Dispositif électrique rendant inopérantes des manoeuvres anormales effectuées à une station téléphonique. Les stations téléphoniques automatiques sont munies d'un disque d'appels et d'une fourchette sur laquelle repose le récepteur ou le microtéléphone.
Si l'abonné se conforme aux prescriptions de l'administration des téléphones, il n'effec tue que des manoeuvres normales Mais si l'abonné manoeuvre la fourchette pour émet tre des impulsions, ou bien s'il freine le re tour du disque d'appels pour couper la. ligne, s'il compose avant d'entendre le son musical, etc., il effectue alors des manoeuvres anor- males.
Ces manoeuvres anormales sont souvent sans importance. Il -est toutefois de nombreux cas où elles présentent -de graves inconvé nients. Tel est, par exemple, le cas lorsque les stations téléphoniques sont équipées d'un limiteur d'appels.. Dans ces cas, .des manocu- vres anormales peuvent conduire à l'obtention frauduleuse de communications.
La présente invention a pour objet un dispositif électrique rendant inopérantes de telles manoeuvres anormales.
A titre d'exemple, les fig. 1, 2, 3, 4 et 5 de la planche annexée montrent schématique ment diverses réalisations du dispositif selon l'invention appliquées à une station télépho nique équipée d'un limiteur d'appels.
Si l'on se reporte à la fig. 1, on voit en M le microphone et en T le téléphone de la station téléphonique, en S sa sonnerie, en I' la fourchette, en D le contact d'impulsions du disque d'appels, en & , le contact usuel de court-circuit du -disque d'appels, en a et b les deux fils du lacet d'abonné; u, x et<I>y</I> sont trois points des circuits. Cette partie du schéma est bien connue et peut subir des mo difications qui sont sans incidence sur l'in vention.
Le limiteur est muni d'un arbre h qui dé- termine le rang de la composition. Un tel arbre figure - par exemple - dans le limi teur d'appel faisant l'objet du brevet suisse No 225078; il tourne d'un seul pas lors de chaque composition et ne peut revenir en po sition: de repos que lorsqu'on abaisse la four chette; sur cet arbre est calée la came H vi sible sur le dessin; s est un ressort qui main tient l'interrupteur L .contre la came.
Lorsque la came est en position de repos, l'interrup teur L ferme le contact po, mais lorsque l'on compose,<I>H</I> tourne et repousse <I>L</I> qui ouvre<I>p".</I> La came peut avoir n'importe quelle forme selon le problème ù résoudre.
Elle a, par exemple, une forme telle qu'après la première composition, L ferme le contact p1, tandis qu'après les compositions suivantes, L est èntre po et p, en ne fermant aucun de ces deux contacts. Dans cette première forme -de réalisation, L est donc un interrupteur com mutateur.
En Q .on voit un relais temporisé avec deux contacts de travail qo et<I>q',</I> et en<I>r</I> on voit une résistance. Il est avantageux de shunter Q par un condensateur C, La temporisation de Q pourra être créée en dimensionnant convenablement ce conden sateur ou en munissant Q d'une bague de court-circuit ou par tout autre moyen.
On observe que tout le système peut être monté aussi. bien dans le fil a que dans le fil b.
On observe aussi que selon la forme de la came le shunt <I>de</I> qo par<I>L</I> peut cesser soit dès qua h commence -à tourner, soit un peu plus, tard; ce qui importe, c'est que le shunt ait en tous cas cessé avant l'envoi de la pre mière impulsion.
On observe aussi que le relais Q, peut être monté en dehors de la station téléphonique; on peut le munir de voyants de signalisation et de contacts auxiliaires.
Une communication téléphonique normale se déroule ainsi: l'abonné décroche le micro:- téléphone, -ce qui ferme le contact F -et, au travers de l'interrupteur L, une ligne s'éta blit, le relais Q s'excite, ses contacts se fer ment, l'abonné compose et L ouvre le con tact po, ce qui est sans inconvénient puisqu'à ce moment le courant passe déjà par qo et d'ailleurs aussi par q'.
