Dispositif de visée à correction automatique pour le tir sur une cible mobile. Il existe déjà des dispositifs de visée pour le tir sur une cible mobile, par exemple pour le tir à la mitrailleuse contre un avion, de puis un autre avion, mais les viseurs em ployés actuellement sur les mitrailleuses d'aviation ne tiennent compte que de la vi tesse de l'avion tireur et cela d'une faon approximative, en lui attribuant une valeur constante dont dépend une correction qui est effectuée avant de se servir de l'arme.
La vitesse de l'avion-cible est estimée à l'oeil, durant les évolutions du combat. On en tient compte à l'aide de cercles concen triques lumineux, projetés sur le viseur. L'er reur dépend donc du tireur et peut atteindre des valeurs considérables.
D'autres dispositifs existants tiennent compte de la vitesse relative linéaire des deux avions, mais jusqu'à présent de tels dispositifs n'ont pu être employés efficace ment en raison de l'inertie des mécanismes et de leur non-automaticité. Le tireur doit, en effet, faire une mesure préalable avant de viser. Pendant cette opération, la vitesse relative des deux avions a le temps de chan ger et la précision obtenue est encore moins bonne qu'avec les anciens viseurs.
Le dispositif selon la présente invention est basé sur un procédé de visée ayant pour but une correction automatique de la posi tion de tir de l'arme, qui tienne compte de la vitesse relative de la cible par rapport à l'arme. D'après ce procédé, les vitesses li néaires sont remplacées pas des vitesses an gulaires, la distance de combat étant la seule grandeur estimée, de telle sorte que, pour faire fonctionner le viseur, qui n'a aucune inertie appréciable, il suffit de suivre avec la ligne de mire le but poursuivi et le ca non de l'arme se dirige instantanément dans la bonne position.
Ce résultat est obtenu par le fait que la position relative de l'arme et de la ligne de mire varie constamment, de manière que la position relative de l'arme fasse à chaque instant, dans chacune des directions ortho- gonales des axes des pivots de rotation sus dits avec la ligne de mire, un angle qui soit égal à l'angle de rotation de la ligne de mire, pendant l'intervalle de temps né cessaire au projectile pour franchir la dis tance de l'arme à la position de la cible mobile avant cet intervalle de temps. Ce temps, qui dépend donc uniquement de la distance de l'arme à la cible, est facile à établir, la détermination de la distance étant la seule laissée à l'appréciation du tireur.
I1 est évident que les corrections à ap porter, ne dépendant pas du déplacement re latif des deux avions telles que les correc tions dues à la distance, à l'angle de site et à la dérive du projectile par le vent éven tuel, sont à ajouter par ailleurs.
Le dispositif basé sur le procédé ci-dessus peut ainsi réaliser automatiquement la com mande et l'exécution des déplacements angu laires voulus de l'axe de l'arme, tout cri te nant compte de certaines conditions à rem plir, suivant les différents cas qui peuvent se présenter.
Le dessin schématique annexé représente, à titre d'exemple, deux formes d'exécution du dispositif selon l'invention.
La fig. 1 est un schéma destiné à mon trer l'exactitude du principe sur lequel est basée la présente invention; la fig. 2 est une coupe air travers d'un exemple de réalisation de principe d'un vi seur conforme à l'invention ; la fig. 3 est une coupe suivant la ligne III-III de la fig. 2 ; la fig. 4 est une coupe suivant la ligne IV-IV de la fig. 2; la fig. 5 est une vue de détail à plus grande échelle<B>;</B> la fig. 6 est un schéma des appareils et connexions électriques servant à la com mande des corrections angulaires ;
la fig. 6a est un détail de fig. 6 ; la fig. 7 est un schéma d'une variante perfectionnée d'une partie des appareils de l'exemple précédent; la fig. 8 est un schéma destiné à la com préhension du texte ; enfin, la fig. 9 est une coupe au travers d'une autre forme de réalisation, perfection née de manière à donner une précision abso lue dans tous les cas où la correction auto matique du tir doit être réalisée.
En référence à la fig. 1, si l'on suppose que l'avion se trouve au point B et l'arme au point fixe ou mobile A, la distance entre les points A et B est égale à ,S. Désignons par V la vitesse de la balle, par t la vitesse relative de l'avion-cible (mesurée par rapport à A).
