Mouvement d'horlogerie à fluide gazeux moteur. La présente invention, due à Monsieur J. Reutter, concerne les mouvements d'horlo gerie dont le fonctionnement est assuré pen dant un temps très long par un accumula teur d'énergie qui lui est associé. On a utilisé comme accumulateurs d'énergie des poids, des ressorts, des piles ou des ,accumulateurs électriques, mais. chacun de ces moyens pré sente des- inconvénients.
Les mouvements d'horlogerie actionnés électriquement sont ceux qui permettaient jusqu'à présent la plus grande durée de fonctionnement avec un mi nimum d'encombrement et de poids. Le but de l'invention est de diminuer encore, dans des proportions considérables, l'encombre ment et le poids pour une durée de fonction nement égale.
Un mouvement d'horlogerie selon l'inven tion est du type actionné par la détente d'un ressort. Il se caractérise par la combinaison, avec le mouvement d'un moteur de tension d'un ressort actionné pax la détente d'un fluide gazeux sous pression.
On réalise par ce mayen des montres ou pendulettes d'un encombrement extrêmement faible et qui sont capables d'un très long fonctionnement. C'est ainsi qu'un centimètre cube de propane à 20 C donne, en s'évapo,- rant, 35 centimètres kbes de vapeur à 9 ki logrammes de pression, soit, comme il est facile de le calculer, une énergie de 9 kilo grammètres.
Or, une montre exige, par 24 heures de marche, une énergie d'environ 0,02 kilogrammètre; un centimètre cube de propane devrait donc, théoriquement, la faire fonctionner pendant 450 jours. Dans la pra tique, la. durée de fonctionnement est d'en viron 100 jours par centimètre cube. Il n'existe aucune source d'énergie électrique (pile ou accumulateur) qui soit capable de donner des résultats semblables sous un tel volume.
Le dessin annexé représente, à titre d'exemplf,, diverses formes d'exécution du', mouvement. d'horlogerie selon l'invention et de montres de poches utilisant ce mouvement.
La fig. 1 est une élévation schématique, avec coupe partielle, d'un mouvement dont le remontage est aîsuré par. un moteur à, va peur ,saturée.
La, fig. \? est une vue similaire à, la fi-. 1, pour une variante.
La. fig. 3 est une élévation schématique d'une montre de poche.
La. fig. 4 est une coupe diamétrale cor respondante.
La fi-. :5 est une vite en plan partielle, -avec coupe, d'une montre-bracelet.
La fig. 6 est une, coupe longitudinale d'une portion de bracelet de la, fig. 5.
Dans la réalisation de la fig. 1, un mouve ment usuel de montre comporte un barillet dont l'armage du ressorti: ou remontage est produit par les déplacements d'un piston 1 mobile dans un cylindre 2 dans lequel une vapeur motrice est admise sous la commande d'une soupape à pointeau 3.
Sur la bonde du barillet est pré-#qie une denture 4 en prise avec un doigt oit cliquet 5 d'une came 6 touizllonnée au point: fixe 7 et rappelée dans une position moyenne par une lame-ressort 8 maintenue, à son extrémité, entre deux butées 9. Le ressort du barillet est accroché, d'une part, à la bonde et, d'autre part, su barillet proprement dit qui porte la. denture 10 reliée au train de roues 1.1 du mouvement.
La, bonde porte un cliquet 1.2 en prise avec un rochet 13 centré sur l'axe du ba rillet et solidaire angulairement d'une den ture engrenée avec celle 1.4 taillée sur un râteau ou secteur denté 15 pivoté en un point fixe 16. Ce râteau s'articule par sa queue 1 7 sur une biellette 18 qui le relie au tourillon 19 du piston 1 soumis à l'action d'un res sort 20.
La- soupape 3 est reliée, de préférence élas- tiquement, à, l'un des bras d'un levier 21 pi voté en \?? et soumis au rappel d'un ressort 23 qui tend à agir pour soulever la soupape.
Lune goupille 24 prévue à, l'extrémité du bras 25 du levier vient, dans les conditions expo-
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stes <SEP> plus <SEP> loin, <SEP> au <SEP> contact <SEP> d'une <SEP> rampe <SEP> oit
<tb> came <SEP> du <SEP> râ.teaii <SEP> 15, <SEP> tandis <SEP> qu'un <SEP> bec <SEP> 26 <SEP> du
<tb> bras <SEP> 27 <SEP> s'appuie <SEP> sur <SEP> la <SEP> came <SEP> 6.
