Fil élastique. La présente invention a pour objet un fil élastique, par exemple un fil en caoutchouc, qui est spécialement destiné à être recouvert d'une matière textile de guipage.
Les filaments de caoutchouc de section circulaire ou elliptique employés jusqu'à ce jour dans la fabrication de fils. élastiques guipés possèdent un contour et une surface sensiblement lisses. Au cours du guipage de ces filaments, des, difficultés sont rencon trées en raison du glissement du guipage tex tile par rapport au filament de caoutchouc. Pour supprimer cet effet de glissement, on a proposé d'augmenter la tension de guipage pendant l'opération d'enroulement, de façon à faire pénétrer le guipage dans le corps du filament.
On a éprouvé des difficultés dans la conduite de ce procédé, car les filaments du caoutchouc et le fil qui les recouvrait se cassaient souvent, en raison de la plus forte tension d'enroulement.
De plus, 1a flexibilité du fil guipé est réduite en raison du serrage du fil de gui- page qui comprime notablement le corps du filament de caoutchouc. En outre, lorsque des fils de caoutchouc nus, à contour lisse, sont tissés ou tricotés avec des fils textiles, les fils' de caoutchouc se déplacent fréquemment dans le tissu.
Le fil élastique, objet de la présente in vention, est caractérisé en ce qu'il présente une section transversale non polygonale, et en ce qu'il est formé par une partie corpo relle et par au moins. une nervure longitudi nale de section transversale asymétrique par rapport à un axe passant par le centre de la dite partie corporelle, cette nervure étant de forme et de dimension telles, par rapport à la partie corporelle, que, lorsqu'on y applique un fil de guipage normalement tendu, elle est repliée contre la partie corporelle.
Comme indiqué précédemment, ce fil est spécialement destiné à recevoir un guipage. Il peut servir, une fois guipé ou non, à la fabri cation de tissus. Lorsque ce fil est guipé, sa, ou ses ner vures assurent, entre lui et le guipage, une tension et un contact de frottement suffi sants pour empêcher un déplacement sensible du guipage par rapport au fil élastique.
Le dessin annexé représente, à, titre d'exemples, plusieurs formes d'exécution dit fil faisant l'objet de l'invention.
Les fi-. 1 à 5 sont des coupes transver sales de cinq formes d'exécution différentes. Les fi-. 6 et 7 sont des coupes transver sales du fil représenté à la fi-. 3 une fois re couvert d'un guipage.
Chaque forme d'exécution représentée du fil selon l'invention, qui peut être en caout chouc, est essentiellement composée de deux éléments, coopérant. entre eux, à savoir une partie 20 formant le corps et constituant la plus grande partie du fil et une ou plusieurs nervures 21 relativement peu saillantes et fixées à la partie formant le corps.
La section de la partie 20 peut être circu laire, carrée, triangulaire, elliptique ou autre, mais la section de tout le fil doit être non polygonale.
Les sections de la. partie 20 sont, en gros: Dans la. fig. 1 circulaire, dans la fig. 2 carrée, dans les fig. 3 et 5 elliptiques.
La partie formant le corps du fil peut. avoir toutes les configurations désirées.
Le corps 20 porte à. sa surface une ou plu sieurs nervures saillantes 21 qui s'étendent sur toute la longueur du corps. Lorsqu'il v a, plusieurs nervures, elles peuvent être dis posées symétriquement ou dissymétriquement sur le corps et faire saillie radialement on tangentiellement de celui-ci. Ces nervures peuvent être envisagées sous la forme de prolongements relativement réduits dit corps ou être formées par enlèvement de la matière, comme indiqué en 25 à la fi-. 3. Les ner vures sont toutes disposées. d'une manière générale, longitudinalement par rapport ii la partie formant le corps.
Si on le désire, les nervures, peuvent décrire une trajectoire en spirale ou en hélice, longitudinalement autour du corps. En général, les nervures 21 ont en coupe des contours arrondis et ne possèdent pas d'arêtes vives, ce qui leur permet de ré sister au vieillissement.
La dimension, la forme, le nombre et la disposition des nervures sont tels qu'elles peuvent facilement être comprimées et affais sées contre le corps sous l'action de la pres- sion d'enroulement qui convient normalement pour l'application du guipage. C'est-à-dire que la dimension, la configuration de la. ner vure et la tension d'enroulement du guipage sont telles que le guipage forme des dépres sions aux points oit il est en contact avec la nervure, auxquels points la nervure est sensi blement comprimée et rabattue contre le corps du fil.
Il est préférable que le rapport de la hauteur de la nervure au diamètre moyen du corps du fil soit compris entre 1 : 2 et 1 : 5. Les traits interrompus sur les fi,,. 1. à 5 incluse indiquent la ligne de dé marcation approximative entre la nervure et la. partie corporelle du fil. Par exemple, si le corps du fil a un diamètre moyen d'environ <B>(1.1.77</B> mm, les nervures pourront former une saillie d'environ 0,051 mm au-dessus de la surface du corps. C'est ainsi que les fils re présentés aux fig. 1 à 5 sont dessinés sensi- biement it l'échelle, mais considérablement agrandis.
La dimension et la configuration de la nervure 21 des fils représentés sont telles que lorsqu'un guipage est appliqué au fil. ce guipage ne forme pas sensiblement de den- hires dans la. partie constituant le corps et que, de préférence, le guipage ne soit pas en contact continu avec la surface du corps, mais entre seulement en contact partiel entre les nervures voisines, de telle sorte qu'un inter valle d'air 26 demeure entre le guipage 23 et le corps 20 (comme le montrent les fig. 6 et 7).
ces intervalles d'air augmentant les propriétés isolantes du fil guipé.