Le temps t que la balle met pour par courir la distance S est
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Pendant ce temps, l'avion se déplacera et viendra en un point C à titre distance s de B, telle que
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c'est-à-dire que le rapport entre la distance parcourue par l'avion en un laps de temps donné et la distance franchie par la balle pendant ce même laps de temps, est cons- tarrt (en supposant que, pendant cet inter valle de temps, les vitesses de l'avion et de la balle restent constantes).
Supposons qu'au moment où l'avion-but ou autre cible se trouve en C ou tire le coup de feu en A, J'ai-nie étant dirigée de telle façon que le projectile et l'avion vont se rencontrer au point<I>D.</I> Ce point<I>D</I> se trouvera sur l'inter section des trajectoires supposées rectilignes du projectile et de l'avion.
On devra avoir
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Cette relation serre obtenue si l'angle<I>DAC</I> est égal a l'angle<I>CAB.</I> Alors CA sera la bissectrice de l'angle<I>DAB</I> et partagera<I>BD</I> au point C, de façon à vérifier la relation
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De sorte que si l'on suit l'avion pendant le temps nécessaire à la balle pour franchir la distance de l'arme à l'avion, l'angle formé par les lignes de mire passant par la posi tion initiale et finale de l'avion, sera égal à la correction angulaire due au déplacement relatif des deux avions.
Autrement dit, l'an gle formé par la ligne de mire et l'axe de l'arme au moment du départ du coup doit toujours être égal à la somme, d'une part, de l'angle de rotation de la ligne de mire pendant un intervalle de temps connu (fonc tion de la distance arme-avion but) et pré cédant immédiatement le départ du coup et, d'autre part, d'autres corrections éventuelles.
En référence aux fig. 2 à 5, on a repré senté un exemple de réalisation simple d'un dispositif de visée conforme à l'invention, cet exemple de réalisation de principe ne répon dant d'ailleurs pas à tous les cas de la pra tique, mais au cas simple et le plus facile à comprendre, où la vitesse angulaire relative de la cible par rapport à l'arme ne varie pas.
Sur un axe 1 (fig. 2), réuni par une trans mission appropriée à l'un des axes orthogo naux de l'arme (non représentée) est fixée la partie femelle 2 d'un embrayage dont la partie mâle 3 peut se déplacer le long de l'axe et se trouve normalement appliquée contre la partie femelle 2 par un ressort 4.
Les déplacements longitudinaux de la par tie mâle 3 sont commandés par un levier à fourche 5 (fig. 6) qui s'engage dans une gorge 6 du cône 3. Le levier est lui-même commandé à partir d'un moteur électrique dont il sera question plus loin.
L'embrayage des parties 2 et 3 provoque l'entraînement d'un disque 7 dont la jante porte intérieurement une saillie 8 (fig. 3). Celle-ci coopère avec un disque 9 (fig. 2 et 5) qui porte, de part et d'autre d'un dégage ment 10 servant de logement à la saillie 8, deux bossages latéraux 11 et 12.
Le disque 9 est susceptible lui aussi d'un certain déplacement longitudinal par rapport à l'axe 15 qui le supporte et qui est coaxial à l'axe 1, ce déplacement étant commandé par un levier 13 qui s'engage dans une gorge 14 du moyeu du disque 9. Sur l'axe 15 est calé un troisième disque 16 avec la périphérie duquel coopère un cli- quet double 17, de sorte que le disque 16 peut, soit se déplacer dans les deux sens, soit dans un sens seulement, ce sens étant déterminé par le côté du cliquet double 17 qui est engagé dans la périphérie du disque.
Les basculements du cliquet 17 sont com mandés par un levier 18 contrôlé comme on le verra plus loin.
Les ampoules émettant les pinceaux lu mineux pour former le réticule sur le verre dépoli pourraient être remplacées par des miroirs éclairés par une source quelconque et ayant la même fonction. Dans ce cas, les deux miroirs seraient portés par deux axes tournants, disposés orthogonalement et ré fléchissant les deux traces lumineuses émises par les lampes. La trace réfléchie par chaque miroir serait visible sur un verre dépoli et l'intersection des deux traces lumineuses sur ledit verre déterminerait la ligne de mire.
