aucune torsion, ou en ne le soumettant qu'à une faible torsion, par exemple dans un pot collecteur de mèche ou récipient analogue, ou à l'aide d'un dispositif tordeur-renvideur à ailette, et l'étirer ensuite au faible denier désiré.
Si l'on désire obtenir un produit ayant les dimensions d'une mèche ou boudin, on peut donner au faisceau filamenteux continu un denier comparable avec celui du produit, ou réunir plusieurs faisceaux de plus faible de nier pour les convertir en un seul faisceau du plus gros denier voulu. Le même, on peut réunir des groupes de fibres découpées :dans une série de faisceaux voisins de filaments dont le denier total est de l'ordre de celui d'une mèche ou boudin et réunir et boudiner ces groupes pour en former un produit uni que possédant le denier plus gras désiré.
Une forme d'exécution de l'appareil pour la mise en #uvre du procédé que comprend l'invention est représentée, à titre d'exemple, au dessin annexé.
La fig. 1 est une vue en bout avec coupe verticale partielle de l'appareil; Les fig. 2 et 3 montrent un détail de la fig. 1 à plus grande échelle; La fig. 4 -est une vue en plan de la fig. 1, certains éléments n'ayant pas été représentés pour rendre le dessin plus clair; La fig. 5 est un schéma représentant la structure du produit continu composé de bouts de fibres, obtenu dans l'appareil représenté par les figures précédentes;
Les fig. 6 et 7 sont respectivement une coupe verticale et une coupe horizontale d'un autre détail.
Comme représenté sur la fig. 1, un fais ceau 8 de filaments continus, sensiblement sans torsion, est déroulé d'une bobine d'ali mentation 9 par deux rouleaux d'entraînement 10, les filaments passant de la bobine 9 aux rouleaux 10 par l'intermédiaire de guides 11 et d'un dispositif de tension à "grille" 12.
Les rouleaux d'entraînement 10 amènent les fila ments à un éjecteur 13 présentant un trou 14 pour l'entrée des filaments (fig. 4 et 6) et muni d'une buse évasée plate présentant un orifice d'éjection 15, cet éjecteur recevant de l'air comprimé d'un tuyau d'alimentation 16.
Comme indiqué par les flèches de la fig. 6, l'air descend par -un conduit 17 et passe par un ajutage 18 à l'orifice 15, l'aju- tage 18 présentant trois conduits divergents <B>19</B> (fig. 7), de façon qu'il étale le courant d'air au moment où il passe, la buse plate à orifice contribuant à aplatir et à étaler le cou rant d'air pour lui donner la forme d'un éven tail.
Le passage de l'air de l'ajutage 18 à l'ori fice 15 crée une succion au trou d'entrée 14 des filaments, d'on il résulte que les filaments sont aspirés à travers ce trou et dans le cou rant d'air principal, ce qui a à la fois pour effet d'éjecter par l'orifice 15 une longueur de filament plus grande que celle des bouts de fibre désirés et de séparer les filaments de cette longueur les uns des autres sous forme d'une bande sensiblement plate pendant l'é jection, le faible degré de torsion que le fais ceau était susceptible de posséder étant sup primé sous l'influence du courant d'air. Il est préférable que le faisceau de filaments ne contienne pas un apprêt qui empêcherait le curant d'air de séparer les filaments et, pour cette même raison, il est recommandable d'uti liser des filaments non-lubrifiés.
A leur sortie de l'orifice 15, les parties extrêmes séparées des filaments éjectés 8 s'étalent en travers d'une bande perméable sans fin 20 qui est entraînée au contact de la surface d'un conduit d'aspiration 21 par un rouleau 22 en contact avec la surface in térieure de la bande. La bande est maintenue tendue par un rouleau fou 23 qui est solli cité contre cette bande par un ou plusieurs ressorts. Le conduit d'aspiration 21 commu nique avec un récipient à vide 24 par un tuyau 25.
Comme on le voit sur les fig. 1 à 3, le conduit 21 possède une section transversale aplatie et est perforé en deux points 27, 28, deux courants d'air séparés pénétrant ainsi dans le conduit à travers la bande perméable 20, comme indiqué par les flèches. Lorsque les filaments 8 sont éjectés par la buse 15, leurs extrémités sont aspirées et appliquées contre la bande par l'effet de succion régnant à l'endroit des trous 27, comme représenté clairement sur la fig. 1.