Lorsque la conversa tion est terminée, l'abonné repose le micro: téléphone sur la fourchette, F s'ouvre; Q n'étant plus parcouru par du courant se dés- excite et après son temps de temporisation ouvre ses contacts. Par ailleurs, du fait de l'abaissement de la fourchette, le limiteur est revenu en sa position de repos ainsi que la came H et le .cantact po est refermé. Tout est prêt pour d'autres communications.
Supposons maintenant le cas de manoeu- vres anormales.
Considérons, par -exemple, un fraudeur qui, à un moment donné, dispose d'une ligne et qui voudrait, après une coupure de cette ligne, en établir une autre sans remettre au zéro le limiteur qu'il avait, avant la coupure, placé hors de sa position de repos.
La fraude échoue, oar si la ligne vient @à être coupée, Q se désexcite, ses contacts vont s'ouvrir et il sera impossible de rétablir une ligne avant que L ne soit fermé sur po, c'est-4à-dira avant que le limiteur ne soit revenu au zéro. Cela est vrai, qu'elles que soient les modalités constructives -du limiteur.
Considérons un autre fraudeur qui, ayant décroché le microtéléphone et établi une ligne, tente de,composer avec la fourchette. A cet effet, il doit abaisser et laisser remonter la fourchette dans la cadence convenable pour envoyer des impulsions. Mais la temporisation de Q est suffisante pour maintenir son armature pen dant les courtes interruptions de courant au travers @de son enroulement,
de sorte que le contact q' reste fermé et durant les ouver- tures de F, la ligne reste fermée par le cir cuit point<I>U,</I> résistance r; contact<I>q'</I> point Y et -des impulsions ne sont pas émises.
Il est toutefois possible, malgré le circuit <I>r,</I> q', d'envoyer une impulsion au moyen de la fourchette. Si, en effet, le fraudeur ouvre F et attend que se produise l'ouverture de q' et alors seulement ferme F, il aura réussi ù ouvrir la ligne un court instant entre l'ouverture de q' et l'a refermeture de F et il aura envoyé une impulsion.
S'il importe que le fraudeur ne puisse même pas envoyer une seule impul sion, on adoptera la forme d'exécution repré sentée à la fig. 3.
Considérons encore un autre fraudeur qui se propose d'envoyer n trains d'impulsions en composant<I>m</I> fois, m étant<I> < n.</I> Il lui suf fit pour cela .de bloquer le disque d'appels un instant durant sa course de retour; par exemple, au cours de la même composition, au lieu d'envoyer un train de sept impulsions, il peut envoyer deux trains, l'un de quatre et l'autre -de trois impulsions et s'il bloque deux fois le disque d'appels, il peut envoyer trois trains, par exemple de quatre, deux et une impulsions.
Cette fraude est souvent sans intérêt, elle n'en a notamment pas lorsque les indicatifs interdits sont 0 ou s'ils sont à deux chiffres dont l'a somme soit au moins égale -à 10. Mais si un indicatif interdit est par exemple 14, qui -est, en Suisse, l'indicatif à composer pour obtenir la standardiste du service internatio nal, il faut éviter que le fraudeur puisse pas ser son ordre de communication. A cet effet, on a disipos é un contact p, qui court-circuite la station téléphonique lorsque<I>H</I> et donc<I>L</I> occupent la position correspondant à la pre mière composition.
Ainsi, après une compo sition, le fraudeur n'entend pas: la. standar diste du No 14 et ne peut pas lui parler. Sa fraude :est inopérante. Dès la seconde compo sition, l'interrupteur L ouvre le contact pi.
Si l'indicatif interdit avait par exemple sept chiffres, on pourrait donner. à. la came une forme tellle qu'après six compositions l'interrupteur L soit sur le plot de court- circuit p, La came peut même avoir une forme telle que, par exemple, au-delà de sept compositions, l'interrupteur L soit sur le con tact p, de court-circuit.
Cette disposition em pêche: le fraudeur de manoruvrer le disque au-delà des compositions utiles.
Si l'on se reporte .à la fig. 2, on voit en H la came et en Q le relais temporisé doté en qo et q1 de .deux contacts de repos, en D le contact d'impulsions, en L l'interrupteur qui, au repos, ne ferme aucun contact et re pose sur un plot po'. Au repos, le contact q,. shunte D. Pour simplifier, on n'a plus re présenté sur ce dessin les autres organes qui sont :déjà à la fig. 1.