<tb> Le <SEP> fonctionnement <SEP> est <SEP> le <SEP> suivant:
<tb> Lorsque <SEP> le <SEP> ressort <SEP> est <SEP> remonté, <SEP> la. <SEP> bonde
<tb> (lit <SEP> barillet <SEP> est <SEP> immobilisée <SEP> par <SEP> appui <SEP> de <SEP> sa
<tb> denture <SEP> 4 <SEP> star <SEP> le <SEP> cliquet <SEP> 5 <SEP> de <SEP> la <SEP> came <SEP> 6 <SEP> qui
<tb> est <SEP> sollicité <SEP> dans <SEP> le <SEP> sens <SEP> de <SEP> la <SEP> flèche <SEP> 28, <SEP> la
<tb> lame-ressort <SEP> 8 <SEP> étant <SEP> cambrée <SEP> dans <SEP> la <SEP> position
<tb> 8a. <SEP> Le <SEP> hec <SEP> ?6 <SEP> s'appuie <SEP> sur <SEP> la <SEP> périphérie <SEP> de <SEP> la
<tb> canne <SEP> 6 <SEP> et <SEP> la<B>,</B> <SEP> soupape <SEP> 3 <SEP> est <SEP> appliquée <SEP> sur <SEP> son
<tb> siège.
<tb> Lorsque <SEP> la <SEP> tension <SEP> du <SEP> ressort <SEP> moteur <SEP> du
<tb> barillet <SEP> a <SEP> suffisamment <SEP> diminué, <SEP> la.
<SEP> lame ressort <SEP> 8 <SEP> reprend <SEP> sa <SEP> position <SEP> moyenne <SEP> et <SEP> le
<tb> bec <SEP> 26 <SEP> se <SEP> trouve <SEP> au <SEP> droit <SEP> de <SEP> l'entaille <SEP> 29; <SEP> le
<tb> ressort <SEP> 23 <SEP> agit <SEP> et <SEP> soulève <SEP> la <SEP> soupape <SEP> 3 <SEP> dont
<tb> <B>la</B> <SEP> levée <SEP> est <SEP> limitée <SEP> par <SEP> contact <SEP> de <SEP> la <SEP> goit pille <SEP> 24 <SEP> avec <SEP> la <SEP> partie <SEP> de <SEP> plus <SEP> petit <SEP> rayon
<tb> (le <SEP> la <SEP> rampe <SEP> 30 <SEP> du <SEP> râteau <SEP> 15.
<tb> La.
<SEP> vapeur, <SEP> en <SEP> provenance <SEP> d'un <SEP> réservoir
<tb> étanche <SEP> qui <SEP> contient <SEP> le <SEP> liquide <SEP> générateur,
<tb> pénètre <SEP> par <SEP> le <SEP> conduit <SEP> 31 <SEP> dans <SEP> le <SEP> cylindre <SEP> 2
<tb> et <SEP> repousse <SEP> le <SEP> piston <SEP> dans <SEP> le <SEP> sens <SEP> de <SEP> com pression <SEP> du <SEP> ressort. <SEP> 20. <SEP> La <SEP> translation <SEP> du <SEP> pis ton <SEP> 1 <SEP> produit <SEP> un <SEP> déplacement <SEP> angulaire <SEP> du
<tb> râteau <SEP> dans <SEP> le <SEP> sens <SEP> de <SEP> <B>la</B> <SEP> flèche <SEP> 32. <SEP> Dès <SEP> que
<tb> Iii <SEP> goupille <SEP> ?4 <SEP> a.
<SEP> touché <SEP> la <SEP> partie <SEP> haute <SEP> de <SEP> la
<tb> rampe <SEP> 30, <SEP> la <SEP> soupape <SEP> 3 <SEP> est <SEP> fermée <SEP> et <SEP> la <SEP> va peur <SEP> qui <SEP> a <SEP> pénétré <SEP> dans <SEP> le <SEP> cylindre <SEP> 2 <SEP> se <SEP> dé tend <SEP> en <SEP> repoussant <SEP> le <SEP> piston <SEP> 1 <SEP> qui <SEP> comprime
<tb> le <SEP> ressort <SEP> 20.