Enfin, à l'extrémité de l'axe 15 se trouve fixée une ampoule 19 cylindrique, fermée de toutes parts, sauf suivant une fente étroite, parallèle aux axes 1-1â.
Le pinceau lumineux passant au travers de la fente marque sa trace sur un verre dépoli 20.
Une autre ampoule 19', munie d'une fente 21', est manoeuvrée par un dispositif ana logue dont l'axe, perpendiculaire à l'axe 1, est solidaire de l'autre axe de l'arme.
Il en résulte due le verre dépoli 20 est marqué de deux traces orthogonales. Les ampoules peuvent être remplacées par deux miroirs éclairés et agencés d'une façon con venable.
Comme ce verre se trouve dans le plan focal principal d'une lentille 22, le point d'intersection des deux traces matérialise, à la sortie de la lentille, la direction de la cible.
Dans le but de permettre une lecture plus facile pour le tireur, un miroir 23 ou similaire est placé à 45 devant la lentille 22. Ce miroir réfléchit le rayon formé par l'intersection des deux pinceaux lumineux orthogonaux, dans l'oeil du tireur.
La distribution électrique contrôlant le mécanisme est représentée schématiquement à la fig. 6.
La vitesse du moteur électrique (non re présenté) qui commande la distribution élec trique est réglée, à l'aide d'un dispositif quel conque, par exemple un rhéostat, de telle manière que le temps d'accouplement des éléments 2 et 3 est égal au temps nécessaire à la balle pour franchir la distance de com bat. Ce moteur excite, par l'intermédiaire d'un contacteur 24, pendant le temps néces saire à la balle pour franchir cette distance, un électro-aimant 25, qui agit sur le levier embrayeur 5.
L'embrayage 2-3 se trouve donc cri prise pendant cette période de temps déter minée et la partie mâle 3 se trouve entraî née ainsi que le disque 7. La saillie 8 de ce disque entraîne donc, par l'intermédiaire de l'un des bossages 11 ou 12, le disque 9, l'axe 15, le disque 16 et l'ampoule 19 qui tournent pendant cette période d'embrayage d'un angle égal à l'angle de rotation de la mitrailleuse pendant le même laps de temps.
Après la période d'embrayage, les parties 2 et 3 se séparent et un ressort de rappel tel que 26 ramène le disque. 7 en position initiale.
Au début de la rotation du disque 9, le courant est fermé sur le circuit de l'un de deux électro-aimants 27 ou 28, suivant le sens de rotation. Le levier 13, attiré par l'un des électros, déplace longitudinalement sur son axe le disque 9 dans l'un ou l'au tre sens, de sorte que la saillie 8 du disque 7 ne peut plus coopérer qu'avec l'un des bossages 11 ou 12 et permet au disque 7 de revenir en position initiale.
Les disques 9 et 16 ainsi que l'ampoule 19 restent en position décalée, malgré le re tour du disque 7 à sa position initiale.
Ils sont immobilisés dans cette position décalée par le cliquet 17, écarté de sa posi tion neutre par le levier 18 qui est attiré par l'un des électro-aimants 29 ou 30, sui vant le sens de rotation du disque 16.
Un voit donc, qu'en définitive, chaque ampoule (19-19') et par conséquent la ligne de- mire que sa fente matérialise, a bien tourné de l'angle de correction voulu.
Entrant maintenant plus avant dans le détail de la question, on examinera le fonc tionnement du dispositif dans les différents cas qui peuvent se présenter.
Le disque 7 étant revenu en position ini tiale, un nouvel embrayage des éléments 2 et 3 se produira et donnera des résultats différents dans les trois cas suivants: a) la vitesse et donc l'angle de rotation de l'arme sont restés fixes pendant un laps de temps donné<B>;</B> b) la vitesse a augmenté ; c) la vitesse a diminué.
Dans le premier cas, comme on vient de le voir, le disque 7 subit une rotation égale à la précédente. La dent 8 arrive jusqu'au bossage 11 (ou 1.2), puis retourne dans la position initiale. Le disque 16 et donc l'am poule 19 restent à la même position, puis qu'ils sont maintenus par le cliquet 17.