Pour varier les réalisa tions, on a considéré que Lest un bras d'un interrupteur rotatif et se déplace sur des plots ou des segments de contacts. En levant la fourchette, on ferme le circuit du lacet d'abonné; Q s'excite et ouvre ses deux con tacts.
Quand l'abonné compose, L, qui coopère avec la came H comme précédemment, est re poussé sur le segment de contact ps. Durant toutes les compositions suivantes, L reste en j)5 et lorsque la communication est terminée et que la ligne est ouverte par le contact de fourchette, Q se déexcite-ses contacts dse fer ment et, sous l'effet de la remise au repos de la fourchette, L quitte le segment p, et re vient au repos.
Considérons, comme on l'a fait précé demment, le cas de manoeuvres anormales. Soit, par -exemple, un fraudeur qui, à un moment donné dispose d'une ligne et qui vou drait, après une coupure de cette ligne, éta blir une communication sans remettre au zéro le limiteur qu'il a, avant la coupure, placé hors de sa position de repos.
La fraude échoue, car si la ligne vient à :être coupée, Q se désexcite, ses contacts vont se fermer, l'un d'entre eux - q1 - va court-circuiter le con tact d'impulsion,-, taudis que l'autre - qo va court-circuiter,<I>par L,</I> p,, <I>u,</I> l'enroulement de Q et il sera impossible d'envoyer par D des impulsions avant que le court-circuit de Q n'ait cessé, c'est-à-dire avant que le limi teur ne soit revenu au zéro.
L'exemple de réalisation représenté sur la fig. 3 diffère de l'exemple illustré par la fig. 1 en ce que, dans cette fig. 3, tout envoi d'impulsion par l'a fourchette - même d'une seule impulsion - est empêché.
Dans cette fig. 3, on retrouve la came H, le relais Q temporisé doté .de deux contacts de travail qo -et q', le condensateur Cq du re lais<I>Q,</I> l'interrupteur<I>L</I> coopérant avec la came H et le contact po, la fourchette F, et l'on trouve en outre un relais auxiliaire Z fortement temporisé, son contact z et son condensateur CZ. La fourchette a un contact de travail<I>f t et</I> un de repos f l.
On voit immédiatement que dés qu'est levée .a fourchette, le circuit de dérivation passant par q' et Z ne saurait être en service et que, tant à l'égard d'un opérateur normal que d'un fraudeur manoeuvrant ano.rma.le- ment le disque d'appel, tout se passe comme il a déjà été décrit dans le commentaire de la fig. 1.
Pour varier les réalisations, on a relié 1:e contact p2, atteint par<I>L</I> après le nombre maximum de compositions normales, au point u, de sorte qu'au-delà de ce nombre maximum Q est court=circuité. Si un fraudeur tente de composer avec l'a fourchette, le processus de fonctionnement :est le suivant: Dès qu'est levée la fourchette, Q s'excite par Ir, <I>Q, z, po, L, f t;</I> do et q' sue ferment.
Si on manoeuvre la fourchette dans le but d'émettre une impulsion, on ferme., ne fut-ce qu'un instant, le contact f r et, par consé quent, Z s'excite et ouvre son contact z.
Il s'ensuit que Q se désexcite et ouvre ses con tacts :et notamment q'. Dès lors, la ligne est coupée tant en z qu'en q'; z ne se rétablit qu'après écoulement du temps de temporisa- Lion de Z - par exemple 500 millisecondes ou même davantage - c'est-à-dire après un temps bien assez long pour qu'entre temps, les relais de ligne à la centrale soient tombés. On remarque que tout ce processus se déroule indépendamment des manoeuvres que peut faire 11e fraudeur avec la fourchette durant toute cette période.
En d'autres termes, tout abaissement de la fourchette, et quel que soit sa durée, donne lieu à une coupure de la ligne d'une durée supérieure à celle du main tien des relais à la centrale. Toute fraude par composition avec la fourchette est empêchée. Pratiquement, l'a coupure quasi sans durée de la ligne lors de la commutation de ft en f,. est sans importance; on peut d'ailleurs l'évi- ter totalement par l'emploi d'un commuta teur à contacts de commutation sans coupure.