<tb> Le <SEP> râteau <SEP> 15, <SEP> en <SEP> tournant, <SEP> entraîne, <SEP> par <SEP> le
<tb> rochet <SEP> 13 <SEP> et <SEP> le <SEP> cliquet <SEP> 12, <SEP> la, <SEP> bonde <SEP> du <SEP> baï
<tb> rillet <SEP> dont <SEP> la. <SEP> denture <SEP> 4 <SEP> glisse <SEP> sur <SEP> le <SEP> cliquet <SEP> 5
<tb> en <SEP> cambrant <SEP> le <SEP> ressort <SEP> 8 <SEP> dans <SEP> la <SEP> position <SEP> 8h
<tb> et <SEP> le <SEP> ressort <SEP> moteur <SEP> du <SEP> barillet <SEP> est <SEP> bandé.
<SEP> Dès
<tb> que <SEP> la <SEP> pression <SEP> de <SEP> la <SEP> vapeur <SEP> enclose <SEP> dans <SEP> le
<tb> cylindre <SEP> 2 <SEP> est <SEP> suffisamment <SEP> tombée <SEP> par <SEP> suite
<tb> des <SEP> fuites <SEP> prévues, <SEP> le <SEP> ressort <SEP> 20 <SEP> rappelle <SEP> le
<tb> piston <SEP> 1 <SEP> vers <SEP> la <SEP> position <SEP> qu'il <SEP> occupe <SEP> sit <SEP> des sin. <SEP> Le <SEP> râteau <SEP> 15 <SEP> entraîne <SEP> alors <SEP> le <SEP> rochet <SEP> 13
<tb> qui <SEP> glisse <SEP> sur <SEP> le <SEP> cliquet <SEP> 12 <SEP> et <SEP> la <SEP> réaction
<tb> exercée <SEP> par <SEP> la <SEP> denture <SEP> 4 <SEP> sur <SEP> le <SEP> cliquet <SEP> 5
<tb> maintient <SEP> la <SEP> came <SEP> dans <SEP> une <SEP> position <SEP> telle
<tb> due. <SEP> lors(lue <SEP> la.
<SEP> goupille <SEP> ?4 <SEP> se <SEP> trouve <SEP> au <SEP> droit
<tb> de <SEP> la <SEP> partie <SEP> de <SEP> plus <SEP> petit <SEP> rayon <SEP> de <SEP> la <SEP> rampe
<tb> 30, <SEP> la <SEP> soupape <SEP> 3 <SEP> ne <SEP> petit <SEP> s'ouvrir <SEP> du <SEP> fait <SEP> que le bec 26 bute sur la. périphérie de la came 6. La soupape 3 s'ouvre de nouveau, pour permettre la reproduction du cycle des opé rations qu'on vient de décrire, lorsque le res sort moteur du barillet s'est suffisamment dé tendu. Pour régulariser la détente de la va peur dans le cylindre, on peut prévoir un volant.
C'est le cas dans la forme d'exécution montrée par la fig. 2 dans laquelle, en outre, le barillet moteur est supprimé, son action étant remplacée par celle du ressort qui rap pelle le piston à sa position antérieure extrême.
Un râteau 33, pivoté en 34, est relié, par son bras 35 et la biellette 36, au tourillon 37a du piston 37. Sa denture 38 engrène avec un pignon 39 solidaire d'un rochet 40, en prise avec un cliquet 41, et d'une roue 42 qui entraîne la roue de centre 43 du mouve- vement usuel.
La denture du râteau 38 est reliée au vo lant 44,à grand moment d'inertie, par le train de pignons 45 et la roue 46. Une came 47, montée folle sur l'axe du râteau 33, com mande la soupape 48. La came 47 comporte deux dents 49 et 50 entre lesquelles est dis posée une goupille 51 du râteau 33. La sou pape 48 est reliée, de préférence élastique- ment, au levier 52 dont le bras 53 est soumis à l'action d'un ressort 54 qui tend à ouvrir la soupape lorsque le bec 55 rencontre la par tie 56 de la came 47. .
Le fonctionnement est le suivant: On supposera que le ressort moteur 57 s'est détendu en ramenant dans le sens de la flèche 58 le piston 37 qui n'a pas encore at teint sa position extrême. Le râteau 33 tourne dans le sens- de la flèche 59, en entraînant, par le rochet 40 et le cliquet 41, la roue 42 dans le sens convenable.
Le bec 55 est sur la partie 60 de la came 47 et la soupape 48 est fermée. Lorsque le bec 55 rencontre le point 61 de la came entraînée par la goupille 51 qui agit sur la dent 50, la détente du res sort 54 se produit: Elle ouvre la soupape 48, et, par action du bec 55 sur la rampe 62, elle chasse la came 47 dans le sens de la flèche 59, jusqu'à ce que 1-a, dent 49 bute sur la goupille 51.