Dans le second cas, le disque 7 tournera d'un angle supérieur au précédent ; la saillie 8 arrivera au bossage 11 ou 12 et tournera le disque jusqu'à sa nouvelle position. Le cliquet ne peut gêner la rotation du disque 16 dans cette direction, Le disque 7 revien dra ensuite à la même position, tandis que le disque 16 et l'ampoule 19 resteront dans leur nouvelle position.
Dans le troisième cas, le disque 7 effec tuera un angle plus petit que le précédent. La saillie 8 n'arrivera pas jusqu'au bossage 11 ou 1\.3. Au moment oû le levier 5 dé braye la pièce 3, un levier 31 est attiré par un électro-aimant 32 (fig. 3 et 6). Le levier porte un dispositif de frein 83 qui s'applique sur le disque 7 et le maintient donc en po sition. Au même moment, le courant est coupé dans l'un des électro-aimants 29 ou 30 commandant le levier 18 et le cliquet 17, de sorte que le disque 16 est rappelé vers sa position neutre, par exemple par un res- sort 94 (fig. 4), jusqu'à ce due le bossage 11 ou 12 rencontre la saillie 8 du disque 7 freiné.
Le disque 16 est immobilisé dans sa nouvelle position par le réenclenclement du cliquet 17. Le courant est alors coupé dans l'électro-aimant 32, le levier frein 31 libère le disque 7 qui revient à sa position neutre sous l'action du ressort 26. Ainsi, dans les trois cas, l'ampoule 19 enregistre immédia tement toutes les variations de l'angle dé crit par la mitrailleuse dans un laps de temps donné.
Comme les axes des ampoules sont res pectivement parallèles aux axes d'orientation de l'arme et que les rotations des ampoules sont égales aux rotations correspondantes des axes de la mitrailleuse, on peut, par un agen cement approprié du système optique com prenant la lentille 22 et le miroir semi- transparent 23, faire en sorte que l'image du point d'intersection des traits lumineux sur le verre dépoli 20 réfléchi dans l'eeil du ti reur 23a, marque à chaque instant la ligne de mire.
Il s'ensuit que si, pendant le combat, le tireur suit la cible (avion) sur le miroir 20, de telle façon que l'intersection des traits lumineux se trouve sur cette cible, ce point d'intersection matérialise la ligne de visée et l'axe du canon de l'arme est orienté par rapport à la ligne de visée dans la direction du mouvement de l'avion sous un angle égal à celui décrit par la ligne de mire durant un laps de temps donné. Si l'on prend ce temps (temps d'embrayage ou de solidarisa- tion des pièces 2 et 3) égal à celui que met la balle pour parcourir la distance qui sé pare l'arme de l'avion-cible, l'angle formé par l'axe du canon de l'arme avec la ligne de visée est l'angle de correction exacte, ainsi que cela a été démontré plus haut.
Il s'ensuit que le rôle du tireur se réduit à es timer la distance entre l'avion-but et l'arme et à suivre l'avion-but avec le point lumi neux de son viseur.
Pour faire varier le temps d'embrayage des pièces 2 et 3, en fonction de la dis tance de l'arme à l'avion, il suffit de faire varier la vitesse de rotation des disques dis tributeurs 24, 24. et 24b (fig. 6) qui tour nent avec une vitesse constante et sont mus par le moteur électrique dont il est question précédemment.
La répartition et la grandeur des con tacts sont prévues de façon que la distribu tion corresponde au fonctionnement indiqué ci-dessus, à savoir 1. Rupture du courant dans l'électro aimant 25, ce qui débraye les cônes 2 et 3 et provoque le freinage simultané du disque 7 par l'électro-aimant 32.
2. Rupture du courant dans l'électro aimant 29 ou l'électro-aimant 30, suivant le sens de rotation du disque 16, ce qui dé gage le cliquet 17, qui se réenclenche aussi tôt.
3. Rupture du courant dans l'électro aimant 32 et libération du disque 7.
4. Rupture du courant dans l'électro aimant 25, ce qui produit la réunion des pièces 2 et 3 de l'embrayage, après quoi la situation ne change pas jusqu'à la nouvelle réunion des pièces 2 et 3 de l'embrayage. De plus, à chaque rotation des disques 9, 16, le courant est automatiquement coupé dans l'électro-aimant 27 ou 28 suivant le sens de rotation de l'arme.