Dans tout ce qui précède, il est recom mandable de dimensionner le relais Q de telle sorte qu'il ne soit attiré que lorsque le cou rant d'alimentation parcourt le lacet, c'est- à-dire, comme on sait, lorsque l'on entend le bruit musicail.
Ainsi, si un fraudeur compose avant d'en tendre le son musical, le faible courant qui parcourt alors la ligne ne permet pas l'attrac tion de Q et le fraudeur ouvre la ligne dans le cas des réalisations des fis. 1 et 3 ou court-circuite le relais Q dans le cas de la réalisation de la fis. 2. Il se met dans l'im possibilité, dans tous les cas,, d'obtenir la communication.
Si le relais n'est pas dimensionné, comme il vient d'être dit, on se reportera au disposi tif complémentaire illustré fis. 4. Dans cette figure, on a représenté quelques-uns des élé- ments,connus par ce qui précède et en outre un relais W pour courant alternatif doté d'un contact <I>w</I> de travail.
Ce relais<I>W</I> doit rece- voir une impulsion lorsque le courant d'ali mentation parcourt le lacet et il ferme alors son contact w. Si un fraudeur compose avant d'entendre le son musical, c'est-à-dire avant que w ne soit farmé, il ouvre la ligne en po et se met dans l'impossibilité d'obtenir la communication.
Après la communication, il est nécessaire d'ouvrir w; ce-ci peut se faire, par exemple, par le fait de l'abaissement de la fourchette ou bien encore, si l'on fait usage de la réalisation de la fis. 3, on peut prévoir un couplage mécanique tel que l'attraction de l'armature de Z dégage le contact w.
Dans les divers exemples décrits, on avait supposé qu'une,came était l'organe de liaison entre le limiteur et l'interrupteur L. Bien qu'une came soit commode, elle n'est pas in dispensable et l'interrupteur L peut être com mandé par le limiteur au moyen d'autres or ganes, tels que des leviers, engrenages, etc. L peut même être un contact de relais et être commandé à distance par la rotation du limiteur.
Par exemple, si l'on se reporte à la fis. 5, on voit que L est calé directement sur l'arbre h et qu'il' n'y a pas de came. En Q se trouve un relais qu'il est avantageux de légèrement retarder à l'attraction au moyen, par exem ple, d'une résistance en parallèle sur son en roulement; q" est un contact de ce relais.
T est un relais à chute différée et, @à cet effet, est doté d'un condensateur Ct; to est un contact de ce relais T. La fourchette F. la ligne b, le contact po et le segment p, sont des éléments déjà connus de par les figures précédentes.
La réalisation de cette figure rend inopérante une composition commencée avant que l'on ne perçoive le son musical. Il suffit que la temporisation donnée à T soit au moins égale au délai maximum d'attente d'obtention du son musical après la ferme- ture de la fourchette. Soit d le temps, de tem porisation de T.
Dès que l'on soulève la fourchette, le re lais T s'excite et ouvre son contact to, mais Q s'est aussi excité et a fermé son contact q", ce qui a coupé l'excitation de T. Après écou lement .du temps de temporisation d, t. va se refermer.
Si on compose durant ce temps d, on ouvre po avant que to ne soit refermé et la ligne s'ouvre,<I>Q</I> se @dés-excite, q" retombe. Quand & o se ferme, après expiration du temps <I>d, T</I> s'excite et rouvre to et la ligne est à nouveau ouverte: il est impossible d'obtenir la communication.
Si, au contraire, on ne compose qu'après que l'on entend le son mu sical - donc après qu'un temps. plus long que d se soit écoulé depuis le soulèvement de la fourchette, to est revenu au repos lorsque le contact po s'ouvre et la ligne n'est pas cou pée.
Il peut être avantageux que L et q" assurent leurs commutations sans coupure; d'autre part, on veille à ce que le relais Q ait suffisamment d'inertie pour qua son armature ne retombe pas pendant les impul sions émises par le disque d'appel.