A peu près simultanément avec la succion et l'application des extrémités de filaments séparées par et contre la bande 20, l'admis sion d'air à l'éjecteur 13 est momentanément coupée (comme on le verra plus loin) et un organe déflecteur à deux branches 30, disposé près de l'orifice 15 au-dessus des filaments, descend et pousse les filaments vers le bas pour les faire entrer en prise avec les dents d'un dispositif coupant multiple 31 du type "tondeuse" dont les dents font saillie à peu près perpendiculairement au trajet des fila ments entre l'orifice 15 et la bande<B>9-0,
</B> les deux branches de l'organe déflecteur étant si tuées de part et d'autre du dispositif coupant 31 pour assurer une prise convenable des fila ments séparés avec les dents (fig. 4).
Le dispositif coupant 31 est alors actionné pour sectionner les filaments de façon à pro duire un groupe de bouts de fibres, et l'ex trémité arrière du groupe ainsi constitué est aspirée à l'écart du dispositif coupant et con tre la bande par le courant d'air qui pénètre dans le conduit 21 par les trous 28, ce cou rant d'air étant en partie concentré sur les dents du dispositif coupant par une chicane 29 disposée entre ce dispositif et les trous 28. Un groupe de fibres séparées est ainsi coupé et appliqué sur la surface de la bande mobile 20.
Lors du fonctionnement du dispositif cou pant 31, un guide 32, normalement disposé derrière les filaments continus se mouvant en ligne droite des rouleaux d'entraînement 10 à l'éjecteur 13, se meut vers l'avant (c'est- à-dire vers la droite des fig. 1 à 3) et, dans ce mouvement, dévie les filaments à l'écart de la ligne droite et dégage leurs extrémités cou pées des dents du dispositif coupant 31,
afin de libérer ces filaments pour leur permettre .d'être de nouveau entraînés par le courant d'air (fig. 3).
Les filaments ayant été dégagés du dis positif coupant, le guide 32 est rappelé à sa position normale de non-fonctionnement, et le courant d'air est rétabli pour séparer et éjecter de nouveau les filaments au-dessus de la bande 20 par l'orifice 15. Les extrémités des filaments séparés sont de nouveau aspi rées vers et contre la bande 20, de la manière représentée sur la fig. 1, et le cycle des opé rations décrites ci-dessus est répété.
La vitesse d'avancement des filaments 8 sortant de l'orifice 15 dépend de la vitesse de rotation des rouleaux d'entraînement 10, et on peut régler la longueur des bouts dont sont composés les groupes de fibres appliqués sur la bande 20 en réglant cette rotation. Si les filaments sont amenés à une vitesse cons tante à un dispositif coupant travaillant à une fréquence constante, les groupes de fibres au ront une longueur sensiblement constante.
De même, on règle la vitesse linéaire de la bande 20 dans la direction de la longueur des groupes de fibres selon la vitesse d'avan cement des filaments 8 sortant de la buse 15 de façon que, au moment où les groupes de fibres sont recueillis par la bande, ils sont as semblés de telle manière que les extrémités avant des fibres de chaque groupe sont dis posées à recouvrement par rapport aux extré mités arrière des fibres du groupe précédent.
Les groupes de fibres à recouvrement sont re présentés sur la fi-. 4 et d'une manière schéma tique sur la fig. 5, ces groupes constituant un ensemble continu 33 de fibres sur la bande 20.- La bande 20 entraîne l'ensemble 33 jus qu'à une paire de bandes frottantes mobiles sans fin 34, entraînées par des rouleaux 35.
La bande frottante inférieure de la paire re çoit d'une tringlerie 36 qu'on décrira plus loin un mouvement de va-et-vient transversale ment à l'ensemble 33, de façon à rouler ou boudiner cet ensemble sous forme d'un pro duit sensiblement cylindrique 37 (fig. 4) qui est composé de bouts de fibres et qui est tordu sous forme d'un filé 38 et enroulé sur une bo bine 39 par un dispositif tordeur-renvideur _à anneau 40.
Comme représenté sur les fig. 1 et 4, le dispositif coupant 31 est disposé obliquement par rapport aux filaments séparés, de façon que les bouts coupés des filaments soients étagés dans la direction longitudinale de cha que groupe (fig. 4).