La variation de la vitesse des disques distributeurs et, par conséquent, la détermi nation du temps de franchissement par la balle de la distance arme-cible, et la déter mination de l'angle de correction peuvent être obtenues de toute façon appropriée. Le ré sultat peut, par exemple, être atteint soit en faisant varier la vitesse de rotation du mo teur électrique, soit par un disque ou cône variable, par une boîte de vitesse, etc.
Le même résultat peut être également obtenu avec une exactitude moindre, en con servant constante la vitesse de rotation des disques de distribution et en faisant varier la distance du spot éclairé sur le verre dé poli, à la lentille, en fonction de la distance de l'arme à l'avion-but. II suffit pour cela de déplacer suivant l'axe de la lentille le verre dépoli 20, la lentille 22 et le miroir 23. Dans la pratique, le moteur électrique peut être remplacé par une bobine de Rhum- korff dont on modifiera la fréquence des étincelles en faisant varier la tension du ressort qui produit la rupture du courant. La fréquence des étincelles sera rendue pro portionnelle à la distance du combat.
Dans la pratique, ces variations peuvent être limi tées entre 200 et 50 mètres. A moins de 50 mètres, on peut conserver constante la distance indiquée sur le viseur, les erreurs résultantes étant négligeables.
Dans ce qui précède, on a supposé, dans le but de faciliter la compréhension de l'in vention, que la vitesse transmise par l'axe du canon à l'axe de l'ampoule correspondante et par conséquent à la ligne de mire res tait égale à elle-même, mais ceci n'est pas vrai dans tous les cas.
Il est aisé de se rendre compte que sui vant que la ligne de mire commence à tour ner à partir du repos ou tourne avec une vi tesse croissante, ou bien que cette vitesse est uniforme ou décroît, les axes des lampes doivent tourner avec une vitesse soit égale à la vitesse du canon de l'arme, soit moitié de cette vitesse.
En effet, examinons séparément les diffé rents cas 1. La ligne de mire dirigée sur l'avion commence à tourner à partir du repos ; 2. La ligne de mire tourne avec une vi tesse angulaire constante; 3. La ligne de mire tourne avec une vi tesse croissante ; 4. La ligne de mire tourne avec une vi tesse décroissante.
<I>Premier cas.</I> Pendant le repos, la ligne de mire est parallèle à l'axe du canon. Du rant un certain laps de temps pendant le quel la ligne de mire, constamment dirigée sur la cible, aura parcouru un certain angle, l'axe du canon devra décrire un angle deux fois plus grand, de façon à former avec la ligne de mire un angle égal à celui parcouru par cette ligne de mire pendant le laps de temps correspondant à la durée du trajet de la balle,, comme le montre la fig. 1. Il s'en- suit que pour atteindre ce résultat, la ligne de foi du viseur doit se déplacer en sens in verse de la rotation du canon et avec une vitesse moitié.
La transmission de la rotation du canon à la ligne de foi du viseur doit donc correspon dre au rapport 2/1 quand le canon se met en mouvement à partir du zéro.
<I>Deuxième cas.</I> L'angle de correction de tir restant constant, la ligne de mire doit tourner avec une vitesse égale à celle du ca non. Le disque 7 avec la dent 8 tournant en sens inverse de la rotation du canon de l'arme avec une vitesse égale à celle du canon, la transmission de mouvement doit correspondre au rapport 1/1.
<I>Troisième cas. Si</I> la ligne de mire, dirigée sur l'avion, a tourné pendant un laps de temps d'un angle x et durant le laps de temps suivant, d'un angle ar -{- dx, l'angle formé par la ligne de mire avec l'axe du ca non, qui était égal à x, doit revenir<I>x</I> -f- dx. Il s'ensuit que pendant le même laps de temps le canon de l'arme doit parcourir un angle<I>x</I> -f-- <I>2 da.</I> De ce qui a été dit plus haut, il résulte que ce résultat sera atteint si, au moment où la dent 8 du disque 7 rencontre un bossage 11 ou 12 du disque 9,
la transmission du mouvement d'un axe du canon de l'arme à l'axe de l'ampoule corres pondante passe du rapport 1/1 au rapport 2/1. Alors, l'axe du canon et la ligne de mire vont parcourir l'angle x avec la même vitesse.