Les fils peuvent être formés par boudi nage ou moulage de latex, de fluides à ba%e de caoutchouc ou contenant du caoutchouc ou par cueillage de latex ou d'une matière ana logue sur un organe chauffé, approprié, ou par toute combinaison de ces procédés ou d'autres procédés appropriés.
Par exemple tous les fils représentés aux fig. 1 à 5 peu vent être obtenus, par boudinage ou refoule ment à travers un orifice approprié, à partir d'une composition de caoutchouc qui a. été épaissie par des agents appropriés tels que le silicate de sodium, afin que le boudin con serve la section de l'orifice jusqu'à ce que se produise la coagulation.
Le fil élastique peut. être formé à partir de n'importe quelle composition de caout chouc appropriée, sous la forme de disper sions naturelles ou articielles de caoutchouc ou de solutions ou de compositions plastiques de caoutchoucs naturels ou synthétiques - ou de mélanges appropriés de ces ingrédients. La composition de caoutchouc peut contenir des matières de remplissage, des accélérateurs de vulcanisation, des agents activants et des sensibilisateurs à la chaleur. On emploie de préférence du latex dans la fabrication du fil selon l'invention, lorsque celui-ci est en caoutchouc.
Les fils faisant l'objet de l'invention peu vent être recouverts longitudinalement d'un ou plusieurs fils, filaments, rubans, etc. for mes de toutes fibres végétales, animales ou minérales, comme le coton, la soie, la rayonne, la laine, le caoutchouc, l'amiante, etc., et cette enveloppe peut être enroulée en spirale autour du fil de caoutchouc ou tres sée sur celui-ci. Pendant l'opération de gui- page, la tension d'enroulement de la matière formant l'enveloppe doit être de nature à comprimer les nervures saillantes du fil élas tique, sans denteler sensiblement le corps du fil.
On voit à la fig. 6 un fil guipé, constitué par- le fil élastique représenté à la fig. 3, ce fil étant entouré d'un seul fil textile 23 en hélice.
Le fil élastique, au lieu d'être couvert d'un seul fil textile 23, enroulé en spirale dans un sens, pourrait être recouvert de deux fils textiles de guipage enroulés en sens op posés.
Le comportement des nervures saillantes pendant le guipage dépend principalement de leur forme et de leur position par rapport au corps du filament. Le guipage 23 peut être en contact intime avec la surface du corps comprise entre les nervures. Les nervures dentelées sous la pression du guipage agissent comme cl-es ressorts hélicoïdaux placés sur la surface du corps du filament et ont pour effet de maintenir tendue la matière formant le guipage.
Comme la nervure a une section dissymé trique par rapport à un axe passant par le centre de la partie corporelle et fait saillie du corps, dans les formes d'exécution préfé rées, suivant une direction non radiale ou sensiblement tangentielle, le guipage la cou che de manière à la rabattre sensiblement sur la surface du corps ou près de cette sur face. Ce résultat est représenté aux fig. 6 et 7 dans, lesquelles les nervures 21 sont cou chées respectivement par le guipage 23 ou 22 jusqu'à s'appliquer contre le corps du fila ment. Les nervures repliées jouent le rôle de ressorts à lame et tendent ainsi à mainte nir le guipage tendu.
Les fils élastiques représentés et décrits peuvent être utilisés directement et sans gui- page dans la fabrication de produits manu facturés, par exemple par tissage, tricotage, tressage ou dans la formation de tissus sans trame ou de tissus en nappe.
Lorsque le fil est employé sans guipage et en liaison avec des fils textiles sous une tension suffisante, les nervures saillantes aident à maintenir la relation primitive entre le fil élastique et les fils textiles et maintiennent le produit résul tant dans sa forme ou configuration primi- tive. La réflexion irrégulière de la lumière par la surface des, fils élastiques produit un effet décoratif plaisant.
Par exemple, dans le tissu représenté à la fig. 7, les fils de chaîne se composent de fils de caoutchouc non gui pés 20 qui, avant l'usage, ont une section analogue à celle que montre la fig. 3, et les fils de trame se composent de fils textiles 22, tissés serrés avec les fils 20, de façon à com primer les nervures 21 sur les fils de caout chouc. Les nervures comprimées exercent une pression sur les fils de trame 22 et les main- tiennent. dans leur disposition et écartement primitif s.
La ou les nervures des fils représentés sont suffisamment molles pour pouvoir être déformées par un fil de guipage (ou par un fil additionnel employé dans la. fabrication d'un tissu) tous la tension normale utilisée pour appliquer ce guipage ou ce fil addition nel. Pour mieux définir ce point, on peut dire que la nervure cède suffisamment pour pouvoir être déformée par l'application d'un fil auxiliaire sous tension normale.
La description ci-dessus fait ressortir clairement les avantages des fils représentés. L'ancrage assuré par les nervures diminue le glissement du guipage lorsque le fil ou le tissu est étiré ou tendu. La tension em ployée lors du guipage peut être fortement réduite, car la valeur requise est seulement celle qui est nécessaire pour comprimer les nervures, ce qui permet d'obtenir un fil élas tique possédant une grande souplesse et une grande élasticité.
De plus, la. section irrégulière du fil per met d'obtenir un fil guipé plus grand que ce lui que l'on obtiendrait en emplo5#ant un fil de section circulaire contenant le même vo lume de caoutchouc. En d'autres termes, les fils représentés et décrits ont, au kg, une longueur plus grande que des fils de même diamètre et de section circulaire: par conséquent on obtient un tissu plus léger pour la même grosseur de fil, dans des tissages identiques. De même, les intervalles d'air ménagés entre ces fils et le guipage aug mentent le pouvoir isolant du fil guipé.