Cette disposition contri bue à mêler entre elles les fibres des groupes successifs et à distribuer uniformément les extrémités desdites fibres suivant la longueur de l'ensemble 33 (et, par suite, suivant la longueur du filé final 38) et contribue ainsi à établir un produit ayant une résistance mé canique sensiblement constante en tous les points de sa longueur. .
Il ressort de la description qui précède que, étant donné qu'on fait en sorte que les groupes coupés soient disposés à recouvre ment, le denier du produit résultant est plus grand que celui du faisceau filamenteux ini- tial 8, l'accroissement du denier dépendant du degré de recouvrement des filaments, ce de nier étant d'autant plus grand que le recou vrement est plus grand, et vice-versa.
Les divers éléments de l'appareil décrit ci-dessus sont actionnés de la manière sui vante: Un arbre 41, actionné par un pignon de chaîne 42, porte un pignon de chaîne 43 (fig. 1 à 3) qui actionne par une chaîne 44 le rouleau d'entraînement inférieur 10 à une vitesse prédéterminée, le rouleau supérieur étant entraîné par son contact à friction avec l'inférieur.
Bien que les rouleaux d'entraîne ment 10 amènent les filaments continus 8 d'une façon continue à l'éjecteur 13 et que les filaments soient séparés et projetés par l'éjec- teur sur la bande 20 d'une façon intermit tente,
les opérations d'éjection et de coupe sont effectuées en succession si rapide que le faible degré de mou créé dans les filaments entre les rouleaux et l'éjeoteur comme résul tat de l'entraînement continu des filaments pendant les périodes dans lesquelles l'admis sion d'air comprimé est coupée est insignifiant et est rapidement absorbé par le courant d'air lorsque l'admission d'air est rétablie.
Les rou leaux d'entraînement 10 pourraient toutefois être actionnés par intermittence en cadence ou en conformité avec la fréquence des courants d'air.
L'arbre 41 porte aussi quatre cames 45, 46, 47 et 48, la came 45 étant placée direc tement au-dessous de l'éjecteur 13 et action nant un organe 50 qui est soumis à l'action d'un ressort et qui, lorsque la came tourne, monte et descend dans le conduit 17 pour ac tionner une soupape ou tiroir qui coupe et ré tablit le courant d'air arrivant par le tuyau d'alimentation 16 aux intervalles voulus, comme il ressort de la fig. 6.
. I.Pa; came 46 actionne un galet 51 porté par un levier coudé 52 portant, d'autre part, l'or- gave déflecteur à deux branches 30, la posi tion relative des cames 45 et 46 étant telle que, aussitôt que la came 45 a soulevé l'organe 50 pour couper l'admission d'air à l'ajutage 18 (c'est-à-dire après l'éjection d'une longueur de filaments plus grande que la longueur des bouts de fibres désirée), la came 46 fait os ciller le levier coudé 52 dans le sens dextro gyre (en regardant la fig. 1) autour de son pivot pour infléchir les filaments éjectés et les engager dans la denture du dispositif cou pant 31.
La forme de la came 45 et (ou) la vitesse de rotation de l'arbre 41 déterminant la longueur des filaments éjectés à chaque opération de l'éjecteur 13 (et par conséquent la longueur du groupe coupé), ce groupe étant d'autant plus long que la période d'éjection est plus longue, et vice-versa. Les trous 27, 28 du conduit d'aspiration 21 sont disposés au-dessus d'une partie assez grande de la lar geur du conduit 21, de façon qu'ils puissent agir sur des fibres de longueurs différentes.
Immédiatement après que les filaments ont été abaissés dans la denture du dispositif coupant 31, la came 47 fait osciller un levier coudé 53 qui porte un galet coopérant avec cette came et qui est relié au dispositif cou pant 31 par un bras vertical 54, le pivote ment du levier 53 ayant pour effet d'élever le bras 54, ce bras actionnant alors le dispo sitif coupant.
Les filaments ayant ainsi été coupés, la came 48 pousse vers l'extérieur (c'est-à-dire vers la droite de la fig. 1) un levier vertical pivotant 55 à l'extrémité duquel est fixé le guide 32, dont le mouvement vers l'extérieur, qui en résulte, fait dévier les filaments conti- nus, allant des rouleaux d'entraînement 10 à l'éjecteur 13 et dégage les extrémités coupées des filaments de la denture du dispositif cou pant 31 (fig. 3).