Quatrième <I>cas.</I> Si la ligne de mire en sui vant le but, parcourt pendant un laps de temps un angle<I>x</I> et un angle<I>a, -</I> dx pen dant le temps suivant, l'angle de correction (formé par la ligne de mire et l'axe du ca non de l'arme) doit passer de la valeur x à la valeur<I>x -</I> dT. Ce résultat sera obtenu si l'axe du canon et la ligne de mire dé crivent un angle x-d.r avec la même vitesse, après quoi la ligne de mire fera un bond dx. C'est-à-dire que le rapport de la transmission du mouvement d'un axe de rotation du ca non à l'axe de l'ampoule correspondante doit se faire dans le rapport 1/1.
Alors, après le laps de temps donné, le disque 7 sera dévié d'un angle<I>x -</I> dx.
L'examen des quatre cas montre donc, bien que la transmission du mouvement des axes de rotation du canon de l'arme aux axes du viseur doit changer et être égale tantôt à.1/1 ; tantôt à 2/1 et l'on remarquera que le rapport 2/1 doit être établi quand la dent 8 du disque 7 pousse le disque 9 et le rapport 1/1 quand la dent 8 n'appuie pas sur un des bossages 11 ou 12.
Il suffit donc,, pour résoudre le problème, d'avoir entre l'arbre 1 et le disque 7 (fig. 7) une transmission double (rapports 1/1 et 2/1) dont les changements seront commandés par la prise de contact ou la séparation de la saillie 8 avec les bossages 11, 12.
A cet effet, l'axe 1 solidaire de l'axe du canon reçoit deux pignons 36, 37 qui en grènent respectivement avec deux roues 39, 40, l'une portée par un axe secondaire 41, l'autre par l'axe 42 du disque 7.
Un embrayage double 43 solidarise les deux axes 41 et 42 et est agencé de telle façon que, suivant que l'un ou l'autre des cônes mâles de l'embrayage engrène avec la partie femelle correspondante, la vitesse trans mise à l'axe 42 et au disque 7 est égale à celle de l'axe 1, ou n'en est que la moitié.
Les déplacements latéraux du cône dou ble de l'embrayage sont commandés par un levier 44 qui est soumis à l'action de l'un ou l'autre de deux électro-aimants 45 et 46. Un levier de contact 47 ferme le circuit de l'un des électro-aimants suivant qu'il est at tiré ou non, par un électro-aimant 48 qui est excité lorsque la saillie 8 du disque 7 s'appuie sur le bossage 11 (ou 12) du dis que 9.
Ainsi quand la saillie 8 bute sur le bos sage, le levier 47 est actionné et ferme le courant dans l'électro-aimant 46, lequel, au moyen du levier 44 solidarise le cône de l'embrayage avec le pignon qui correspond au rapport de démultiplication 2/1. Quand la saillie n'appuie sur aucun des bossages 11 ou 12, le rapport de transmission est égal à, 1/1. Reprenant maintenant le quatrième cas de l'examen précédent, où la ligne de mire tourne avec une vitesse décroissante, on re marquera que cette ligne de mire, et par conséquent le spot de visée, se déplacent par des petits bonds qui rendraient difficile la possibilité pour le pilote de suivre l'avion- cible avec la ligne de mire.
En effet, comme le montre la fig. 8, si des précautions spéciales n'étaient pas prises quand la vitesse est décroissante, lorsque l'axe du canon est passé de<I>AL</I> en<B><I>AN,</I></B> la ligne de mire (qui se déplace solidairement) est passée de AP en<I>AR.</I> A ce moment, la ligne de mire, libérée par le cliquet 17, fait un bond de<I>AR</I> en<I>AL,</I> puisque le disque 7 est resté en position A. Le tireur perd donc la ligne de visée sur la cible. Cet inconvé nient devient surtout important quand la ligne de mire en suivant. l'avion-but, décrit un chemin courbe. On peut facilement dé montrer que, dans ces conditions, le bond de la ligne de mire devient croissant, ce qui interdirait pratiquement toute visée.