La vapeur, admise dans le cylindre, pousse le piston 37 dans le sens de compres sion du ressort 5 7 et déplace le râteau 33 dans le sens inverse de la flèche 59. Le rochet 40 glisse sur le cliquet 41 et la roue 42 n'est pas influencée par le déplacement du râteau qui entraîne le volant 44. La vapeur est admise dans: le cylindre jusqu'à, ce que la came 47, entraînée par la poussée de la goupille 51 sur la dent 49, ait présenté la rampe 60 devant 1E bec 55 pour fermer la soupape 48.
La dé tente de la vapeur admise au cylindre se pro duit, régularisée par l'intervention du volant 44 et le ressort 57 est comprimé jusqu'à ce que les fuites lui permettent de se détendre en ramenant le piston 57 vers la position qu'il occupe fou dessin. Pendant cette détente, le râ teau 33 tourne dans le sens de la flèche 59 en entraînant la roue 42 et le mouvement dans le sens convenable; le volant 44 dont la rota tion a été inversée, intervient alors pour ré gulariser la détente du ressort 57.
Le râteau 33 qui, au début de la détente du ressort 57 s'est d'aboird déplacé seul, vient toucher par la goupille 51 la dent 50 de la came 47 qui est entraînée, mais, d'abord sans que la soupape 48 cesse d'être fermée. Celle ci s'ouvre, lorsque le piston 37 s'étant suffi samment rapproché de sa position extrême, le bec 55 rencontre le point 61. Le cycle des opé- rations déjà décrites se reproduit alors comme expliqué.
On a pu noter que, pendant le mouvement du râteau 33, -dans: le sens inverse de la flèche 59, le mouvement de la montre ne rece vant plus d'impulsion, subit un temps d'ar rêt. Parmi les dispositions qu'on peut utiliser pour remédier à cet inconvénient, on décrira la suivante, représentée au dessin.
Un levier 63, pivoté au point fixe 64, est soumis à l'action d'un ressort 65 qui tend à le déplacer de telle sorte que, parc l'interné= diaire,d'un doigt 66 pivoté en 67, il entraîne la roue 42 dans le sens convenable.
Le bec 68 du doigt 66 peut agir sur la denture de la roue 42 ou une denture spéciale solitaire de cette roue, lorsque la, goupille 69 portée par un bras 70 pivoté en 71 sur le levier 63, est libre dans une fente 7? du râteau 33. Le res sort 65 est bandé, vers la fin du mouvement de détente du ressort 57, par action d'une rampe 73 de cette fente 7 \? sur la. goupille 69. Il se détend en entraînant la, roue 4? pendant: le mouvement d'armage dut ressort 57.
Le réservoir qui contient le liquide géné rateur de la vapeur qui agit sur le piston peut être prévu en tout endroit approprié de l'ap pareil à. mouvement d'horlogerie auquel est appliquée l'invention. Dans l'exemple des fig. 3 et 4, relatif à une montre de poche, le réservoir est constitué par l'espace 74 dispo nible, dans un boîtier 75, autour d'un, em placement central 76 qui reçoit un mouvement 77 et son moteur tel que montré notamment par les fi-. 1 et ?.
Le cadran avec ses ai guilles est disposé derrière un verre protec- t-.ur 78. Un orifice, obturé de façon étanche, peut être prévu pour le rechargement du ré servoir après épuisement de la réserve de li quide. Il est bon de noter que ce rechargement n'est nécessaire qu'à, des intervalles de temps extrêmement éloignés. A titre d'exemple, on peut avantageusement employer le propane comme liquide générateur.
Lorsqu'il s'agit d'une montre-bracelet, on peut, comme montré par les fi-. 5 et 6, cons tituer le bracelet par une série de maillons 79 dont chacun constitue réservoir à liquide. Les réservoirs sont reliés entre eux par des tubes 80, enroulés en hélice sur chacun des axes 81 de liaison articulée, et dont les extrémités pé nètrent dans chacun des maillons adjacents. Le dernier maillon de la. série communique par un tube 81a avec le conduit d'amenée de la vapeur au moteur de la montre.
Dans les formes d'exécution qu'on vient de décrire. on a envisagé uniquement un uno- teur à piston. L'invention ne se limite pa,s à ce genre de moteur. Elle comprend dans son cadre tous les types de moteurs ou machines propres à transformer la. détente d'un fluide gazeux sous pression en énergie mécanique.