La came 45 libère alors l'organe 50 de commande du tiroir pour rétablir l'admission d'air comprimé à l'ajutuge 18 et les filaments sont de nouveau séparés et éjectés par l'éjec- teur 13, le cycle des opérations précédemment décrites étant alors répété. L'arbre 41 porte un autre pignon de chaîne 57 qui, par l'intermédiaire d'une trans mission à chaîne 58, actionne un arbre 59 sur lequel est monté le rouleau 22 actionnant la bande 20.
L'arbre 59 entraîne à. son tour, à l'aide d'une transmission à chaîne 60, un ar bre 61 sur lequel est monté celui des rouleaux 35 qui actionne la bande frottante inférieure 34, la commande étant transmise de ce rouleau au rouleau supérieur par des engrenages 62.
L'arbre 41 actionne, à l'aide d'une trans mission à pignons d'angle et à arbre 63, la tringlerie 36 qui communique un mouvement de va-et-vient à la bande frottante infé rieure 34. Le pignon de chaîne 60 coulisse sur l'arbre 61, de façon à permettre à cet arbre d'effectuer un mouvement de va-et-vient pen dant qu'il lui transmet sa. commande et, pour la même raison, l'engrenage 62 transmettant la commande du rouleau inférieur 35 au rou leau supérieur est assez large pour permettre le mouvement de va-et-vient de la bande frot- tante inférieure tout en maintenant la com mande.
Bien qu'il y ait été question dans la des cription qui précède d'un appareil destiné au traitement d'un seul faisceau de filaments, il est bien entendu qu'on pourrait disposer côte à côte un nombre quelconque d'appareils de ce genre, de la manière indiquée sur la fig. 4, de façon à traiter simultanément tout nom bre désiré de faisceaux de filaments continus.
De même, si, pour une raison quelconque, on désire obtenir un produit dont le denier est sensiblement plus grand que celui du fais ceau initial 8 de filaments continus, on peut associer deux ou plus de deux produits adja cents 37 à leur sortie des bandes frottantes 34 et en former un seul filé à l'aide d'un dis positif tordeur-renvideur commun tel que le dispositif tordeur-renvideur à anneau repré senté sur le dessin ou un dispositif tordeur- renvideur à cloche ou à ailette.
Lorsqu'on effectue la coupe et la conver sion de filaments continus qui sont faits d'une matière telle que l'acétate de cellulose ou un autre dérivé organique de la cellulose de grand pouvoir diélectrique et qui, par consé- quent, sont sujets à retenir des charges d'élec tricité statiques, on constate que le dispositif de tension à grille 12 a non seulement pour effet de soumettre les filaments à la tension désirée, mais aussi d'électrifier les filaments, de telle manière qu'ils se repoussent les uns les autres,
en provoquant ainsi un étalement préliminaire désirable des. filaments avant leur entrée dans l'éjecteur 13. On peut accen tuer cet étalement préliminaire en diminuant la tendance de la charge statique à quitter les filaments avant l'entrée de ceux-ci dans l'éjecteur et, pour cette raison, on peut avan tageusement garnir au moins le rouleau d'en traînement supérieur 10 de caoutchouc ou d'une autre matière diélectrique.
Pour empê cher l'usure excessive d'une partie quelconque des rouleaux d'entraînement 10, on peut ani mer les filaments 8 d'un mouvement de va-et- vient suivant la longueur des rouleaux.
Lorsqu'on désire produire un filé 38 ayant un denier plus petit que celui de l'ensemble 33, on peut étirer cet ensemble au denier dé siré avant de le retordre finalement sous forme d'un. filé. C'est ainsi qu'on peut dispo ser des paires de rouleaux d'étirage sur le chemin suivi par cet ensemble entre les bandes frottantes 34 et le dispositif tordeur-renvideur à anneau 40, de façon à étirer ledit ensemble avant sa conversion en un filé par retordage.
Ledit ensemble pourrait aussi être recueilli avec une torsion faible ou nulle directement des bandes frottantes 34, par exemple dans un pot collecteur de mèche ou récipient analogue, ou à l'aide d'un dispositif à ailette, et étiré ensuite au faible denier désiré.