Il est donc indispensable d'obvier à cet inconvénient. On y arrive, par exemple, par le fait que le cliquet 17 qui retient le dis que 16 et, par conséquent, détermine la po sition de la ligne de mire, n'est plus soli daire du boîtier du viseur et, par conséquent, de l'axe du canon comme dans l'exemple dé crit précédemment, mais tourne dans le sens de rotation du canon avec une vitesse plus grande, par exemple double de celui-ci, de sorte qu'il amène la ligne de mire dans la position médiane 9.11'I qui est la bissectrice de l'angle LAR. Pendant ce déplacement supplémentaire de la ligne de mire, le dis que 7, qui est commandé de manière à tour ner plus vite, arrive lui aussi,
dans la posi tion<B>AN.</B> Le cliquet 17 se dégage seulement à ce moment du disque 16 qui est alors soutenu par la saillie 8 du disque 7, laquelle retient le bossage 11 ou 12 correspondant.
On voit donc que la ligne de mire est constamment soutenue par le cliquet 17, puis par la saillie 8 et que tout bond, suscep tible de fausser la visée, est ainsi supprimé. Par ailleurs, comme l'angle de correction 1VAM est égal à l'angle MAP de déplace ment de la ligne de mire, la condition de correction automatique du tir est réalisée de manière absolue, conformément à l'exposé qui a été fait dans le préambule du présent mémoire en référence à la fig. 1.
La fig. 9 montre une forme de réalisa tion perfectionnée qui tient compte des con ditions mises en évidence ci-dessus et impo sées par les différents cas de fonctionnement du dispositif.
Le boîtier 41 du dispositif de visée est solidaire du canon 42 de l'arme et tourne avec lui autour de l'axe 43 du cation. Cet axe 43 est fixé, par un écrou 44, au support vertical 45 de l'arme. Sur l'axe 43 est fixée une pièce de support 46 comportant une cou ronne dentée 47.
Sur un axe secondaire 48 porté par un bras du boîtier sont calées des roues 49, 50 et 51.
La roue 47 étant immobile, les roues 49, 50 et 51 tournent pendant la rotation du boîtier autour de l'axe 48 et transmettent leur mouvement à deux roues 52 et 53, tour nant folles autour de leur axe. Le rapport de multiplication est tel que l'une d'elles (52) tourne dans le sens de rotation du boî tier avec une vitesse moitié de celle de l'axe 43 et l'autre (53) dans le sens con traire avec une vitesse égale à celle du boî tier. Le cône d'embrayage 54 peut se dé placer le long d'un axe tubulaire 55 et per met de solidariser les roues 52 ou 53 avec l'axe tubulaire 55. Urre dent 56 se trouvant sur l'axe tubulaire et s'appliquant sur des bossages non représentés, niais correspondant aux bossages 11 et 12 de l'exemple précé dent, transmet le mouvement à l'ampoule 59.
Un support de cliquet 60 peut se mou voir le long de l'axe et peut tourner libre ment dans les deux sens ou dans l'un des sens, suivant que les cliquets 61 ou 62 sont embrayés dans l'un ou dans l'autre sens. Ces cliquets sont engagés dans un disque 63 qui est solidaire d'une roue 64 recevant sort mou vement de roues 65 ou 66 calées sur un autre axe secondaire 67 qui tourne dans le sens de rotation du viseur avec une vitesse double de celui-ci.
Un mécanisme identique 71 est commandé par un axe 72 s'étendant à l'intérieur de l'axe tubulaire du premier mécanisme. Cet axe est entraîné par un autre axe intermédiaire 73 dont les déplacements sont, par l'inter médiaire de roues 74, rendus solidaires de l'axe 75 de l'arme, perpendiculaire à l'axe 43.
Le fonctionnement du dispositif est ana logue à, celui de l'exemple simple des fig. 1 à 7, mais on voit que, dans ce cas, le mou vement transmis à l'embrayage 54 est soit moitié, soit double de celui du canon, de sorte que la ligne de mire subit les dépla cements voulus dans tous les cas possibles ; de même, les cliquets 61 et 62 sont bien animés d'un mouvement dans le sens de ro tation du viseur, avec une vitesse double.
Les conditions imposées sont donc bien remplies dans tous les cas.
Bien entendu, une distribution électrique analogue ii celle de la fig. 6, et à la portée de tout homme de métier, permet de réali ser la commande conjuguée des divers mou vements du mécanisme aux moments voulus.